‹ Description de la cathédrale de Chartres suivie d'une Courte notice sur les églises de SaintPierre, de SaintAndré et de SaintAignan de la même villeChapitre 16 sur 23 · Lieux communs · texte numérisé non relu

Lieux communs

23. Fonts baptismaux du XII e siècle ; ils servaient « au tems » passé pour baptiser les cathécumènes et enfants des officiers » de l'Église ou des parens des chanoines ou autres qui demeu- » roient chez eux, estant paroissiens de l'Eglise. On les bénit » encore tous les ans la veille de Pasques et de Pentecôte , et » durant l'octave de Pasques les chanoines i vont en procession » après vespres 1 ».

Ces fonts sont composés d'une grande cuve ronde ornée de moulures et cantonnée de quatre colonnes aux fûts cannelés et perlés et aux chapiteaux élégants.

24. Deux escaliers en pierre de taille pour descendre dans la crypte ; l'un aboutit sous le clocher-vieux et l'autre sous le clocher-neuf.

25. Lieux où demeurent les sœurs pour la garde des Sts Lieux; ce sont les termes du plan de Félibien. Ces appartements construits en bois se composaient d'une cellule à gauche, et de six autres cellules à droite (Pintard, 705). Au XIII e et au XIV e siècle, c'étaient des prêtres « qui gardoient ce s. lieu, lesquels cou- » choient et logoient dans icclui. Depuis y furent mises des Filles » dévotes, qui s'appelloient les Filles des s.s. Lieux forts. A pré- » sent y a une seule fille ou veuve dévote , qui a des servantes » soubs elle, et gardent assiduellement ensemble, lesdits SS. » Lieux, faisant leur perpétuelle résidence esdictes chambrettes » destinées à cet effet. Elle est vulgairement nommée la Dame » des SS. Lieux forts ou des Grottes, et a un fort beau revenu de » fondation, pour sa nourriture et entrelenement. »

« Je trouve par les anciennes Chartres (sic), que lesdictes per- » sonnes étoient commises à la garde desdictes grottes , aussi

» Histoire (te Chartres . par Souche! , pag«' 208

» pour y recevoir les pcllcrins et malades , qui y alloicnt en dévo- - lion , comme on y ha toujours abordé de tous les coings du > monde. Et pour cette cause, la dicte Grotte auroit été qualifiée » L'hospital du s. lieu Fort, comme appert par un tiltre du » 3 octobre 1403, auquel sont nommées les sœurs du dit Hos- » pital, en cette sorte, Perrine la Martinellc, Maistresse, Jehanne » Laflidée , Laurence la Verrière , et Juliotte la Hcrberelle , sœurs v de l'hospital du s. lieu Fort, en l'Église de Chartres *. » Cet hôpital était « pour recevoir les malades du feu sacré qui courait p fort en ce tems-là , que l'on appelait la maladie des ardents. Ces » malades étaient retenus durant neuf jours pour faire leurs dé- » votions, puis ils s'en retournaient guéris J . »

1 Parlhêuie, partie, pages 121 et 125.

2 Histoire de Chartres, par Souchet, pagn208.

uigitizeo

L'Église de Saint-Pierre n'a pas la célébrité qu'elle mérite; elle est cependant, après la Cathédrale, le monument le plus remarquable de la province ; on peut la regarder comme une des plus belles églises secondaires que possède la France ; plusieurs de nos cathédrales lui sont môme inférieures. Après avoir été longtemps la basilique d'une célèbre abbaye, elle est devenue, depuis le Concordat de 1801, l'église paroissiale de cette partie de Chartres nommée la basse-ville. L'abbaye elle-même sert aujourd'hui de caserne militaire.

L'abbaye de Saint-Pierre, vulgairement de Saint-Père, appartenait à l'institut bénédictin , si célèbre dans l'univers catholique par ses prédications, ses missions étonnantes, sa science, sa haute destinée religieuse , agricole et littéraire , qui nous a laissé en France, avant de mourir, les trésors de son savoir et les prodigieux monuments de saine érudition et de patient labeur auxquels le XIX e siècle tout entier a peine à ajouter une seule pierre.

Tous nos anciens historiens nous apprennent qu'une église a été fondée à Chartres en l'honneur de saint Pierre par saint Savinien et saint Potcutien ses disciples, du temps même que le prince des apôtres occupait la chaire pontificale de Rome. Cette église s'élovaiUelle sur l'emplacement actuel? c'est plus que probable ; quoi qu'il en soit , au VI e siècle de l'ère chrétienne un

temple s'y élevait bien certainement , puisque dès-lors il fut érigé en abbaye par Clovis I er ; et cette abbaye fut richement dotée par sainte Clotilde *.

