‹ Description de l'Égypte, ou, Recueil des observations et des recherches qui ont été faites en Égypte pendant l'expédition de l'armée française (volume 2)Chapitre 62 sur 87 · IX. Camd du Prinee des Fîdèies... Extrait d*nb-MAQATST · texte numérisé non relu

IX. Camd du Prinee des Fîdèies... Extrait d*nb-MAQATST

Ce canal est situé hors de la ville de Fosthâth , et passe à l'occident du Caire. Il a été creusé par un ancien roi d'Egjpte, pour Hadjâr ( Agar), mère d'Ismay'l , lorsqu'elle demeurait à la Mekke. Dans la suite des temps , il fiit creusé une seconde fois par un des rois grecs qui régnèrent en Egypte après la mort d'Alexandre.

Lorsque le Très-haut accoida l'islamisme aux hommes 9 et que A'mroù ben él-A'ss fit la conquête de l'Égyittef ce général » d'après Tordre de O'mar ben tt-KliathAib , prince des fidèles, 'aWcupa de faire rccrenser le canal , dans Tannée de la mortalité* n le conduisit jusqu'à la mer de Qolioum , d'où les vaisseaux se rendaient dans le ïlhedjâz , l'Yémen et l'Inde. On y passa jusqu'à l'époque où Mohhammed ben A'bdoûllah ben Hhaçan ben ù\- Hhocéïn ben A'iy ben Aby-thàlcb se révolta dans la ville du Prophète ( Médyne) contre Aboù-dja'£ar A'bdo&llah ben Mohbammcd âl-Manssoùr , alors khalife de l'I'ràq ^. Ce souverain écrivit à son lieutenant en £g]rpte, pour lui ordonner de combler le canal de Qolaonm, afin que Von ne s*en scrvH pomt pour transporter des

« Maçoudy obsrrvc que le pre- gypte, écrivait en 830 de Fb^gyrc

mier khalife auquel on donna le nom, ( i435-6 de J.-C. ). Lesexlraitsde c«

pour la première fois, ^Emyr-al- géographe sont dus à M. Laoglès.

maumm^fn , fut O'mar. On voit que Voyez pages i5, 191 27, de sa tra«

It canal qu'il fil reoNoser, prit le dmtioo.

ionimn de oa Uialife. ' Al-Manasoùr» second khalife

^ Maqijiy, né au Kaire en ^'^e A^bàcyde, régnait en i5o de Thé-

de rbégyre environ (iSSq de J.-C*), gyrc ( 767 de J.-C. ). Le canal aurait

auteur arabe le plus eslimé par sa donc été navigable pendant oeat

Géographie et «on Histoire ds TÉ- cinquante années lunaires.

DES DEUX MERS. 36i

provisions à Médyne. Cet ordre fut exécuté , et toute communication interrompue avec la mer de Qolzoum ; les cho&es sont re&tées dans l'état où nous les voyons maintenant.

Ce canal se nommait orîgînaîrement le mnal de Messr, oa de Fostbâth (£>^4^-^^^/V^). Quand le génécai Bj^er fonda k ville dn Caire sor le bord oriental de ce canal , on le uvÊmkfonalàu Çaùt^ Il fiit aussi désigné sons le nom de tamdêu PriM$ éksWiàliks (Khalydje emyr èl*Moumînin ) , cW-À-dire de 0*mar ben ti-Khaththlib , qui le fit recrenser. Aujourd'hui le peuple le nomme îe canal de Hhâkem ( êl-K!ialydje él-Hhâkémy ) , parce que, suisaiil une opinion vulgaire , mais mal fondée, llliàkrm, dit-on, le fit recrt'user : ce qui csl de loult; lau.Sbcté ; car ce ( anal existait bien des années avant llliàkeni liànirillali aljoù A'Iy Manssoùr. On le nomme encore U caïud des Verks ( Khalydje-êl-Loù-

loàab).

X* Bistoùre du creuumunt du canal.

