‹ Description de l'Égypte, ou, Recueil des observations et des recherches qui ont été faites en Égypte pendant l'expédition de l'armée française (volume 3)Chapitre 75 sur 95 · PLANCHE XVI · texte numérisé non relu

PLANCHE XVI

FlG. I. LE TEINTURIER.

Cette planche représente l'intérieur «Ton atelier de teinturier en indigo.

Le massif de maçonnerie placé sur la gauche renferme de grands vases en terre, dans lesquels on introduit le mélange destiné à former la cuve. On voit un ouvrier occupé à agiter ce mélange.

Sur le devant sont des vases en terre cuite, fahriqués avec la terre végétale ou limon du Nil, et qui servent à délayer l'indigo après qu'il a été écrasé , avant de l'introduire dans des vases scellés dans la maçonnerie.

FlG. 3. LE CORDIER.

La planche représente un atelier de corderie. On aperçoit facilement, en l'examinant, combien est simple l'appareil que les Égyptiens emploient pour faire la corde.

Sur une poupée portée à hauteur d'homme par deux pieds grossièrement travaillés, et tenus debout par une corde dont l'autre bout tient à une pièce plantée en terre, sont fixées par leur axe quatre bobines portant des crochets.

Ces bobines, dont l'axe est mobile dans la poupée, sont mises en mouvement au moyen d'une corde sans fin qui les enveloppe deux fois et leur communique un mouvement égal. C'est à tirer cette corde que sont employés deux hommes que l'on voit debout % près de la poupée. .

Un autre, placé en avant, tient quatre cordons, et, sans em-

ployer le cône à rainures dont se servent nos cordîers , il les dispose avec les doigts de manière à former une corde égale.

La matière employée par les Égyptiens leur est fournie par le palmier. Cet arbre, comme toutes les plantes à un seul cotylédon, porte des feuilles qui, à sa naissance, enveloppent la tige tout autour , et dont le pétiole , s'ouvrant à quelques centimètres plus haut , s'épanouit en éventail. La partie de ces feuilles qui enveloppe la tige, étant développée et privée de son parchemin par la macération, laisse à nu un réseau dont 'les fils se croisent en losange et offrent un tissu régulier.

Les Égyptiens apprêtent ces feuilles convenablement, et en effilent le tissu. Ils donnent le nom de lyf à cette matière ainsi préparée.

Le lyf qui provient des feuilles plus vieilles, est grossier, et sert à faire les grosses cordes communes. Celui que produisent les plus jeunes est fin, d'un jaune de paille brillant, et procure des ouvrages très-agréables. »

Note fournie par M. HuMBLOT, gendre de feu

M. Conté.

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