L'église et l'abbaye éprouvèrent bien des désastres ; elles furent détruites une fois par les Normands , et à diverses reprises elles devinrent la proie des flammes. Enfin un dernier incendie vint les détruire encore une fois, le 5 septembre 1134, sous l'abbé Udon, qui rebâtit l'abbaye.

Le successeur d'Udon, l'abbé Foulque ou Foucher, entreprit de reconstruire l'église abbatiale, et il chargea un de ses moines, Hilduard, d'en diriger les travaux, qui furent commencés vers 1150, à l'époque où l'ogive venait de s'introduire dans l'architecture religieuse. « Le moine Hilduard travailla tellement à la » solidité du chœur de l'église de Saint -Père, qu'il y employa » tout l'argent qu'on avait amassé de la charité des fidèles chré- » tiens, en sorte que n'ayant plus moyen de continuer son dessein » et de bâtir la nef, il fut obligé de faire un mur du côté d'occi- » dent pour clore le chœur et borner son ouvrage a . » En creusant les fondations de ce mur, on rompit une voûte en forme de chambrette, dans laquelle se trouvait le corps de saint Gilduin 5 , en-

1 Histoire de l'abbaye de Saint Père, par D. Bernard Aubert, prieur de ladite abbaye, chapitre 1 er ; manuscrit de la bibliothèque de Chartres. — On trouvera dans ce manuscrit tous les renseignements qu'on peut désirer sur l'antique et célèbre abbaye. — Une notice sur l'abbaye et église de Saint Père a été publiée par Chevard dans l'Annuaire d'Eure-et- Loir de 1808: cette notice est un tissu d'erreurs et d'inexactitudes.

* Histoire de l'Abbaye, chap. 141.

» Gilduin était fils de Rudalenus, seigneur de Dol, et neveu, par sa mère , du baron du Puiset, près de Janville ; jeune encore il fut nommé chanoine de l'église archiépiscopale de Dôle ; son rare mérite le fit bientôt connaître, et il fut élu par le clergé et le peuple de Dôle pour être leur archevêque. Le saint n'y voulut jamais consentir; il se rendit môme à Rome pour faire agréer son refus par le pape saint Grégoire VII. A son retour il s'arrêta à Chartres , où il passait les jours à prier dans la cathédrale, devant la sainte Châsse ; il tomba malade, il fut transporté dans l'abbaye de Saint-Père, et il y mourut le 27 janvier 4076 ou 1077.

veloppé d'une dalmatique, d'une tunique et d'un cilicc. Hilduard ayant fait tailler une tombe en pierre , devant l'autel de la chapelle de saint Nicolas , le corps du saint y fut transporté et déposé en grande cérémonie le 9 mai 1165.

Cependant de nombreux miracles s'opérèrent bientôt sur le tombeau de saint Gilduin ; les fidèles y vinrent en foule et firent de riches offrandes qui permirent de reprendre, vers 1215, les travaux interrompus de l'église. On construisit alors la nef et ses bas-côtés, qui durent être achevés vers 1230. L'église abbatiale fut dès-lors complète. Toutefois vers la fin du règne de saint Louis , les moines de Saint-Père reconstruisirent le chœur de leur église ; soit que celui de Hilduard fut jugé indigne de la nef, soit qu'il menaçât déjà ruine. L'abside du chœur ne fut même terminée que dans les premières années du XIV" siècle. Ces diverses édifications sont certaines. Il est vrai que tous nos historiens prétendent que l'église actuelle appartient tout entière au XII e siècle ; mais les règles de la critique monumentale ruinent absolument cette opinion erronée. On comprend en effet qu'élevée avec lenteur, l'église abbatiale doit nécessairement présenter les signes architectoniques des siècles qu'elle a traversés : or ces signes , évidents pour l'archéologue le moins exercé, démontrent sans réplique que l'édifice n'est pas d'un seul jet, mais appartient aux quatre époques que nous avons indiquées plus haut.

Ainsi , de nombreuses générations de moines ont apporté à ce beau temple le tribut de leur patience et de leurs travaux. Ce n'est pas ici l'ouvrage d'une société fugitive qui s'épuise en brillantes improvisations pour se procurer , en passant , les jouissances du présent; c'est celui qu'une famille qui a conscience de sa durée, consacre à une religion immortelle.

Pleine de vigueur et de majesté dans son ensemble , l'église de Saint-Pierre se développe en parallélogramme irrégulier avec rondpoint, sur les proportions suivantes :

On l'enterra à l'entrée du chœur de l'église. Les reliques du saint se trouvent maintenant dans la petite église de Champhol, où le curé actuel, M. l'abbé Bazalgète , a fait arranger une ancienne crypte pour recevoir le trésor sacré

Mètres. Cent .

