V. M. Le Beau [Histoire du Sas- Empire ^ tom. xu
Ut. lix, pag. 49^)-
La c6te de Fannâ n*était éloignée de la mer Rouge que de 70 nulles (Sagao toises). Cet intervalle étant une plaine trèsHinie , et peu élevée au'-dessus du niveau des deux mers, Amrou fonna le projet de les joindre par un canal qu'il aurait rempli par les eaux du Nil ; mais, Omar étant opposé , dans la crainte d'ouvrir aux vaisseaux chrétiens Tentrée de l'Arabie, Amrou tourna ses \iie^ d'un autre cAté. Il y avait un ancien canal , nommé Trajanus amnis , qu'Adrien a\ait fait conduire, du Nil, près de Rabylone, jusqu'à Pharbœihus y aujourd'hui Belbeys ; il rencontrait en cet endroit un autre canal commencé par Nécos , et continué par Darius fils d'Hystaspe, et qui allait se décharger avec lui dans . une lagune d'eau salée, au sortir de laquelle Ptolémée-Pkiladelphe avait fiût construire un large fossé qui conduisait les eaux jusqu'à la ville d' Arsinoé ou Cleopatris , à la pointe du goUè où est aujourd'hui Sues.
Tout ce canal , comblé par les sables, était devenu inutile dot
temps de la fameuse Cléopâtre. Amroti ne fut point arrêté par
l'ancien préjuge , qui, supposant les eaux de la mer Rouge plus hautes que le sol de l'Égypte, faisait craindre de leur ouvrir un
* Quelques é£tioiis marqosnt 40 pn^oodenr qu'on trouvait dans les
pieds, lenoBibrsde 3o étantd^ lacs amers, qui ftisaient partie de 1%
exi^éré pour le canal proprement nanigationdncaïuil, delà mer Boogo
dit; car on ne deit pas parler de la au Mil.
passage ; îl fit nettoyer ce canal , et le rendit navigable pour transporter en Arabie les blés de l'Egypte ; c'est ce qu'on nomme maintenant le KhalidJ, qui passe au travers du Kaire : mais il ne conduit que jusqu'à la lagune que Ton nopimc le lac de Sche'tb (dans la carie de d'AuviUe}} le reste, jusqu'à la nier Rouge , est entièrement comblé , quoiqu'on en distingue quelques vestiges.
YL M. DE ToTT {Mémires sur les Turcs ^ part, m et iv).
Le sultan Mustapha traita avec un grand intérêt le projet de la jonction des deux mers par Tisthme de Suez ; îl voulut même ajouter aux connaissances que j'avais à cet égard , celles des di^ férens commissaires qui avaient été en Égypte; et Ton verra, dans la quatrième partie de ces mémoires, que si Mustapha avait asseï vécu pour entreprendre ce travail, il eût trouvé, dans le local , des (adlités qui Pauiaient mis à même d'opérer la plus grande révolution dont la politique soit susceptible. ... Ce sultan , * dont l'esprit commençait à s'éclairer, m'a fait faire un travail sur cet objet important, dont il réservait l'exécution à la paix.
Dans les difierens travaux qui ont illustré l'ancienne Egypte , le canal de commimication entre la mer Rouge et la Méditerranée mériterait la première pbce, si les efforts du g^ie en Ênreur de Futîlîté publique étaient secondés par les générations destinées à en jouir , et si les fondemens du bien social pouvaient acquérir la même solidité que les préjugés qui tendent à le détruire.
Voilà cependant l'abrégé de l'histoire , elle n'offre que ce tableau ; c^est celui de toutes les nations , celui de tous les siècles. Sans ces continuelles destructions . . . , la position la plus heureuse aurait dicté des lois immuables , et le canal de la mer Rouge eût été constamment la base du droit public des nations.
Les opinions les moins fondées, maïs qui prévalent presque \
toujours sur les observations les mieux faites, ont clablî assez généralement des doutes sur l'existence de ce canal ; on en a nie jusqu'à la possibilité : cependant Diodore de Sicile en atteste l'existcnce ; et quoi qu'on puisse penser de cet auteur , rien n'autorise
à rejeter les faits dont II a été le témoin. Voici comme il s^explique dans son Histoire uoiverselle :
« On a (ait un canal , etc. » Vaiyê* ploa haut, p. 35$, n**. II^ le passage cité de cet antenr.
U eat déDMmtré par ce passage, ^ les ëditses servaient encore dd temps de Diodore d^ Sicile : on retrouve anjourdliiii le radier sur le^el elles étaient établies; et ce monument a été découvert près de Sues, à l'entrée du canal , qni enste encore, et qu'un léger travail rendrait navigable sans y employer d'éduses et sans menacer l Kgjpte d'inondation. Rien ne peut en effet justifier la crainte des ingénieurs de Darius, lors même que leurs nivcllemens eussent été pris au moment des plus hautes marées. U n'est pas moins important d'observer que toute cette partie de risihme ofiBre le terrain le plus favorable aux excavations , dans le petit espace de douae lieues qui sépare le golfe Arabique des bras du Nil y qui s*en rapproche, et se jette ensuite dans la Méditerranée àTyneh.