Ebn-A'bdoAl-Hhofan raconte , d'après A'bdoàllah ben Ssàlehh , que l'on éprouva une disette cruelle à Médyne, sous le khalifat du prince des fidèles, Cmar ben âl-Khalhthâb, dans l'année de la mortalité O'mar écrivit alors à A'mroii ben él-A'sS) qui étaiten £gypte , et lui expédia un ordre ainsi conçu :

« De la part du serviteur de Dieu , O'mar , prince des fidèles y à A'mroù ben él-A'ss , salut sur toL J'en jure par ma vie , 6 A inroù , tandis que toi et les tiens vous mes dans l'abondance, yoos ne Yons embarrasses point si moi et les snens nous périssons de be^ soin. Viens à notre secours, viens ; IKen te le rendra.» Yoici la réponse:

<c Au serviteur de Dieu , 0*mar , prince des fidèles , de la part

de A'mroù ben êl-A'ss. Je vais à ton secours, j'y vais ; je t'expédie on convoi de béies de somme , dont la première sera déjà arrivée

* Aboùlfédà se contente de dire pour avoir du secours. Un noinnié

qu^il y/ eut une affreuse disette à Aboà-0'béidah expédia de la Syrie •

Hédyne et danslout leHbcdjâz, Tan un eomrot de 4ooo diameaux cbar-

iSderbégyre (639derèreTii]gaire). gés de vines, el«. Cyaiar éorivit ans pineipiiles tiUm

chez toi quand la dernière sera encore chez moi. Que le saiut et la miséricorde de Dieu soient sur toi ! »

£ii effet, le convo! que A'mroù envoya, était si nombreux, que la première béte de somme était déjà entrée dans Médyne avant que la dernière sortie de Messr ; et elles marchaient pourtant à la suite l'une de l'autre. L'arrÎTée de ce conyoi répandit l'abon:dance parmi les habîtans ; diaque maison de Méd^e eut une béte de somme avec sa charge de comestibles, suivant la répartition qui futfaite par A'bdoûl-Rahhman ebn A'oùf, él-Zobéir ben él-A'oùlm , et SaM bon âby Oùqàs , qui furent chargés par O'mar de faire cette distribution. On mang( aies comestibles accommodés avec la graisse des bêtes qui les avaient apportés ; leur cuir servit à faire des chaussures : chacun employa comme il voulut les sacs qui contenaient les comestibles ; on en fit desvêtemens et autres objets semblables : et voilà de quelle manière Dieu rendit Fabondance à la ville de son prophète. O'mar ne manqua pas de lui en rendre les plus vives actions de grâces; il écrivit ensuite à A'mroù de venir le trouver, et d'amener avec lui plusieurs habitans de l'Egypte. Us s'empressèrent de Éte rendre aux ordres du khalife.

« A^mroù, lui dit-il, le Très-haut a livré TÉgyptc aux musuU mans : ce pays abonde en biens et en comcslibles de toute espèce; je veux profiter de l'occasion que J)icu me présente lui-même de procurer l'abondance aux hal>itans des deu^t villes sacrées , et des vivres à tous les musulmans. Il faut creuser un canal depuis le Nil jusqu^àlamer : il nous facilitera le transport des provisions à la Mehkeet à Médyne , qui serait long et difficile si l'on n'employait que des bètes de somme ; et nos vues ne seraient jamais remplies. Gjncerte-toi donc avec ceux que tu as amenés y sur les moyens d'exécuter ce projet. »

A'mroù ne perdit point de temps ; il communiqua l'idée de O'mar aux Egyptiens , qui en furent désespérés. <f Nous craignons bien , dirent-ils, que ce ne soit un grand malheur pour FEgvple : tâche donc d'exagérer aux yeux du prince des fidèles les diCficultés de cette entreprific» et dis-lui que cela ne se peut pas et ne sera pas ; car nous ne connaissons aucun moyen d^exécution. »

A'mroù alla donc rqporter cette réponse à O'mar , qui se mit à rire dès qu'il l'aperçut , et s'écria : J'en jure par celui qui tient ma

vîe entre ses mains; je t'ai bien observé, A'mroù, ainsi que tés compagnons , quand tu leuras commnniqné mes ordres pour creuser le canal : cela leur a déplu ; ils ont dit : Une pareille opération pourrait causer le phis grand tort aux hàbitans de V Egypte; fais en iorU <r en exagérer les difficultés aux yeux du prinee des fidèles , et dis' bd que cdtt n'est pomi possibk ei ne sm pas f pane fue nous m'awnâ aucun me^yend^exéeution*»

