‹ Description de l'Égypte, ou, Recueil des observations et des recherches qui ont été faites en Égypte pendant l'expédition de l'armée française (volume 3)Chapitre 10 sur 95 · C- ClvrrOO o · texte numérisé non relu

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6o MÉMOIRE SUR LES FINANCES

Le mal el-gihât indique une perception faite sur tous les villages de l'arrondissement. Son produit , grève de la plus grande partie des dépenses de l'islâmyeh , était mis par les moultezim à la disposition des gouverneurs des provinces, qui acquittaient ces dépenses et gardaient le reste à leur profit.

Le khedem el-a'skar était levé au profit des tchourbâgy. et autres officiers et soldats de la milice, et notamment des ogâq Tâfekgyân , Gâmoulyân et Sarâkseh , répandus dans les provinces pour servir de conseils et de surveillans aux beys ou hâchef gouverneurs. Ils levaient directement cet impôt sur les moultezim, d'après une autorisation écrite du bey ou kâchef. Mohammed-bey ayant trouvé ce droit augmenté , le ramena au taux fixé par Solymân.

Le koulfeh représente plusieurs droits en nature et en argent, attribués par les anciens réglemens aux gouverneurs et aux personnes de leur maison , et convertis en prestations pécuniaires payables par les moultezim. Nous y avons compris un droit connu sous le nom de haouâlet el-haouâlât , expressions arabes qui désignent l'indemnité revenant aux messagers dépêchés dans les villages pour prévenir les contribuables du paiement qu'ils ont à faire du kouchoufyeh , parce que nous avons reconnu que dans toutes les provinces de l'Egypte, à l'exception de celles de Gharbyeh et de Menoufyeh , on a confondu le haouâlet el-haouâlât avec le koulfeh.

Long-temps avant Mohammed-bey , les gouverneurs s'étaient mis en possession d'augmenter arbitrairement les droits de kouchoufyeh. A l'époque où ce bey gour

DE L'EGYPTE. Gi

verna l'Egypte, les moultezim, hors d'état de supporter ces exactions toujours croissantes, lui firent sentir la nécessité d'y mettre un terme. Mohammed reconnut que si , d'un côté , il convenait d'augmenter ces droits , il était, de l'autre, souverainement injuste d'en abandonner l'évaluation à la cupidité des gouverneurs. Prenant le parti d'abolir tout ce qu'ils exigeaient indépendamment de l'ancien kouchoufyeh, il leur accorda le produit d'un nouvel impôt, qui reçut le nom de rafa* el~mazâlem (délivrance de la tyrannie).

Haçan, capitan pâchâ , qui tenta de remettre l'ordre en Égypte après les troubles qui suivirent la mort de Mohammed-bey , voulut d'abord réduire les impositions au taux fixé par les réglemens de Solymân : des réflexions ultérieures l'ayant détourné de ce projet, il adopta les considérations qui avaient déterminé l'établissement du rafa' el-mazâlem , et se borna à remplacer cette dénomination par celle de haqq el-byâtât (prix du séjour).

Les événemens qui suivirent son départ ayant rétabli la domination d'Ibrâhyra et de Mourâd beys, les gouverneurs des provinces surpassèrent leurs devanciers en concussions et en rapines, de sorte qu'il fallut en venir à de nouvelles transactions. Mourâd et Ibrâhym ajoutèrent aux droits existans celui deferdeh el-tahryr (iraposition fixe).

Ils convertirent ensuite le haqq el-taryq institué par Mohammed-bey pour subvenir aux frais de perception du rafa' el-mazâlem, le nouvel haqq el-taryq nécessaire pour la levée du ferdeh el-tahryr, et finalement toutes

6a MÉMOIRE SUR LES FINANCES

les charges imposées arbitrairement surles villages depuis la mort de Mohammed bey, en une redevance unique, qu'ils désignèrent par le nom de koulfeh à cause de la conformité' des droits qui la composaient, avec ceux connus sous ce nom dans l'ancien kouchoufyeh.

L'état que nous allons produire indique la portion des impositions revenant aux mouliezim, lorsque toutes les terres sont arrosées.

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