CATALOGUE
Dûs drogues simples tUmt les Egjrptiem font habituelle' ment usage comme médieamens, et de celles gui entrent dans la composition des électuaires vulgairement appelés Berch»
BSINTHE (grande) , artemhùt at^resans , Lînn. ; en arabe ,
c/k^^' Réduite en poudre, on la prend en substance dans l'Iiydropîsîe et dans les fièvres inlermitienles ; elle ést rt^^dée comme spécifique contre les vers.
On la adtÎYe en £gypte.
II. ÂBSINTUE (petite), artemisia Judàilcap Linn.; en arabe, dUi\ C^te plante est employée dans les mêmes cas que la précédente. On en brûle dans toutes les habitations pour purifier etpoor renouveler Pair : les Égyptiens regardent cette fiunîgatîon comme le préservatif d'nn grand nombre de maladies. C'est à cette espèce de parfiim, mttée avec les bois d^aloès et de ba&l , qu^il £iut attri-* buer cette odeur particulière qu'en Ef»>'pte on trouve dans toutes les maisons, et principalement dans celles des musulmans; odeur qui est inbérente aux appartemens, qui s'attache aux meubles cl même aux vêtemens.
Les Arabes apportent la petite absinthe 4a désert: il s'eQ lait
une grande consommation en Egypte.
m. Aloès (bois), agallodta, Linn.; en arabe,
i^mse^n Ce bois est usité comme parfimi; mêlé avec le tabac
■ (SvjfMit Nota. On a oon- noms recueillis par Tantcur , el Ton sorfé dans le teste rortbograpbedM a Ifcobé de les rectifier dans les ooies.
DES EGYPTIENS. 443 à fimierf il en corrige Fiicretêy et rend la fitmée moiDs dés^
noient des Indes.
lY, ÂLràs (sac)f aioe perfitluUa, Limu; en arabe, JoMrvsoecofri^. Cette résine sert de purgatif dans les maladies dartreases
et yénërîennes ; elle entre aussi dans la composition de plusieurs
opiats toniques.
On l'apporte de Tlade.
V. Ambre gris, nml>ra amhrosîacaf Linn.; en arabo, mnher^. Les Kgypliens regardent celle substance comme aphrodisiaque; ils la font entrer dans les pilules el les opial6 ccliauOàus. L'ambre est aussi très-recherché comme, pari^ua. / , . /
Il Tient des ||id^ .
VI. Anacarde, anacardium occidentale, Lînn.; en arabe, heladair^, JLes femmes mangent ce fruit nutritif et échau^^u^U» le Dût légèrement rôtir, afin de le priver de son âcreté. ^ " i
Il est apporté en Égypte par le commerce de FËurope.
yn. Anis yerts^ pimpinella amsurrif Lînn. ; en arabe , wtt^ scune^. On en donne éit encans dans les colifiiié'^ liemlnes nouvellement accouchées , maïs principalement à celles qui ne
doivent point allaiter leurs éofiïns.
On eA récolte en Egypte. " ,
' "ffÉ; Kssk'tŒTWh , finda ^sm-fittida , Linn. ^ en a(rabe , «mlé^^lies femau» en ib^ à TapproéM-to règles^Hib conciles. . '
Cette résine vient de TAsie.
n. BabIAUB, âftVm anUaium» Lion. ; en arabe , ftoj^ riba^^. Cette semence est regardée comme cordiale et aphrodisiaque. Les
Digiiizea by LiOOgle
Égyptiens en mettent dans le café : ils en font aussi un sorbet. La badiane entre dans plusieurs électuaires. On rapporte de la Chine.
X. Baies de Laurier, îaurus nobilis, Linn. ; en arabe , hiibb el-gard'. Elles entrent dans les opiats narcotiques et eni>Tans.
Elles viennent d'Europe.
XI. Baume de Copahu, copdtfera officinalisf Linn. ; en arabe, àenn dinafe On le donne intérieurement aux enfans nouvellement drconds.
Il vient des Indes.
XII. Baume de la Mekke, amjris opolalsamumy Linn.; en arabe, denn beUessane^, Ce baume, trcs-estimé des Égyptiens, est employé comme cordial et vulnéraire, à la dose de quelques gouttes dans le café.
Il vient de l'Arabie : les pèlerins qui yîemient de la Mekke , l'apportent au Kaire.