VII. Canal de Trajan, . . . Extrait d'ALPERGAH , p. 1 5 1 -6 ' .
Le fleuve Trajan, qui passait à la Babjlone d'Kt,7ptc, comme le dit en termes précis Ptolémée , est le même que celui qui fut appelé le €ttnal du Prince dâs Fidèles, et qui coule le long de Fostât: car O'mar, comme il est dit dans TUistoire de la guerre d'£gypte, ordonna que ce canal, alors comblé par les sables, fôtrouvert, à Teflfet de iaire transporter des vivres à Médyne -et à la Mekke , qui étaient désolées par la Ëuaiîne.
Le traducteur d*Alfergan ajoute que Maqiyzy dit , entre autres dioses, dans ses Commentaires sur TÉgypte:
«Le nom du prince qui, pour la seconde fois, fit creuser ce canal, est l'empereur Adrien, soit que ce prince ait lait achever ce canal commencé isous les auspices de Trajan, soit qu^il en ait
■ Alfergao, «stronome et géo- de J.-C). Ce fut en bég. (86i
graphe arabe, dont l'oaTrage a été de J.-C ) qu^Alfergan fut chargé de
traonit en latin par J. Golios, et fiôre les réparatioosdameqy&s, qu'il
imprimé à Amsterdam en 1669, m- ezécuia par ordre du kbâife Ifo-
4% vivait en 199 de Fhégjre (8s0 touakkel, sueccsaetnrd'Al'BIlmoaa.
DES DEUX MERS. Sdg
été seul ravteiir ou le lestaniateur : ce qui paraU plus vnÎBenir blablc , si, en effet, Adrien a (ait fiiire en Égypte de plus gnnids travaux que Trajan, et qu'il en ait pris le nom comme son fils adoptif ; ce que l'on apprend par diverses inscrii>tîons en pierres gravées. Rien n'empêclie donc que le canal de Trajan ne soit effectivement celui d^ Adrien ; mais Tauleur arabe ajoute que ce can^ avait été creusé pour la seconde fois, puisqu^il dit un peu plus haut qu'il avait été iait d'abord par les anciens rois d'Egypte , du temps d*Abrabam » G. lu P.
yill. Canal du Prince dçs Fidèles. Extrait de
ScHEMS-EDDlIi \
Le canal du Kaire doit son origine à un ancien roi d'Ég^pte , nonmé Tarsis ben MaHa : ce (iit sous son règne qu'Abraham vint ^ ^gypt^ ^ canal Tenait jusqu'à la ville de JLolsom, en passant près de Suès , et les eaux du Nil se déchargeaient en ce lieu dans la mer salée. Les vaisseaux chargés de grains descendaient par ce canal dans le golfe Arabique, jusqu'au port de Jamboa, où ils déchargeaient leurs marchandises pour la Mecque et pour Médine. Omar fit nettoyer et recreuser ce canal , et ou le nomma , depuis
■ Tboulhjs (Thot), le premier tealenieiit la description de la céré<
des Pharaons d''Égypie) n-gnaii du inonie de la fiftte du TfU; on y parle
temps d^Abraham, scion les Annales des fignrrs île terre que le peuple
orientales. On lui attribue Pcxécuo noijime a'rouseh ou fiancées, et qoe
tioa do ce canal (2800 ans avant Ton pare avec soin.
Jésus-Christ). Le chapitre x\ cl dornitT parle
* Schéma - eddin , auteur arabe , d^Alexandric , de son origine , de ses
qui TÎTait en i65o, a écrit une bis- révolnlions', de son phare et autres
toire délaîUée de l'Égypte. Le pas- monumens : 00 y trouve répétées
sage cité est extrait de son chapitre tontes les fid>les qne les historiens
Zir, sar les ponts et canaux. arabes racontent de cette ville.
Le char)iire xv traite du Nil et Noiices i t Exlrnits des manuscrits
des antiquités de TEgyptc. de la Bihliolht-quc du roi, tome 1*',
Le chapitre xvi traite des nilo- p. Traduction de M. de Sacy.
mfttces en amqfâi oonstraits dans JVoCa. On observe qne Torihogra-
divers lieux de TÉgypte ^ mais il ne pbe des mois arabes varie dans les
donne aucune description de ces mo- articles vii, vm« iz, z, xi ei xii.
nnmens. On a cm devoir suivre ccdle des dif-
Le chapitre six, J. i5t contient férens auteurs cités dans ces articles.
36o MËMOIBE SUE LE GÂJMAL
ce temps, Khati^Emir'^iimwmeMm (cuud dn Prince éet Fidèles)*, n demeura en eet état pendant cent cinquante ans , jusqu'au règne du khalîfc Abbasside Abou-djalar almaiisor ( en 1 5f) de l'hégyre = 775 de J.-C), qui fit fermer l'embouchure de ce canal dans la mer de Kolzom ; il n'en resta que ce que l'on voit encore aujourd'hui : on lui donne maîntébant les noms de Kha^ Ud/ hakAnj, Kkal£4f attoulaum, KkaUdi abnamkbam, et plusieurs antres encore.