‹ Description de la cathédrale de Chartres suivie d'une Courte notice sur les églises de SaintPierre, de SaintAndré et de SaintAignan de la même villeChapitre 19 sur 23 · Saint Lubin, évêque de Chartres, et saint Martin · texte numérisé non relu

Saint Lubin, évêque de Chartres, et saint Martin

» Voyez l'histoire de sainte Agnès dans le Miroir historial de V incent de Beauvais, lib. xvu, cap. 29, 30 et 31. — Voyez aussi la Légende dorée.

7. Vitrail de saint Denis; cette verrière est dans un fort mauvais état; on en a enlevé dix panneaux qu'on a placés dans une fenêtre inférieure de l'abside, à côté de la chapelle de la trèssainte Vierge; on détermine avec peine les différents sujets; voici ceux que nous avons cru reconnaître : saint Denis et saint Rustique devant le proconsul Fescenna ; il encourage ses prêtres et ses diacres ; il est battu de verges ; on le décapite ; le reste de la verrière est indéchiffrable.

8. Vitrail de saint Clément , pape. Cette verrière a éprouvé le même sort que la précédente ; on en a enlevé dix panneaux qu'on a placés dans une fenêtre absidale ; en recomposant la verrière par la pensée, on trouve : saint Clément accompagné d'un évêque, d'un prêtre et d'un diacre se rend au port où il doit s'embarquer pour l'exil ; monté dans une barque il vogue vers la Chersonèse; il prie avec les fidèles pour obtenir que le ciel leur indique une source d'eau vive ; l'Agneau divin au nimbe crucifère montre du pied la source d'eau ; saint Clément est jeté dans la mer avec une ancre au cou ; Dieu reçoit son àme , qui lui est présentée sur une nappe par deux anges.

9. Saint Grégoire et saint Sylvestre , papes , en costume pontifical.

10. Marie tenant Jésus dans ses bras ; dans le bas , on voit le donateur à genoux , c'est un ecclésiastique ; près de sa tête , on lit : Magisler Laurentius capicerius Camotensis.

11. Vitrail de la très-sainte Vierge : Joachim et Anne présentent des offrandes qui sont refusées par le Grand-Prêtre; Anne essuie les reproches de Judith sa domestique; Joachim est au milieu de ses troupeaux ; un ange apparaît à Joachim et lui annonce qu'il aura une fille ; Anne reçoit le même ange ; elle sort de sa maison avec Judith; elle rencontre Joachim près de la Porte -Dorée; elle met au monde la petite Marie ; âgée de trois ans , Marie se présente au temple ; la verge de saint Joseph fleurit ; Marie épouse saint Joseph

12. Ce douzième vitrail est encore consacré à la très-pure Vierge;

1 Dans un remaniement fait il y a quelques années, on a donné à Marie un visage du xvi« siècle , qui porte de la barbe !

on y voit l'Annonciation , la Visitation, la Naissance de Jésus, l'Adoration des mages, la Présentation de Jésus au temple, et enfin la mort de Marie.

Les fenêtres latérales du chœur renferment des patriarches, des prophètes et d'autres personnages de l'ancien Testament, au nombre de quarante : tous ont figuré ou annoncé Jésus-Christ. On remarquera qu'ils paraissent s'entretenir deux à deux. La plupart ne portent pas de noms; à gauche on ne lit que quatre inscriptions : johel, enoh, daniel, abbaccc A droite, on ne reconnaît que Malachie, Aaron et Balaam. — Nous avons déjà dit que ces vitraux datent de la fin du XIII e siècle.

Les six fenêtres de l'abside ont les plus riches verrières de la basilique abbatiale ; elles brillent des couleurs les plus vives et les plus éclatantes. Chaque fenêtre contient quatre personnages en pied, d'une dimension aussi grande que nature, entourés de riches décorations architecturales ; le tympan est divisé en trois quatrefeuilles, dont les deux inférieurs offrent des scènes de martyre, et le supérieur circonscrit un ange tenant dans chaque main une couronne destinée, aux martyrs qui triomphent plus bas. Mais passons rapidement devant chacune de ces verrières, en commençant à gauche : que le lecteur veuille bien se rappeler que le point vers lequel gravitent tous les saints personnages figurés dans les vitraux du chœur, est Jésus -Christ placé au centre de l'abside.

