‹ Description de l'île de Patmos et de l'île de SamosChapitre 100 sur 116 · Fontaine de vie · texte numérisé non relu

Fontaine de vie

SUR L'ILE DE SAMOS. 2o5 Ils cultivent eux-mêmes les terres qui en dépendent et vivent en commun ou séparément. L'hégoumène est élu pour deux ans, avec faculté d'être nommé de nouveau. Quelques lépreux sont nourris et logés par le monastère. Les bâtiments et la chapelle m'ont paru assez misérables. Devant la porte d'entrée est un lion antique en marbre blanc, découvert il y a peu de temps dans une pièce de vigne où il était enterré. La tête est restée ébauchée ; les autres parties du corps n'ont pas non plus reçu le dernier coup de ciseau, à l'exception des pattes postérieures qui ont été achevées.

Pal.eo-Castro. — De ce monastère au village de Pala30-Castro, situé au S. 0., il y a à peine trois quarts d'heure de marche. Palseo-Castro renferme cent quarante maisons, deux églises et une école mutuelle. Les habitants ignorent d'où ils sont originaires, Quant à la dénomination donnée à ce village, elle dérive des débris antiques qni existent encore maintenant sur une colline que les paysans appellent Kastro, ou le Château. Ce sont quelques vestiges d'anciens murs, que le monastère Zoodoki-Pigi a utilisés pour construire les bâtiments d'une ferme qui lui appartient.

Une belle vallée court depuis Palœo-Gastro jusqu'auprès de la mer, dans la direction du N. 0. au S. E. Cultivée avec soin et enfermée entre deux lignes de hauteurs, au milieu desquelles elle s'allonge comme un bassin elliptique, elle présente ça et là des restes de constructions helléniques, mêlées à d'autres beaucoup plus modernes et elles-mêmes détruites. Ainsi, dans une pièce de vigne , j'ai remarqué un amoncel-

256 ÉTUDE lenient considérable de pierres qui recouvrait les traces d'un mur grec, lequel comprenait dans son enceinte une petite colline qui semble avoir été fortifiée. Près de là, un laboureur m'a montré plusieurs dalles de marbre qu'il avait découvertes en creusant le sol.

Plus loin , j'ai reconnu l'emplacement d'un petit village entier, qui existait à l'époque byzantine, comme l'indiquent les fondements de deux églises chrétiennes entièrement démolies, et qui avaient été construites avec des pierres et des marbres antiques. La fertilité de cette vallée avait dû naturellement attirer l'attention des anciens Sam i en s. Plus tard, les débris de leurs villages ont été employés à en bâtir de nouveaux, qui, eux-mêmes renversés, ont fait place à d'autres ou demeurent gisants sur le sol.

Mollah-Ibrahim. — Trois kilomètres au delà, et après avoir franchi une suite de collines hérissées d'épaisses broussailles et que la main de l'homme n'a pas cultivées depuis des siècles , on arrive au port de Mollah-Ibrahim. Du temps de Joseph Georgirènes, il s'appelait You rearia : le nom actuel est turc. Je ne sais pourquoi Tournefort lui donne celui de port des Galères. Ce bassin naturel et excellent offre aux navires un abri sûr et fort connu des pirates; il s'ouvre vers l'embouchure orientale du petit Bogaz de Samos. 2 kil. 1/2 le séparent de la côte asiatique. Les deux promontoires qui le constituent sont, à TE., le promontoire dit Mollah-Ibrahim, et à TO., celui qu'on appelle vulgairement Graepodia. Le premier a servi de carrière : on en a extrait des blocs de marbre, et le rocher est taillé tout

SUR L'ILE DE SÀMOS. m à l'entour. Des quartiers énormes, détachés de la masse, ont roulé jusqu'au bord de la mer. L'un, entre autres, a 25 pieds de haut sur 15 de large. Les habitants l'appellent pierre de Samson; car, suivant une vieille tradition, ce serait le' géant Samson, autrefois habitant du mont Mycale, auquel il aurait donné son nom de Samson-Dag ou Montagne de Samson, qui, du sommet de ce mont, aurait lancé ce bloc immense sur le rivage de Samos.

Sur l'autre promontoire , on voyait autrefois, à en croire Tournefort, les restes d'une ancienne tour en marbre, à laquelle jadis avait été attachée une grande chaîne qui servait à fermer le canal. Maintenant ces vestiges ont complètement disparu sous un amas de pierres qui date de 1821, les Samiens ayant établi alors sur cette pointe une batterie de canons et quelques fortifications exécutées à la hâte.

Là distance d'un de ces promontoires à l'autre est de 900 mètres. Telle est donc l'ouverture du port. Son enfoncement dans les terres est de 600 mètres, et sa profondeur atteint, en beaucoup d'endroits, 20 et 25 brasses.

Autour de ce port creusé par la nature, et que le mont Mycale protège contre les vents du S., Tournefort 1 avait déjà signalé les ruines d'une petite ville antique; il avait observé deux débris de temples, marqués chacun par cinq à six colonnes renversées. Aujourd'hui, ces colonnes ont été transposées ailleurs;

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