Longueur hors œuvre , en y comprenant la tour. . 82 »

Longueur dans œuvre , avec la tour 78 »

Longueur de la nef, sans la tour 28 »

Longueur du chœur . 28 50

Largeur totale prise au bas de la nef. .... 20 60

Largeur totale prise au chœur 21 80

Largeur de la nef. 1080

Largeur moyenne des bas-côtés 5 »

Largeur moyenne d'une travée 3 »

Hauteur des voûtes de la nef 20 55

Hauteur des voûtes du chœur 22 80

Épaisseur de la voûte de la nef. 0 29

Épaisseur de la voûte du chœur 0 32

Extérieur. — Avant d'entrer dans quelques détails sur l'intérieur de l'église , esquissons à grands traits son extérieur. Le monument se présente sous des formes graves et majestueuses. Trente contreforts avec doubles arcs-boutants se dressent pour contenir les voûtes; les quatorze contreforts de la nef offrent quatre retraits peu prononcés , et ils sont surmontés d'un pinacle et d'une tête-gargouille. Les contreforts de la nef méridionale « sont fondés dans un côté du cloître ; mais au lieu de lui nuire , » lui donnent un ornement très-beau , car chaque pilier est sup- » porté par quatre petites colonnes de pierre ornées de bases et » do chapiteaux , qui par leur ordre embellissent le cloître 1 » — Les seize contreforts du chœur sont plus hauts et plus légers que ceux de la nef; leurs retraits sont plus prononcés ; des animauxgargouilles rampent ou se contournent au dernier retrait ; et le tout est surmonté par des clochetons qui forment, autour du sanctuaire, de petites tourelles élégantes , comme autant de sentinelles préposées à sa garde. — On remarquera que les six contreforts de l'abside n'ont été terminés que vers 1310; leur architecture le démontre évidemment.

Les charpentes de la nef et du chœur sont parfaitement construites, et méritent d'être visitées ; elles sont recouvertes de tuiles.

: Histoire de l'Abbaye, ch. 8 ( J

La tour carrée , placée à l'occident de l'église , est lourde et massive; elle est très-ancienne; elle remonte au moins jusqu'aux premières années du XI e siècle ; et peut-être date-t-elle de la reconstruction de l'église par l'évêque Aganon, vers 940. Cette tour a été voûtée au commencement du XIII e siècle. Cent quatorze marches permettent de monter jusqu'au beffroi qui est d'une excellente construction; les quatre belles cloches qui y étaient suspendues , ont été jetées dans le creuset révolutionnaire en 1793. La tour ne domine point l'église avec cette tranquille majesté qui produit toujours un effet imposant et religieux ; elle n'a pas non plus une de ces flèches aériennes qui portent jusqu'aux nues le signe de la croix, et qui forment le complément nécessaire de la tour gothique; sa toiture en ardoise est courte et ramassée. — Il entrait , dans le plan de l'architecte de la nef, tic faire disparaître cette tour antique et vénérable : « Espérant » augmenter la longneur de la nef, il fit fonder et élever du côté » du cloître, vis-à-vis du gros clocher, deux contreforts, et leur - « donna autant de hauteur que les voûtes des basses-ailes , dont » il fit faire quelque partie contre les murs dudit clocher, et laissa » les pierres d'attente pour achever le reste. Mais il n'acheva pas , » car nous voyons encore cet ancien gros clocher qui termine la » nef et lui sert de pignon, dont les murs sont si épais, qu'ils ont » dix pieds de largeur au-dessus des voûtes de la nef. Cette épais- » seur a fait subsister ce bâtiment, qui a beaucoup souffert par » plusieurs incendies , car ses murs sont brûlés en divers en- » droits, notamment du côté qui termine la nef. A cause que ce » clocher n'a été abattu , la nef n'a de longueur que quatorze » toises \ »

A la courbure absidale du midi « se voit une petite tourelle , » qui occupe un espace de vitres du rond-point. Dans cette tou- » relie est un escalier de pierre par lequel on va sur les entable- » ments de dessus la galerie et sur ceux des hautes formes. Celle » tourelle n'a aucun fondement , prenant seulement sa naissance » sur la voûte des bassos-ailes , et a sa liaison par des barres ' » de fer «. »

1 Histoire de l'Abbaye , ch. 89.— s Ibid.

Un pauvre petit clocher en bois est placé sur le faîte du comble choral, et renferme trois clochettes, les seules qu'il y ait maintenant dans cette église pour appeler les fidèles aux offices divins.

Enfin sur la face septentrionale , il y a un détestable porche-auvent qui cache une gracieuse porte du XIII e siècle. Nous espérons qu'on le fera bientôt disparaître.

Intérieur. — L'intérieur de l'église de Saint- Pierre impressionne vivement , quand on y entre pour la première fois. On demeure surtout stupéfait devant l'élégance architectonique et les vitraux étincelants du chœur et du sanctuaire. Mais entrons dans quelques détails , et étudions séparément les quatre types archéologiques qui s'y remarquent.

