‹ Description de l'Égypte, ou, Recueil des observations et des recherches qui ont été faites en Égypte pendant l'expédition de l'armée française (volume 3)Chapitre 67 sur 95 · PLANCHE IX · texte numérisé non relu

PLANCHE IX

b. Manège»

C. I içcc où Ton soumet le riz à la percussion de la machine. <

Fig. 5. Plan de la machine a blanchir le riz.

Avant d'entrer dans le détail de toutes les parties de cette machine, nous allons en donner une description succincte.

Lorsque le riz sort des mains du cultivateur, il n'est encore que séparé de la paille, opération qui se lait au moyen du noreg représenté^. 2 et 3. Les marchands achètent le riz le plus ordinairement à l'état d'orge , et le font blanchir à leurs frais, au moyen de la machine dont il est ici question.

Cette machine consiste en des pilons cylindriques de fer creux , de trois décimètres de hauteur et d'un décimètre de diamètre, fixés à l'extrémité de leviers mobiles dans un plan vertical. Le mouvement des leviers se (ait autour djmi axe de fer situé à peu près au tiers de leur longueur totale , etfui repose sur des appuis soudes en maçonnerie. 11 est imprimé par des mentonnets distribués sur un arbre horizontal et exerçant une pression à l'extrémité du plus

petit bras des leviers. A l'arbre horizontal est adaptée une roue dentée verticale, dont les dents sont engrenées par celles d'une roue dentée horizontale, d'un diamètre beaucoup plus grand. L'arbre vertical de cette dernière roue est traversé par des barres de bois horizontales, où l'on attelle les bœufs ou les chevaux. Le riz est placé sous les pilons dans des espèces de mortiers pratiqués dans le sol, espacés entre eux de quarante centimètres, et dont l'ouverture supérieure a cinquante centimètres environ. Au-devant de ces trous sont des escabeaux où s'assied un ouvrier dont l'occupation continuelle est de reporter avec les mains, sous les pilons , le riz qui tend à s'en échapper à chaque percussion. Les trous ou espèces de mortiers, ainsi que les escabeaux, sont

espacés de manière que l'ouvrier soit placé convenablement pour

exécuter cette opération dans deux trous à-la-fois.

La machine que nous venons de décrire, peut être composée d'un plus ou moins grand nombre de pilons. Dans son Mémoire sur l'aménagement et le produit des terres de la province de Damiette, M. Girard fait mention d'un moulin à deux pilons et des résultats que l'on en obtient. Le moulin dont nous nous occupons, a quatre pilons, et nous l'avons vu en activité à Rosette. On conçoit que, selon la quantité des pilons, la force motrice doit être plus ou moins considérable.

a. Leviers à l'extrémité desquels sont fixés les pilons.

C. Mentonnets exerçant la pression à l'extrémité du petit bras des leviers.

d. Murs sur lesquels reposent les axes des leviers.

e. Arbre horizontal travers^ar les mentonnets, et h l'extrémité duquel est une roue dentée verticale.

f. Roue dentée verticale.

g. Roue dentée horizontale. Les dents traversent l'épaisseur de la roue, et sont arrêtées par des clavettes.

h. Arbre vertical de la grande roue dentée.

1. Traverses en bois où sont attelés les chevaux ou bœufs qui impriment le mouvement à la machine.

k. Trous ou mortiers destinés à recevoir le riz en orge que l'on soumet à la percussion de la machine.

1. Escabeaux où s'assied l'ouvrier chargé de reporter avec les mains dans les trous le riz que la percussion en écarte.

Fig. 6. Élévation latérale de la machine à blanchir le riz.

b. Pilons cylindriques de fer creux.

Toutes les lettres de cette figure sont les mêmes que celles

PLANCHE IX. 429 de la figure précédente, et indiquent les mêmes parties de la machine.

Fig. 7. Élévation longitudinale de la machine à blanchir le lu.

Toutes les lettres que Ton remarque sur les différentes parties de la machine, sont les mêmes que dans les deux figures précédentes , où nous venons d'en donner l'explication.

Fîg. 8. Plan du moulin à farine.

Le moulin à farine tel que nous l'avons trouvé en Égypte, et qu'il est ici représenté , a probablement été importé d'Europe : il est de la plus grande simplicité. Un cheval attelé à un« pièce de bois courbe, grossièrement travaillée, imprime le mouvement à toute la machine. Le mécanisme consiste dans une roue horizontale qui engrène une lanterne. Les deux meules sont traversées par l'axe de la lanterne. La meule supérieure , plus petite que la meule inférieure, participe au mouvement de rotation donné par la force motrice : toutes deux sont posées sur un plan incliné , afin que la farine , en sortant , ne puisse s'échapper que par un goulet pratiqué dans la meule inférieure , pour tomber dans la couffe destinée à la recevoir. D'ailleurs , les joints des deux meules sont recouverts par une corde qui empêche la farine de s'échapper par tout autre endroit que celui que nous venons d'indiquer. La caisse en bois placée au-dessus des meules, est une trémie qui contient le blé et le laisse échapper entre les deux meules.

Le moulin à farine représenté dans les figures 8, 9 et 10, par un plan , une élévation et une coupe géométrales , a fait le sujet d une courte notice dans l'explication de la planche du meunier (Arts et métiers , planche x). On peut la consulter ci-après.

a. Meules.

43o ARTS ET MÉTIERS,

b. Trémie.

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