‹ Description de l'île de Patmos et de l'île de Samos (volume 2)Chapitre 43 sur 122 · Denys le Périégète, vers · texte numérisé non relu

Denys le Périégète, vers

2, C'est le principal port de l’île de Samos:

autres, bordés d'arbres qui s’entrelacent et semés de lauriers-roses et d’agnus-castus, sont comme autant de fraîches oasis qui invitent le voyageur à s'arrêter ou qu’il salue avec joie en passant.

Samos est sous le même ciel que la partie méridionale de l’ancienne [onie, et nous savons que l’Tonie a été de tout temps vantée pour la douceur et la beauté de son climat.

«Où dt lovec ovrou, dit Hérodote !, rôv xai ro Iauc- VLOY GTI, TOÙ HÉY OUpavod al TOY HpEGY éY T® ra TE éTuyyavoy idpuoduevor rôlias révrwy avÜporwoy Toy fuel IOuE. »

Quoique moins favorisée par la nature, cette île participe cependant aux avantages de cette heureuse contrée. Les hivers y sont tièdes et s’y font à peine sentir, excepté sur les hauts plateaux. L’Ampélos, malgré son élévation, se couvre rarement de neige ; le Kerki seul en blanchit quelquefois ses cimes. Dés le mois de février, les amandiers sont en fleurs et la vigne bourgeonne, et dans k partie méridionale de l’île surtout, qui est à l'abri des vents du N., la végétation est très-précoce. Dans la partie occidentale il pleut plus fréquemment que dans celle qui regarde l'Orient, à cause de la hauteur plus grande du Kerki, qui, dominant l’île entière et toutes les îles voisines, attire sans cesse vers son sommet, durant l'hiver, des nuages qui s’y concentrent et souvent éclatent. [Il n’éclaircit guère alors son front, presque toujours voilé,

1, Hérodote, I. I, ch, cxurr.

que lorsque souffle le vent du N., qui balaie el chasse vers les mers d'Afrique les nuées épaisses qui le couronnent. Cette chaîne et celle de l’'Ampélos réagissent nécessairement sur le climat de l’île et la rendent plus sujette aux pluies et aux orages que certaines parties correspondantes de l’Anatolie placée sous le même degré. Quand ces orages fondent sur l’île, il est difficile d’assister à un spectacle plus saisissant que celui qu'elle présente alors. Le tonnerre gronde avec fureur, et tous les échos des vallées et des montagnes se répondant, les mêmes coups sont répercutés cent fois et rebondissent du mont Kerki au mont Mycale qui s’élève à l’opposite sur la côte d’Asie et dont la cime, plus basse de quelques centaines de pieds que celle du Kerki, atteint cependant encore une hauteur de 1575 mètres. 1 |

Les mois de janvier et de février amènent assez ordinairement des pluies: abondantes, qui ressemblent par intervalle à de véritables avalanches, tant elles sont soudaines êt impétueuses. Les ruisseaux se transforment aussitôt en torrents rapides, etdes cascades multipliées tombent de roc en roc du haut des montagnes, dont elles ravinent et déchirent les flancs.

Si les hivers sont peu rigoureux à Samos, les étés y sont rafraîchis par des brises qui en tempèrent l’ardeur, et, comme la plupart des villages sont situés sur des hauleurs, quelques-uns même étant perchés comme des nids d’aigles sur des points très-élevés, les habitants n’y souffrent que médiocrement des chaleurs.

Il est dans l'ile peu d’endroits insalubres et mal-

sains, à l'exception toutefois de la plaine de Chora et de celle de Meso-Cambo, au milieu desquelles dorment des eaux stagnantes d’où s’exhalent, aux époques les plus chaudes de l’année, des miasmes funestes. Hors ces deux points, l'île ne mérite nullement l’anathème du voyageur allemand Bartholdy', qui s'exprime ainsi au sujet des îles de lPArchipel : «Plusieurs de ces îles sont malsaines et empestées, nommément Samos et Milo, et, dans la première, principalement la plaine de Chora, comme dans la se— conde, le rivage de la mer avec ses marais salans. »

Ce jugement est évidemment trop sévère, du moins en ce qui concerne Samos, car la plaine de Chora elle-même n’est insalubre que pendant trois mois de l’année, et la culture, en la rendant fertile, finira aussi par l’assainir, quand on aura redonné un cours vers la mer aux marais qui peu à peu s’y sont répandus et augmentés. Déjà même des travaux de desséchement ont été entrepris par M. Conéménos.

Mais, à part cette plaine et celle de Meso-Cambho, dont l’insalubrité tient à la même cause et pourrait disparaître par les mêmes moyens, je ne vois pas la raison qui à fait prononcer si vite à ce voyageur une condamnation pareille. Au contraire, le climat est généralement sain, et, dans quelques villages même, la vie humaine dépasse parfois la limite ordinaire. Ainsi, à Spatharei, par exemple, il est mort, il y a peu d'années, une femme âgée de cent trente ans; J'ai

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