Tournefort, Voyage au Levant, t. I, lettre X
Dans le courant de l’année 1739, l'Anglais Richard Pococke aborda à Samos, mais il n’y séjourna que peu de jours, et, dans sa relation”, on s’aperçoit qu'il reproduit et qu'il abrége Tournefort; quelques détails. seuls sont nouveaux.
En 1776, M. Choiseul-Gouffier y débarqua également. [Il se contenta d'examiner, sans les décrire auitrement que par quelques lignes *, les ruines de l’ancienne capitale et de faire dessiner les restes d’ume base, d’un chapiteau et de l’unique colonne qui fût encore debout sur l'emplacement du temple de Junon. La carte de l’île, qui se trouve dans son Atlas, et qui fut dressée alors par F. Kauffer, est remplie d’erreurs. La place de cinq à six villages est complétement intervertie, et le nom de plusieurs autres est mal écrit. En outre, la configuration générale de l’île n’est pas rendue fidèlement.
Vers la fin de ce mème siècle, Anglais Dallaway jeta à son tour en passant un rapide coup d'œil sur les débris de Samos et, en particulier, de l’Herœum.
En 4821 parut, dans les Antiquités Toniennes”, un article sur cette ville, suivi de quelques planches avec une carte qui retrace l'emplacement de l'antique &ité et ses environs.
Le chevalier Lapie, en 4824, publia une nouvelle carte de l’ile de Samos, plus exacte que les. précé-
4. Pococke, Description de l'Orient, t. IV, p. 395 et suiv. x É A Voyage pittoresque dans l'Empire ottoman,
3. Dallaway, Constantinople ancienne et moderne, t. II, ch. 11. 4. Antiquités Tontiennes, t. I, ch. v (2 édition.)
dentes, mais qui est loin encore d’être irréprochable.
Pendant l’année 1835, le lieutenant anglais Sauma= rez Brock exécuta une carte marine de cette même île. Ceïte carte, faite avec beaucoup de soin, n’embrasse pas malheureusement l’île entière : elle devait former trois feuilles; deux ont été publiées, la troisième manque encore, c’est-à-dire une partie de la côte septentrionale et la moitié de l’intérieur.
M. Ross enfin a vu Samos en 4841. Ayant débarqué à Potokaki, à quelques centaines de pas du port de Tigani, ce savant archéologue n’y resta que deux jours, et encore les lois de la quarantaine, comme il s’en plaint dans sa lettre : écrite de Samos, ne lui laissèrent point le loisir d'étudier aussi longtemps qu'il l’aurait voulu les ruines de l’ancienne ville. Quant au reste de l’île, il ne put y pénétrer.
Tels sont les voyageurs et les géographes que j'ai consultés.
Ce travail sera divisé en 14 chapitres. Quand j'aurai esquissé la forme et l’aspect général de l’île de Samos et que j'aurai indiqué sa position, son étendue et les petites îles qui en dépendent, je résumerai, avant de pénétrer dans l’intérieur, tout ce que l’antiquité nous apprend au sujet de cette île; puis, la parcourant moi-même avec mon lecteur, je décrirai tour à tour chacun des quatre districts dont elle se compose, en commençant par celui qui a pour chef-lieu Chora, siége actuel du gouvernement. Chora étant
4, Ross, Reisen auf den Griechischen Inseln, t. IT, p. 139 et smiv.
située près de l’ancienne Samos, j'aborderai ainsi la description détaillée de l’île par le côté le plus intéressant et le plus digne de notre examen.
Après avoir achevé le tour complet des quatre districts, j’entrerai dans quelques détails sur le mécanisme de l’administration qui régissait l’île au moment où je la visitai, Sur son commerce, sur ses charges et sur ses revenus.
Enfin je terminerai par l’historique fidèle et succinct des fouilles que M. Conéménos m'a permis et et m'a donné les moyens d'entreprendre pour mettre à jour une partie du canal qu'Hérodote cite au nombre des trois plus grands travaux que les Grecs eussent exécutés.