Plutarque, Quesi. grecq
DE L'ILE DE PATMOS. M les vents d'E. Il a deux embouchures; les vaisseaux à trois ponts peuvent y mouiller sur un fond qui varie de 10 à 20 brasses. Un petit cap formé par un rocher le divise en deux parties, dont Tune s'appelle Petra et l'autre Gricou, dénomination qui, du reste, est donnée au port tout entier.
Ce rocher, haut de 10 mètres, en a 80 de circonférence. On y monte par deux escaliers taillés dans le roc. Plusieurs grottes artificielles, une belle et profondeciterne, de forme circulaire, et l'emplacement trèsvisible d'une maison dont l'enceinte avait 6 mètres sur chaque face, telles sont les curiosités qu'il présente et que je regarde comme les vestiges d'une époque très-reçrjée.
Au N., et à peu de distance du port, sont disséminés sur un plateau les débris d'un ancien village qui, sans doute, était celui d'Àgrikia, dont il est parlé dans Prochore. Le nom actuel de Gricou, que porte cet endroit, semble l'indiquer. On distingue encore les traces de plusieurs maisons, les fondements d'un édifice plus considérable, en pierres rectangulaires, et quelques pans d'un vieux mur byzantin, large de 1 111 50.
En descendant de ce plateau et en marchant quinze minutes dans la direction du N. E., on arrive au petit port d'Hepsimia, autour duquel on remarque, à fleur de terre, les fondements d'anciennes constructions. Une chapelle en ruine, consacrée à la Panagia, y passe pour avoir été bâtie par saint Ghristodule.
Plus au N. encore, et au delà d'un ilot couronné par une chapelle dédiée à raint Luc, est le port de Sapsila,
Peu étendu, mais excellent, encadré qu'il est par une enceinte de montagnes, il est défendu contre les vents du N., qui seuls pourraient l'agiter, par le vaste prolongement vers l'E. de la partie septentrionale de l'île. On observe, près du rivage, un tronçon cle colonne antique de granit, enfoncée dans le sol, et qui servait à attacher les navires.
A l'O., en gravissant plusieurs étages de rochers superposés les uns au-dessus des autres, sur une pente très-raide , on parvient à une plate-forme où s'élève, près des moulins du monastère, une chapelle dédiée à saint Jean : elle renferme un beau chapiteau antique en marbre blanc, d'ordre corinthien, qui soutient la table sainte.
De là, jusqu'à La Scala, la côte orientale offre les restes d'un autre village complètement détruit. Entre deux chapelles, situées l'une et l'autre sur un rocher, et éloignées d'environ 400 mètres, le sol est couvert de débris de briques et de poterie, seuls vestiges subsistants d'un bourg qui a disparu et qui s'appelait Saint- Théophanes.