XIII. Benjoin, croton henzoe, Linn. ; en arabe, d}aoui^. On en fait usage comme parfum et comme cosmétique.
Il vient des Indes.
XIV. Bol d'Arménie; en arabe, tinn Armât, iinn Roumz^. On s'en sert comme astringent et antivénéneux; mêlé dans du suc de citron, ou du vinaigre (acide acéteux), on en couvTe la peau dans les affections dartrcuses et dans toutes les éruptions cutanées. 11 entre 4ans la grande tliériaque et dans plusieurs opiats.
On l'apporte des îles de l'Archipel et de Constantinoplc.
XY. Cachqu , mimosa caUchu, Liuu., en arabe, cad Iftdi^, Ce
» Dehndyndjl o^-^ {J^^- Roumy^ ^jio.
3 Dehn beleçan, qUL 6 Kody Herufy-, <^ja*
4 Gâoujr, fjj^.
SUC eztractif entre dans plusieurs poudres astringentes et stoma* cUques. On le mâche seul povr coiriger la mauvaise haleine. Uyient des Indes.
XTI. Camomille , anthémis nobUis , Linn. ; en arabe , baiomUc*. Cette fleur, dont on fait usage, est stomachi^pie, Cébfifiige et anti^asmodi^e.
. / On l'apporte d'£iirope.
XTU. Camphre, laums caa^hùra, Linn.; en arabe, €qfimr\ Les Égyptiens remploient comme tonique et ^hrodisiaque. Il entre dans plusieurs électuaires comme échaofiant
n vient de Tlnde.
XTUI. CAimSLLE , iaunts iùmamamum, Linn. ; en arabe , kerfé^» EDe est souvent employée comme cordiale et aphrodisiaque ; on
la donne pour arrêter le vomissement. Elle entre dans la grande thérîaque , dans 1rs électuaires échaufîans et dans le Berch» Elle vient des Indes.
Les Egyptiens estiment bj^ucoup Feau distillée de cannelle^ ils en font un grand usage; ils en prennent dans le cafié; ils en mêlent avec plusieurs sortes de sorbets.
On l'apporte an Katre dans des flacons de verre.
Il parait qu'on la prépare dans quelques ports de la mer des Indes.
Elle vient par la mer Rouge.
- xnc Cabdamome, amamum atriamomton, Linn., en arabe, hM hahaimeK Ce firuit est stimulant et échauffiuit Les Égyptiens en mâchent continuellement : ils en mettent dans le café ; ils en font un sorbet qui se prend cbaud, comme on prend le punch en Europe. Le cardamome entre dans plusieurs électuaires. On rapporte des Indes.
XX. CasCARILLE I croton cascariUa, Linn. ; en arabe , kedré am"
4 BMhamdmd, lA^
bar On emploie cette écorcc dans la fièvre opiniâtre et dans la dysenterie. Souvent elle sert de parfum. EUe vient de rAmériqae méridionale*
XXI. Casse , cassîa fisiida , Linn. ; en arabe , crîar chambar On fiiit avec ce finiit une conserve qui sert d'eicipient à quelques poudres purgatives. Quelquefois on la donne comme laiatîf aux femmes en couche. *
On récolte une assez grande quantité de casse dans la basse Egypte.
XXII. CA8SU.LIGlCEà, imaïAs cassîa, Linn. ; en arabe, sdica^. Ce bois est employé comme sudorifique et fébrifiige : on ie donne dans la fièvre à l'instant du frisson. Il entre dans les électoaires toniques et échanflàns.
On rapporte de llnde.
xxni. CertaubÉE (petite), ffutBona taaawtum, Linn. ; en arabe, hanknimaÊi^. Cette plante est regardée comme spécifique contre tontes les fièvres. On la donne aussi dans les coliques venteuses et dans les palpIlaLloiis de cœur.
La petite centaurée est naturelle eu Egypte.
xxiY. Ghamvbe, amnaitssalipo, lann.; en arabe, haâùâie^, '
Le chan\Te , selon les Egyptiens , est la plante par excellence, non pour les avantages qu'on en tire en Europe et dans beaucoup d^autres pays, mais à cause des singulières proprîét^^s qu'ils lui * attribuent. Celui qu'on cultive en Egypte, est enivrant et narcotique. On se sert des feuilles et des sommités de cette plante, qu'il fiiut cneilltr avant leur maturité : dans cet état, on en fait une conserve qui sert à composer le benh, le ^ésmouk, le èemélinyr. Les lirailles de dianvre réduites en poudre et incorporées dans du nûel , ou délayées dans de l'eau, font la base du henh des pauvres. Genz-d s^enivrent encore en fimiant le chanvire seul , ou mêlé avec
■ Geâra'nbary-j jOa. 4 Qantaryounj ç-^yj^^iiiâ.