La plus ancienne construction remonte au XII e siècle : elle comprend les bas-côtés du chœur et les chapelles absidales. C'est tout ce qui nous reste de l'œuvre de Hilduard.

La nef avec ses bas-côtés est un beau et élégant travail que les premières années du XIII e siècle nous ont légué. Dix pilastres et dix piliers en forment l'ordonnance. Les cinq piliers de gauche sont carrés et cantonnés de quatre colonnes et de quatre colonnettes taillées aux arêtes; les cinq piliers de droite sont ronds et cantonnés de quatre colonnes. Les chapiteaux offrent une collection complète de feuilles indigènes, sculptées avec élégance. Les arcades sont en tiers-point équilatéral et ornées de tores. Audessus des arcades règne le triforium ou galerie ; elle est composée d'arcades trilobées et soutenues par des colonnelles; entre les archivoltes, il y a des quatre -feuilles alternativement aveugles et à jour. Les fenêtres inférieures sont à lancettes simples; les fenêtres supérieures sont à lancettes géminées surmontées d'une petite rose. Enfin s'élèvent les voûtes ogivales d'une construction savante avec leurs nervures toriques et leurs clefs admirablement ciselées.

Le chœur, ainsi que nous l'avons déjà dit, est une gracieuse construction de la fin du XIII e siècle. Les colonnes sont très-élancées et groupées en faisceau ; celle qui occupe le milieu du faisceau est prismatique; elles sont accolées aux lourds piliers de Hilduard. Leurs chapiteaux sont à feuillages et à volutes. Au-dessus des arcades apparaît lo triforium, galerie à jour, très-légère et formant autour

du chœur une ceinture éblouissante; il est composé de deux grandes ogives, qui se subdivisent en compartiments trilobés, sur lesquels se trouve un quatre-feuillcs; la balustrade est formée par une suite de quatre -feuilles habilement groupés. Au-dessus du triforium viennent les grandes fenêtres ogivales au nombre de dix; chacune est divisée en quatre compartiments surmontés de deux cercles et d'une rose à huit pétales ; toutes ces ouvertures sont encore garnies de leurs vitres peintes de la fin du XIII* siècle. La voûte ogivale du chœur est plus élevée que celle de la nef; ses nervures sont à tores simples et ses clefs n'ont pas d'ornements sculptés. — Le rond-point est postérieur de quelques années à la première partie du chœur ; il ofTre tous les caractères archi tectoniques du XIV e siècle : tores et colonnes alongés en cœur, chapiteaux a feuillages maigres de dessin, fenêtres ornées de quatre-feuilles , clef do voûte surchargée de ciselures, etc. — Si la véritable beauté d'un édifice ne consiste pas dans la masse ni dans l'immensité de l'étendue, mais dans cet heureux ensemble, cette grâce, qui ravit au premier aspect, nous ne craignons pas de ranger la partie supérieure du chœur de Saint-Père à côté des œuvres les plus remarquables et les plus gracieuses de la période ogivale; c'est un tout d'une harmonie ravissante; on voit que l'architecture est parvenue à une grande perfection de légèreté et d'élégance, ce qui donne tant de charmes aux monuments de cette période du Moyen- Age.

Au fond du sanctuaire s'élève maintenant un autel sans grandeur, sans dignité ; ses côtés sont ornés de deux mauvaises statues représentant saint Pierre et saint Paul. Avant les spoliations sacrilèges de 1793, on voyait un magnifique autel construit par Jean Benardeau et François Marchand. « En l'an 1543, dit D. Aubert, » les ligures d'albâtre qui sont au grand autel furent achevées » avec la maçonnerie. Jean Benardeau , maître maçon d'Orléans , » fit la maçonnerie, les colonnes et corniches de tout le grand » autel. François Marchand, maître-imagier , de la même ville » d'Orléans, fit les trois pièces de relief ou basses tailles qui » représentent les mystères de la passion de Jésus-Christ el font » la contre-table du grand-autel, la ligure de la vierge Marie qui » tient de son bras gauche son petit lils Jésus, et celles des apô- » très saint Pierre et saint Paul, le loul d'albâtre Ces ouvrages

— iQO —

» sont si merveilleux que si à présent (1671) ils étaient ù faire, » un ouvrier qui pourrait les bien faire, voudrait plus de 4,000 » livres »

Les stalles que Ton voit aujourd'hui n'ont aucune valeur artistique. Avant la révolution , il y avait des stalles fort remarquables , exécutées en 1531 par Jacques Bourdon et Denis Mont-Àudoien , maîtres menuisiers de Chartres , pour le prix de 550 livres. « Ces » stalles sont parfaitement belles et enrichies de très-belles sculp- » turcs et panneaux au-dessus de leur berceau a . »

Un riche jubé, mystérieuse clôture, fermait autrefois le chœur, aujourd'hui ouvert à tous les regards. Il avait été construit en 1543 par J. Renardeau et F. Marchand; l'ornementation sculpturale se composait de cinq grandes statues représentant la trèssainte Vierge, saint Pierre, saint Paul, saint Denoit et saint Christophe; de neuf bas-reliefs d'environ un mètre carré, figurant les principaux traits de la vie de saint Pierre et de saint Paul. Le jubé a été démoli en 1793, et les bas-reliefs mutilés furent transportés au musée des Petits- A ugustins , à Paris, d'où on les a tirés pour en décorer la deuxième chapelle de la nef septentrionale de l'église royale de Saint-Denis : on les y voit encore aujourd'hui.

