‹ Description de l'île de Patmos et de l'île de Samos (volume 2)Chapitre 13 sur 122 · Saint Athanase, Züvodus, ch. LxxvI · texte numérisé non relu

Saint Athanase, Züvodus, ch. LxxvI

3. Tillemont, Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique, t T, ch, Hi. | |

» On sait peu de chose, dit-il, de ce que saint Jean a fait jusqu’à la persécution de Domitien, car nous ne nous arrêtons point à la narration de Prochore, qui n'est pleine que de fables ridicules et qu’on prétend n'avoir élé composée qu'il y a environ 300 ans. » Et il cite, à la marge, Blondel qui s'exprime ainsi' : « Un nouvel imposteur a supposé depuis 300 ans la vie de saint Jean sous le nom de Prochore. »

Tillemont a raison de ne point ajouter foi au récit de Prochore; mais il a tort de s’imaginer avec Blondel que cet ouvrage avait été fabriqué au xiv° siècle; 1l est d’une date beaucoup plus ancienne, attendu qu'il se trouve compris au nombre des livres apocryphes dans . la Synopsis (£ivohic), ouvrage qu’on refuse, il est vrai, à saint Athanase ou du moins qu’on lui conteste, mais qui, dans Lous les cas, est considéré comme ayant été composé au commencement du v° siècle par un autre Athanase, également patriarche d'Alexandrie.

Vossius * répête contre le faux Prochore le jugement du cardinal Bellarmin et l'opinion de Baronius *.

Une des preuves qu'il allègue pour démontrer que cet ouvrage n’a pu être écrit par le disciple de saint Jean est la suivante : |

« Multi, inquit, recentiorem eum (Prochorum) esse « arguunt, quod nominat diserlim épooÿsioy Toidda, « quo modo antiquissimi 1 necdum loquebantur. »

En effet, c’est seulement à parür du concile de Ni-

1. Blondel, Trailé des Sybilles, 1. I, ch. vi. 2. Vossius, De historicis græcis, 1. I, ch. 1x, p. 162. 3, Baronius, Annales Lcclesiæ, t. E, ad annum 99,

cée que ce terme à été adopté et consacré par l'Église. Du reste, ni Tillemont ni Vossius ne paraisssent avoir connu l'existence du manuscrit grec en question ; il s’agit toujours pour eux de la traduction latine insérée dans la Bibliotheca maxima Patrum.

: Chose étonnante, c’est que d’Ansse de Villoison, qui a visité Patmos, en #786, et qui en a examiné la bibliothèque, ne semble point avoir vu ce manuscrit. En effet, dans quatre à cinq des tomes de ses volumineux manuscrits, répertoire si savant et si confus de tant de notes recueillies sur la Grèce, et, en particulier, sur l’Archipel, il revient, à plusieurs reprises, Sur l'Histoire de Saint-Jean telle qu'il l'avait lue dans la Bibliotheca maxima Patrum. Y prouve, avec surabondance la non authenticité de cet ouvrage, et il en cite çà et là des passages fort étendus; mais, nulle part, il ne fait la moindre mention du mañuserit grec, dont il n'aurait, certes, pas manqué de parler s'il l'avait connu’.

{. Voy. à la Bibliothèque impériale les manuscrits de d'Ansse de Villoison. On y rencontre çà ct là, et notamment dans les t. IT, I}, IV, VI et IX, des passages entiers et une critique judicieuse de l'ouvrage du faux Prochore.

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