» Slykhah, <J$JL.
lé tabac : on en fait une grande consommation en Égypte , où on ne le cultive que pour cet usage.
Le chanvre d'Ëgypte est-il le même que celui d'Europe? doit-il ses propriétés à la culture ou au cUmat ?
XXV. Cloiîs de Girofle, carjophjrllus aromaiicus , Lînn. ; en arabe , coroumfd*. Ce fruit est usité comme stomachique etaphro- ^iaque* Il entre dans les électuaires échauffans et dans plusieurs sorbets. Les femmes en mâchent souvent, et quelques-unes en font des colliers.
Le gbofle est apporté de Hude.
XXVI. Coloquinte 9 cuaams tohiiynlhis, Iânn*;^en arabe , hmM\ On emploie la coloquinte comme vennifiige et antîsipbilitiqne. Les habitans des campagnes et les Arabes s^en servent
comme purgatif.
Elle vient en Egypte et en Arabie.
XXVII. CuBCUMik , eunumahnga , Linn. ; en arabe , eoarcoume K La racine du curcuma est considérée comme spécifique contre la
jaunisse. Elle entre dans plusieurs électuaires toniques. Ou l'apporte des Indes.
XXYIIL I)jEiiEir*iND£^,semencetrès-fine,jannltre, sans odeur
et d'une saveur acre. Elle est émétique à la dose de trente à trentesix grains. Les Egyptiens, qui ne connaissent point l'usage du iartrife de potasse antimonîé , ni celui de ripécacuanha, emploient quelquefois cette semence comme vomitif.
Elle est apport(^e de Tlnde : on ne la trouve pas parmi les drogues dont on £ût usage en Europe.
XXIX. EcUAR^, racine rougeâtre, de la grosseur du doigt, mucilagineuse et d'une saveur légèrement aromatique. Elle est souvent employée dans la dysenterie et dans^les fleurs blanches : on la
* Hantai, JJzasé.. « ^cA4r,jUI.
44» SUR LES MËDi€AM£NS USUELS
mêle quelquefois avec les poudres purgatives y pour, eu corriger l'amertume et pour en diminuer l'activité.
Cette racine vient de Tlode : elle ne se trouve pas dans les mé" dkaraens usités en Europe.
XXX. AÈciiE EL-NAirNE% racine charnue, jaunâtre, découpée par quartiers , sans odeur , d'une saveur alcaline : on l'emploie dans les rétentions d'urine et dans Th^'dropisie. Elle sert aussi à divers usages domestiques : par exemple , les £gyptiens l^emploient pour^ se laver les mains avant et après les repas ^ et pour enlever des étoffes les taches produites par des corps gras,
Cette racipe est apportée de la Syrie : elle n'est pas usitée en Europe.
XXXL ElXÉBOREy bflkborùs ntger. Lion.; en arabe, sour nûham\ Cette racine est regardée comme propre k dissiper la » mélancolie, à donner du courage et de la confiance. Elle entre dans les opiats cnivrans, et particulièrement dans le èenh^
Qn l'apporte d*£urope.
XXXII. ¥xmOKBEjeyphorb£a officindUs , Linn..; en ara|>e,y0rfiaumK Cette résine sert de purgatif dans la jaunisse et dans les maladies vénériennes.
Elle vient de la Barbarie.
XXXIII. Gaiàc, pimaewn qfficmale, Linn.; en arabe, hacJuA ^ohbiéK Les rl^ures de ce bois servent à calmer la douleur des dents et & fortifier les gendves. *
n çst apporté par les marchand^ d'Europe 9 qui le reçoivent d'Amérique.
XXXIY. Galanga , manmta galanga , Linn. ; en arabe 9 coviUngaaaeK On emploie cette racine comme stomachique et aphrodisiaque. Elle entre dans plusieurs électuaires.
