‹ Description de l'île de Patmos et de l'île de SamosChapitre 99 sur 116 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

DISTRICT DE VATHY (JBa0v).

Le district de Yathy, borné au N., à l'E. et au S. par la mer, occupe toute la partie orientale de l'île. Limité à l'O. par le district de Ghora, il déborde au N. au-dessus de ce même district, dont il est séparé par la chaîne principale de l'Ampélos et il s'étend de ce côté jusqu'au cap Si-Nicolas, qui appartient au district de Carlovassi.

Vatdy-Ano. — Le chef-lieu est Vathy supérieur ou Yathy-Ano (B^Ô-j-^vm). Ce bourg est à une heure et demie de Mytilini. 11 faut traverser, pour y parvenir de ce dernier village, le torrent du Mytilinous, puis on gravit péniblement un sentier difficile et en partie

pavé, qui conduit au haut d'une montagne de 450 mètres d'élévation. Sur le revers opposé de ce rameau de l'Ampélos et dans la direction du N. E. sont groupées les 1,100 maisons de Vathy-Ano. Les rues sont en pente très-rapide ; quelques-unes même sont à escalier. Des cinq églises qu'on y remarque, la plus récente passe, à juste titre, pour l'une des plus élégantes de l'île; l'extérieur, malheureusement, ne répond guère à l'intérieur qu'ornent d'assez jolies colonnes de marbre et plusieurs coupoles peintes d'après le style byzantin.

L'école mutuelle est fréquentée par deux cent quarante enfants. Les habitants se disent originaires du Péloponnèse.

Yathy-Cato. — Vathy-Cato, ou Vathy inférieur, s'étend 1 kilomètre plus loin autour du port de ce nom. Il y a cinquante ans, on y voyait seulement quelques magasins; actuellement on y compte quatre cents maisons, et c'est là que résident les divers agents consulaires.

Vathy-Cato a , comme Mytilini, deux écoles, l'une mutuelle et l'autre hellénique; la première est suivie régulièrement par deux cent cinquante élèves, qui y sont soumis à une discipline et à une méthode dont les résultats font honneur au maître qui les dirige. J'ai pu m'en convaincre moi-même en assistant à un examen que présidait M. le gouverneur, et où, pendant plus de deux heures, les enfants, successivement interrogés sur les différentes parties de l'enseignement qui leur est donné, m'ont réellement surpris par la promptitude et la netteté de leurs réponses.

L'école hellénique ne compte que trente-cinq élèves, partagés en deux divisions, on leur apprend le Grec ancien et les principales règles de la composition oratoire.

Le port de Yathy est extrêmement vaste : il est formé par un golfe large de 1 kilomètre dans sa partie la plus resserrée et qui s'enfonce dans les terres d'au moins 5 kilomètres. Sa direction est du N. 0. au S. E., sa profondeur moyenne est de 18 à 20 brasses : dans quelques endroits elle dépasse 30 brasses. Entouré de montagnes de trois côtés, cet immense bassin en forme de fer à cheval deviendrait entre les mains d'une nation puissante un port admirable, mais l'ouverture actuelle étant trop large, car elle a environ 2 kilomètres, il n'est pas étonnant que, lorsque les vents du S. 0. régnent avec violence, les petits bâtiments soient contraints de se réfugier jusqu'au fond du port et que quelquefois même ils y courent des dangers.

Les anciens Samiens n'avaient pas négligé cette position favorable; mais le village antique, au lieu d'être à la place qu'occupe aujourd'hui Vathy-Cato, c'est-àdire à l'extrémité S. E. du port, était situé à l'endroit appelé vulgairement Malagari sur le côté occidental de ce golfe autour d'une petite anse que protégeait une digue. Ce bourg était du reste peu considérable. Il est complètement détruit , et l'on distingue seulement quelques vestiges de constructions anciennes au milieu d'un champ planté de vignes.

En remontant au delà de Vathy-Ano et en marchant une heure et demie vers le N. E., on aperçoit devant soi, sur le sommet d'une montagne qui s'avance en pro-

254 ÉTUDE montoire dans la mer sous le nom de cap Prason, ié monastère de Zoodoki-Pigi 1 (Çwotej tty/i). Ce monastère, auquel on se rend par un sentier étroit et raide pratiqué dans le roc, est à une élévation de 408 mètres. Les fondements en ont été jetés en 1782 par un moine sorti d'Hagia-Zoi («y la tvh), autre monastère voisin. La chapelle ne fut achevée qu'en 1786 : de nouvelles constructions eurent lieu en 1834. Il se fait chaque année un grand pèlerinage à ce couvent. Les moines sont au nombre de 25. La vie est commune, et l'hégoumène est nommé pour deux ans, mais il peut être réélu. On m'a montré, dans la chapelle et à l'extérieur de la grande porte d'entrée du monastère, quelques beaux fragments de marbre antique qui avaient été tirés des ruines de FEérseon.

Des bouquets de pins sont dispersés sur les flancs et sur le plateau supérieur de cette montagne. Quelquesuns de ces arbres mêlés d'amandiers ombragent une allée qui sert de promenade habituelle aux moines. Du haut des terrasses du monastère, les yeux se promènent au loin sur l'Ionie entière, et cette vue admirable en charmant le regard élève aussi la pensée et invite à la méditation.

A une heure un quart au S. 0. de ce monastère, dans une vallée fertile où se récolte l'un des meilleurs vins muscats de Samoa, est l'autre monastère que je viens de nommer : il est consacré à la Vierge Hagia-Zoi (Âyia. ou Sain te- Vie. Quinze moines l'habitent.

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