‹ Description de l'île de Patmos et de l'île de Samos (volume 2)Chapitre 95 sur 122 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

ADMINISTRATION ACTUELLE DE L'ILE. — LES CHARGES ET LES REVENUS. — CLERGÉ. — INSTRUCTION PUBLIQUE. — PRODUITS DU SOL, ETC.

Je me suis interdit tout ce qui avait trait à l'histoire de l’île, reportant le lecteur, pour ce sujet, à Particle qui concerne Samos, dans louvrage de M. Lacroix sur les îles de Fa Grèce ; mais, comme il n’y est point question de lPadministration actuelle de cette île, Je crois qu'on ne sera pas fâché de trouver ici quelques documents peu connus, et que Fa bienveillance de M. le souverneur Conéménos m'a permis de puiser dans ses propres archives. |

On sait que l'ile de Samos s’insurgea en 1821 contre les Turcs et-que pendant neuf ans elle résista COUTAseusement à tous les efforts qui furent tentés pour fa réduire. En 1830 néanmoins, il fut stipulé entre les trois grandes puissances et la Turquie, que cette île resterait attachée à l'empire Olloman. Cette décision qui fut due surtout à la position géographique de Sa— mos et qui la jeta dans la consternation, après la lutte acharnée qu’elle avait soutenue, n’abaltit point cependant tout à fait le courage de ses habitants, et quoique abandonnés à eux-mêmes, ils refusèrent pendant deux ans encore de se soumettre aux Turcs. Enfin dans le courant de février 1858, ils recurent la note suivante qui les inclini peu-à-peu à accepter le nou veau régime qui devait adoucir leur dépendance et que les trois cours alliées de France, d'Angleterre et de Russie leur avaient obtenu auprès de la Sublime- Porte.

Note envoyée aux primats de l’île de Samos par les amiraux commandant les forces navales des trois cours alliées de France, d'Angleterre et de Russie.

«A bord de l'Alfred, en rade de Nauplie, le 15 février 1844.

« Lorsqu'en février 1830, les trois puissances alliées obtinrent de la Sublime-Porte la reconnaissance de l'indépendance de la Grèce, il fut supulé que File de Samos resterait attachée à l'empire Ottoman. Les trois puissances intercédèrent pour que votre ile fut soumise à l'avenir à-un régime particulier et favorable au

SUR L'ILE DE SAMOS. 287 bien-être de la population. La Sublime-Porte le promit. Aujourd'hui le Sultan Mabmoud, remplissant fidèle - “ment sa promesse envers Îles trois cours alliées, vient de leur Soumettre l'acte par lequel Sa Hautesse concède à Samos des privilèges qui doivent assurer à celte île une administration toute bienfasante.

Note officielle remise par son Eminence le Reis-Effendi à MM. les représentants des trois cours, le 10 décembre 1832. 7

«© 4° Sa Hautesse le Sultan Mahmoud Khan accorde aux Samiens amuistie pleine et entière. Aucun d’eux ne sera recherché pour sa conduite passée, et leurs personnes ainsi que leurs biens leur seront assurés.

«2 L'autorité intérieure de l’île résidera dans un conseil Composé de membres choisis, suivant l’usage, parmi les notables du pays. Ce conseil aura l’administration générale de l’île ; il règlera les diverses branches de cetie administration et décidera hbrement les questions relatives au commerce, à l'exercice du culte et à la réparation des églises.

«3° La présidence du conseil appartiendra au chef nommé par la Sublime-Porte avec le titre de prince de Samos. Il sera de la religion des Samiens et pourra nommer un substitut professant la même religion que lui. |

«4° Le chef de l'ile délivrera aux bâtiments el'aux batéaux samiens les expéditions dont ils auront besoin pour naviguer, et les revenus qui en résulteront seront

288 = ÉTUDE considérés comme faisant partie des droits spéciaux de sa charge.

« D°,11 n'y aura pas de troupes dans l’île de Samos. Lés Samiens paieront directement à la Sublime-Porte, un kharats annuel de 400,000 niastres. :

« 6° Le Métropolitain de Samos sera, comme autre fois, nommé par ke Patriarcat Grec de Constantinople.»

