‹ Description de l'île de Patmos et de l'île de SamosChapitre 97 sur 116 · Jamblique, Vie de Pythagore, ch. v · texte numérisé non relu

Jamblique, Vie de Pythagore, ch. v

temps de Joseph Georgirènes qui y avait compté deux cents maisons, j'attribue cette dépopulation aux fièvres qui ont sévi dans cette localité, trop voisine des marais de la plaine.

Pagonda. — A une demi-heure de Myli vers l'O., s'élève Pagonda sur le revers oriental de la chaîne qui se termine au S. par la pointe Golonni. Ce village renferme trois cent cinquante maisons , quatre églises et une école mutuelle. Il est placé à 180 mètres audessus de la mer. Les fabriques de soie qui y florissaient il y a deux siècles n'ont maintenant qu'une faible activité.

Les habitants se disent originaires de l'île d'Eubée où existe un village du même nom : deux belles fontaines ombragées par des platanes y fournissent une eau trèsabondante.

Pyrgos. — Un sentier très-accidenté conduit de Pagonda à Pyrgos, situé une heure plus à l'O., sur un plateau que dominent des montagnes plus élevées : les maisons, mal construites, an nombre de deux cent cinquante, sont assemblées assez confusément. On y voit deux églises et une école mutuelle. L'air y est très-pur. A l'une des extrémités de ce village coule un torrent que. l'on traverse sur un pont et qui va ensuite se jeter dans la mer au S. de Goumeïka. J'ai déjà dit que je n'étais point éloigné de reconnaître là l'Amphilyssus cité par Étienne de Byzance.

Le vin qu'on récolte dans les environs de Pyrgos est fort estimé, surtout l'espèce qu'on appelle anthosmie. 1 1. Anthosmie de avfloç, fleur, et o<ry.>7, parfum.

m ÉTUDE Les habitants sont venus de l'Elide, et leur patrie primitive est, suivant eux, le village ainsi nommé qui s'y trouve.

Les femmes passent pour les plus belles de l'île, et cette réputation paraît méritée.

Alvaniti. — Le village d'Alvaniti (Â'XèaviTi) est par rapport à Pyrgos dans la direction du N., à 1 h. 1/4 de distance. Le chemin qui y conduit est très-raide, et, en hiver, lors des grandes pluies, il est souvent presque impraticable.

Alvaniti est partagé en deux hameaux séparés l'un de l'autre par un quart d'heure de marche. Alvaniti- Cato ou le bas Alvaniti n'a que trente-cinq maisons, et Alvaniti-Ano ou le haut Alvaniti en a cent. Ils sont tous deux perchés comme des nids d'aigles à une élévation très-grande, surtout Alvaniti-Ano, qui est situé à 400 mètres, au moins, au-dessus de la mer, sur le revers méridional du plus haut sommet de l'Ampélos. Chacun de ces hameaux a une église ; mais l'école mutuelle est à Alvaniti-Ano, où habite le démarque. C'est une colonie d'Albanais; leur dialecte, qui s'est depuis longtemps fondu avec la langue grecque parlée dans le reste de l'île, a cependant conservé quelques idiotismes particuliers, qui rappellent leur origine et leur patrie. L'air qu'on respire à cette hauteur est très-pur, mais extrêmement vif pendant l'hiver. De beaux platanes et de vieux oliviers y croissent sur les bords d'un torrent nommé Yarcou.

D'Alvaniti- Ano il faut encore une heure de marche pour atteindre le plateau de St-Ëlie, sur le point cul-

SUR L'ILE DE SAMOS. 249 minant duquel on a consacré une chapelle à ce Saint. Chaque année, le jour de la fête, on s'y transporte en pèlerinage de plusieurs lieues à la ronde. Peut-être ce sommet, haut de 1,200 mètres, est-il l'Assoron d'Étienne de Byzance ?

Coumareidi et MayrAïndzei. — En revenant vers Chora, on rencontre deux autres hameaux peu considérables; l'un s'appelle Coumareidi1, à cause des arbousiers qui l'entourent; il ne renferme que quarante-quatre maisons ; il aune église, mais point d'école. L'autre, plus au N., porte le nom de Mavrandzei. Il manque également d'école ; on y compte quarante-cinq maisons et une église.

Ce petit village est comme caché dans l'enfoncement d'une gorge de montagne, dont les pentes escarpées sont couvertes de pins. Serait-ce l'ombre projetée par ces arbres et en même temps la chaleur qui règne en cet endroit qui lui aurait fait donner le nom actuel de Mavrandzei 2? Les bons paysans qui l'habitent n'ont pu m'éclairer sur ce point : un vieillard, seulement, m'a appris qu'autrefois cette localité s'appelait Gaëtani-Kioi, dénomination qui n'est point grecque, mais turque.

Au S. 0. de Mavrandzei, on aperçoit, sur un plateau couronné de pins et de chênes-verts, les bâtiments du monastère de Megali-Panagia (Mzyxlw ïïzvayla). Son nom primitif était Pentespitia, ou les Cinq Maisons, parce qu'il consistait alors en cinq pe-

Page 1