Plutarque, Quest. grec, ch. vi
de Bacchus, passèrent d'Ephèse à Samos, et que ce Dieu, les ayant poursuivies dans cette île, leur livra un grand combat près du mont Phlion, qui se fendit à cause des cris perçants qu’elles firent entendre.
CTyés dE Aéyouar nai To Daoidy UT ÉxelvoY payñva, pÜeyyouévor uéya Ti nat diéropoy.
… Plutarque ajoute que le lieu-où leur sang fut répandu fut surnommé Panæma (Hévauæ) et que leurs ossements s’y montraient encore de son temps.
Enfin, une quatrième montagne nous est signalée par Étienne de Byzance, c’est l’Assoron.
« Accwpiy, Gpos Sauou, ‘Bey peï 6 Apoivooc. »
Où faut-il placer ces deux derniers sommets ? Faisaient-ils partie de la chaîne du Kerki ou de celle de l’'Ampélos, ou bien de la chaîne intermédiaire qui les rattache? C’est ce qu’il est presque impossible maintenant, avec des indications aussi incomplètes, de déterminer d’une manière certaine. — Si l’on me permet, cepenpendant, d'émettre à ce sujet une simple conjecture, je pense.qu'on pourrait, avec quelque probabilité, reconnaître l’Assoron d'Étienne de Byzance dans le mont Saint-Elie actuel, l’un des points culminants de la chaîne qui porte le nom général d’Ampélos. De ce sommet découlent plusieurs torrents, dont le plus considérable serait l’'Amphilysus de l'antiquité.
Quant au mont Phlion, j'inclinerais assez à le placer dans la partie occidentale de l’île et à le chercher au milieu de lachaîne du Kerki. On s’imagine aisément que les prétendus ossements des Amazones ne s’y voient plus maintenant, comme du temps de Plutarque et
que la tradition de leur défaite par Bacchus s’est entièrement effacée; mais cette chaîne, par sa nature volcanique, par ses immenses cavernes et par ses déchirements profonds, aura pu donner lieu au vieux mythe des Néades, dont les mugissements faisaient trembler et entr'ouvrir le sol, mythe rapporté par Héraclides de Pont et par OElien *, comme elle aura pu prêter aussi à la la fable de ces cris perçants poussés par les Amazones vaincues et expirantes, et au bruit desquels les flancs du mont Phlion se seraient fendus.
— Les fleuves de l’île dont les noms nous ont été transmis par les anciens sont l’Imbrasus, le Chésius, lTbettes et l'Amphilysus.
L’Imbrasus est cité par Strabon*, par Pline*, par Pausanias *, par Callimaque”°, par Apollonius de Rhodes”, etc.
C’est près de l’Imbrasus et sous les agnus-castus qui en bordaient les rives que naquit Junon, suivant une ancienne tradition entretenue avec soin par les prêtres du fameux temple qu’elle avait à Samos. Pausanias * rapporte même qu'on montrait encore de son temps dans ce temple l’arbuste à côté duquel cette déesse vit le jour.
. Héraclides de Pont, fragment, X.
. OElien, De natura animalium, 1. XVIH, ch. xxvin. . Strabon, 1. XIV, ch. 1.
. Pline, Hist. nat., 1. V, ch. xxxvur.
. Pausanias, Achaica, 1. VIT, ch. rv. . Callimaque, Hymne à Diane, vers 228.
. Apollonius de Rhodes, Argonautiques, 1. 1, vers 187. — I. I, vers 867.