La soumission de l'ile ne suivit point immédiatement la communication de cette note, et ce ne fut qu’en 1834, que l’ile de Samos reçut dans son sein le prince Vogoridès chargé de l’administrer. Celui-ci ne fit qu'une courte apparition dans l’île, et il laissa bientôt le soin de la gouverner à un caïmacan ou délégué. Quinze caimacans successifs gérèrent tour à tour les affaires en son nom ; mais le mécontentement des habitants alla toujours croissant à cause des abus et des exactions dont ils avaient à se plaindre, et enfin en 1849, des troubles graves éclatèrent à Samos, à la suite desquels le eaïmacan et les agents du prince. Vogoridès furentcontraints de s'enfuir. La Porte, craignant que cette île ne cherchât de nouveau à secouer sa dominalion, Jui envoya un firman plus explicite et plus hbéral que le premier, et en même temps elle remplaça le prince Vogoridès par le prince Callimaki..Celui-ci nomma pour son caïmacan M. Conéménos, qui débarqua à Vathy dans les derniers que du mois de février 1850. ,

de vais transcrire ici les points les plus essentiels-de ce firman.

Abrégé du firman donné à l'ile de Samos par le Divan Impérial dans l’année 1266 de l’hégire, au commencement de la lune Rebr-ul-ahir.

« Attendu que la rédaction du firman organique accordé par ma Sublime-Porte aux Samiens, l'an de l’'hégire 1247 (4832) est trop concise et trop sommaire et que chacun s’est mis à l’interpréter à sa façon, il est devenu nécessaire de le développer.

«€ 4° Une fois par an, dans la saison accoutumée, à l’endroit et jour indiqués par le gouvernement du Prince, le pays sera représenté par une assemblée gé-— nérale; cette assemblée sera composée dumétropolitain, de deux députés choisis par chacun des sept comopolis" (Chora, Vathy-Ano, Vathy-Cato, Mytilini, Pagonda, Néon-Carlovassi, Marathro-Cambo) et d’un député tiré de chacun des vingt-deux autres- villages, de sorte que le total des membres de cette assemblée se composera de trente-sept représentants, y Compris le métropo— litain. |

« Seront exclus de cette assemblée les individus entachés de crime, etc.

« 2 L'élection des membres de cette assemblée doit se faire avec le plus grand ordre. Les habitants de chaque village procéderont d’abord avec calme à la nomination des électeurs, et ces derniers, après s'être

4. On-entend par Comopolis (xou6rous), ceux des villages de l'ile qui, en raison de leur importance, ont le droit d'envoyer deux députés à l'assemblée générale,

ven M ÉTUDE désiguë un président, éliront les dépuiés de lassemnIée* € 3° Lorsque les étre ln se seront réunis,

in se nommeront un président, à la majorité des Voix. LES

Les discussions de l’assemblée auront pour objet les questions relatives aux revenus et aux dépenses, à la perception la plus régulière et la plus équitable possible de l'impôt, à l’encouragement du commerce, aux réparalions et ameéhnrations Jugées Convena- ‘bles, etè. | Ç DUR

Toutes les décisions de l'assemblée qui auront été prises à la majorilé des voix, et qui ne seront pas contraires aux devoirs qu'imposent aux membres leur condition de sujets et la fidélité qu'ils ont promise à: la Porte, seront consignées par écrit, signées et présentées au Prince, afin qu'il avise aux moyens les plus convenables de les faire exécuter.

« La durée de la session de l'assemblée, qui sera réunie une fois par an, ne sera ni moins d’un mois, ni plus d’un mois et demi, à compter du jour de Pélection du président.

« 4 De chacun des quatre districts de l’île de Samos, il sera élu deux candidats pour le poste de sénateur. [ls seront pris parmi les habitants les plus honnêtes et les plus éclairés, sachant lire et écrire, et ‘ayant au | moins trente ans d'âge. Le Prince choisira et nommera, parmi ces huit individus, les quatre qu'il croirales plus. capables et les plus hommes de bien. Ces quatre membres formeront le conseil administratif du pays et se-

SUR L'ILE DE SAMOS. | 2941 ront placés sous la présidence et la surveillance du Prince ou de son délégué. Ils auront à traiter loutes les affaires administratives et financières, suivant les lois du pays et en se conformant aux devoirs de l’intégrité et de la droiture. |

« Ils devront aussi veiller à ce que les Fri publics ne soient jamais ni délériorés ni dilapidés, à assurer le payement régulier de l'impôt dû à ma Sublime- Porte, et montant à 400,000 piastres par an, etc.

