‹ Description de l'Égypte, ou, Recueil des observations et des recherches qui ont été faites en Égypte pendant l'expédition de l'armée française (volume 2)Chapitre 69 sur 87 · NOTICE · texte numérisé non relu

NOTICE

Par M. ROUYER,

MBBIBaS DE LA COMMISSION D£9 6CISNCB8 £T DES ARTS d'*£gYFTE.

lifts naturels de l'Égypte font usage d un petit nombre de m^icameDS. Us ne reeonnaisseiit que trois espaces de maladies : ils attribuent les unes à l'abondanoe de la bile, les autres au froid subit , d'autres enfin à la grande chalenr. Ils n'admettent paiement que tiois sortes de mélicamens , les purgatifs , les ^diaofiâns , et les rafratdiissans, qui , divises en trois classes correspondantes à celles des maladies , indiquent de snite l'usage de chacon d'eux.

Les Égyptiens n emploient que des drogues simples. Les réduireen poudre , les mêler avec du sucre ^ ou les incorporer dans du miel, sont les préparations ordinaires de toutes les substances médicinales qu'ils doivent prendre intdrienrement* Us ont rarement recours aux mëdicamens plus composes. Leurs manuscrits pharmaceutiques n'en indiquent presque aucun, quoiqu^on y trouve beaucoup de recettes tirées des principaux au<-

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teurs arabes , auxquels nous devons un grand nombre de compositions o£Qcinales.

Leur science médicale ne conserve plus que quelques debri^ de celle des peuples qui les ont précédés. En

jpte , il en est aujourd'hui des nombreux mëdicameus des Arabes , comme des arts et des monumens anciens; on n'y trouve plus que des ruines peine reconnaissables ; le temps, Ti^orance et les préjuges les ont également détruits. On ny recueille plus l'opium thébaïque% autrefois si estimé, et si vanté encore de nos jours dans beaucoup de pharmacies. Le suc d'acacia % dont les Egyptiens ont lait long-temps usage, qu'eux seuls préparaient pour l'Asie et pour TEurope, ne se trouve plus parmi leurs médicameus, ni dans le commerce; II en est de même de beaucoup d'antm substances très^usitées autrefois, et qu'ils n'emploient plus dans leur pratique médicale*

Les Egyptiens f devenus apathiques et indolens, ont laisse [)erdre insensiblement un grand nombre de leurs médicamens; et ils n'en conserveraient aucuu, si le commerce qu'ils font de ces sortes de substances' ne

• Akhmym i petite ville de tirer, comme autrefois, le suc d^a-

la hauie Égyplc, est le seul nulroit cacia, maUj.our les employer eutiè-

où r|U( h,iics chrétiens qobîrs r.-ti- àMi% méTtM Étti.

^clît de la plante entière du pavot 3 j| f^jt p„ Kjrypte nn com-

{jpapaver somniferum^ Lino.) un ex- mercc considérable de drogues sim-

trail de peu de qualité y qui ne sert pics, qui y sont apportées des Indes,

quW liabiuoi de ceue pioTÎnce^ de rmiérienr de TAfrique et de P A-

et cp^on porte mrement jusqu^an sie, pour les envoyer en Europe.

Kaire. Lorsque les médicaniens apportés

' En Épypte , on recueille encore de France pour le service des liôpi-

avec soin les silirjucs de racacia( mi- taux de Tarmée furent totalement

mosa Nilulica , Lion. ) , bod jpour en consommés, M. Boudet, membre de

DES ÉGYPTIENS. 43i

lear en rappelait fiouvent Tusage et les propriétés. La plupart de ces prosélytes de rislamîsme, persuadés que tout est prédestine, croient peu à lefficacité des mëdicamens et aux autres moyens cnratife. Lorsqu'ils ont rempli les préceptes qui leur ordonnent la proj^reté et la sobriété, s'il leur survient une maladie, ils la regardent comme envoyée de Dieu ; ils la supportent avec courage et sans murmure : souvent même ils n'ont recours aux médicamens que lorsque ceux-ci ne peuvent plus s'opposer aux progrès du mal. Ces idées de Ëitalisme, dont presque tout le peuple est imbu, n ont pas peu contribué à faire rétrograder la science médicale , ou au moins à en arrêter les progrès , dans ces mêmes contrées qui l'ont vue naître.

