PREMIER TABLEAU
L'empereur Othon III, revenant de Rome pour l'Allemagne, en 985 , s'arrêta quelque temps à Modène et y fît éclater sa justice en la personne de l'Impératrice sa femme, nommée Marie, fille du roi d'Aragon. Cette princesse s'était éprise d'un jeune comte italien ; elle l'avait vivement sollicité de consentir à sa passion. Mais le comte , aussi remarquable par sa chasteté que par ses avantages extérieurs, repoussa les instances de l'Impératrice. Celle-ci , indignée, résolut de s'en venger en l'accusant devant l'Empereur d'avoir voulu attenter à son honneur. Ce prince ajouta foi trop facilement à cette fausse accusation , et condamna le comte à être décapité.
DlERLCiC STUERBOUT.
Le peintre a représenté dans le lointain une ville que l'on suppose être Modène , et une partie de ses rem parts qui se projettent vers le centre. Là , devant une muraille, on voit Othon prêtant l'oreille aux perfides insinuations de l'Impératrice, qui est à sa gauche. Au bas des remparts s'avance un religieux suivi du condamné, qui , les pieds nus , les mains liées devant lui , et vêtu d'une chemise de toile blanche , marche au supplice et semble protester de son innocence en tournant ses derniers regards vers la comtesse sa femme. Celle-ci paraît plongée dans la plus profonde affliction. Trois autres personnes, qui les suivent, forment, avec les trois premières, un groupe de six figures composant la seconde partie du sujet. Plus avant, sur le premier plan, se passe la troisième scène : c'est le moment où le comte vient d être décapité en présence de huit témoins debout autour du bourreau; celui-ci remet la tête du supplicié à sa malheureuse épouse , agenouillée devant lui.
DIEPJCK STUERBOUTo