Le galanga vient des Iqdes. * •
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DES ÉGYPTlEiNS. 449
XXXV. Galbanuu, bubon galbanum, Lînn. ; en arabe, gc^ naoutuhak *. Les femmes l'emploient en fimiîgatîon dans les vaû^ diesliyslériqiaes et contre les violens manxde tétew
Cetfe résine vient de l'Étliio^e.
XXXYI. GEmruîïEf fottànui kdia, Lînn. ; en arabe, gh>t£aime\ Cette radne est estimée Ionique et fébrifiige. Elle £dt la base de presqne tontes les poudres composées , dont les Égyptiens font usage dans plusieurs maladies.
Ou rapporte d'Europe.
XXXVII. Gingembre , amomum xmiSber, Lînn. ; en arabe, zinsehié^. Cette racine est un des principaux écliaufl'ans et aphrodisiaques usités. Le gingembre entre dans la grande tliériaque , dans le berch et dans le lemâoujr,
U vient des Indes orientales*
XXXVIII. Gomme ADRAGANTE , astragalus tragacaniha , Linn. ; en arabe, ^iré béâa^. On donne cette substance dans les cmpoi^ sonnemens, dans la rétention d'urine et dans la gonorrbée. On .l'emploie aussi extérieurement dans l'opbtbalmie.
On rapporte d'Europe*
XXXIX. Go]niE«V7T£ , «fl^ii^s^ guU^r Linn. ; en arabe , roub^ ra&une^. Cette résine est CB^l<pjée CQiBVie pnrgattf dans les maladies vénériennes.
Elle vient de la Perse et de ilnde.
XL» Gomme ammonuqub, gummi resma, ananemoeum; en arabe, ioUak^ Les femmes en pnsnnent intérieurement comme cm* ménagogue.
Elle vient de la Biiliarien
XLi. Gomme âbaheqve, ndmasa NHoHea^ Linn.; en arabe.
■ Qanâottâeheqy ^t^U». 4 Xeijrrd heydd, Lô^
45o SUR LES MEDICAMËNS USUELS
smnhr ArabiK Les Égyptiens en font usage dans les a£fections de poitrine , dans la diariliée et dans la gonorrhée. Ils l'enqiloient
aussi extërîeurcmpnt dans l'ophthalmîe.
Elle vient de l'Arabie. Celle qu'on récolte en Egypte et dans l^Ethiopie, est rouge, et ne sert que dans les arts.
XLU. GrCNABE, puntca granaban, Linn.; en arabe, mim-
manne*. On fait usage de ce fruit dans la fièvre et dans la dvsenterie. Son écorce est employée extérieurement comme antiseptique. Ce iruit est Irès-conunun en Egypte.
XLiii. Habbanil', semence noiritre, triangnlaîre, dure et
presque cornée, i^risàlrc intérieurement. Elle est liydra^o^'ue. Les nègi es qui sont en Egypte , n'emploient que cette semence pour se purger.
On l'apporte de l'Ethiopie.
XLIT. Habb EL-HAZIS^, cjrperus esceXenlus , Linn. ; racine ayant la forme de petits lubercules grihatrcs , charnus, d'une saveur douce et apjréablc. Elle est pectorale et nutritive. Les femmes en mangent dans Tintontion d'acquérir de l'embonpoint.
La plante dont on tire cette racine , croît dans la basse Égypte.
XLV. HeîîîîÉ*, lausonîa întrmis, Linn. Les naturels du pays se servent des rcuilles de cet arbrisseau , qui croît communément en E2n,'pte , pour se teindre en ronge le dedans des mains, la plante des pieds, les ongles, la barbe et les cheveux. On relire aussi des fleurs une eau distillée, d'une odeur agréable. Les femmes Tes— timent beaucoup , et en font «sage pour kvcr et adoucir la pean.
XLVî. Hermodacte, iris hJierosa , Linn.; en arabe, camùé^\ Les femmes mangent cette racine dans '."intention d'acquérir beaucoup d'embonpoint. On la fait légèrement rôtir pour lui enlever son âcreté et la priver de sa vertu purgative.
Les hermodactes viennent de la Syrie.
3 EM elnyl, JaUI ^ Khamyreh, o ja?>.
XLVn* JusQUiAME, hjoscyonms edkts, Lfnii.; en mhe^hù-jt hing*. On ne se sert que des semences de celte plante. Elles sont narcotiques et propres à donner des vertiges. £lles entrent dans les opials enivrans.
On en récolte en Egypte.