Frappé d'ëtonncmeiit de ce que le khaKfe lai disait, A'mroù s^écria : « Par Bien , ta dis Trai , prince des fidèles ; la diose s'est passée comme tu viens de la raconter. » O'mar ajouta : « Occupe— toî donc sérieusement d'exécuter mou projet , et avise aux moyens , de manière que Tannée ue se passe pas avant que tout soit terminé. »

A^mroù s'en retourna , et rassembla autant d'ouvriers qu'il en avait besoin* On creusa donc dans le voisinage de Fostbâth , un canal que l'on nomma canal du Frince des Fidèles. Il le conduisit depuis le Nil jusqu'à la mer; et en cflfet, l'année n'était pas encore écoulée lorsque les vaisseaux .purent y naviguer, et porter les vivres nécessaires à la Mekke et à Médyne ; et tel Ait le bienfait que 0îett accorda aux deux villes sacrées. On s'en servit pour le transport des vivres , jusqu'après la mort de O'mar ben A'bdoûl- A'zyz. Les gouverneurs d'Egvpte le desséclureul ; on ( <'ssa de s'en servir, le sable l'encombra; la ( omniimiration fut tellement coupée , qu'il finissait à la Queue du Crocodile, dans le canton du château de Qolzoum.

On raconte que O'mlr ben âl-Khaththab dit à A'mroù , quand * celui-ci vint le voir à son retour de l'Egypte : « A'mroù, les Ardbes eroient que je leur porte malheur; ils ont d^à manqué de tuer mon cheval : tu sais ce qui lui est arrivé. De toutes mes provinces dont Dieu puisse se servir pour soulager les habitans du Hbed jâz , celle sur laquelle j'espère le plus , c'est la tienne : (ais en sorte d'imaginer un moyen quelconque d'adoucir leur sort, jusqu'à ce que Dieu lui-même vienne à leur st-rours. >♦

« Que veux-tu , prince des fidèles lui répondit A'mroù ; je sai.-. qu'avant l'islamisme , des vaisseaux amenaient cbcz nous des marchandises de r£gypte. Depuis que nous avons fiût la conquête de ce pays , cette communication est interrompue ; le canal est en-

combré 9 et ks narchands en ontabendoimé la naTigatM»ii.Teiixrta qae f ordonne de le &ire creaser, afin d*y ùan paascr dea iraûn

seaux chargés de provisions pour le Hhedjâs ? je vais m'en occor* per. — Eh hien , répondit O'mar , fais ce que tu dis. >> En quittant ^le prince des fidèles , A'mrou alla trouver les grands de l'Egypte , qui étaient des Qobtes ; ils se récrièrent en disant : « Qu'as— tu proposéi* Que Dieu bénisse Témyr! Comment! tu tirerais toutes les provisions d'un ^js qui t'appartient, pour lei porter dana le Hhedjâi , de manière que tu minerais r£g]fpte? Fais donc en sorte d'exagérer les difficultés de cette entreprise. » En donnant ^ A'mroù son audience d|e congé , O'mar lui dit : « Songe canal ^ et n'oublie pas de le Êlre creuser. -—Mais il est coidbldt.r^ pliqua A'mroà; et il en coûterait des sommes considérables poiv le Caire recreuser. «J'en jure par celui qm tient mon ame entre ses mains , s'écrie O'mar , je ne te crois pas ; car , en me quittant , tu as (ait part de mon projet à des Eg>'pliens qui t'en ont exagéré les difEcultés , parce qu'il leur déplaît ; mais je te punirai si ta ne creuses ce canal , et que tu n'y fisses point circuler les yaîs^ seaux. »

«Mais, prince des fidèles, reprit A'mroù, songe que si les habitans du Uhedjâs trouyent l'abondance sous le climat sahilniDy lie fienr patrie, ib ne voudront plus fiôre la guerre.— ckMrr ^erai cela en ricbesses que l'on portera par mer aux babitans jé^jj^ M^be et de Médyne. >» A'mroù fit donc creuser le canal , ks idbf seaux y circulèrent , et il mourut. v

O'mar beu âl-Khaththab écrivit à A'nuroù benél-A'ss une lettre ainsi conçue :

