I. VASES PEINTS
4o. — F. n3. ( Arybttllos). Peint, j. et I>1. Rasilicate. — Borée, vu de face, vêtu d’une peau de loup qui se noue sur la poitrine, et avec de grandes ailes attachées au dos , enlève dans ses bas Orithjrie. Celle-ci n’est vêtue que d'un péplus qui couvre la partie inférieure de son corps ; son sein , ses épaules et ses bras sont nus. Ses pieds sont chaussés, ainsi que ceux de Borée qui a des bottines. Une sphencloné entoure la tête A' Orithjie. L’air farouche, la barbe et les cheveux en désordre du ravisseur, contrastent avec la frayeur de la jeune fille (i).
(i) Publié. Raoul Rochette, Mon. inéd., pi. xliv, a, p. 221. L’auteur applique à ce sujet la fable du héros de Témesse ( loc.cit p. 221 et sniv.), et préfère reconnaître ici Thanatos enlevant une jeune femme. Décrit dans mon Cat. Durand , n° 21 2. Depuis la publication de mon Catalogue de la collection Durand , les fouilles de l’Étrorie ont fait connaître deux belles amphores pointues, toutes deux de la même fabrique, et probablement du même artiste, avec le nom de Borée ( Bopaç, sic ) inscrit au-dessus de la tète du ravisseur de la nymphe athénienne. Ces inscriptions ne peuvent laisser le moindre doute sur les noms positifs qu’on doit assigner aux personnages de ces sortes de scènes. Voy. Gerhard , Neue rtvorbene untike Denkmàler , n° 1602, et mon Cat. étrusque , n° io 5 . Cf. Lenormant, Nouvelle Galerie myth. , p. 60 et 61 , et Ann. de V Inst, arch ., V,p. 211. D’ailleurs Borée, d’après notre manière de voir, n’est qu’une forme euphémique d’il a dès ou de Thanatos , le dieu qui enlève la déesse vierge Proserpine. Voyez aussi la pierre de Stosch, publiée par Winckelmann [Mon. ined. y où Jupiter ailé arrive entouré de foudres et d’éclairs auprès de Sémélé. Les Harpyies sont aussi des vents , des tourbillons. T/.etz. ad Lycophr., Cassandr ., 166. Dans l’Odyssée (Y, 66 et 77), elles enlèvent les jeunes filles et les hommes. Odrss.y A, 241. Borée, sur le coffre de Cvpsélus , était représenté anguipède, comme un géant. Paus., V, 19, 1. Dans l’endroit nnfnmé Bathus, près de Trapézunte, les Arcadiens offraient des sacrifices aux éclairs, aux tourbillons et aux tonnerres, parce que dans cet endroit la tradition plaçait le combat des dieux et des géants. Paus. , VIII, 29, 2. Sur le vase que nous décrivons, et sur quelques autres vases récemment trouves à Ruvu, la forme donnée
MYTHES DIVERS
à Borée est moins euphémique que sur les vases de ]a belle fabrique de Nola. Dans le sens général, ce sera Thanatos ou Hadès qui enlève une jeune fdle; mais cômrae les fables attiques paraissent en général avoir exercé une grande influence sur les compositions que reproduisent les vases peints, nous persistons à donner un nom précis aux personnages qui figurent dans ces sortes de scèues. Voyez, sur les enlèvements des jeunes filles, Ph.Lebas, Mon. d'ant. figurée , p. 170 et 171; Lenormant et de Witte, Élite des mon. cèramograph . , p. 34 , et ma Lettre n M. Gerhard sur quelques miroirs étrusques dans les Nom’. Ann., I, p. 545 . •
41. — F. 2. ( Peliké ). Peint, r. Vulci. — Combat du guerrier grec Dinomachus, AEINOMAXO {sic), fcontre l’amazone Eumaché , EVMAXE (i). Le guerrier est à pied ; il est nu et armé seulement d’un grand bouclier argien, d’une lance, d’une épée suspendue au côté, et d’un casque dont les géniastères sont abaissés. L’amazone combat à cheval ; elle est revêtue d’une courte tunique brodée; ses jambes sont nues; un casque à géniastères couvre sa tête, et une lance est dans sa main droite. Dans le champ, on voit une flèche qui vole entre les deux antagonistes.
R. Trois éphébes drapés.
Marque irrégulière sous le pied.
Haut. , 40 centimètres.
(1) Los noms Aetvopcr/oç et Euus/e ne sont probablement que des épithètes qui remplacent des noms propres; la première, le redoutable combattant , doit s'appliquer à Thésée , et la seconde , celle qui combat bien , à Hippofyte ou Antiope. Cf. le célèbre vase de la collection Pourtalès, expliqué par Visconti dans une dissertation insérée au Cabinet Pourtalès , p. 1 et suiv., et pl. xxxv. Cf., sur la substitution d’épithètes aux noms propres , Raoul Rochette , Mémoire sur Atlas , p. 58 et 5 q; ma Lettre h M. Gerhard sur quelques miroirs étrusques, dans les Nouvelles Ann . , I , p. 5 18, et Y Élite des mon. cèramograph . , p. 98.