XLVin. Kafal, amyrts kafal, Forskal; en arabe, kafàl^. Ce Lois est très-estimé comme parfum : on en brûle dans les mosquées. On le mêle aussi avec la petite absinthe pour parfumer les appartemens.
U vient de l'Ârabie.
XMX. L\Bt)\Ni::M, clsius Creticus f Linn.; en arabe, laden^. Cette résine, gluante et d'une odeur a^éable, est très-estîmée des habilans de l'Egypte. Ils eu font des pastilles odoriférantes : ils en portent souvent à la main pour respirer le parfum qu'elle exhale. Ils la regardent comme spécifique contre la peste.
On rapporte de Constantinople et des lies de.la Grèce.
L. Labemour^, racine grisâtre, coupée par quartiers, ressemblante à la bryone , d'une saveur acre et amère. Elle est astrin» gente et légèrement putative. Les Ég^^pticns en font souvent usage. Ils la prennent en substance , délayée dans de Feau ou in-coTporëe dans du miel. Us attribuent à ce mélange les mènes propriétés qu*à la tbériaque; ce qui lui a fint donner le nom de thériaque des paunts* Cette radne n^est pas usitée en Europe.
Elle vient de la Syrie.
LI. "MjiSnc ^ pisfaeia ieniisats, Linn.; en arabe 9 misUc^. Les femmes màcbent cette résine pour se blanchir les dents et pour rendre leur baleine agréable. Les Égyptiens font une grande consommation de cette substance pour parfumer les yases de terre
destinés à rafraîchir Teau qui doit leur serv ir de boisson. La fumée qui résulte de la combustion de cette résine, laisse, dans ces vases
» £erz bengy ^ j^, 4 Labbel-mourr,jli\ tç>J.
3 Lâdent
45a SUR LES MEDICAMENS USUELS
perméables, une odeur très-agréable ^qu'iU conservent iqii^tenips et qu^îls communiquent à Teau»
On apporte le mastic de Constanimople.
XII. Mahaleb*, prunus maJiaUhy Lînn. Cette petite amande du nopu d'une cerise sauvage est très-esUmée des Eiçyptîens. Ils b regardent comme un médicament prédeux ; ils l'emploient dans un grand nombre de maladies» comme bédûqoe et canninatiL
On rapporte d'Europe.
LIII. MouATE', racine blanchâtre, mucilagineuse, charnue, et d'nne odeur aromatiqiie. Elle est nutritive et aphrodisiaque. Ou la prend en substance , on Ton en fiât on sorbet qni doit se boire chaud.
Cette radne yîeiit des Indei.
LiY. Muscade, rnynstùa mostàaia, Lînn.; en arabe, gox eltibeK Ce fruit s'emploie comme cordial et aphrodisiaque ; il entre dans plusieurs électnaires. .
On rapporte de l'Inde.
LV. M Y ROBOLANS , ph/llanihus emblica , Linn. ; en arabe , heUleg, tablé y indédùry^. Les habitans de TËgypte font également usage des cinq espèces de myrobolans qui se trouvent dans le commerce. Us en font entrer dans presque toutes leurs compositions médidaales.
On lies apporte de llnde.
LYi. Myrrhe; en arabe, mmr\ Cette résine est tonique et vulnéraire. Les femmes en font toujours usage à la suite de leurs couches. Elle entre dans plusieurs poudres ^opres à blanchir les dents.
Me vient de TÉthiopiè.
l/vn. Nabd i!a>lEN9âm£tgMfsniianiif»Linn.;enandiet } UJM, %J^. 4 HàlfUs, kmrt èi^i
> Gw» «t^yh, Jt^* ' ' Moutr,
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Mf/mir*. Cette ncîne est céplialîfae et stomadûque. Elle entre . dans la compositiott de la grande tikériaque et dans les opiats édiauffims.
EUe Tient de rinde.
LYiïL KÉNUPHàB , t^jrttifAœà a&a, Linn. ; en arabe , nsqnftor *. Cette facme est employée dans res^amande» dans la fièvre maligne et dans la gononliée. Les femmes en font un sorbet qu'elles
prennent comme calmant et anliaphrodisiaque. On rapporte d'£urope.
iix. O6iiON9dSS«ifi«^,Linn.;enarabet2i0Ml^ Cetteplante bolbeiise , qui fiit long-temps en yënëfatîon cbes les Égyptiens , oflrc aussi un médicament très-recherché par les habitans de ce pays. Ses semences, parvenues à leur maturité, sont cordiales et aphrodisiaques. Ib les font entrer dans les électuaires échauffons et narcotiques.