<t Au rebelle fils du rebelle. Tandis que toi et tes compagnons TOUS VOUS engraisses , vous ne vous inquiètes point si moi et les miens nous maigrissons. Donne-nous donc du secours; an secours! «—Je suis ktoly répondit A'mroà; je t'envoie un convoi de bètes de sonune, dont la première sera diei' toi quand la dernière ne sera pas encore partie : j'espère en outre trouver un moyen de transport par mer. » Mais A'mroù ne tarda pas k se repentir d'avoir donné cette dernière idée, parce qu'on lui fit observer qu'il était possible de dévaster l'Égyptc et de la transférer à Médyne. Aussitôt il écrivit qu il avait réfléchi sur le trans-

port par mer , et qu^il y trouvait des difficultés insurmontables. O^mar lui répondit : « J'ai reçu la lettre par laquelle tu cherches à éluder l'exécution du projet contenu dans la précédente. J'en jure par le Tout-puissant , ou tu l'exécuteras , ou je te chasserai par les oreilles , et j'en enverrai un qui l'exécutera. >» A'mroù ylt Lien qu'il avait désobéi à O'mar , et il s'occupa à l'instant même du canal. O'mar lui enjoignit de ne pas négliger de lui envoyer de tous les comestibles , des vetcmens , des lentilles , des ognons et des bestiaux ; en un mot , de tout ce qui se trouvait en Egypte.

A'mroù confia la direction du canal à un Qoble , qui lui dit : « Veux-tu que je te conduise dans un endroit où les vaisseaux pourront passer et se rendre à la Mekke et à Médyne? déchargemoi de l'impôt , ainsi que toute ma famille. » A'mroù y consentît , et en écrivit à O'mar, qui l'approuva.

Al-Qodha*ï, en parlant de ce canal, dît que O'mar ben âl- Khaththâl) ordonna à A'mroù bcu êl-A'ss, en l'année de la mortalité , de creuser le canal que l'on nomme canal du Prince des Fidèles , et qui est dans la dépendance de Fostliàth. 11 le conduisit depuis le Nil jusqu'à Qolzoum. En moins d'un an les vaisseaux y passèrent, et portèrent toutes les provisions que l'on désirait, à Médyne et à la Mekke ; et ce fut un bienfait signalé que Dieu accorda aux habitans de ces deux villes sacrées : on le nomma canal du Prince d s Fidèles.

Al-Kendy , dans son ouvrage Aldjend-âl-Moghrébj , dit que ce canal fut creusé en l'an 28 de l'hégyre (643-4 de J.-C. ) et terminé en six mois , de manière que le septième les vaisseaux y passèrent et purent se rendre dans le Hliedjâz.

A'bdoùl-A'zyz ben Meroùân bâtit un pont sur ce canal , lorsqu'il était gouverneur de l'Egypte, et l'on y navigua jusqu'au temps d'A'bdoûl-A'zyz. Les gouverneurs de l'Egypte négligèrent de l'entretenir ; on l'abandonna ; les sables l'encond)rèrent au point que la communication fut entièrement coupée; et il se terminait à la Queue du Crocodile , dans le canton des marais de Qolzoum.

Suivant Ebn Qadyr , ce fut Aboù-dja'far âl-Maussoùr qui fit

• Tous les auteurs, excepté celui- née de la mortalité , qui était la i8® ci, dit le iratlucleur, s'accordent à de rhégyrc (GBq Je J.-C). dire que ce canal fut creusé en Tan-

combler le canal lorsque Mohhammed ben A^bdoûllahben-Hhaçan se révolta contre lui à Médyne ; îl voulut lui couper les vivres , et ce canal est resté comblé jusqu^à présenL

Êl-Belâdery raconte ainsi cet événement * : « Mohhammed ben A^bdoûUah s^étant révolté contre Aboù-dja'far âl-]>Ianssoùr , ce khalife lit aussitôt écrire en Egjpte pour que Ton cessât d'envoyer des provisions aux habitans des deux villes sacrées , parce qu'ils se laisseraient conduire avec docilité, dès qu'on leur couperait les vivres du côté de l'Egj'pte. >»

Ebn êl-Tliéonyr, après avoir décrit la cavalcade du khalife, à Toccasion de l'ouverture du canal, ajoute que c'est ce même canal que fit creuser A'mroù ben èl-A'ss , quand il était gouverneur de l'Egypte, sous le khalifat de O'mar : il commençait à la mer d'eau douce (le Nil) de Fosthath, capitale de l'Egypte , et se terminait à Qolzoum , sur les bords de la mer salée (la mer Rouge). Dans le temps de la crue du Nil, il fallait cinq journées aux bâtimens de ce fleuve pour apporter aux habitans du Hhedjâz les provisions chargées en Egypte.

