‹ Description de la famille des hirudinéesChapitre 6 sur 49 · De VOuïe* Non-seulement les Hirudinées ne possèdent pas · texte numérisé non relu

De VOuïe* Non-seulement les Hirudinées ne possèdent pas

(i) Rco, de Mém. de méd. , chir. etpharm, miiiu , cité par M. Derheims.

(70) d'organe spécial pour Faudition ; mais aussi elles paraissent privées de la faculté auditive. Oa ne peut se refuser , disent MiVf • Virey, Heary et Helier, de reconnaître dans les mouveoiens de ces animaux et dans leur genre de vie , une espèce de direction , qui parait guidée par un instinct qui les avertit de la différence deg lieux paisibles aux espaces agités ; mais cette inclination , ce choix que nous nous empressons de reconnaître , peuvent-ils être confondus avec la sensation de Touïe , répandue avec si peu de profusion dans la série des animaux invertébrés?

^ Systhme locomoteur.

Muscles. Immédiatement au-dessous de la peau des Hirudinées , se rencontrent les couches musculaires: on en dislingue de deux sortes , Tune supérieure et l'autre inférieur ; ; toutes deux formées de faisceaux plats assez solides et dis.^iDués d'i^e manière à peu près uniforme.

La première couche est composée de deux plans de faisceaux de fibres blanchâtres qu blanc-jaunâtres dans les SangxUsuga , d'une couleur grise plus ou moins foncée dans les Hœmopis et dans les Aulastoma j entièrement blanchâtre et légèrement transparente dans le genre Clepsine. Ces deux plans musculaires , comme le dit très-bien Thomas , forment une espèce de grillage résultant de leur section régulière et réciproque , sous un angle de quarante-cinq degrés. Ces faisceaux sont assez étroits , et laissent entre eux des intervalles un peu grands. Plusieurs fibres de ces deux plans affectent dans leur marche une direction en spirale.

La seconde couche musculaire est composée de fibres d'un gris cendré plus ou moins brunâtre , adossées les unes contre les autres et formant de petits faisceaux semblables à des muscles isolés. Ces faisceaux sont épais , unis entre eux par un tissu cellulaire assez mince, et disposés dans une direction longitudinale; leurs fibres sont unies avec la première couche musculaire d'une manicre si intime ,

( 7») qu'il est très-dîâScile de les séparer. Elles s'étendent d'une extrémité de ranimai à lautré , et les faisceaux y deviennent si rapprochés , principalement à la partie antérieure , que ces extré-* mités présentent , dans la dissection , une apparence plus charnue que le reste du corps.

Aux ouvertures extérieures de l'animal , quelques fibres des deux couches se dévient de leur direction , se croisent , s'entrelacent et forment un petit sphincter autour de chacun des orifices.

A Textérmité postérieure du corps , les faisceaux musculaires longitudinaux s*écartent brusquement d'un même point , se prolongent en s'éloignant les uns des autres , et vont aboutir à la circonférence de la ventouse anale. Cette première couche fibreuse est recouverte par les muscles des deux plans supérieurs , qui ont acquis une direction plus circulaire.

A la ventouse antérieure , la direction des fibres musculaires est à peu près la même ; seulement» comme dans les Hirudinces la lèvre supérieure est beaucoup plus avancée que le^reste de cette ventouse , on conçoit que les fibres longitudinales se terminent en dessous plus brusquement.

Ventouses. Les ventouses sont aussi formées de tissu cellulaire et de la continuation de la peau. Elles concourent ensemble , con-*' jointement avec les muscles, aux divers mouvemens du corps celles sont susceptibles de prendre toute sorte de formes. La ventouse orale peut s'alonger , s'élargir , se terminer un peu en pointe ou circulairement ; elle peut rester aplatie ou imiter la convexité d'une tuile. La ventouse anale est susceptible de s'ouvrir , se resserrer ; elle présente une surface concave , convexe ou aplatie , etc. ^ !.• Ventouse orale. La ventouse orale ou antérieure est tantôt formée d'un seul segment apparent , tantôt de cinq à dix. On remarque , quand elle est de plusieurs pièces, que ce nombre n'aug* mente qu'aux dépens des anneaux du corps. Ces segmens , quoique interrompus , doivent être compris parmi ceux qui constituent le corps entier : ainsi , toutes les fois que je parlerai du nombre des segmens , il est entendu que je les ai comptés depjMS le bord an^

(7») férieur cle la ventouse orale jusqu'à la marge de lanus. Dans lei Hirudinées Albioniennes , la vcatouse orale est séparée du corpi par un fort étranglement ; elle est très-concave et en forme de godet. L'ouverture en est oblique , elliptique et sensiblement longitude nale. Son rebord est tantôt lisse , tantôt garni de six verrues arméei de six petites pointes. Dans les Hirudinées Bdelliennes , la ventouse orale est peu ou point séparée du corps par un étranglement; elle est peu concave , et son ouverture est transversale. Elle est bilabiée , la lèvre supérieure étant ordinairement plus ou moins lancéolée , avancée sur celle de dessous , et semblable à un bec de flûte. Cette lèvre devient obtuse quand lanimal se raccourcit , et semble absolùiïient demi-circulaire lorsqu'elle est préparée pour la succion. Quand Tanimal fixé par son disque postérieur veut se livrer au repos, cette lèvre s'incline sur Tinférieure , de manière à fermer hermétiquement l'ouverture de la bouche.