Les médicamens dont les Égyptiens ont conservé Tusage, sont presque tous tirés des vége'taux; ils emploient très-peu de substances minérales, et se servent rarement de matières animales. Le- plus communément, chacun connaît le remède qui lui convient, et ne consulte de médecin que pour les maladies graves et pour des cas extraordinaires. C'est toujours cbez-les marchands droguistes , qui sont très-nombreux au Kaire et dans toutes les villes de l'Egypte , que les naturels du pays vont chercher les médicamens dont ils ont besoin. Ils les prépaient eux-mêmes, à l'instant où ils doivent s*en servir. Us emploient rarement Tinfusion pour obtenir les vertus des plantes médicinales^ ils préfèrent de

ransiiiiit d'É^'Ypie, et pharmacien dans 1rs mnguins dn paj> lesdro-

co chef (le rexpédilion , forma, au gues nécessaires pour assurer léser-

grand Kaire, une phai niacic centrale, vice courant des hôpiiaux, cl même

- dont je fus chargé j je irouyai alors pour plus d^uuc aouée d'avance.

les prendre entières, ayant une espèce de d^oût pour tous les m^camens liquides. Le tamarin est presque

le seul médicament qu'ils prennent en infusion j et c'est le plus souvent conune liqueur nifraichissanie» ainsi que plusieurs autres sorbets * dont ils font un usage plus particulier en santé'. Dans les maladies, l'eau du Nil leur parait pr^ërable à toutes les boissons composées*

Leurs purgatifs sont ordinairement solides 5 ils les préparent avec des pulpes de tamarin , de casse ou de myrobolans, dans lesquelles ils font entrer des poudres de racine de jalap, de feuilles de se'ne', des graines de ricin et des résines. Quelques-uns se purgent en prenant une potion faite dans une coupe d'antimoine*, où ils laissent se'journcr de l'eau acidulée de suc de citron.

Les bajbitans des campagnes font aussi usage d*un purgatif liquide qu'ils prépareiyt avec le fruit entier d'une coloquinte : après y avoir pratiqué une ouverture, ils la remplissent de lait ou d*eau; ces liqueurs acquièrent en peu de temps les propriétés de ce fruit. Les Égyptiens ont souvent recours aux purgatifs, et choiassent les fins violens. La gomme-gutte^ Taloès, Teuphorbe, ]a scammonee , le jalap , sont ceux auxquels ils donnent la préférence. Le sené, la casse, le tamarin et les myrobolans seuls seraient insuffisans.

Les emetiques sont peu employés j les musulmans ont une si grande aversion pour le vomissement , qu'ils

> Les Égyptiens préparent pta- taches, aux amandes, et beaacoQp

neurs espèces de sorbets, tels qae d^autret arec divers paifums agréa-

ceux de réglisse, de caroube, de bles.

limon; ils en font ù la rose, à la ' J'ai trouvé au grand Kaire plu-

* violette , à la Heur d'orange , aux pis- sieurs de ces coupes chez les pari i-

consentent difficilement à le provoquer. Leur répugnance pour les lavemens est presque ^le^ il$ n'en font nsage que dans les* cas les plus urgens:ils le^. composent d'huile, de lait, et de décoctions animales. . Les préparations mercnrielles , si multipliées dans la . mëdecine de TEurope , sont presque toutes inconnues en Egypte. On y traite les maladies vénériennes par les purgatifs et par les sudorifiques ; ces derniers, en j joignant Fusage fréquent des bains de vapeurs , sont em- . ployés avec succès. S'il arrive que la maladie y résiste , . on a recours aux purgatifs , qu'on réitère à fortes doses, pendant quinze, vingt et quelquefois trente jours de suite, jusqu'à ce que le malade soit toutpà-fait épuisé. Cet état d'affaiblissement est considéré comme un symptôme iavorable et indiquant une prochaîne guérison. Dans toutes les espèces de gonorrhées, on £3iit usage de rafraichissans et d'astringens.

Les décoctions , dont les Égyptiens se servent rares ment comme remèdes internes , sont souvent employées pour déterger les plaies et les ulcères, qu'ils pansent ensuite avec des toiles sèches , préalablement préparées dans le produit de ces décoctions.