XL El-Qoîzoum. . . . Extrait de divers auteurs arabes.

Qolzoum était , dit Aboùlfédâ une petite ville située sur le bord de la mer de l'Yémen , du côté de l'Egj'pte ; c'est de cette ville que la mer a pris le nom de Qolzoum. Fara'oùn a été submergé dans son voisinage ; elle est située sur le bras occidental. La mer de Qolzoum se prolonge du nord au midi , et se termine par deux bras à son extrémité méridionale : l'un de ces bras est à Porient, l'autre à l'occident. Eïieh est bâtie sur le bras oriental , et Qolzoum sur le bras occidental. Sur le cap qui s'avance dans la mer, entre Qolzoum et Eïleh, est situé le Thoîir ( le mont Sinaï) : il entre dans la mer du côté du midi. Entre Qolzoum et le Caire , on compte près de trois journées (environ 25 lieues).

Le même géographe, en parlant de Qolzoum au commcnce-

* Le comblement du canal fut cffeclué du côté de Qolzoum, en i^S de rhégyre ( ■jGa de J.-C. ) , suivant El-Makyn , et en i5o de J.-C), suivant Ben-Ayâs.

■ Voyez la traduction de cet auteur, par M. Langlès, page 3i.

ment de son Traité des mers, dit encore: « Qolzoum est une petite ville située sur le rivage septentrional de celte mer » ( la mer de Qolzoum) , vers 54^ i5' o" ou 56° 3o' o'' de longitude ^ et ad^ ao' o'' de latitude. '

El-Qolzoum , dit Bcn-AyAs était une petite ville située sur le rivage de la mer de rYémeu , à Tex^éiiHié de cette mer, du côté del']£g)pte; on la place nu nombre des nomes de cette dernière contrée 9 et la mer de QoUoum lui doit son nom. C'est dans sod voisinage que Fara'oikn a été englouti dans les flots. Ëntre cette ville et la capitale de rÉg) pte, on compte trois journées ée marche ; die est maintenant rainée ^ et remplacement qu'elle occupait se nomme Suez , vis-à-vis de AMjerotid. On ne vopit pas , dans la ville de Qolzoum, d'arbres , d'eau, ni de champs cultivés; on y apportait de l'eau de très- loin : c'était l'entrepôt de l'Egy pte et de la SjTie ; on y faisait des cargaisons pour le Illicdjaz et l'Yémen. Entre Qolzoum et Târân , il n'y a ni province, ni ville; c'est une plantation de palmiers , où viennent se reposer des pè* cheurs et autres de Tàran et de Bjebjlân jusqu'à £Vleh.

Suivant £bn él-Théoùyr, une grande partie de la vilU de Qol^ zoum sobsistait encore de son temps ; c^était un point de recon-< naissance pour «les voyageurs qui allaient de FÉgypte en Hhe^l^: c^était autrefois un des ports de FÉg^ pte. « J'ai vu , dît-il , dans les registres de dépense du château, quelque chose de relatif au traitement des employés ; savoir , du gouverneur , du juge , du dâ'h (auniôiiicT) , de la garnison cantonnée dans la ville pour la garder , des mosquées paroissiales, des chapelles : car c'était une ville riche et bien peuplée. >»

Suivniit Ai-Mecyhhy, à l'article d£s événemens de Vannée 887 (997 <^<^*~^)9 sous le règne du prince dès fidèles Él-Hbàkembftmr-Çlah ^ au mob de ramadhân ^ ce Idialjle remit am habitans de Qolsoum l'impôt qu'O percevait sur les vaisseaaz.