Les quatre membres du conseil auront, au bout © d’un an, qui est le terme de leur administration, à rendre compte de leur gestion.

5° L'assemblée générale ayant fixé les appointements des membres du conseil administratif, du secrétaire, des membres du tribunal, des gendarmes, des employés des quarantaines et de la police, le Prince ou : son délégué aura soin, d'accord avec le conseil adminis= | tratif, que, pendant la vacance de l’assemblée générale, les appointements qui ont été fixés soient payés mois par mois, ainsi que 18 traitements CI- Aprés 1 mentionné dü Prince, : | lite Comme jusqu’ aprésentiln’ yavait pasun traitement fixé pour le Prince ni pour les employés dans File, le Prince prenait à ferme les dimes et la douane comme équivalent des frais de l'administration princière, mais il en résultait plusieurs abus. Aussi, dorénavant, le droit de donner à ferme les revenus susdits a été laissé au conseil du pays qui pourra exposer le férmage aux enchères publiques.

« Un traitement seulement de 12,500 piastres par

292 ÉTUDE mois sera payé par l’île de Samos au Prince, à la charge pour celui-ci de payer son délégué à Samos et ses employés chargés de protéger à Constantinople les intérêts des bâtiments samiens.

« 6° Le démarque de chaque village doit être renouvelé tous les ans. A cet effet, les électeurs de cha- | que village nommeront deux personnes dont les noms seront soumis à l'autorité princière, el le Prince ou son délégué, d'accord avec le conseil administratif, confirmera l’un des deux. | |

«T° L'autorité princière surveillera avec soin les écoles destinées à l’enseignement des Samiens, encouragera les arts et métiers, etc. |

«8° Un officier en chef de la police, sous les ordres et sous la surveillance du Prince, s’établira dans la ville qui est le chef-lieu du gouvernement, et il aura sous son commandement cinquante gendarmes, dont il enverra une parle dans chacun des quatre districts de l’île, et il retiendra le reste auprès de lui pour le maintien de l’ordre et la sûreté de Ja ville. Indépendamment de ces cinquante gendarmes, un autre corps de cinquante hommes sera organisé et payé par l'autorité pour poursuivre et arrêter dans les villages les voleurs ouwautres fauteurs de désordre.

« 9° Il y aura, dans la ville qui est le siége du gouvernement, un tribunal de justice composé de cinq personnes, à savoir : un président, deux membres, un greffier, et, pour les affaires criminelles, un procureur du Prince; mais le greffier et le procureur ne seront pas comptés parmi les juges. C'est à l'autorité princière à

élire les cinq membres du tribunal qui seront amovibles et révoqués, s'ils commettent des infractions à leurs devoirs. » |

Tel est le firman organique que la Sublime-Porte avait accordé aux Samiens, pour calmer leur effervescence et que le nouveau prince, Callimaki, ou plutôt son Caïmacan, M. Conéménos, avait à exécuter.

Les esprits, depuis longtemps émus et irrités, ne s’apaisèrent point aussitôt, et il fallut toute l’habileté de M. Conéménos, pour qu'il se fit admettre par les habitants, sans avoir besoin de recourir aux six mille hommes de troupe que la Porte avait mis à sa dispo sition et qui furent bientôt renvoyés, sur la demande même du nouveau gouverneur, à l'exception de deux cents hommes, qui sont restés casernés à Vathy inférIeur.

M. Conéménos s’empressa d'appliquer, delamanière la plus large et la plus libérale possible, le firman précédent et de remplir fidèlement la mission de conciliation et de paix dontil était chargé.

Il commença par convoquer l'assemblée générale des Samiens et déclara que tous seraient électeurs et tous éligibles, à l’exception, bien entendu, des cas prévus par. Ja loi, et que l'élection serait à un seul degré. En cela il prit sur lui d'aller au delà du firman organique, qui avait décidé que l'élection serait à deux degrés, et plusieurs des primats de l’île s’en montrérent mécontents ; mais immense majorité des habitants applaudit à cette mesure, qui coupait court à plus d’un abus. Remarquons que chaque habitant de l’île de Samos est

propriétaire et cultivateur. Tous ont un petit coin de terre et une maison qui leur appartiennent. Tous aussi peuvent comprendre plus ou moins les intérêts généraux d’une île qui ne renferme que quarante deux mille habitants et où les rouages de l'administration sont simples et peu compliqués.