Les collyres dont ils font usage sont très-nombreux , . et tous sous forme sèche. Ils se composent de poudres dessiccatives ,desds naturels ou factices, et de toiles qui ont séjourné dans des liqueurs astringentes. Quelquesr uns sont apportés au Kaire tout préparés; ce sont des espèces de trochisques composés de séis métalliques , de

culien aUés; elles Tiennent tontes de Constantinople , où Ton en fait un grand onge.

É. M. XI. a8

434 SUR LES MÉDIGâMENS USUELS

substances terreuses et alcalines» Il y en a d une multitude de formes j et (ftïi yadent aussi par leur couleur. Ces compositions se font à la Mekke, où les pèlerins les adiëtent pour les revendre a leur retour, ouendire usage s^ils sont surpris de Pophtlialmie pendant leur voyage.

Les Egyptiens attribuent à d'autres collyres la pro-

prie'te' merveilleuse de préserver de Toph thaï mie. Ces derniers I ne s'appliquant que tiès-legèrement sur les paupières , ne m*ont paru avoir d'autre propriété que celle de les teindre en noir , agrément qui plait beaucoup aux naturels de TÉgypte. Je ne parlerai pas dune infinité d^ remèdes superstitieux dont ils préconisent les vertus, qu'ils emploient souvent, et auxquels il serait difficile de les fàiie renoncer : je dirai seulement que là , comme ailleurs, on ne voit que les esprits faibles et les iguorans ajouter foi à ces espèces de productions du fiinatisme et du cbarlatanisme.

Les odontalgiques sont presque inconnus en Égypte. Sans le secours de ces nombreux medicamens, devenus indispensables aux habitans de l'Europe , les Égyptiens conservent leurs dents très-blanches; ce qui paraît être dû à l'habitude de se laver aux heures d'ablution et api'ès les repas , à la qualité des fruits qui font leur principale nourriture, et plus encore à Teau du N'û^ leur imique boisson.

Outre les médicamens simples que les Égyptiens emploient dans les maladies, ils ont encore un nombre prodigieux de préparations qu'on pourrait regarder

comme médicinales, mais dont ils ne font usage que

dans l'ëtat de santë : les unes sont propres à procurer une ivresse agrëable et à exciter aux plaisirs $ les autres ont laproprie'të de donner beaucoup d'embonpoint 3 d autres , enfin , sont destinées à embellir là peau et toutes les parties dn corps. On trouve parmi ces difTërentes compositions un plus grand nombre de préparations chimiques et o£Qcinales que parmi leurs mëdicamensi

i^. Les drogues et les compositions dont les Labitans de TEgypte se servent dans Fintention de se procurer des jouissanoes réelles ou idàiles, sont des opiats connus dans le pays sous les noms de herch % de djâsmouk % de bemâowy^, et beaucoup d'autres semblables* .Ces opiats sont composé d'ellébore, de feuilles de chanvre, d opium et de substances fortement aromatiques. C'est surtout avec de Topium îesieuiUes de chanvre qu'ils possèdent le secret de préparer des compositions merveilleuses , propres à procurer, pendant le sommeil, diverses jouissances imaginaires et telle espèce de réve qu'on désire. Le mélange de relleTx)re et des feuilles de chanvre cause une ivresse plus ou moins longue , quelqnefois dangereuse, ma» ordinairemeot gaie et dâicieuse. Toutes ces préparations, dont les babitans des villes et des campagnes font une grande consommation , ne se trouvent pas chez lesdroguistes , commelesmedicamens simples ) on les del)île dans des boutiques particulières , qui sont très-multipliées dans toutes les villes del'Égyple.

Ceux qui composent ces drogues se nomment iKfa -

goungy', du mot aiabe ma^goun^, qui signifie élee^ tuaire, ou tiomposidûn officinale. Les Qobtes et les Juifs font presque seuls cette espèce de commerce^ ce qui porte à croire qne Tnsage de ces opiats est très-ancien, et reraonle à un temps antérieur à celui des Arabes. Le philonium et la thériaque des Egyptiens se trouvent austi au nombre de ces cmnpositions , et ne se prennent également que dans l'ctat de sanle'. Les riches, et ge'néralement les personnes aisées, font un fréquent usage du philomunu Cette substance m'a para n'être antre chose que lopium du commerce » purifié et aromatisé. Us le prennent à la dose de plusieurs grains ; ib le jugent propre à réparer les forces, à dissiper la mâancolie, à donner de la confiance et du courage. Cest aussi dans cette intention que les ouvriers et les pauvres font ns^ge du herch et du hemdouy. Ces espèces de drogues exhilarantes sont pour les Orientaux ce que les liqueurs £er*^ mentées sont pour les Européens. « s-:

