‹ Description de l'île de Patmos et de l'île de Samos (volume 2)Chapitre 12 sur 122 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

TRADUCTION LATINE DE L'OUVRAGE ATTRIBUÉ À PROCHORE. — JUGEMENTS DE BELLARMIN, DE TILLEMONT, DE VOSSIUS, D'ANSSE DE VILLOISON.

Lü chapitre précédent à élé rédigé tout entier à Patmos; j'ignorais alors qu'il existât une traduction latine de l'ouvrage attribué à Prochore; mais, depuis mon retour à Paris, ayant consulté la Brbliotheca maxima Patrum, j'ai vu là même légende réprodüile dans le tone IT de l'édition de 4677; mais avec dés modifications assez notables.

DE L'ILE DE PATMOS. Frs 13

Le titre de cette traduction latine est :

Prochori narratio de rebus gestis S: Joannis ; titre différent de celui que porte le manuscrit grec intitulé : (Ilepéodor roù lodvvou rod Oeolcyov:)

Du reste, le fond est le même : cependant le traducteur s’est permis des changements, des additions ou des retranchements nombreux; ou bien il faut admettre qu'il avait sous les yeux un autre texte que celui que j'ai lu à Patmos.

Il a divisé son récit en #7 chapitres. Je ne les analyserai point ici, pour ne pas répéter ce que j'ai déjà dit, et ensuite parce que tout le monde peut facilement trouver cet ouvrage dans les grandes bibliothèques de la capitale, etnotammint dans celle de Sainte- Geneviève. Je vais seulement signaler ie en deux mots les principales différences qui distinguent le manuserit grec que j'ai eu entre les mains d’avec cette traduction latine.

4° Dans le manuscrit grec, il n’est pas question du martyre subi par saint Jean à Rome près de la Porte Latine. Le traducteur, au contraire, au chapitre X; parle de ce martyre dont il emprunte les détails aux écrivains ecclésiastiques.

2 Le manuscrit cite beaucoup de noms de lieux dans l’intérieur de l’île de Patmos. Le traducteur n’en mentionne qu'un seul, c’est au chapitre XXXVIIT : « Venimus in quemdam locum qui Phlago dicebatur, « ubi tota fere convenit civilas ad audiendum ab ore « Joannis verbum Dei. » Partout ailleurs , aucun des bourgs de l'ile n’est désigné par un nom propre,

3° Le manuscrit ne dit point que lApocalypse ait été composée par saint Jean à Patmos': le traducteur l’affirme chap. XLVIF, à la fin.

« Et postquam hæc facta fuerunt, Joannes per sep- » tem menses circumiens vicos et castella evangeli- » zando verbum Dei msulam reliquit, in qua prius et » Apocalypsim scripserat sua manu, sicut Deus ill » revelaverat. » |

4° L'ordre des miracles et des faits est souvent interverti dans la traduction latine.

5° La mort extraordinaire de saint Jean n’y est point racontée. 2

Cette traduction est précédée de quelques lignes tirées du cardinal Bellarmin, qui prouve que la narration de Prochore est apocryphe. Bellarmin ajoute en terminant : « Fortasse hæc Prochori narratio de rebus « gestis sancti Joannis est hber ille qui sub nomine « Cireuitus Joannis inter apocrypha recensetur a sanclo « Athanasio in Synopsi?. »

Si Bellarmin avait pu consulter le manuscrit grec, il n'aurait eu aucun doute à ce sujet. C’est évidemment le même ouvrage, et le jugement qu’il porte sur lun retombe sur l’autre.

Tillemont® n’est pas moins sévère contre l’auteur de cette narration.

1. 1 s’agit ici, bien entendu, du premier manuserit que j'ai analysé, et non point de l’abréviation de Nikitas, dans laquelle il est effectivement parlé de l’Apocalypse.

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