SUR LA FOJSTAIKE DE MOÏSE
cessaires. Aussi, parmi le grand nombre des fragmens
cpiî forment le raomicule, nous n'en avons pas trouvé qui aient du appartenir à des pots de chapelets , dont la foràie n'a pas varié depuis des temps trës-reculés. Tous ceux que nous avons vus avaient fait partie de vases d'une capacité beaucoup plus grande; et nous sommes portes à croire que Tobjet de ce grand e'tablîssement de poterie était la fabrique de grandes jarres propres à embarquer l'eau, dans un pays où la rareté du bois, et peut-être n^ême le défaut d'industrie, rendaient la confection des tonneaux impraticable* Ainsi cens qui ve« Taient faire de l'eau k fa fontaine de Moïse, étaient assu< rés d'y trouver les jarres propres à la contenir , et vraisemblablement aussi les autres vases de terre propres à leurs usages.
La fontaine de Moïse présente un pbénomàne remarquable d'hydrostatique. Les différentes sources qui la composent, et qui sont au nombre de huit, sont toutes placées au sommet d'autant de petits monticules co* niques, termines chacun, flans la partie supérieure, par un cratère qui sert de bassin particulier à la source, et d'où l'eau s'écoule sur la surface conique par des rigoles naturelles. Les hauteurs de ces monticules sont différentes entre elles : le plus haut de tous est élevé de quarante pieds au-dessus du sol environnant. La source de ce dernier est tarie depuis long-temps ; son cratère est rempli par le sable que le vent y a déposé ; et Ton y voit encore le tronc d'un dattier qui, après y avoir acquis une assez grande élévation , a été abattu par les. v Arabes. .
n a ^të Êusile de nous rendre raison de la manière
doiil ont pu se former les monticules au sommet desquels se trouvent les sources* L'humidité que Teau d'une source rëpand dans le sol environnant, entretient autour du bassin une végétation continuelle ; les ^ram^M qui sont le produit de cette v^étation, diminuent la vitesse du vent qui les agite, et lui font abandonner les gros grains de sable qu'il entraine : ce sable, abrité par les tiges au bas desquelles il est déposé, et retenu par riiumidité qui lui fait contracter un çommencemeiit d'adhérence, résiste àdes bouffées de vént plusviolenles; le carbonate ou le sulfate de chaux que leau de la source tient en dissolution, et qui est mis à nu par Tevaporation , se cristallise entre les grains de sable , et forme an gluten qui complète leur adhérence. Par-là , les bords du bassin se trouvent un peu exhaussés, et Teau est forcée d*élever son niveau de toute la hauteur de cet accroissement , pour sortir du bassin et se répandre au dehors. Les drconstanoes qui donnent lîeu à cette opération étant de nature à se reproduire souvent, ses progrès, quoique lents , sont , pour ainsi dire,continaeis^ et après un long temps , la source qui s*est toujours exltàussécy se trouve au sommet d'un monticule conique dont la lâatière est un tuf sablonneux , étincelant sdus l'outil} et salé comme l eau de la fontaine.
La source dont le cratère est le plus élevé étant tarie, il est naturel de penser que la hauteur de quarante pieds , à laquelle elle est parvenue , est un maximum déterminé, moins par la grandeur de la pression qu'elle éprouve au bas âu monticule , que par la résistance dont
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sont capaUes les parois des oondaits souterrains et naturels qui ramèneat^ en sorte que Teau , elant parvenue à cette hauteur , a pu rompre ses parois , se faire d'autres issues, et produire de nouvelles sources qui auront ele la cause du tarissement de la première, et qui par la suite auront fonnë les monticules au sommet desquels elles sont aujourd'hui toutes placées.
Quoi qu'il en soit , il est très-probable qu'à une époque assez reculée la fontaine de Moïse n'avait d'autre source que celle qui depuis long-temps est tarie, et que les huit sources qui maintenant donnent de l'eau et dont les cratères sont moins élevés , ont été reproduites postérieurement, ou par la rupture des parois trop faibles, ou par des fouilles cpi'on aura faites pour diverses constructions, dans le temps où la fontaine était fréquentée et où ses environs étaient habités.
Il eût été intéressant de reconnaître la forme et la nature des canaux naturels qui amènent l'eau à la fon^ taine de Moise au trayers d'une grande plaine de sable, et dans lesquels elle éprouve une pression capable de la iaire monter de plus de quarante pieds au-dessus de son niveau, et de nous assurer si celte eau vient de la chaîne de montagnes qui de la Syrie va se terminer au mont Sinai , et qu'on aperçoit à environ quatre lieues à Test de la fontaine : mais nous n'avions pas le temps de nous occuper de ces recherches, qui n'avaient aucune utilité prochaine»
FIN nu TOME ONZIEME.
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