‹ Description de l'île de Patmos et de l'île de Samos (volume 2)Chapitre 81 sur 122 · Ross, Reisen auf den Griechischen Inseln, t. IF, p · texte numérisé non relu

Ross, Reisen auf den Griechischen Inseln, t. IF, p

gale hauteur et dérangés de leur assiette naturelle par suile des coups de canon qu'ils ont reçus. Ces coups semblent avoir été tirés de la mer, car c’est de ce côté que le marbre est le plus endommagé et qu'il porte la trace d'échancrures plus considérables. Le chapiteau et le tambour supérieurs étaient déjà renversés du temps de Tournefort.

« De ces colonnes, dit-il, l’une n’a qu’un tambour sur sa base et l’autre en a encore une douzaine : il y a quelques années que les Turcs, s'imaginant que la plus grande était pleine d’or et d'argent, tentèrent de la mettre à bas à coups de canons. »

Pococke l’avait évidemment mal examinée, lorsqu'il prétendit qu’elle avait encore, de son temps, 17 tambours ; car, alors, elle eût été complète, et elle ne l’élait point trente-sept ans auparavant.

M. Ross ne croit pas que le dérangement des tam-— bours tienne à la cause qu'indique Tournefort : « Autrement, dit-il, les boulets auraient laissé, sur cette colonne, des traces semblables à celles qu'on remarque sur la façade du Parthénon. »

Pour moi, j'adapte pleinement l'explication de Tournefort; d’abord elle repose sur un fait dont ce savant avait été informé, sans doute, par des témoins oculaires, et ensuite elle m'a paru confirmée par l’aspect que présente cetle colonne. Si les mutilations sont moins profondes que celles que les boulets ont imprimées sur les colonnes du Parthénon, cela tient à ce que les coups étaient peut-être tirés de plus loin, et surtout à ce que, rencontrant une surface ronde et

polie, au lieu de frapper sur une surface cannelée, 1l leur était plus facile de déplacer que d'entamer les tambours. |

Le tambour’ inférieur de la colonne s’arrondit vers le bas en une sorte de bourrelet extrêmement élégant et divisé en neuf anneaux qui décrivent une demicourbe convexe et sont séparés les uns des autres par une bande fine et délicate. Ce tambour, qui sert ainsi de base, et dont le diamètre le plus large, mesuré par M. Choiseul-Gouffier, est de 6 P.8 p. 41., est assis sur un piédestal dé marbre gris et vert, de 4 P. 4 p. 6 1. de haut, et de 6 P. 1 p. de diamètre. Ce piédestal, ou, si l’on aime mieux, cette seconde partie de la base est ornée de six anneaux ou de six tores qui s’enroulent à l’entour en formant une courbe concave. R

Au-dessous est une grande pièce de marbre carrée, espèce de vaste. socle qui était complétement enterré, ainsi que le piédestal : j'ai fait creuser un grand sillon circulaire pour les dégager.

Pour le chapiteau, comme il a disparu, je ne puis que répéter ici ce que les autres voyageurs en ont dit.

«Ta, suivant Tournefort, 1 P.7 p. de haut. (D'après M. Choiseul-Gouffier cette hauteur est de À P. 8 p.) Il répond au profil de la base. Son tympan est relevé d'un gros rouleau de À pied de haut, sur lequel sont entaillés en rond des oves en relief, enfermés chacun dans sa bordure, et des entre-deux des bordures

4::Voy. l'Atlas de D Gouffier, planche 54, et, l'Atlas des Antiquités ioniennes, |. 1, ch. v (98 édition). |

pendent des pointes en manière de flamme. Il y a un petit coruon ou astragale au-dessous du rouleau. »

Quel est l’ordre auquel on doit rapporter cette colonne? Tournefort' déclare que Rhœcus avail employé un ordre assez parliculier : « c'est, dit-il, l'ordre ionien dans sa naissance. » |

Pococke de son côté, affirme que les chapiteaux lui ont paru doriques.

Dallaway est du même avis.

Quant à M. Choiseul-Gouffier ?, voici comment il. s'exprime : « Malgré la tradition conservée chez les habitants et malgré le témoignage de plusieurs voyageurs qui l'ont adoptée, j'ai de la peine à croire que ces fragments appartiennent à une époque aussi reculée que la construction de ce temple bal par Rhœcus et vanté par Hérodote. La proportion trop élégante de l’ordre, les ornements du chapiteau et surtout les bases, dont les Grecs n’ont jamais fail usage dans l’ordre dorique, doivent au moins donner dé grands SOupÇons sur l'authenticité de ces ruines. » e

Oufried Müller 3 pense que le premier temple constuit par Rhœcus était Dorique et qu’ensuite 1} fut réparé et agrandi sous Polycrate et bâti dans le style ionique. Mais que HAfian alors l’asserlion formelle de Vitruve * ?

«Postea Silenus de symmetriis Doricorum edidit

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