4 . Dans la première verrière , il y a deux abbés , probablement saint Benoît et saint Maur; deux apôtres, saint Philippe et saint Barthélémy. Dans les quatre-feuilles on voit saint Apollinaire sur le chevalet, saint Eustache avec sa femme et ses fils dans le taureau ardent, et un ange qui leur apporte une couronne.

2. Saint Jacques-Mineur et un saint évêque, peut-être saint Augustin ; saint Simon et saint Jean. Dans les quatre-feuilles : saint Laurent sur son gril; saint Vincent jeté dans la mer avec une meule au cou ; un ange avec deux couronnes.

3. Saint Thaddée et un saint Archevêque , sans doute saint Ambroise ; saint Jacques-Majeur et saint Pierre vêtu en pape. Dans les quatre-feuilles : saint Pierre est attaché sur une croix , la tête en bas ; saint Paul est décapité ; un ange avec deux couronnes.

4. Saint Louis, roi de France, et saint Etienne, diacre; Jésus attaché sur la croix et Jésus porté sur les bras de sa tendre Mère. Dans les quatre-feuilles : naissance de Jésus ; annonciation de l'ange à Marie; un ange avec deux couronnes.

5. Saint Thomas et saint Barnabe; saint Paul et saint André. Dans les quatre-feuilles: saint Jean-Baptiste est décapité; sain! Etienne est lapidé ; un ange avec deux couronnes.

6. Deux saints qui ont perdu leurs noms ; saint Matthias avec une palme et saint Matthieu avec une lance. Dans les quatrefeuilles : saint André est martyrisé ; une scène indéchiffrable ; un ange avec deux couronnes.

Au commencement de ce siècle , les grisailles du triforium ont été remplacées, dans la courbure absidale, par des vitraux peints provenant (à ce que l'on assure) de l'église de saint Hilaire, qui s'élevait avant 1793 sur la place de Saint-Pierre. Ces vitraux sont dus à l'habile pinceau de Robert Pinaigrier, célèbre peintre-verrier du XVI' siècle. Malheureusement ils sont aujourd'hui dans l'état le plus désolant: tout est déplacé, bouleversé, les têtes sont en bas, les pieds en haut; les mêmes scènes sont scindées en trois ou quatre parties et séparées les unes des autres de toute la largeur de l'abside. Un remaniement facile et peu dispendieux pourrait toutefois remettre en place et faire apprécier ces belles verrières. Entre autres sujets , on y voit l'arbre généalogique de Jessé , la Naissance de Jésus , le Réveil des Bergers , la Circoncision , l'Adoration des Mages, le Massacre des Innocents, la Présentation au temple, la Fuite en Egypte, la Mort, les Funérailles et l'Assomption de Marie, etc. Il y a aussi des allégories charmantes, par exemple : les apôtres taillant la vigne du Seigneur, les apôtres faisant la vendange et foulant le raisin dans une cuve, les évangélistes distribuant le vin en tonneau, etc. Enfin on y trouve quelques traits de la vie de saint Hilaire et de saint Martin.

Sacristie. — Pour compléter notre notice descriptive de la basilique abbatiale de Saint-Pierre , nous dirons qu'une nouvelle sacristie a été construite en 1846; cette sacristie est propre et commode, mais n'a ni caractère ni style. Dans son mobilier, nous avons remarqué deux bonnes copies de peintures flamandes, el un crucifix qui a quelque valeur historique : sur le pied on lil en

filet cette inscription : Ce crucifix a été porté ici à Chartres solennellement en procession par Henri ///, en 1582, et déposé en l'église de Saint- Père.

Il faut aussi mentionner un grand tableau peint à l'huile et sur toile qui est suspendu contre le mur occidental de la nef, dont il occupe presque toute la largeur. Cette vaste composition, qui n'est pas sans mérite, représente les noces de Cana. C'est une imitation française des œuvres des grands-maîtres italiens qui ont brillé d'un si vif éclat pendant toute la durée du XVII" siècle.

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