Au fond de la nef et contre le mur de la grosse tour, il y avait jadis un orgue digne de l'église abbatiale. Il fut posé et reçu au mois d'août 1771; il coûta plus de 10,000 livres. Il avait été fabriqué par J. Thierry, facteur d'orgues de Paris ; le buffet était • l'ouvrage de Riollet, menuisier et sculpteur de La Fcrté-Vidame.

Au fond de la nef latérale du nord et dans l'embrasure d'une fenêtre murée , on voit la statue de saint Christophe : il porte Jésus sur ses épaules ; ses pieds plongent dans l'eau , et pour bâton il tient un palmier 5 . C'est une allusion à un fait ainsi raconté par Jacques de Voragine , dans sa Légende dorée : « Après sa conver- » sion , Christophe , qui avait une taille très-élevéc et un aspect

1 Histoire de l'Abbaye, ch. 126. — « Ibid.

8 « En Grèce , dit M. Didron , on représente ordinairement saint > Christophe comme une divinité égyptienne, avec une téte de loup ou » de chien. J'en ai plusieurs fois demandé l'explication , cl l'on n'a -> jamais su hip la donner • (Guide de la peinture, page 325.)

» terrible, alla trouver un ermite, qui lui dit... Ne connais-tu pas » tel fleuve oti périssent beaucoup de ceux qui essayent de le » passer? Et Christophe répondit : Je le connais. Et l'ermite lui » dit : Si tu passais les voyageurs, tu ferais une chose fort agréable » à Jésus-Christ, que tu désires servir, et j'espère qu'il se manifes- » terait à toi. Et Christophe lui répondit : Voilà un service auquel » je puis me consacrer. Il alla donc près de ce fleuve, il s'y » construisit une demeure , et il se mit à passer sans relâche tous » les voyageurs , s'étant muni d'un bâton avec lequel il se soute- » nait dans l'eau. Et bien des jours s'étant passés, comme il était » à se reposer dans sa demeure, il entendit comme la voix d'un » enfant qui l'appelait et qui disait : Christophe , viens dehors et » passe-moi. Et Christophe sortit, mais il ne trouva personne, et » rentrant dans sa cellule , il lui arriva la même chose une seconde » fois. Appelé une troisième fois, il trouva un enfant sur le bord » de l'eau , qui le pria de lui faire passer la rivière. Et Christophe » ayant mis l'enfant sur ses épaules et s'étant muni de son bâton, » entra dans l'eau. Et l'eau s'élevait peu à peu , et l'enfant pesait » sur les épaules de Christophe d'une manière excessive et son » poids augmentait toujours, de sorte que Christophe commença » à avoir peur. Et quand enfin il eut passé la rivière et qu'il eut » déposé l'enfant sur la rive, il lui dit : Tu m'as mis dans un » grand péril , enfant, et tu m'as surchargé d'un si grand poids, » qu'il me semblait que si j'avais le monde entier sur mes épaules, » je n'aurais pas eu un plus lourd fardeau. Et l'enfant répondit : » Ne t'en étonne pas, Christophe, car non-seulement tu as eu sur » tes épaules le monde entier, mais encore celui qui a créé le » monde; car je suis le Christ, celui pour lequel tu accomplis » l'œuvre que tu as entreprise; et afin que je te donne un témoi- » gnage de ma parole, plante ton bâton dans le sable, et demain » lu verras qu'il s'est couvert de feuilles et de fleurs. Et aussitôt » il disparut. Christophe enfonça son bâton dans le sable, et le » lendemain il le vit fleuri comme un palmier et couvert de » dattes. » Le Moyen-Age a singulièrement affectionné ce naïf récit ; il l'a reproduit partout dans la statuaire et la peinture de ses édifices religieux. — Cette statue de saint Christophe, qui a été sculptée en 1543 par F. Marchand, se trouvait jadis sur le jubé.