2.** Ventouse anale. La ventouse anale ou postérieure est toujours plus grande que la ventouse antérieure , surtout dans le genre Piscicola. Cet organe est d'une seule pièce et peut être regardé comme une expansion du dernier segment du corps. La ventouse orale est orbîculée , peu charnue, et plus ou moins concave ; elle est exactement terminale ou disposée d'une manière oblique ; la partie antérieure ou l'endroit de sa jonction avec le corps est toujours fort étroit. Sa circonférence est assez mince dan» le genre Limnatis; chez les Albione, elle présente un léger rebord; enfin, dans les Piscicola , elle offre une petite crénelure , à peine prononcée. Sa concavité est lisse ou sillonnée par de légers rayons. Sa surface extérieure est ordinairement concolore et laisse apercevoir dans les Hirudinées qui ont des bandes dorsales , la terminaison de ces lignes colorées. Dans les Piscicola, elle est rayon-» liée et marquée entre les rayons de mouchetures assez noires.

Segmens. Les segmens sont des bandes circulaires , des anneaux étroits , résistans et contractiles , qui enveloppent le corps de toute part. Il ne s'arrêtent qu'à la naissance des ventouses , et même dans un grand nombre d'Hirudinécs , ils concourent à la

(73) formation de la ventouse antérieure. Nous avons déjà parlé de ces anneaux , en traitant de la forme extérieure des Hirudinées. Nous ajouterons seulement que les segmens sont des organes destinés à la locomotion , en ^méme temps qu'ils servent d'enveloppe protectrice. Ils sont plus ou moins minces , et plus faibles dans les espèces dont la force musculaire n'est pas très-déveioppée ; mais dans les autres ils sont larges , épais , et quelquefois nicme coriaces.

Mouvemens. — i.* Des Mouveniens sur terre. Comme dans les Hirudinées , pendant la progression , les ventouses antérieure et postérieure remplissent un rôle important, puisque ce sont les points d appui de Tanimal , nous commencerons par examiner la manière dont se fixent ces organes.

Quand Tanimal veut appliquer le disque de Tanus , il en forme premièrement une cavité semblable à celle d'une coupe; il fait saillir dans le centre comme une espèce de bourrelet , qu'il commence d'appliquer au corps sur lequel il veut s'attacher ; abaissant ensuite , en allant de dehors en dedans, les bords delà ventouse , il finit par en fixer solidement toute la surface. Un mécanisme à peu près semblable a lieu pour la ventouse antérieure. De cette manière , il ne reste aucune portion d'air , ni aucune interruption entre chaque ventouse et le plan qui la supporte. Quand on examine l'une et l'autre au travers d'un corps transparent , on aperçoit facilement que tous les points du disque sont également appliqués à ta surface de ce corps. C'est donc par le contact seulement , et non pas au moyen du vide , comme l'ont avancé Poupart , Berg* mann et plusieurs auteurs après eux , que les Hirudinées parviennent à fixer les deux ventouses. D'ailleurs , sous la cloche d'une machine pneumatique , une Sanguisuga s'attache avec autant de facilité qu'à l'air libre. De plus •( M. Garena a observé que YHi^ Tudo marginata de Mùller { Piscicola ^narginata ) peut adhérer avec ses disques à la surface de l'eau , et qu'elle s'y tient aussi solidement que sur les parois d'un vase. II l'a vue plusieurs fois marcher contre cette même surface , en y appliquant alternatif vement le disque antérieur et la ventouse anale.

D'après ce que nous venons de dire , on concevra facilement pourquoi les Hirudinées se fixent mieux sur les corps qui sont polis , et comment elles se servent de leur viscosité pour suppléer à l'inégalité des superficies. L'adhérence des ventouses est tellement forte, principalement dans les S anguisuga ^ qu'il est trèsdifficile de détacher lanimal , surtout quand on agit perpendicu* lairement au plan sur lequel elles reposent. Il y a cependant quelques espèces , la Ciepsine Carenœ ( H. trioculata Car. ), par exemple , qui n'adhèrent que faiblement aux corps , même quand ils sont bien unis. M. Caréna a observé que lorsqu'on change le liquide qui contient cette petite Hirudinée , l'agitation de l'eau suffit pour détacher l'animal et pour l'emporter.

