‹ Description de l'Égypte, ou, Recueil des observations et des recherches qui ont été faites en Égypte pendant l'expédition de l'armée française (volume 3)Chapitre 44 sur 95 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Résumé des revenus du sultan.

Les principes de l'administration ottomane, différens des nôtres , qui font arriver dans les caisses du trésor public la totalité des revenus de l'État, n'y conduisent que les fonds destinés à certaines dépenses et à l'épargne. La perception , abandonnée aux agens de l'autorité et aux grands tenanciers , semble n'intéresser le souverain qu'en ce qu'il exige de ses feudataires; ce qui leur reste quand ils ont satisfait le sultan et acquitté les dépenses qu'il a mises à leur charge , s'applique entièrement à leur profit. Ainsi, en faisant la récapitulation des divers états que nous avons présentés pour offrir la totalité des impositions levées en Égypte, on trouve que les revenus du sultan n'embrassent que les recettes du myry, et se composent; savoir :

Quelque considérable que soit le surplus des impositions publiques , comme la perception en est faite pour le compte des beys et des autres personnages auxquels le grand-seigneur est censé' l'avoir accordée, elle ne donne lieu qu'à des gestions privées.

Cette explication qui sépare d'une manière précise les revenus du sultan d'avec ceux des propriétaires et gens en place, qui confient la régie des leurs aux intendans qobtes , et sans laquelle on ne trouverait que confusion et chaos dans l'administration égyptienne, nous conduit à quelques détails sur les fonctions du rouznâmgy, trésorier général du grand-seigneur, et sur celles des effendy chargés des recettes.

Le rouznâmgy était nommé par le pâchâ, sur la pré* sentation du dyouân et choisi dans le roznameh, corps des effendy, introduit en Egypte par le sultan Solymân , pour gérer les finances de la Porte. Le myry sur les terres , sur les charges , sur l'industrie et les consommations , arrivait dans sa caisse par les versemens que les mouîtezim et les gens en place en faisaient entre ses mains ; l'imposition personnelle y parvenait par l'intermédiaire de l'aghâ chargé spécialement de cette perception. Ses opérations étaient dirigées par des réglemens, qui distribuaient les diverses parties de son service à des effendy qui lui étaient subordonnés.

Nous avons désigné les fonctions des principaux, tels que l'effendy de la Charqyeh , de la Gharbyeh , l'effendy chaher, celui des denrées1, etc. Les charges et divers droits assujettis au myry étaient détaillés dans

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un registre confie' à un autre effendy , dit hatfâ. Dan» toutes les mutations, les nouveaux moultezim n'obtenaient la jouissance des droits de leurs prédécesseurs , que par un titre appelé' tezâker el-temekkinat , qui leur e'tait délivre' par le pâchâ, et qui devait être enregistre' par cet employé. Ces effendy notifiaient aux contribuables ce qu'ils devaient acquitter : mais ils ne percevaient rien par eux-mêmes 5 ils se bornaient à délivrer une décharge aux parties versantes, qui justifiaient avoir payé au rouznâmgy le myry dont elles étaient grevées. Les avis de paiement adressés aux moultezim énonçaient le montant de leurs impositions : mais le rouznâmgy ne les admettait qu'après qu'ils avaient été vérifiés ; il fallait qu'ils fussent conformes au registre général des propriétés et des droits soumis au myry , tenu par le bâch-halfâ , premier employé du rouznâmgy, parce que les livres qui servaient de base à la répartition faite par les effendy, n'étaient que les sections et les copies de ce registre général.

Comme nous avons indiqué la portion des impositions publiques dévolue au sultan, au pâchâ, aux beys, aux kâclief gouverneurs des provinces, et aux autres officiers de l'État, il entre dans notre sujet de faire connaître les dépenses publiques auxquelles ils pourvoyaient.

Nous les exposerons dans la section suivante.

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