Pline, 1. V, ch. xxxvn
%> Plutarque, Quest. grec, ch. lvi.
SUR L'ILE DE SAMOS. 167 de Bacchus, passèrent d'Ephèse à Samos, et que ce Dieu, les ayant poursuivies dans cette île, leur livra un grand combat près du mont Phlion, qui se fendit à cause des cris perçants qu'elles firent entendre.
« TlvÏç ùe léyovai y.oCi rb Qloibv vit èxeivGùV pocyrivai , yQeyyoïÂÉvcùV [j-iya ri ylou didcropov.
Plutarque ajoute que le lieu où leur sang fut répandu fut surnommé Pansema (navaipa) et que leurs ossements s'y montraient encore de son temps.
Enfin, une quatrième montagne nous est signalée par Etienne de Byzance, c'est l'Assoron.
« Affffwpov, opoç Sapou , bOev peï 6 ApyiAvaoç. »
Où faut-il placer ces deux derniers sommets ? Faisaient-ils partie de la chaîne du Kerki ou de celle de l'Ampélos, ou bien de la chaîne intermédiaire qui les rattache? C'est ce qu'il est presque impossible maintenant, avec des indications aussi incomplètes, de déterminer d'une manière certaine. — Si l'on me permet, cepenpendant, d'émettre à ce sujet une simple conjecture, je pense qu'on pourrait, avec quelque probabilité, reconnaître l'Assoron d'Etienne de Byzance dans le mont Saint-Elie actuel, l'un des points culminants de la chaîne qui porte le nom général d'Ampélos. De ce sommet découlent plusieurs torrents, dont le plus considérable serait l'Amphilysus de l'antiquité.
Quant au mont Phlion, j'inclinerais assez à le placer dans la partie occidentale de l'île et à le chercher au milieu de la chaîne du Kerki. On s'imagine aisément que les prétendus ossements des Amazones ne s'y voient plus maintenant, comme du temps de Plutarque et
168 ÉTUDE que la tradition de leur défaite par Bacchus s'est entièrement effacée; mais celte chaîne, par sa nature volcanique, par ses immenses cavernes et par ses déchirements profonds, aura pu donner lieu au vieux mythe des Néades, dont les mugissements faisaient trembler et entrouvrir le sol, mythe rapporté par Héraclides de Pont1 et par OElien2, comme elle aura pu prêter aussi à la la fable de ces cris perçants poussés par les Amazones vaincues et expirantes, et au bruit desquels les flancs du mont Phlion se seraient fendus.
— Les fleuves de l'île dont les noms nous ont été transmis par les anciens sont l'Imbrasus, le Chésius, flbettes et PÀmphilysus.
L'Imbrasus est cité par Strabon3. par Pline\ par Paûsanias 5, par Callimaqué6, par Apollonius de Rhodes etc.
C'est près de l'Imbrasus et sous les agnus-castus qui en bordaient les rives que naquit Junon, suivant une ancienne tradition entretenue avec soin par les prêtres du fameux temple qu'elle avait à Samos. Paûsanias 8 rapporte même qu'on montrait encore de son temps dans ce temple l'arbuste à côté duquel cette déesse vit le jour.