La thériaque, qu'ils nomment touryâq el-kebjr^, est à peu près la même que celle qui se trouve décrite dans nos pliarmacopées , sons le noni de Mrieufue d'Jlit* dromaque : elle n'en diffère que de quelques articles^ et contient seulement des excitans plus actifs, Prospef^ Alpin, qui a décrit les médicamens des Égyptiens, dit que. leur thériaque est la même que celle d'Andromaque, à laquelle ils ont fait quelques diangonens. Je serais plutôt porté à croire que la thériaque des Égyptiens, telle qu'ils la préparent encore aujourd'hui, na

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point ete altérée ; qu'elle est très-ancienne , et que c'eut de celle compostlion qu'Andromaqnea lire saihériaque, devenue ensuite si célèbre, à laquelle il a eu soin d ajouter quelques substances , et de retrancher celles dont le Irop grand usage eftt ét^ nuisible dans tout autre dimal que celui de l'Égypte.

Les Égyptiens font un grand secret de la composition de leur thëriaque, dont ik se croient les seuls possesseurs. Je ne suis parvenu qu*avec beaucoup de peine ieii obtenir la recette de celui qui la préparé telle diffère peu de celle que Prosper Alpin avoue lui-même • n*avoir obtenue qu'avec beaucoup de difficulté , et qu'on trouve à h suite de ses Observatious médicales sur rÉgypte.

Cette thériaque passe pour avoir de grandes vertus ^ il s'en fiiit un commerce considérable au Kaire , où on

la prépare : on en porte à la Mekke, dans toute TAsie, à Constantinople et en Barbarie. Le cheykh des marchands d'dpiats a seul le droit de préparer la thériaque» On la reuouvelle tous les ans : elle se fait publiquement , en présence du médecin du pâcbâ de Constantinople , résidant au Kaire ^ du dieykh des droguistes, et des principaux de la ville Lorsqu'elle est confectionnée, àa la dépose au Mâristân*, édifice national, destiné à recevoir les fous , les vieillards et les malades indigens. Le produit de la vente de ce médicament est emploj^é

* C*6it MU donle d^mprài oeite me on l« toU «ncorc en Iialie, ea

coatume, trcs-anciennc en Égyplc, Allemagne, et aa coUé^ de phtr*

que la préparation de la tliériaquc macieàParis.

est ensuite devenue solennelle dans s ^bu^ta plusieurs contrées de TEurope, com-

à renlretien de cet établissement public. Le local où Ion prépare la thëriacpie , m'a para ayoir servi autrefois de laboratoire ou 1*011 confectionnait un plus grand nombre de médicamcns. On y remarque encore plusieurs ^raiip^ seanz semblables i ceux dont on se sert en Europe piov les grandes opérations de chimie et de pliarmacie. «Ces vaisseaux, disent les Égyptiens, ont servi à nos aïeiUL^ qui préparaient des médicamens plus effi<iacegqi usit dont nous nous servons aujourd'hui. »

Les nombreuses prëparaSions dontlesiiajUÙKM^ rÉgypte font usage dans l'intention d*aoquj(riiMe Tem^ bonpoint , sont principalement rechei'checs par les riches et par les habitaas aisés des villes : ils attashiwtiiw grand prix à ces sortes de compositions, qui ont tontdb pour base des substances mucilagineuses et fécnlentes^ des fruits charnus, des semences hnilettses, et 4{iidxpii»> fois des matières animales. Les femmes, pour lesquelles Texcès deinbonpoint est une peifection -de beauté, en font un grand usage. Les hommesy ont aussi Yeèourisr mais ils y mêlent toujours des excitans et beaucoup d'autres drogues sembkbles, qu'ils ledierchent avec une extrtme avidité; tant l'influence' du climat , peut-être aussi celle de leur éducation, les rend insatiables de voluptés et de jouissances; Ces sortes de drogueswjfi parent comme les médicamens , et se prennent préfis^ . rablement dans les bains. 11 s'en £ait une si grande consommation au Kaire et dans toutes les villes de ri^ypte , que les substances qui entrent dans leur composition font la partie la plus considérable du commerce des droguistes du pays: aussi leurs magasina an -mt

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DES ÉGYPTIBKS. 439

abondamineiit fournis; et Ton peut dire, à cù sujet, (|u'il leur arrive plus souvent de yendre des drogues capaibles de détériorer la saute que des medicameus propres à la rétablir.

