Livre* tournoi
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Franc».
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3/^o MÉMOIRE SUR LES FINANCES
Nous avons expose, dansée re'sumë des revenus du sultan, les fonctions des effendy charges des recettes ; il est donc convenable que nous indiquions ici les attributions de ceux qui dirigent la dépense.
L'effendy el-moqâbeleh est chargé des registres des traitemens des fonctionnaires, des dépenses de l'armée, des dépenses diverses , des pensions et des actes et services pieux accordés en argent par le sultan : il est tenu de mentionner sur ses livres les mutations qui surviennent parmi ceux qui en jouissent. L'effendy du kissoueh tient le registre énonçant toutes les dépenses de cette nature : il est encore dépositaire de celui des pensions de toute espèce qui composent le sourrah et les dépenses de la caravane. Un autre effendy est chargé de toutes les dépenses provenant des papiers de solde; il en règle le paiement avec les effendy des ogâq, et généralement avec tous ceux qui ont à recevoir des valeurs de ce genre. L'effendy el-mohâsebeli tient le compte de tout ce qui est envoyé à la sublime Porte en argent et en denrées, et des dépenses quelconques qui se prélèvent sur le khazneh. La gestion de l'effendy el-youmyeh s'applique au produit de l'ouaqf el-harameyn , dont les revenus, ainsi que nous l'avons dit ailleurs, se versent entre les mains du rouznâmgy. Ces effendy ne payaient rien par eux-mêmes; mais ils retiraient les quittances et les autres pièces justificatives des parties prenantes, et les remplaçaient par des mandats payables à la caisse du rouznâmgy. Le serrâf chargé des paiemens ne soldait les mandats des effendy qu'après que le bâcli halfâ des dépenses, qui trouvait le litre et le motif de
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la dépense dans le registre gênerai quil tenait de toutes celles que payait le trésor, les avait revêtus de son visa. Les cjfendj rendaient des comptes annuels, en produisant les pièces de dépense qui leur avaient été remises par les parties prenantes : ils étaient reçus par le rouznâmgy, centre unique de toutes les recettes et de toutes les dépenses. Tous les effendy et halfd étaient subordonnes au rouznâmgy; mais celui-ci ne pouvait pas changer l'ordre qui fixait leurs fonctions respectives. Les effendy des corps militaires lui e'taient soumis, quoiqu'ils fussent nommes par leurs ogâq, et comptables envers eux des deniers dont ils e'taient dépositaires. Le rouznâmgy leur remettait annuellement les fonds attribues à chaque ogâq , afin qu'ils en fissent la distribution conformément à ses instructions.
Les effendy , tant ceux employés à la recette que ceux charge's de la dépense, ayant la propriété de leurs charges, de même que le droit de les vendre et de les transmettre à leurs héritiers, on ne saurait les en dépouiller arbitrairement. Le rouznâmgy ne les examine que pour s'assurer qu'ils ont la capacité nécessaire pour exercer leur emploi : ils sont contraints à le vendre quand il ne leur trouve pas les connaissances suffisantes, et quand ils prévariqueut dans l'exercice de leurs fonctions. Le rouznâmgy, membre né du dyouân, est consulté par cette assemblée pour tout ce qui tient à ses attributions : sa place est inamovible. Il lui est défendu, de même qu'à tousses subalternes , de donner le moindre renseignement à qui que ce soit sur les revenus, les dépenses et l'administration de l'Egypte, sans un ordre E. M. mi. ifi
a^a MÉMOIRE , etc.
précis du sultan ou du pâchâ. Ce secret , fidèlement garde' , donnait beaucoup de considération et d'importance aux effendy ' ils en étaient si jaloux, qu'ils employaient des caractères inconnus dans la tenue de leurs écritures. Les Orientaux vantent leur instruction et leur aménité : ces qualités leur donnent un accès facile chez les grands. Outre les remises qu'ils reçoivent du trésor, ils perçoivent un léger droit sur les particuliers qui ont à traiter avec eux ; ces divers avantages leur faisaient acquérir des richesses assez considérables. La plupart des effendy étaient Mamlouks, et avaient pour successeurs des enfans adoptifs,dont les commencemens avaient été semblables aux leurs ; au lieu d'en faire des soldats , à l'imitation des beys et des Tsâchef, ils les instruisaient dans leur profession , pour les rendre capables de les remplacer. On ignore pourquoi les charges des principaux effendy employés aux dépenses n'étaient pas soumises au paiement du myry , comme celles des effendy chargés des recettes. Il y avait aussi des effendy qui dirigeaient les écoles, copiaient ou composaient des ouvrages •> et il était rare que ceux-ci et les autres abandonnassent leur profession pour suivre une carrière différente.