Lorsqu'une Sangsue est hors de l'eau sur un plan solide et qu'elle veut opérer la progression en ligne droite , elle commence par fixer avec plus ou moins de force la ventouse de l'anus ; elle alonge ensuite son corps jusqu'à ce qu'arrivé au point d'extension qui lui convient , elle fixe la ventouse antérieure. Détachant ensuite le disque de derrière et se contractant sur le nouveau point d'appui , elle rapproche la ventouse anale de sa bouche. Celle-ci abandonne la base de sustension , le corps s^alonge de nouveau , et l'animal parvient à avancer. Il en est à peu près de même des jnouvemens des autres Hirudinées. Dans les Ciepsine et dans les Piscicoia, lors du rapprochement des deux ventouses, le corps, au lieu de se contracter sans abandonner le plan sur lequel il repose , s'élève perpendiculairement , se replie et décrit une courbure à la manière des Chenilles arpenteuses.

C'est au moyen des fibres musculaires longitudinales contractées et relâchées alternativement , que les Hirudinées opèrent ce mouvement progressif. Les autres fibres peuvent bien agir , comme Thomas l'a observé ; mais ce n'est que d'une manière accessoire. Ainsi , celles qui se coupent sous un angle de quarante-cinq de* grés , ne peuvent qu'aider à l'action des fibres longitudinales , puisqu'il doit résulter de leur action simultanée un raccourcissement uniforme.

(75) Lorsque ranimai veut se diriger à droite ou à gauche , il contracte les fibres longitudinales qui se trouvent sur le côté vers lequel la courbure doit avoir lieu, ainsi que les fibres obliques qui se dirigent de rextrémîté fixée, dans un sens opposé. Dana la torsion , le mouvement est dû à l*un des plans des fibres obli-* ques , dont plusieurs faisceaux, ainsi que nous ]*avons dit» sont contournés en spirale.

Les mouvemens qui ont lieu quand Tanimal n'est fixé par aucune ventouse , ainsi que tous les mouvemens partiels , peuvent s'expliquer de la même manière , seulement alors les fibres musculaires qui sont fortement adhérentes à la peau , prennent leur point d'appui sur les diverses bandes ou segmens qui composent celle-ci. Une expérience que j'ai faite , prouve d'une manière bien évidente le rôle des segmens dans les mouvemens partiels des Hirudinées. Jai enlevé, vers le milieu d'une Sangsue officinale, une partie circulaire de la peau assez considérable pour mettre à nu les couches musculaires. L'animal n'a pas cessé de contracter son corps ; il a même marché , tant qu'il a conservé ses deux ventouses : mais , dès que ces deux corps lui ont été ôtés , les mouvemenstqui avaient lieu prennant leur point d'appui sur lei . bandes disséquées , ont été nuls. Si les mouvemens partiels avaient été le résultat d'une force de situation fixe ^ comme le dit Thomas, pourquoi l'animal privé de ses segmens aurait-il cessé de les pror duire ? Le même auteur admet encore une autre force , celle d'éion-^ galion, pour expliquer l'extension des fibres musculaires , qui n'est autre chose que l'état des muscles quand ils ne sont pas contractés. Aussi, quand une Sangsue est malade., ou quand elle a cessé d'exis^ ter, la force d'élongation de Thomas est à son maximum de développement.

2.* Des mouvemens dans Veau. Toutes les Hirudinées aiment à se tenir dans Teau. Certaines espèces, au lieu de nager dans ce liquide, restent appliquées sur le fond des ruisseaux , où elles marchent sur les pierres , sur les plantes aquatiques , etc.... Ces mouvemens progressifs ont lieu de la même manière que ceux qui

(76) fient exécutés dans lair. D'autres fois ces mêmes animaux s*élèvent à la superficie du liquide , se placent dans une position renversée et se laissent flotter. Je ne sais comment a lieu cette ascension dan9 Teau , si Tanimal se rend plus léger en augmentant la petite quantité d'air que contient chacune de ses poches pulmonaires» ou bien en renfermant de Tair dans son tube digestif.

