Jamblique, Vie de Pythagore, eh. v
temps dé Joseph Georgirènes quiy avait compté deux cents maisons, j'attribue cette dépopulation aux fièvres qui ont sévi dans cette localité, trop voisine des marais de la plaine.
Paconpa. — À une demi-heure de Myli vers l'O., s'élève Pagonda sur le revers oriental de la chaîne qui se termine au S. par la pointe Colonni. Ce village renferme trois cent cinquante maisons , quatre églises et une école mutuelle. ILest placé à 480 mètres audessus de la mer. Les fabriques de soie qui y florissaient il y a deux siècles n’ont maintenant qu'une faible activité.
Les habitants se disent originaires de l’île d'Eubée où existe un village du même nom : deux belles fontaines ombragées par des platanes y fournissent une eau trèsabondante.
Pyrcos. — Un sentier très-accidenté conduit de Pagonda à Pyrgos, situé une heure plus à lO., sur un plateau que dominent des montagnes plus élevées : les maisons, mal construites, au nombre de deux cent cinquante, sont assemblées assez confusément. On y voit deux églises et une école mutuelle. L'air y est très-pur. À l'une des extrémités de ce village coule un torrent que l’on traverse sur un pont et qui va ensuite se jeter dans la mer au S. de Goumeïka. Jai déjà dit que je n'étais point éloigné de reconnaitre là l'Amphilyssus cité par Étienne de Byzance.
Le vin qu'on récolte dans les environs de Pyrgos est fortestimé, surtout l'espèce qu’on appelle anthosmie.
-4, Anthosmie de &v0cc, fleur, et 65u%, parfum.
Les habitants sont venus de l’Elide, et leur patriepri= milive est, suivant eux, le village ainsi nommé qui sy trouve.
Les femmes passent pour les plus belles de Pile, et cette réputation parait méritée. |
ALvanITI. — Le village d'Alvaniti Heat) est par rapport à Pyrgos dans la direction du N., à À b. 4/4 de distance. Le chemin qui yconduit est très-raide, et, en hiver, lors des grandes pluies, il est souvent presque impraticable.
Alvaniti est partagé en deux hameaux séparés l’un dé l’autre par un quart d'heure de Marche. Alvaniti- Cato ou le bas Alvaniti n’a que trente-cinq maisons, et Alvaniti-Ano ou le haut Alvaniti en a cent. Ils sont tous deux perchés comme des nids d’aigles à une élévation très-grande, surtout Alvaniti-Ano, qui est situé à 400 mètres, au moins, au-dessus de la mer, sur le revers méridional du plus haut sommet de l’'Ampélos. Chacun de ces hameaux a une église ; mais l’école mutuelle est à Alvaniti-Ano,où habite le démarque.C’est une colonie d’Albanais; leur dialecte, qui s’est depuis longtemps fondu aveé la langue grecque parlée dans le reste de lile, a cependant conservé quelques idioüismes particuliers, qui rappellent leur origine et leur patrie. L'air qu'on respire à cette hauteur est très-pur, mais extrêmement vif pendant l'hiver. De beaux platanes et de vieux oliviers y croissent sur les bords d’un » torrent nommé Varcou.
D’Alvaniti-Ano il faut encore une heure de marche pour atteindre le plateau de St-Elie, sur le point ecul-
minant duquel on a consacré uné chapelle à ce Saint. Chaque année, le jour de la fête, on s'y transporte en pélerinage de plusieurs lieues à la ronde. Peut-être.ce sommet, haut de 1,200 mètres, est-il l’Assoron d'Étienne de Byzance ?
CoumarEiDI Er MAVRANDZEI. — En revenant vers Chora, on rencontre deux autres hameaux peu considérables; l’un s'appelle Coumareidi”, à cause des arbousiers qui l'entourent; il ne renferme que quarante-quatre maisons; ilaune église, mais point d'école. L'autre, plus au N., porte le nom de Mavrandzei. Il manque également d'école; on y compte quarante-cinq maisons et une église. 0
Ce petit village est comme caché dans l’enfoncement d'une gorge de montagne, dont les pentes escarpées sont couvertes de pins. Serait-ce l'ombre projetée par . ces arbres et en même temps la chaleur qui règne en cel endroit qui lui aurait fait donner le nom actuel de Mavrandzei *? Les bons paysans qui lhabitent n’ont pu m'éclairer sur ce pomt : un vieillard, seulement, m'a appris qu'autrefois cette localité s'appelait Gaëtani-Kioi, dénomination qui n’est point grecque, mais turque. ue
Au S: O. de Mavrandzeï, on aperçoit, sur un plateau couronné de pinsret de chênes-verts, les bâtiments du monastère de Megali-Panagia (Meycdn Ilxv&yia). Son nom primitif était Pentespitia, ou les Cinq Maisons, parce qu’il consistait alors en cinq pe-
À. Kowapos, et vulgairement xovpæpos, arbousier. 2: Mavpés, sombre, et céw, bouillir. (Mavpéveer.)
tites habitations Séparées. On y monte par un sentier pavé. Il forme un carré long; Ja chapelle est au centre. Autour d'elle est une cour qu’enferme une enceinte rectangulaire d’arcades bâties en briques, et au-dessus desquelles sont les chambres des moines, surmontées elles-mêmes d’une terrasse. Ce monastère a été fondé en 1580, puis agrandi en 1594. La vie n’y est pas commune : chaque moine vit dans sa cellule; ils se réunissent seulement tous les jours deux fois à la chapelle, et une fois par semaine, le dimanche, le même réfectoire les assemble. La table où ils prennent alors leurs repas est formée de belles plaques de marbre qui proviennennent, m'ont-ils dit, de lHéræon. | | L'hégoumène est élu par les autres moines pour un temps indéterminé; ils le remplacent par un autre, quand son administration est mauvaise ou leur déplaît. Auparavant assez nombreux, ils sont réduits maintenant à une quinzaine. |
A l'E. du même village, et après avoir traversé le torrent d’'Hagios-Constantinos, est un autre monastère plus riche que le précédent. IF est adossé à une montagne boisée, au N. O. de la plaine de Chora et à 6 kilomètres environ de cette ville : fondé en 1580, il reçut de nouveaux accroissements en 4601 et en 1604. La chapelle est très-vaste et rebâtie à neuf depuis 4833. Du haut de la voûte pendent de magniffques candélabres en argent, dont l’un est un présent du patriarche actuel de Constantinople, ancien moine du couvent,
Les moines, au nombre de vingt-cinq, ne vivent pas plus en communauté que ceux de Megali-Panagia : la chapelle seule les réunit. L’hégoumène est élu pour toute la vie, à moins que des plaintes graves ne s’élèvent contre lui; alors on procède à une nouvelle élection.
Les dépendances du monastère de Ste-Croix (Aytoç Xravpés), c'est le nom qu'il porte, sont considérables. Une forêt de pins et de chênes-verts, et de belles plantations de vignes et d’oliviers lui appartiennent.