A.É&a&ov, prairie, et par apocope, X&êa&s
on descend au N. dans la vallée de Kambos. Elle s'arrondit devant un port assez vaste, et on y remarque une quarantaine de maisons avec des enclos cultivés. Sur nn monticule est une tour avec mâchicoulis et créneaux, construite en 1633. Les habitants s'y réfugiaient quand les pirates faisaient une descente dans le port de Kambos : elle tombe actuellement en ruines. Plusieurs maisons affectent également la forme de tours, et on les appelle Pyrgi (r/joyoi). C'est ainsi qu'en Palestine, dès la plus haute antiquité, l'Écriture Sainte nous apprend que les Juifs, à l'époque de la moisson, se retiraient dans leurs tours, afin de mieux surveiller leurs champs et leurs récoltes.
Au N. de Kambos, le promontoire et puis le petit port de Vaeon (B^rov) rappellent l'ancienne ligne de démarcation tracée par saint Ghristodule entre les laïques et ses moines. Cette ligne, comme je l'ai déjà dit, allait du promontoire Vœon à celui de Saint- Nicolas, et c'est entre ces deux caps que, sur une montagne désignée encore maintenant sous le nom de Khoriclakia on reconnaît aisément les débris
du premier village fondé par les ouvriers qui aidèrent le saint à bâtir le monastère.
Sur le long promontoire Géranos fèép&àçi grue) qui s'étend vers l'est, existent, au milieu des broussailles les restes d'un autre village Deux iloîs, dont l'un renferme une chapelle dédiée à saint Georges, sont situés au S. 0. de ce promontoire.
En continuant à suivre la côte au delà du cap Géranos, on arrive à un endroit appelé d'abord Thermia,
et qui depuis a pris ie nom d'an ermite qui s'y est établi. Faisons balte un instant dans son modeste asile et saluons le bon Apollon. Ce vénérable vieillard a longtemps voyagé en Grèce et dans l'Archipel, quêtant pour le mont Athos et ensuite pour la construction de la chapelle près de laquelle il habite. Après avoir, durant une quinzaine d'années, promené son bâton de pèlerin, il est venu chercher une retraite pour ses vieux jours clans un des coins les plus solitaires de l'ile de Patmos. Là, dans un lieu surnommé, avant lui, Thermia, à cause d'une source d'eau chaude qui y coule, il a commencé par bâtir une chapelle, puis il s'est construit à lui-même une petite demeure avec une chambre pour les étrangers. Il y réside depuis trente-cinq ans. Actuellement infirme, il ne sort de sa cellule que pour se rendre à sa chapelle ou pour faire une courte promenade dans son jardin. Tous les arbres qui y sont ont été plantés par sa main; il les a vus naître et grandir. Deux sources, Tune chaude, l'autre froide, arrosent son potager. Un berceau de vigne lui donne de l'ombre pendant l'été, et c'est là qu'il aime à s'asseoir et à méditer. Sa bibliothèque se borne à quelques livres ascétiques qu'il sait par cœur et dont il se plaît à citer des passages à ceux qui viennent le voir. Sa vie, toujours la même, ne se compose que des mêmes actes sans cesse répétés. Pendant ie jour il va deux fois prier dans sa chapelle, et pendant la nuit il renouvelle les mêmes prières avec les trois moines qui vivent sous sa direction et qui professent à son égard une soumission profonde. Affranchi des
soucis qui travaillent les autres hommes, il attend paisiblement la mort qui semble fuir devant lui et respecter son front chauve et sa longue barbe blanche. Son visage serein et riant ne connaît point les rides du chagrin, mais seulement celles du temps, et la douce gaieté qui l'anime est comme l'image du calme inaltérable de son âme.
Le jour où je frappai à sa porte hospitalière, il voulut jusqu'au soir s'entretenir avec moi. Il ne pouvait comprendre que je fusse venu de si loin pour examiner péniblement , au milieu des pierres et des montagnes, quelques misérables débris des siècles passés et étudier la poussière et les vestiges qu'ont laissés derrière elles des générations éteintes, poussière elles-mêmes depuis longtemps. Mais, quand je lui dis que le souvenir de saint Jean m'avait aussi attiré dans cette île et que la grotte de l'Apocalypse avait été le premier objet qui eût appelé mon attention , alors il me comprit et sa pensée fut d'intelligence avec la mienne. A neuf heures il me conduisit dans ma cellule et il se retira dans la sienne. Vers minuit, je l'entendis qui se relevait avec les trois autres moines, et bientôt leurs voix réunies retentirent dans la chapelle. La sienne dominait et donnait le ton. Je ne pus m'empêcher d'être ému, quand, au milieu du silence de la nuit, au pied d'une montagne solitaire et à quelques pas seulement de la mer dont le bruit sourd et la plainte éternelle arrivaient jusqu'à mes oreilles, j'entendis soudain ces quatre voix qui chantaient et priaient en chœur* et qui animaient ce désert.
DE L1LE DE PAÎMOS. 97 AuN. de Thermia, aujourd'hui Ermitage d'Apollon, en contournant les flancs d'une montagne hérissée de rochers et de broussailles , on atteint bientôt un lieu appelé Zarrhoï (Zxppo-n), à cause de plusieurs sources qu'on y rencontre1.
Le promontoire Palamos vient ensuite. Trois ilôts du même nom laissent entre eux et ce promontoire une passe étroite et difficile. ïl est dominé par une montagne de 280 mètres d'élévation, appelée Khondrovouno (XovdpéSowo). Dans la carte anglaise, elle est marquée sous la désignation de mont Sklava.
Là s'arrête la côte orientale de cette partie de l'île et commence la côte septentrionale. Explorons-la de l'E. à l'O.
Le promontoire et l'anse de Liana-Kavakia (ou les petits peupliers) sont bordés de rochers gigantesques, au milieu desquels on observe beaucoup de laves et de blocs ferrugineux.
Deux autres anses, celle de Komeni-Skhinia2 et celle de Lampi3, s'étendent au pied d'une montagne à laquelle les arbousiers qui en couvrent les pentes ont fait donner le nom de Komara (Koufx«pa ou Ko- [xdpa, arbousier.)
Ces anses précèdent le cap Ferro que suit bientôt celui de Sardela.
Plus loin se dessine une baie, autour de laquelle est