Lampi, de Xauira), briller
la petite vallée de Livadi tou Partheniou. On y voit la plus jolie des trois cents chapelles qui sont parsemées dans l'île. La fondation en est due à un certain Parthenios qui la bâtit il y a deux siècles. Deux magnifiques caroubiers et quelques cyprès embellissent ce site. Au-dessus de la vallée, sur une hauteur, d'épaisses broussailles recouvrent des débris informes qui doivent être les restes d'un ancien village.
A Broulidia, on trouve d'autres ruines insignifiantes situées vingt minutes plus à l'O.
On arrive immédiatement après à l'endroit surnommé Mavra-Krimna (ou les noirs précipices), flanqué qu'il est de rochers sombres et escarpés.
La baie de Krya-Nera (ou des eaux froides) l'avoisine. Une source très-fraîche lui a valu ce nom. Sur un plateau qui la commande est une chapelle dédiée à saint Nicolas et qui remonte à l'époque de saint Ghristodule. Le mont Saint-Nicolas, appelé également Eudelos (Ev$r,loç ou apparent) , constitue vers l'O. le promontoire le plus avancé du N. de l'île.
En redescendant le long de la côte occidentale jusqu'à l'isthme de Rouvali, d'où nous sommes partis, nous rencontrons d'abord la baie de Myrsini. Une jolie vallée arrosée par une source et couverte de myrtes, de lentisques, d'arbousiers et d'oliviers sauvages y cache quelques débris parmi de hautes herbes et des arbustes épineux; je place là le bourg de Myrrhinousa cité dans l'ouvrage du faux Prochore.
Le port ,Lefki est ouvert aux vents d'O. Une vallée du même nom ne renferme plus aucun des peu-
pliers blancs qui jadis l'ornaient (%'&tyj, peuplier blanc).
De cette vallée on passe dans une autre appelée Troas et. qu'ombragent les trois plus gros arbres de l'île, ce sont des chênes vélanèdes d'une fort belle venue.
Entre le port Lefki et celui de Merika, il y a environ une heure de chemin : il faut franchir ou contourner une montagne haute de 230 mètres, et nommée Vathy.
Le port de Merika est vaste et profond; mais les bâtiments y chassent sur leurs ancres quand rognent les vents d'O.
Merika touche à l'isthme de Rouvali et nous voici revenus à notre point de départ.
Nous avons ainsi terminé l'exploration complète et exacte de l'île de Patmos. Sans chercher à rien embellir, nous avons essayé seulement de décrire avec fidélité ce que nous avons vu et parcouru. Peut-être quelques détails paraîtront-ils inutiles et peu dignes d'intérêt, mais nous avons pensé que ceux qui, par respect pour la mémoire de saint Jean , voudraient connaître entièrement cette île , ne nous reprocheraient point les ennuis de cette minutieuse et parfois ingrate -description. Nous n'avions pas, en effet, ici à dépeindre un site enchanteur et varié ou un sol fécond en grands hommes, riche de faits, de gloire et de souvenirs. Tout ce que nous avions à visiter, c'était une nature âpre et austère et un rocher stérile, à peine connu de l'histoire. Ce rocher cependant vit 'LofC.»