On en récolte abondaniBient en Égypte*
LX. Oliban, iuniperus (/a'a, Linn. ; en arahe, lébanne'*. Celle substance résineuse est employée comme astringente et détersive. On la donne dans le crachemen de sang, dans les fleurs blanches et dans la gonorrhée.
On l'apporte de T Arabie»
LXI. Opium, papacer somniferumy Linn.; en arabe, afiounne^. Les Égyptiens font souvent usage de l'opium, quoiqu'ils eu abusent moins que la plupart des habitans de TAsie. lis ne le considèrent pas comme médicament, mais comme nne substance ' propre à leur procurer, dans Tétat dé santé , quelques instans de repos et d^imsse. L^opîtun le plus sec et le pins dur est celui dont ils font duMx, comme le pins résineux : ik Taromatisent avec le musc, avec les Builes essentielles de cannelîé et de girofle. C'est ayec T opium ainsi préparé qu ils composent divers opiats enivrans
* StnboulUendy, fj0j>^ J^. ^ Zehdn, (jLt.
454 SUR LES MiLdICAMENS USUELS
et aarcotiqiie%9 àaat les riches font usage. Quelquefois l'opium' se prend sedi k la dose de trois on 4|natre fpinsj qa*on réitère, an besoin , plnsienrs fois dans le |onr : c*est ainsi qne les habitans paisibles en nsent dans riotention de dissiper Tenniu
et la nu'lancolio, ou pour provoquer le repos; et les gens de p^iierre, dans 1 e^^oii* d'acquérir plus de couiiaucey de la force et du courage.
L'opium qu^OD pr<^pare aujonrd*linî en Egypte, est de mauvaise qualité etàTiiprîx : il ne seriqu'auz/îtifi!!^ ■ etaux Arabes. L^opinm dn conunerce est le plus estimé.
n vient de laNatoIie et de l'Asie minenre.
LXU. Pistache, pistada vera, Linn.; en arabe, Ce fruit, agréable au goût, est regardé comme nourrissant et aphrodisiaque. On en dit un sorbet que les femmes préparent ellesmêmes.
Les pbtadies viennent de la Syrie.
LXUI. PoiYBE,^9Mrii^nim, Linn.; en arabe, y^jlS/'. Outre son usage fréquent dans la préparation des alimens , il entre dans la composition des opiats échauffiinset aphrodisiaques.
Il vient de Tlnde.
LXIY. VoiNVE^^Tmovu.^ piper A!'Aiepi$mn;^ Siliquc noirâtre , de la grosseur d'une plume d'oie, recourbée,
contenant depuis deux jusqu'à cinq petites fè\ es rougeâtres et luisantes. Ceîte espèce de gousse est très-aromatique rl (rune saveur acre et hrùlantc. Les riches la préfèrent aux autres épices pour assaisonner leurs alimens. Les iMa/iagui/ufs , qui préparent le bcrch et ie& électuaires , regardent le poivre d'Éihiopie comme la base de ces compositions enivrantes.
On rapporte de TÉthiopie, et principalement de Barfour et de Sennar. Cette espèce de poivre est peu connue en Europe.
LXT. PoiYRB DE Là JAMAÏQUE, n^rrtus pimenta ^ Linn.; en
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DES ÉGYPTlEiSS. 455
ifabe y hMJmbadde^* Ce finujt entre comme échanffani dans \t àerth et dans plnsieun opiats.
U Tient des Indea.
Lxvi. Poivre long, ptper longum, Linn.; en arabe, erck dahab \ On attribue à ce finiit les mêmes propriétés qu'aux trois précédens.
On l'apporte de Tlnde.
LXYII. Khusarbe , rheum pabnatum y Linn. ; en arabe , raoum ^, Les Egyptiens estiment bcMCOup la rhubarbe : ils remploient comme stemaciiique« astringente et TermiRige* Ost le seul médicament qu'on ose donner aux enfims, presque toujours £ûbles et langoissans durant les trois ou quatre premières années de leur TÎe.
La rhubarbe vient de la CSiine.