El n’y avait donc point de danger à accorder l'égalité politique à des insulaires tous passesseurs de quelque bien-fonds, et tous, par conséquent, intéressés à maintenir une constitution qui garantissait leurs droits. En outre, leur dispersion dans vingt-neuf bourgs différents, et leur nombre peu considérable, car quarante-deux mille habitants font environ dix mille électeurs, si on en défalque les femmes et les enfants, tout cela engagea M. Conéménos à concéder, d’une manière absolue et

sans limites, ce qui n'avait été accordé qu'avec certaines .

restrictions dans Île firman organique.

L'événement prouva qu'il n'avait pas été trop loin : car les élections se firent avec beaucoup de calme, et l'île n'eut point à se repentir des choix qui eurent lieu. |

. Les deux années suivantes amenérent les mêmes résultats, et l'assemblée générale des Samiens, trois fois réunie depuis l’arrivée du gouverneur actuel”, se montra digne de son mandat : trois fois aussi elle déclara au nom du pays que le gouverneur avait bien mérité dé ses administrés.

L’époque de la session est fixée ordinairement au

1. Ceci à été écrit, il y a deux ans: : aujourd’ hui M. Goniménos n'est plus gouverneur de l' ile.

mois de février; et l'endroit où l'assemblée est convoquée est Chora. Chaque commune paye les frais, du reste assez minimes, qu’occasionne, pendant un mois ou six semaines au plus, ce déplacement momentané à celui ou à ceux qui la représentent; nous avons vu en effet que les comopolis nomment deux députés.

Avant de se séparer, l'assemblée élit huit membres tirés de son sein, qu'elle propose au choix du gouvernement, afin qu'il en élève quatre au rang de sénateurs. Chacun d’éux doit appartenir à un district diffèrent et le représenter en l’absence de l'assemblée.

Le sénat, ainsi élu et constitué, forme le conseil permanent du gouverneur jusqu’à la session prochaine. Ses appointements.soni fixés par un vote de l’assem— blée et payés pär le trésor publie.

. La justice exigeait un remaniement complet; car de sraves désordres s'étaient enracinés dans cette malheureuse île, si longtemps en proie aux discordes intestines, et qui, en moins de quinze ans, avait changé seize fois de gouverneurs. M. Conéménos essaya d'y établir des tribunaux à linstar des grandes nations de l’Europe. Ainsi il voulut créer un tribunal de première instance, un tribunal d'appel et une cour de cassation ou aréopage, et, se retirant à lui-même Île droit de | juger seul et directement certaines causes qui, auparavant, élaient tranchées par la volonté arbitraire du gouverneur, 1} resta uniquement président de laréopage. »1itAe Le tribunal de-première instance se compose de cinq membres révocables el nommés par le gouverneur,

jugeant les causes civiles, commerciales et criminelles. Les parties plaident elles-mêmes ou sont défendues par un avocat.

Le tribunal d'appel n’a point encore été créé. Celui de cassation, sous le nom d’aréopage, consiste dans les quaire sénateurs, un procureur du gouverneur et un secrélaire, en tout sept membres, en y comprenant le gouverneur, qui le préside. Le procureur-et le secrélaire n’ont pas le droit de voter. Ce tribunal casse ou ralifie les jugements précédents.

Le gouverneur a le droit de grâce.

Chaque commune est administrée par un démarque ou maire, aidé d'un conseil municipal. Le démarque peut arranger à l'amiable les petits différents qui s'élèvent entre les habitants de sa commune et juger les procès, quand il s’agit d’une somme qui ne dépasse pas 200 piastres, c’est-à-dire environ 44 francs de notre monnaie”. |

Les dépenses des communes sont votées séparé— ment par chacune d'elles; elles proposent deux démarques au choix du gouverneur; l’un des deux est nommé: il peut être révoqué. L'élection lui adjoint un conseil de deux membres, qui doivent être confirmés par l’autorité..

