VUE INTÉRIEURE DE L'ATELIER DU TISSERAND
Le métier du tisserand est composé de quatre poteaux plantés en terre , de deux traverses à chapeau qui les réunissent deux par deux, du battant, des trois rouleaux et des marches.
Les traverses portent plusieurs entailles dans lesquelles on engage successivement le battant , soutenu par ses tourillons , en l'éloignant dans chaque cran à mesure que l'ouvrage avance, pour éviter de rouler souvent la toile. L'ensouple ou rouleau sur lequel la toile est roulée, est porté, ainsi que celui qui est placé en arrière du métier , par des poteaux également plantés en terre.
Le troisième rouleau est fixé près du planchée
La terre, sous le milieu du métier, est creusée pour placer les marches que l'ouvrier fait mouvoir, assis sur un tabouret très-bas, ou sur un tronçon de palmier.
La chaîne, d'abord ourdie d'une seule longueur, composée de la moitié des fils qui doivent former la toile, est pliée par le milieu , et retenue par un poids sur le troisième rouleau ; elle se réunit en passant sous le second pour former la chaîne entière , arrêtée au rouleau le plus près de l'ouvrier.
Lorsque la chaîne est trop courte pour passer sur le rouleau supérieur , une corde fixée par un bâton à cette chaîne , et portant le même poids , la tient également tendue.
Les envergures pour séparer les fils de la chaîne , le peigne , les marches et lames , la navette et la trême , les dévidoirs et ourdissoirs sont assez semblables à ceux qu'on trouve chez les tisserands de nos campagnes.
PLANCHE XIII. 445 Le métier, bien plus grossièrement établi, est aussi moins solide ; mais , -en rapprochant les points du travail de la partie fixée en terre, on pare en quelque sorte à l'inconvénient du peu de solidité. Néanmoins , pendant le travail , le métier est toujours en mouvement.
Les ateliers, souvent très-vastes, sont placés pour l'ordinaire dans des lieux retirés , situés au nord , et éclairés par de petites ouvertures près du plancher , qui , comme dans la figure , est quelquefois soutenu par des fûts de colonnes de granit ou des tronçons de diamètres inégaux , placés sans ordre les uns sur les autres, ou simplement par des troncs de palmier.
Le peu d'espace qu'occupe chaque métier permet d'en placer un grand nombre dans quelques ateliers.
Les toiles de lin qu'on y fabrique sont généralement claires , légères , de 4- décimètres 6 centimètres de largeur (un quart d'aune et demi environ) , unies ou rayées.
Les premières s'emploient pour serviettes, chemises, larges caleçons que portent les hommes et les femmes de toutes les classes , ou sont teintes en bleu pour les robes communes et pour les voiles des femmes du peuple , ainsi que pour l'habillement de la classe peu aisée , des ouvriers et des domestiques.
Les toiles rayées , plus claires que les premières , servent, entre autres usages , à- faire les moustiquières de ceux qui ne peuvent pas (aire la dépense des moustiquières en gaze.
Le prix du lin brut, tel qu'on l'apporte du Sa'yd, est de 3 pataquès la charge de chameau : battu et peigné , il coûte 8 pataquès leqantar; ce qui revient à 12 pataquès et quatre cinquièmes la charge. Le marché du lin est le plus considérable du Kaire; il se tient deux fois par semaine.
On vend au Kaire beaucoup de toiles laites dans la haute
Egypte , principalement à Syout; on vend aussi beaucoup de toiles à tente , appelées hhe/ch, et fabriquées dans le Fayoum. Cette même toile sert à faire les sacs.
La toile de coton se fait sur le même métier que la toile de lin : elle coûte 10 parais le pyk, achetée en détail.
COFTELLE.