Lxyui. R1CIN9 rkùms amamaiis, Linn* ; en arabe^ hM dtania^. On se sert des semences de cette plante 9 comme purgatif, dans la fièvre , dans rhjdropisie et dans la gonorrbée. ' On cultive le ridn en Egypte.
LXIX. KiTÉ^, petit fruit triangulaire, charnu, jaunâtre, dWe saveur alcaline. On en £iit usage dans la jaunisse et dans les rétentions d'urine*
Ce firuit, dont on ne se sert pas en Europe , vient des Indes.
LXX. Safran, crocus satwus, Lînn. ; en arabe, MfranneK On emploie le safran dans la colique, dans le vomissement, et extérieurement dans l'opbAahaaie.
n vient d'Europe.
LXXI. Salsepareille , «iniî2iMr saUapanBa, Lînn.; en arabe, œA€--6éi. La salsepareille est presque toujours employée dans les
• £'rq dahab f ^jyJi. ' • Za'Jâran,
♦ Hahb kfioixtUf c,
inaladks Téaérieniict et dartrcnses. Les Ègfpûm la prélèieot à tons les antres antîsipliQitiqiies.
On r^orte d^ncope. Celle qm Tient de la BariMotie, est la plus estiniée.
txm. Sambr ESROBàB', résme rongeltre, asseï scmblaUe à la mjrrhe, d'nne saveur amère» mais peu odorante. On s*en sert pour arrêter Iliânorragie qui sorvient ordinairement à la sdite de la drcondsion.
Cette résine , qu'on ne trouve pas parmi les drogues usitées ea Europe, est apportée au Kaire par les caravanes qui viennent de rÉthiopie. «•
LXXIII. Santal, santalum album, Linn. ; en arabe, sondai ahiate^. Ce bois n^est usité que dans les rbumatismes et dans la goutte ; mais il sert communément de parfum.
On rapporte de Tlnde.
I.XXIV. Sassafras , laums sassafras , Lînn. ; en arabe , sasstrfra^. Ce bois est quelquefois usité dans les maladies vénériemies. ^ est apporté en É^te par les Européens.
Lxxv. Schisme*, cassia absus, Lînn. Petite semence noirâtre, aplatie, lisse et dure, sans saveur, sans odeur. Kéduite en poudre ^ on s^en sert extérieurement dans rophthaimîe.
Elle vient de l'Ethiopie.
Lxxvi. SÉMÉ ( feuilles et (oWicvles^, cassia sânna, Lînn.; en arabe f senna Sajr4y^* Cette espèce, qui est le séné à feuilles obtuses , se trouve communément dans les magasins des droguistes de rÉgypte. On l'emploie en substance comme pnrgitiC, contre
> AsiirgA el-MruHwier, j^ywâJt ^»
• Sondai aijrad,^j^\ JdJU*
i SmàSa'ydf, iSO>i^ tu.
les vers , dans les maladies vénérîénnes et dans les maladies dar-^ treuses. Il croît dans le désert qui entoure l'Égj'pte. Il didere du séné à feuilles aiguës, cassia acutifolîa, Deliie. Celte seconde espèce, la plus estimée des Européens 9 croit sur les confins de TEgypte , au-dessus de Syène.
. Les Arabes de cette contrée vont le chercher dans le déscrtf et rapportent dans les entrepôts de ceux qui ont affermé le commerce de ce médicament précjenz. Il vient aussi de FÉthiopie une espèce de séné semblable à ce dernier. On les mêle pour être portés ca, Europe.
mm. Si8&iiB,j«Mmiian«7«n<sZf^Linn.;enara^ Lorsqu'on a retiré Thuile des semences de sésame, on prépare, avec les gâteaux nouvellement sortis de la presse , une pâte que les femmes mangent avec délices , la regardant comme la substance la plus propre à donner beaucoup d^ embonpoint.
On cultive le sésame en Égypte.
LXXVlli. Squine, smilax Qûna, Linn. ; en arabe, hachab Chîné*, Cette racine est recommandée dans les maladies vénériennes invétérées.