Le clergé se divise en clergé régulier et clergé séculier, et la religion professée est exclusivement la religion grecque. Je ne crois pas qu’ily ait dans toute l’ile-un seul catholique romain ou un seul protestant;

4. La piastre turque équivaut à peu près à 22 centimes de notre monnaie. .

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SUR L'ILE DE SAMOS. ee":

car les vice-consuls eux-mêmes sont orecs. En fait de musulmans, il n’y à absolument que les deux cents soldats turcs. demeurant à Vathy; ils n’ont point de mosquée et remplissent les devoirs de leur culte dans les salles de leur caserne. #

Le clergé régulier compte six monastères, dont j'ai déjà parlé, et plusieurs fermes, régies par des moines. Excepté dans le monastère récemment fondé de l’'Hagia-Trias, et dont l'hégoumène est à vie, dans es au tres, le supérieur est élu, soit pour deux ans, soit même pour un temps plus limité; mas il peut êlre réélu indéfiniment. Les moines suivent la règle de saint Basile; toutefois, ils ne sont point asireints à la vie commune, du moins dans quatre de ces couvents; je les ai indiqués. Ils passent pour assez ignorants, et je n'ai trouvé nulle part chez eux de bibliothèque. Chaque hé égoumène a le rang d’évêque et relève directement du patriarche de Constantinople.

À la différence du clergé régulier, qui est célibataire, le clergé séculier peut se marier. On sait, en effet, que; dans l’église grecque, les papas ne sont point soumis à la loi du célibat; les évèques seuls.et les moines y sont assujeltis. Es vivent tous de la piété des fidèles, et les frais du culte sont couverts par des quêtes et par des donations; en un mot, dans le budget général il n’y a point de budget spécial pour le clergé. L'Église est complétement indépendante de l'État. Les papas-ne sont pas plus éclairés que les moines : beaucoup d’entre eux sont cultivateurs.et 1ls n'ont guère le temps de s’instruire, ayant, en dehors

de leurs graves fonctions, une famille à élever et à nourrir.

Un évêque avait la haute. direction du clergé ‘de Samos. Rappelé par le patriarche de Constantinople, à cause du mécontentement qu'il avait excité contre Jui, il n’a point encore été remplacé. |

L'instruction publique, par suite de lanarchie qui : avait longtemps régné dans Pile, élait fort négligée. Beaucoup de communes manquaient d’ écoles, et les maitres, mal payés, étaient quelquefois obligés de renoncer à une carrière dans laquelle plusieurs mou raient de faim. Actuellement, il y a à peine trois ou quatre villages qui n'aient point une école mutuelle, et 100,000 piastres sont affectées par an à l'entretien des écoles et aux émoluments des maitres.

Cinq communes, Vathy inférieur, Mytilni, Vour- . liotes, Néon-Carlovassi et Marathro-Cambo ont à la fois une école mutuelle et une école dite hellénique, parce que l’on y enseigne aux élèves le grec ancien.

Les dépenses générales de lile, sans compter les 100,000 piastres allouées à linstruction publique, se montent PEL an à 800,000 piastres dont 400,600 sont envoyées à la Turquie pour acquitter le tribut qui lui est dû.

Afin de faire face à ces dépenses, un impôt est chaque année voté par l'assemblée générale, et il est perçu au moyen du système des. dimes et de la douane qui sont mises à l'enchère. Quand l'acheteur de la - dime est en contestation avec le “propriétaire. qu'il . décime, là question est jugée par des arbitres; ces

arbitres sont le démarque, un papas et deux autres habitants de la commune. |

La douane consiste dans un droit de 6 °,, prélevé sur toutes les importations et exportations.

En outre, l'administration perçoit environ 86,000 piasires par an sur le blé importé, à raison de 4 paras l’oque t. Ces 86,000 piastres sont consacrées aux écoles. Les couvents, de leur côté, sont obligés de fournir 14,000 piastres pour le même but, ce qui fait en tout les 100,000 piasires dont nous avons parlé.

Comme les autres dépènses n'atteignent que le chiffre de 700,009 piastres el.que cette année la dîme et la douane ont êté achetées 900,000 piastres, il en résulte. qu'il y aüra dans la caisse publique nn exeédant de 400,000 piastres dont on pourra disposer pour des besoins urgents où pour des travaux d'utilité publique. |

Opposons maintenant à ces dépenses le tableau des

revenus de l’île.

L'huile, dans les bonnes | 100,000 oques.

années, produit environ. | :-- 3,000,000 piastres, ë ac

Le vin blanc et rouge. . “ Pat La Nue | 2,000,000 oques.

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