£bn Kbordadjreh assure que les mwdiànds qui s'embarquaient sur la mer de l'oeddent , venaient aborder à Él-Faram , et (aisaieid transporter leurs marchandises sur des bétes de somme jus-»

■ Notices et Extraits des mannserits de la BiUiotiiAqae rojalef tom. pag. 35-36.

qu'à Qoizoum : ces deux villes sont éloignées de vîngl-cinqyôrja/j^f l'une de l'autre. Ils s'embarquaient ensuite à Qoizoum pour se rendre k Djiddah , d'où ils passaient dans le Sînd , dans l'Inde et à la Chine. Pour aller de Qoizoum à KYleh , qui en est éloignée de six stations , on traverse la plaine et le désert, après avoir fait une protvision d'eau pour cette traversée. De Qoizoum à la mer de Koùm (la Méditerranée), on compte trois stations.

M. Gossellîn , observe M. Langlès , a parfaitement expliqué un passage de l'auteur, cité par Gagnier , et que ce dernier, et même d'Anville , avaient regardé comme obscur , pour ne pas dire contra^ dîctoire. Selon Maqryzy, Suez était bâtie sur le lieu que Qoizoum avait occupé ; et suivant Kalkachendy, Qoizoum était placée au midi de Suez. « Mais il est visible, dit M. Gossellin que ces auteurs parlent de deux villes différentes, et qu'il est question des deux Qoizoum de Ben él-Ouardy : l'une, la moiiis ancienne, est celle dont les ruines existent près de Suez, et ont été vues par M. Niebuhr; l'emplacement de l'autre nous est indiqué au pied «rune montagne qui conserve encore le nom de Qoizoum y et que sa distance d'IIeroopolis met en position correspondante avec la forteresse de Cl/sma de Ptolémée. »

S'il m'est permis d'ajouter de nouvelles preuves, poursuit le même orientaliste , à celles que M. Gossellin a si bien développées pour démontrer l'existence de deux villes différentes, portant toutes deux le nom de Qoizoum, je citerai le témoignage formel du rédacteur anonyme d'une excellente compilation géographique arabe , dont on trouvera en note la traduction * ; j'observerai en outre que Ben-Ayâs, qui écrivait en 928 derhégyre(i5i6), dit, dans son Histoire du canal d'Egypte , que les vaisseaux abordaient à Suez. Il paraît que, dès cette époque, les écrivains arabes avaient substitué le nom de Suez à celui de Qoizoum^ quoique ce ne soit pas la même ville,

Êl-Qalâzem signifie malheur, oppression : c'est de ce mot qu'est dérivé , selon Maqryzy , le nom de la mer de Qohoum , parce

■ Recherches sur la géographie * « Il y avait aatrcfois deux vilirs des anciens, etc., 1. 11, p. i85-i8S. nommées Qoizoum , fort considéra-

qu'elle est resserrée entre deux montagut's ; et lorsque l'Kg)'pte était elle-même renfermée entre deux mers, l'une était la mer de Qolzoura à l'est , l'autre la mer de Roùm au nord. La mer de Qolsoum pénétrait alors dan^ l'intérieur de l'£gypte. Cett^ mer se BOmiiic^însi dans le voisinage de l'Egypte, parce que sur son rivage ocddeutal , à Test de l'Egypte , il y avait une ville nommée QioUmanf laquelle estmamtenant ruinée.

Qohoum, ville , suivant Alid-d-Kadiydel-BakouyS dépendante anciennement de FEgypte , et actnellemeut ruinée 9 sur le bord de

la mer de Qolzoum , à laquelle elle donne son nom , était située au pied de Gebel-Tour (mont-ague de Ter). C'est de cette ville que partait le canal que A'mrou fit creuser jusqnes au Kaire, par l'ordre du khalife O'mar. Ce canal , destiné à transporter les grains ' de l'Ég) pte à Yatlirib el-Achraf , l'illustre ftlédyne , est actuellement comblé par les sables ; on lui donne le nom de KhafygEn^r et-Moumèfym (canal du prince des fidèler).

Sauejrs (Souès) « petit endroit sur le bord de la mer de Qolzoum, dans un terrain de pierres et de roches; ce qui lui a ùk . donner le surnom ^el~Hagar (pierreux) : on y entretient un commerce balntuel avec GediiA, située dans T Arabie.

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