Autrefois lu sol de l'église abbatiale était pavé en grandes dalles et jonché des pierres sépulcrales des abbés, des moines et des nombreux bienfaiteurs de l'église. Sous le pavé du chœur se trouvait la sépulture de plusieurs évêques de Chartres, entre autres celle de l'illustre Fulbert ; les abbés de Saint-Père y étaient aussi enterrés. Mais la fureur des révolutions a détruit toutes ces pieuses sépultures , placées sous la sauve-garde du sanctuaire et consacrées par les bénédictions de la religion ; avec elles se perdirent ces traditions touchantes des aïeux, que le chrétien retrouvait dans le temple, et qu'il associait à ses vœux et à ses prières. Deux tables de marbre placées sur les deux piliers des portes latérales du chœur nous indiquent le lieu de quelques-unes de ces sépultures. Sur la table de gauche, on lit :

Hic jacet sub medio majoris altaris Ragenfredus épiscopus Carnotensis 1 restaurator hujus monasterii, cui 12 prebendas in majori ecclesiâ concesserat; obiit anno 935. — Ad illius lœvam quiescit Guancclinus episc. Carnolensis: Dcinde B. Fulbertus ex monacho Sti Petri-in-valle cancellarius ac tandem anlistes ecclesiao Carnolensis , quam combustam mirificôre sediQcavit ; obiit sanclilale ac doclrinâ conspicuus anno 1028. — Ibidem jacet propè murum Glemens de Vitriaco Dolcnsis épiscopus ; obiit anno 1244.

Sur la table de droite, il y a :

Hic jacet ad dexteram Ragonfrcdi episc. Thcodorieus episr. Carnolensis qui ecclesiam cathedralcm complevit; obiit anno 1018. — Ibidem jaccl Aganus episc. Carnolensis hujus cœnobii restaurator, cujus ecclcsiam anno 940 sedificavit, quam combuslam de novo splendidani construxil, anno 11 G5 abbas Fulcherius anle majus altarc jacens cura aliis abbatibus et doclorc Lamberlo canonico Carnotensi piissirao. Propè Aganum quiescunt Gisleberlus, Airaericus et Agobcrtus episcopi carnolcnscs.

Le sol de l'église est aujourd'hui recouvert de simples carreaux de terre cuite ; et en outre ce sol a été exhaussé d'une manière si

1 On voit dans l'ouvrage de Wilmin la représentation d'une crosse thnailléc, que l'on croit avoir appartenu à Rogenfroi ; on y lit celle inscription indiquant le nom de l'artiste Fmhr W'illcmus me fecit.

inintelligente que les bases des piliers et des colonnes ont à peu près disparu.

Nous ne parlons pas du "mobilier de l'église , pour n'avoir pas à tout critiquer : autels, tabernacles, chaire, confessionnaux, stalles, orgue, lutrins, fonts baptismaux, chemin de la croix, bénitiers , tout est indigne d'un temple si magnifique en son architecture. Le banc-d'œuvre seul , quoique assez moderne, a quelque valeur artistique; il provient de l'église de saint Aignan.

Chapelles. — Six chapelles sont disposées autour du chevet de l'église. On sait que dans la symbolique chrétienne, ces chapelles rayonnantes sont comme la couronne glorieuse qui ceint la tète du Sauveur de nos âmes. Au centre de ce rayonnement, se voit la riche chapelle de Marie , comme pour soutenir la tête inclinée de son Fils mourant. Le grand autel, où s'offre chaque jour le divin sacrifice, représente cette tête auguste, dont la nef et les transsepts rappellent le corps et les bras étendus.

Ces six chapelles étaient richement décorées ; toute leur ornementation a disparu en 1793. Aujourd'hui leurs murs ont été enduits de badigeon; leurs colonnes sont marbrées de jaune et de rouge ; leurs chapiteaux sont peints de vert bronzé ! Et pour compléter cette affreuse décoration , on a bouché la fenêtre absidale de chaque chapelle. C'est ainsi que le XIX e siècle , le siècle des lumières , corrige l'art barbare du Moyen-Age ! 1 — Décrivons rapidement ces chapelles.

La première chapelle, en commençant à gauche, était dédiée à saint Nicolas ; nous avons déjà dit que les reliques de saint Gilduin y furent déposées le 9 mai 1165; elles y restèrent jusqu'en 1666. La chapelle sert maintenant de sacristie pour les chantres.

La seconde chapelle n'a pas conservé le titre de saint Benoît qu'elle porta pendant six siècles; le XIX e siècle Ta placée sous le vocable de saint Etienne, premier diacre. Le rétable de l'autel est

1 Quand nous parlons du vandalisme restaurateur du XIX e siècle, nous n'accusons pas M. le curé de St-Pierre ni ses deux vicaires : ce sont des ecclésiastiques instruits , amis de l'art chrétien et incapables de commettre un crime de lèse-archéologie, s'il est permis de parler ainsi.

nn bas-relief eu plaire représentant la lapidation du saint martyr. Deux autres plâtres sont posés contre le mur de la chapelle : ce sont les modèles qui ont servi à Bridan pour sculpter les basreliefs du chœur de la Cathédrale.