S**. Les Égyptiens emploient une infinité de cosrae'tiques, qu'ils composent eux-mêmes, et qu'ils n'obtiennent que par des procédés longs et pénibles^ tandis qu'ils évitent avec soin tous les procèdes difficiles, quand ils préparent des m^camens. Parmi leurs cosmétiques , on distingue ceux qui sont destinés à blanchir et à adoucir la peau, à lui donner de la souplesse ou ii la resserrer ; ceux qui doivent feire croître ou. £iire tomber les poils ; enfin , ceux qui servent à teindre la peau , les cheveux et la Larbe. Ces compositions se font ordinairement avec des huiles douces, des paisses de différens animaux , des résines i)dorantes, des savons alcalius et métalliques.

Les essences et les parfiims sont très-estimés des Égyptiens. Leurs parfumeurs préparent des eaux de plantes aromatiques et de différentes fleurs» les baumes , des huiles essentielles, des pommades, et plusieurs autres cosmétiques dont le sexe t'ait usage pour la toilette. Ils composent aussi diverses sortes de pastilles odoriférantes, qu'on brûle dans les mosquées, autour des tombeaux > dans les maisons des riclies, mais qui sont particulièrement destinées su parfumer les appartemens des femmes.

L'embaumement , cet art religieux qui prit naissance en Egypte , qui y fut pratiqué pendant une longue suite de siècles, y est aujourd'hui inconnu. Les Égyptiens

44o . SUR LES MÊDIGAMENS USUELS

modernes, n'ayant pas conservé la coutume d'embaumer leurs morts, ont n^ligé tout ce que la tradition aurait pu leur apprendre sur les embaumemens des anciens. Lorsque je ferai l'histoire des momies que j'ai mes dans plusieurs endroits de TEgypte, j'indiquerai leur préparation pràumée; j'y ajouterai ce^e les Égyptiens croient savoir sur cet ancien usage , et ce qu'en rapportent plusieurs manuscrits arabes qui m'ont été communiqués par des dieykhs du Kaire. * • Ces détails sur les mëdicamens usuels des Egyptiens diffèrent des récits des voyageurs qui ont traité de la matière médicale de l'Égjpte. Ds ont confondu les médicamens des Européens qui restent momentanément en Égypte , avec ceux des naturels du pays. La plupart n'ayant habité que le quartier des Francs, n'ayant vu et fréquenté que les chrétiens qui y demeurent ^ ont été induits en eiteur, et ont décrit* les habitudes et la manière de vitre de ceux-ci pour celles des musulmans.

. On trouve, à la vérité, an Kaire(dans le quartier

des Francs), trois pharmacies montées à peu près sur le pied de celles d'Europe. L'une est dirigée par des Grecs, et les deux autres appartiennent à des Vénitiens qui habitent depuis long-temps en Égypte. Ces tiois pharmacies ne servent qu'aux Européens qui demeurent an Kaire et aux chrétiens de l'Asie qui y sont étaUis pour leur commerce : les musulmans , les Qobtes , les Jui£s nés dans le pays, n'y ont tecoiu^ que lorsqu'ils consultent des médedns étrangers , qui formulent comme en Europe , et les forcent de s adresser dans les pharma-

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cies tenues par les Européens ^ (^u ou désigne en Egypte sous le nom de Francs.

C'est dans une de ces pharmacies que Forskal a compose un catalogue intitule Materia medica ex officinâ pharmaeeuticâ Kahùrœ descripta : c'est sans doute pour cette raison qu'il a compris clans ce pre'cîs de matière ' médicale un grand nombre de mëdicamens simples et composes dont l'usage est inconnu aux Égyptiens , et qu il en a omis quelques-uns qu'ils emploient journellement.

M'étant proposé de ne parler que des mëdicamens

usuels des naturels de l'Egypte, pour ne pas repeter beaucoup de choses déjà dites par ceux qui ont écrit sur ce sujet , j'ajouterai seulement à cette notice une liste des principales drogues simples que les Égyptiens emploient plus particuUèremcàit.

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