‹ Description de l'Égypte, ou, Recueil des observations et des recherches qui ont été faites en Égypte pendant l'expédition de l'armée française (volume 3)Chapitre 51 sur 95 · SECTION TROISIÈME · texte numérisé non relu

SECTION TROISIÈME

Résultat des revenus et des dépenses du sultan ; et khaznehy trésor qui lui est envoyé à Constantinople.

On a vu que les recettes et les dépenses faîtes pour le compte du sultan s'élèvent , savoir:

Médina.

Les recettes à 1 16601727.

Les dépenses à 55868276.

11 restait donc en caisse 1 6783451.

Faisant, i° 4I66i33l a* iA

5go,4o8. 19. 4«

et en francs, i° 4I,4^99f 47e

Médiat.

Les réglcmens du sultan Solymân portaient cet

excédant à 30883876.

Mais ayant reçu , sous ses successeurs , une augmentation de1 I9I77-iy-

et une diminution de3 16018174.

il s'est trouvé réduit à 1 6785451.

1 Voyez la note page a44« a Voyez la note 3, page a44«

C'est cette somme, qu'on appelle khazneh, et qui est la portion du tribut que le sultan s'est re'serve'e. Elle lui fut régulièrement envoyée, jusqu'au gouvernement d'A'ly-bey , qui osa la refuser. Mohammed , son succes-

1 La dépense à laquelle donnait lieu \c( \ transport des grains du Kairc à Geddah, l T023**)- 1 Med,M- Voyez établie par Solymàn, augmenta d'autant Je / e \ *r i trésor dès l'instant où le°capitan pàchà ap-< W™*0' >l8WS* * a3' prouva les dispositions prises à ce sujet pari 100000. 1 A'iy-bey, ci y J

Un traitement dont nous avons parle, de 8o38o.

accordé par Solymàn au bey commandant de Geddah, cessa d'être paye et resta dans le trésor, lorsque le gouvernement de l'Egypte, au lieu de pourvoir à ce commandement, envoya ce bey à Girgeh, et obtint de la Porte que le pàchà qu'elle envoyait dans cette ville serait établi à Geddah.

Somme pareille 1917749.

* Il convient de réunir sous le même point de vue les supplcmens de fonds résultant de l'emploi de cette somme, accordes sur le khazneh postérieurement à Solymàn.

Par le sultan (Supplément de traitement accordé au pà- S»1*""'' V ^yez

Moustafa.< chà pour fournitures de grains fâioo. p. 200.

\ Revenu de l'ogàq Mctfaraqah, dans le vil-

' Lige de Serounbày 4$4- Ibid.

Aqueduc du vieux Kairc 400°- P- 204-

Parle même. J Puiis de Yousef effendy 3ioo. Ibid.

1 Sorbets

Par le même Par le «api-

7II 2i|. \

Lentilles et riz 7°29Û9. >

Entre- (du tombeau du qàdy Zeyn cl- \

A'bdvn 3oo-\n. 214.

k /lu finir lr 11 Mflnin/i<l tV /> /■

lieu

de celui du cheykh Mahmcd Ke-

rym el-dyn qooo.

«api- j

tan Haçan > Pension à la famille de Tayfeh Ghenaouy. 1000. Ibid. pàchà. . . . )

milan f Kissoueh 2G48on. p. 219.

slala. ( Supplément au sourrah 1 j5i/|J. Ibid.

Par le sull; Mousl

Par le sultan Mous-

Emyr 1 lafa' 2587107.

hâggy«<Par le sultan A'bd > i»58::o7. Ibid.

cl-Hamyd 5oooooo.

Par le sultan Selym. 5oooooo.

seur, en rétablit le paiement, et envoya même le tribut des quatre années durant lesquelles A'Iy s'en était empare'. Mourâd et lbrâhym en continuèrent l'envoi j mais , comme le pâcbâ pouvait en distraire les fonds ne'cessaires pour subvenir aux dépenses urgentes et impre'vues qu'il jugeait devoir être à la charge du sultan, ils abusaient de leur ascendant sur lui pour en extorquer des firmans qui autorisaient les dépenses chimériques dont ils s'appropriaient le montant.

Le capitan pâcliâ Haçan voulut augmenter le khazneh de 6800000 médins, qu'il repartit ainsi qu'il suit:

(sut la douane d1 Alexandrie 6000000.

Pour surplus de inyry < snr \» C5??.se et ,,e *éné- "V 4°oooo.

1 * * 1 sur le village de Mataryen 200000.

(sur les boucheries du Kairc 200000.

Somme pareille 6800000.

Mais, en i2o5, la mort d'Isma'yl-bey ayant e'te suivie du rétablissement de Mourâd et d'Ibrâhym , ceux-ci

Médins.

Report 13825234.

Voyez

Îhesserddr 563727. p. 2x9.

Garnison de Moueyla iSo/|4o. p. 220.

Cheryf de la Mekke 1200000. Ibid.

Prince gouverneur d1 Yanbo' « 180000. \ Transport de Phuilc •. . . 8i5o. \ Ibid. Cierges 60623. )

Somme pareille 16018174.