La troisième chapelle, qui est la plus grande et la plus belle, est consacrée à la sainte Vierge , depuis le XII e siècle : le Moyen- Age ne croyait pouvoir trop honorer celle qui , après Dieu , est tout notre espoir. « Cette chapelle fut en 1622 revêtue d'une fort » belle menuiserie et enrichie de plusieurs tableaux et d'un autel » orné de colonnes, chapiteaux et cadre de bois doré et d'un » balustre qui en fait la clôture ; le tout aux frais de Guillaume- » Lemasle , prêtre et religieux proies de Saint-Père , qui se retrait- » cha sur son pain, et son vin pour payer ces ouvrages *. • Touchant témoignage de dévotion envers la glorieuse Mère de Dieu ! — La décoration moderne de la chapelle se compose de quelques dépouilles arrachées, il y a cinquante ans, aux églises et oratoires de la ville. Ainsi la statue de marbre qui surmonte le tabernacle et qui représente la très-sainte Vierge, provient de l'oratoire du palais épiscopal; cette statue est due au ciseau de Bridan. Le tabernacle en marbre blanc et rouge avec des ornements en bronze doré, était autrefois placé à la chapelle de Notre-Damesous-terre de la Cathédrale ; la balustrade qui forme la table de communion, a la même origine. Les émaux qui ornent les parois, décoraient jadis la chapelle du château d'Anel. Ces émaux sont magnifiques , et que de fois nous les avons contemplés avec délices! Quoiqu'ils n'appartiennent pas au Moyen-Age, le dessin en est hardi et savant; nous les regardons volontiers comme un des chefs-d'œuvre de cette époque admirable aussi pour les arts et qu'on désigne sous le nom de Renaissance. Ces émaux ne sont pas l'œuvre de Bernard de Palissy, comme on l'a dit et imprimé : ils sont signés du célèbre Léonard Limousin 2 , et portent la date

1 Histoire de l'Abbaye, ch. iU.

* Léonard, né à Limoges en Li80, a travaillé pendant tout le règne de François 4«; c'est ce prince qui le surnomma Limousin, ponr le distinguer de Léonard de Vinci. — La signature de Léonard de Limoges (LL) est peinte sur le pommeau de l'épée de saint Paul.

Je 1547. Ils représentent les douze apùtres avec leurs emblèmes caractéristiques ; les apôtres sont ici placés pêle-mêle, et non dans l'ordre des grandes litanies que le Moyen- Age a toujours suivi. A gauche et en commençant près de l'autel, on voit saint Pierre avec sa clef, saint André avec sa croix en sautoir, saint Jean imberbe, bénissant le calice, saint Thomas armé de son équerre, saint Philippe tenant sa petite croix de roseau , et saint Jacquesle-Majeur portant le livre , le bourdon et le chapeau à coquilles sur l'épaule. A droite, il y a saint Paul tenant une épée nue, saint .îacques-le-Mineur avec un livre et une massue, saint Matthias avec la hache, saint Matthieu armé de la pique, saint Barthélémy portant le couteau et le livre, et saint Simon tenant la scie. Chaque apôtre est encadré par des ornements composés de génies, de vases, d'animaux fantastiques, de guirlandes de fleurs, etc.; on y voit aussi le chiffre et la salamandre de François I". — Les deux statues placées à l'entrée de la chapelle et représentant la Foi et l'Humilité , sont les modèles en plâtre des deux médiocres statues de Berruer qui ornent l'entrée du chœur de la Cathédrale.

La quatrième chapelle était autrefois dédiée à saint Marc, évangéliste et disciple de saint Pierre; il ne reste plus aucun vestige delà décoration faite en 1626 aux frais de Chrétien Marie, prêtre et religieux de l'abbaye. — Depuis un demi-siècle, on a dépossédé l'ancien titulaire de la chapelle, pour la donner à saint Jérôme. On voit, en effet, au rétable de l'autel, le saint Docteur presque nu et écoutant avec effroi la trompette du Jugement dernier : ce bas-relief en plâtre est très-médiocre. — Sur l'autel , il y a un reliquaire moderne en cuivre doré, ayant la forme d'un édicule ogival du XIV e siècle; il contient les reliques de saint Pierre et de saint Paul; il a été donné par M. l'abbé Baret, chanoine honoraire et vicaire de la Cathédrale. Je ne parle pas d'une espèce de cage en mauvaise menuiserie qui recouvre le reliquaire.

La cinquième chapelle avait autrefois pour patron saint Etienne, premier martyr; elle fut ornée en 1664 de divers ouvrages d'art dont il ne reste plus trace, et on y déposa le corps de saint Gilduin le 9 mai 1666. — Elle sert aussi de sacristie pour les enfants de chœur. Son architecture romano-byzantinc attire les regards de l'archéologue.