EUe vient de la Chine.
txxix. Storax, styrax officinale, Linn., en arabe, miasaW^. On l'emploie en fumigation pour calmer les violentes douleurs de tête et les oppressions de poitrine: on s'en sert aussi ^connne parfum.
n vient de la Syrie.
i.xxx. Tamarin y tamarindus Indica, Linn.; en arabe, Umtar Indi^, Les Égyptiens emploient le tamarin comme rafirakhissant. Us pr^mrenti aviec celui qui est nonvean, one CMserve trèsagréable»
On trouve an Kaire dcns espèces de tamarin , dont Tune vient de fÉlbiopie , et Tantre des environs de la Addke. Le tamarin
* Smuem, ^tojOÊ» * Maytth sâjrleh, <1jL»
* XhmcM ejyigrt\Sif0 «|>Mâb^ 4 ToMM' Buufir, -
45^ SUR LES MEDICàlIENS USUELS
d'Ethiopie est en petits pains ronds, noirâtres , d'une saveur acide et agréable : celui de l'Arabie est en masse enfermée dans des paniers de feuilles de dattier; il estrougeâtre et d'une saveur acerbe: il est raoias estimé que le premier.
LXXXI. ZÉDOAIRE, Kœmferia rotunda, Linn. ; en arabe, za— raoune^. Celte racine est regardée comme stomacliîqne et aphrodisiaque. On la prend en substance, incorporée dans du mieU
La sédoaire yient des Indes orientales.
Je pourrais parler de beaucoup d'autres substances médicioales, qa'on trouvera décrites dans Prosper Alpin', oa indiquées dans la Molière médicale de Forskal: mais aujourd'hui les naturels de TÉgypte ont rarement recéurs à cette grande variété de médicaniens. L'emploi superstitieux qu'ilsfont aussi dequelques drogues , n'offre pas assez d intérêt pour qu'il soit nécessaire de les décrire en particulier* Il serait superflu d'entrer dans des détails au sujet des racines , des feuilles et autres productions végétales , que l'on fait quelquefois brûler en présence des malades pour eu tirer des présages»
Les drogues de l'Asie , qui arrivent par la mer Rouge, et qui restent plus ou moins long-temps déposées dans les magasins de Souejs et de Qoçeyr , sont généralement de très-bonne qualité ^ telles que Tassa-fœtida , l'encens» la gomme arabique, le cachou, et les autres productions tirées des Indes. Plusieurs articles fournis par le sol même de l'Egypte sont négligés , parce qu'où les recueille sans précaution, La gomme qui est produite par le ndmasa JfUotîea d'Égj^pte, ne peut servir
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que dans les nianafactures , et après avoir été nettoyée y tandis que celle d'Arabie, qui est recueillie avec soin, est aussi plufi recherchée* Les asiéliorations que rjbigypte. est susceptible de recevoir, s'appliquent à toutes les branches d art, de commerce et d'industrie.
Le choix des espèces de naedicamens retrace &ible^ ment Tancienne science des Arabes. L-es doses convenables et les circonstances appropriées pour les remèdes ' sont ignoré. On verrait au Kairé et dans les antres villes un moins grand nombre de malades réduits à un état incurable, sans Tabus de diverses drogues. L'usage fréquent de Topium et des électuaires enivrans, composes de dianvre et d'aiomates, affaiblit considérablement le corps , qui n*éprouve de calme qu'en proportion de Tagitation qui est d'abord occasionne par ces me'dicamens. Il est assez ordinaire de rencontrer au Kaire , dans les rues habitées par les droguistes, un grand nombre de personnes qui achètent, sur l'avis des vendeurs , les drogues qu'ils pensent pouvoir leur être salutaires. U y a des cheykhs qui veillent à ce qu*il ne se débite pas de drogues détériorées. Plus un médicament est prompt et actif, plus les Égyptiens le croient propre à produire la guérison du mal. Ils emploient la coloquinte et la gomme gutte comme purgatifs, et la violence de ces remèdes les expose à des vomissemens qu'ils redoutent , et à des douleurs intestinales difficiles à apaiser j tandis qu'ils ne font communément usage du séné que comme laxatif, en le mêlant par petite quantité dans des infusions presque sans vertu et très-desagréables au goût. ^
46o SUR LES MÉDICAMENS USUELS, etc.
Les bienfiâte et les rdglemeDS dVin gouvernement
éclaire ne manqueraient pas de contribuer en Ëgypte à la conservation d'une population nomhceuse:les secours delà cbimrgîe et de la mAlecine, et les soins donnibà des malheureux, ont fait respecter les Français, qui ^ s'ëtaient oocnpà, pendant l'expéditioni de finmer des hôpitaux pour la classe indigente*
MÉMOIRB