Nous avons dit que le capitan pâcliâ raya des dépenses du myry les 7o535o médins employés autrefois aux achats de Pétonpc, et les 875972 médins destinés aux irais d'achat du sucre qu'on envoyait à Constaniinople , et qu'il statua que lorsque le grand-seigneur en ferait la demande , on en déduirait le prix du khazneh. Voyez pages 201 et 210.

obtinrent du grand-seigneur un dégrèvement de ces 6800000 me'dins , qui rétablit le khazneh à sa valeur précédente. Cette diminution ne les empêcha pas de renouveler toutes les infidélités dont ils s'étaient rendus coupables pendant leur première administration. Ils firent entrer pour comptant dans les valeurs expédiées à la Porte , les pièces et les acquits constatant les dépenses vraies ou fausses qu'ils jugeaient à propos de faire supporter par le khazneh. Le tribut annuel qu'ils ont laissé parvenir à la sublime Porte, na jamais excédé y5ooooô médins. Le compte suivant donnera l'exemple des prétextes qu'ils mettaient en usage pour le réduire de cette manière.

Le khazneh à envoyer était de 1678345 1-"-

Ils déduisaient:

Pour achat d'étoupe* ioooooo^

Pour achat de sucre 1 ioooooo. ,

Pour réparations des fortiGcations du

Kaire* 3oooooo. \ ly.iSJ pi .

Pour idem des autres places de l'Egypte a. i5ooooo. Pour dépenses de toute nature ordonnées

par le cheykh el-beled3 2783451.

De sorte qu'il ne restait réellement que. . . . 7500000 ■**•

Faisant en livres 3678571 a" iod,

et en francs a6455o. a6.

Solymun avait réglé qu'un des vingt-quatre beys, revêtu du titre à'émyr khazneh, porterait annuellement

1 Cette dépense variait suivant 3 C'était ordinairement à son proies demandes du gouvernement de fit que le cheykh el-beled ordonnait Constantiaople. ces dépenses : elles étaient Iégiti-

a II est prouvé que lesbeys n'ont niées, ainsi que les précédentes, par

jamais rien dépensé à ces répara- des firmans qu'il extorquait du

tions. pàchâ.

DE L'ÉGYPTE. a£7

le tribut de fl'Égypte au grand-seigneur , et que , pour la sûreté du convoi , il aurait à ses ordres un serdâr et un détachement fourni par chacun des sept corps de la milice. Dès que le recouvrement de l'impôt e'tait achevé, le rouznâmgy se rendait chez le pâchâ avec les sommes du khaznch : le jour où la remise devait en être faite à l'émyr, les chefs des ogâq , les beys , le qâdy , et tous les membres du gouvernement , se reunissaient à la citadelle; le nombre et la qualité des espèces étaient constates par le serrâf kâteb khazneh, qui devait être Juif pour occuper cet emploi. Après que le pacha et le rouznâmgy avaient signé le bordereau énonçant ces valeurs , on les renfermait dans des caisses couvertes de cuir ; le pâchâ les confiait à l'émyr khazneh, qni lui en fournissait un reçu. Pendant qu'on chargeait les caisses sur les chameaux destines à les transporter, le pâchâ revêtait Pémyr dune superbe pelisse noire, couvrait le rouznâmgy d'une autre pelisse moins belle et de même couleur, et distribuait des qaftân aux serdâr commandant l'escorte. Les beys et les ogâq assistaient au départ de l'e'myr khazneh , l'entouraient d'un cortège magnifique pendant qu'il traversait le Kaire , et le suivaient jusqu'à el-A'dlyeh , lieu situe' entre la Qoubbeh et Birket elhâggy. Cette ce're'monie s'annonçait dès la veille par un feu d'artifice exécuté à el-A'dlyeh, et par des décharges d'artillerie qui se réitéraient jusqu'au moment du départ. L'émyr khazneh prenait la route deConstantinople en passant par Damas. Le sultan Solymân avait porté l'attention sur les détails relatifs à son voyage, jusqu'à fixer les sommes que l'on devait prélever sur le khaznch

a48 MÉMOIRE, etc.

pour les frais de transport , l'achat des caisses et des sacs , celui des cuirs et des tapis servant à les couvrir. Il avait accorde :

Pour lo transport du khazneh 5oooo.

Pour les cuirs 97^7.

Pour les tapis 5i3ij.

Pour les caisses n4a3.

Les tapis ne s'étalaient que lorsque Temyr entrait dans les endroits habite's , afin de donner quelque pompe à un convoi destine au souverain.

Ibrâhym et Rodouân kyâhyâs cessèrent d'envoyer le khazneh avec les formalités solennelles dont nous venons de faire le détail : leur exemple a été suivi par leurs successeurs. Avant l'arrivée des Français en Égypte, la Porte n'obtenait rien qu'en dépêchant au Kaire un aghâ charge' spécialement d'y recevoir le tribut qui lui était dû. Ces missions n'ayant même lieu ordinairement que de trois en trois ans, elle recevait à-la-fois les tributs qui s'accumulaient pendant ce temps. L'arrivée et le départ de l'aghâ n'avaient aucun éclat : le pâchâ lui remettait simplement, en présence du qâdy , les espèces et les acquits qui composaient le khazneh ; c'était à lui de prendre les mesures qui lui convenaient pour assurer son retour à Constantinople. Ces nouvelles dispositions laissèrent sans objet les sommes dont Solymân avait disposé pour le transport du khazneh : elles ne donnent lieu à aucune diminution dans les 16785451 médins que nous avons énoncés, puisque ces sommes ne figurent dans aucun de nos états.

MÉMOIRE

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