La sixième chapelle est dédiée depuis 1847 à Notre-Dame-des- Sept-Douleurs ; elle ne contient rien qui mérite d'être signalé, sinon l'épitaphe suivante, que Ton voit voit gravée sur une plaque de marbre à côté du grand crucifix.

Hic jacel Roberlus , filius Richardi primi ducis Normanniae, primus cornes Ebroïcensis et archiprœsul ecclesiœ Rolhomageosis quam à fundaraenlis raagniûcam construxit ; obéit anno 1037.

Cette chapelle date du XII' siècle ; elle était alors sous le vocable de la Conception de Marie. Au XVI e siècle elle fut richement décorée. « Ce furent J. Benardeau et F. Marchand, qui firent la » chapelle de la Conception de la très-pure Vierge , et ce fut frère » Christophe de la Chaussée qui donna cet ouvrage, et paya à » Jean Benardeau pour maçonnerie , colonnes, corniches, frises, » architrave de pierre de Vernon et de pierre de liais , et autres » besognes, excepté les images, la somme de 550 livres, qui » était le prix du marché passé le 8 novembre 1543 ; et paya à » F. Marchand, pour quinze images et trois sibylles, toutes de » pierres de raiasse , et pour les figures qui sont sur la contre- » table de la chapelle, la somme de cent écus d'or soleil, qui ne » valaient en ce temps-là que deux cent vingt-cinq livres : en » sorte que tout l'ouvrage de cette chapelle , avec les figures , ne » coûtaient que 575 livres ; et maintenant (1671) ce serait un ou- » vrage de 3,000 livres » Il va sans dire que les vandales du XVIII e siècle n'ont pas laissé trace de cette décoration.

Verrières. — Si la cathédrale de Chartres a la gloire de posséder la plus étonnante série de vitres peintes du XIII e siècle, l'église abbatiale de Saint-Père peut se vanter d'avoir une très-remarquable collection de verrières du XIV e siècle. On y compte trente-six grandes lancettes garnies de vitraux colorés de cette époque. — Les verrières qui brillent aux fenêtres latérales du chœur appartiennent à la fin du XIII e siècle , ainsi que les grisailles du triforium.

Les fenêtres inférieures sont maintenant vitrées en verre blanc;

1 Histoire de l'Abbaye , th. 120.

elles ont été dégarnies de leurs verrières peintes , lors des troubles révolutionnaires; les fenêtres des chapelles avaient des vitraux placés au XII e siècle par l'abbé Étienne. — Presque toutes les fenêtres supérieures ont conservé leurs peintures transparentes ; il n'y manque que des panneaux en grisailles. On n'y voit pas, comme à la Cathédrale , que les corporations des arts et métiers aient donné des verrières; parmi les donateurs on ne trouve qu'un cardinal, un archevêque , deux évêques, deux abbés de Saint-Père et un chanoine de Chartres.

Les sujets n'y sont pas non plus jetés pêle-mêle , comme à la Cathédrale ; tout est rangé dans un ordre parfait pour parler au peuple, pour lui offrir la connaissance et des mystères et des faits de la Religion. Ainsi dans la nef, le côté gauche ou septentrional nous montre les apôtres et les faits évangéliques ; le côté droit offre les saints confesseurs et les faits de la légende et du martyrologe. — Dans le chœur, toute la hiérarchie des Bienheureux, prophètes , apôtres , martyrs , confesseurs entourent Jésus-Christ : le Sauveur est ici l'étoile polaire, vers laquelle se tournent, comme des aimants, tous ces saints personnages. Jésus est porté, petit enfant, sur les bras de sa Mère, et homme sur l'arbre de la Croix : pensée divine, de montrer le crucifiement comme un triomphe glorieux !

En contemplant les œuvres du Moyen-Age , on est forcé d'avouer que ses artistes ont su, au plus haut degré, donner à leurs compositions un caractère de naïveté et un sentiment religieux qui en feront à jamais des modèles admirables ; ils avaient compris que l'histoire religieuse et les mystères catholiques se graveraient bien mieux dans l'esprit des fidèles en les leur présentant par des scènes mises en actions , plutôt que par des descriptions fugitives. De là ces belles peintures transparentes qu'ils étalaient aux fenêtres de leurs églises : ainsi les yeux ne pouvaient se lever sans rencontrer une leçon de dogme ou de morale !

Pour procéder avec méthode , nous étudierons d'abord les verrières de la nef; nous commencerons à gauche, près de la tour. Que nos lecteurs daignent se rappeler que nous nous contentons de leur donner ici une légère esquisse de ces belles verrières ; les détails sont réservés pour la Monographie générale.

i . La première verrière offre deux apôtres entre deux larges

bandes de grisailles ; il en est de même dans presque toutes les fenêtres, des bandes grisaillées encadrent les figures peintes. Les deux apôtres sont saint Jacques-le-Mineur avec sa massue et saint Matthias tenant une épée nue.

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