Lorsque les Hirudinées veulent nager , elles, commencent par aplatir horizontalemens leur corps. Elles produisent ensuite des courbures dans un sens alternatif , qui se transforment brusquement en d'autres courbures , et Tanimal avance peu à peu. Ces courbures se font de la même manière que celles qui ont lieu sur un plan solide , quand lanimal est dans lair. La multiplication des Centres d'action dépend de la plus ou moins grande quantité de points d*appui , que l'Annélide prend sur ses segmens , et la direction des courbures dépend de la partie du corps sur laquelle se transportent les divers points d'appui. Ce qui facilite beaucoup le nager des Hirudinées , c'est l'aplatissement qu'elles donnent à leur corps , et l'inclinaison oblique qu'il éprouve , de manière à frapper à droite et à gauche avec une des surfaces les plus larges. De son côté , le disque postérieur bien loin de nuire aux mouvemens de l'animal , devient pour lui un instrument de natation de plus. La partie inférieure se rapproche de l'abdomen , s'y colle ; en sorte que la partie supérieure restée libre , présente un aplatissement horizontal , et devient pour l'Annélide une espèce de gouvernail ou de queue analogue à l'extrémité large d'une rame.

Plusieurs Hirudinées , telles que les Sanguisuga , les Nepheiis ^ et les Piacicola , aiment beaucoup à se fixer par la ventouse anale , et à se balancer dans l'eau. Les mouvemens sont exécutés comme dans l'air. On observe seulement que la lèvre supérieure de la vcn< touse orale s'alonge , se dilate , s'aplatit , et qu'elle remplit alors les fonctions de la ventouse anale.

(77) Système reproducteur.

Reproduction générative.

Les Hirudiaées sont hermaphrodites ou plutôt androgynes. LeH

organes de la génération sont étendus et compliqués; d*un genre

à Tautre , ils présentent des différences bien sensibles ; la partie

femelle cependant est à peu près semblable dans toutes les Iliru--

dinées. Les ouvertures des organes sexuels sont placées à la partie

inférieure de Tanimal ; elles sont situées sur une même ligne et

éloignées Tune de l'autre de cinq segmens , de trois , ou seulement

d'un seul. Le premier orifice parait s'ouvrir, tantôt entre le i7.' et

le i8.' anneau , tantôt entre le aS.* et le 26.* , souvent entre le 27/

et le 28.* , enfin sous le 35.* Cette différence de position parait

dépendre du nombre des segmens qui composent la ventouse orale ,

quand celle-ci est formée de plusieurs pièces , et de leur réunion »

quand elle se présente sans articulations visibles.

Organe masculin. Dans la saison de l'amour , on voit souvent sortir par l'orifice de l'organe masculin , un corps filiforme , blan* châtre , jouissant à un très-haut degré de la faculté de se contracter , et pouvant acquérir dans certaines espèces , une longueur de deux pouces environ. Ce corps n'est autre chose que la verge.

Si Ton enlève la peau et les diverses couches musculaires, on Toit immédiatement après l'orifice de l'organe mâle de la génération , un autre corps semblable à une espèce de bourse fort épaisse , blanchâtre et de nature presque tendineuse. Il a la forme d'une poire renversée dans les Sanguisuga et dans les Aulastoma; chez les Hœmopis, sa position est exactement inverse ; enfin, dans les Nephelis et dans les Albione , ce petit corps est plus ou moins îrrégulier. Cet organe , que nous considérerons comme une vé^cule

(78) séminale , est terminé par un canal cylindrique , effilé , blanchâtre» assez court dans les Albione , les Nephelis et les Hœmopis ; mais dans les Sanguisuga et surtout dans les Aulasîoma , il se courbe sur lui-même à une distance à peu près égale à la longueur de la vésicule séminale , et se dirige dans un sens presque parallèle à sa première direction ; arrivé près de Tendroit où il a pris naissance, 11 présente une seconde courbure, et vient aboutir à là peau ,à laquelle il est fixé. L enveloppe cutanée est percée dans cet endroit, et donne issue à la verge filiforme dont nous avons déjà parlé. La vésicule séminale est placée au-dessous du cordon médullaire, entre les deux testicules , un peu antérieurement ou postérieurement, aux environs du sixième ganglion nerveux.

Les testicules des Sanguisuga sont deux corps irrégulièrement ovales, d*une couleur blanchâtre , et marqués de diverses dépressions analogues à celles qu'on remarque sur le cerveau des Mammifères. Ils sont placés de chaque côté de la vésicule séminale. Dans le genre Hœmopis , ils sont plus gros, plus' rapprochés et plus irréguliers. Ces organes ne sont pas formés d'une substance dure et compacte ; ce sont deux lacis ou paquets composés de canaux entortillés , remplis d'une liqueur blanchâtre , qui s'écoule abondamment dès que le testicule est percé ou comprimé. Cette liqueur examinée au microscope , parait tenir en suspension une grande quantité de globules transparens. Chez les Aulastoma et dans les Sangsues officinales non adultes ^ les testicules sont petits et le lacis est peu serré. Dans les Albione , ces organes se déroulent à demi et s'étendent sur les côtés des premiers estomacs. Enfin, dans les Dfephelis , ils sont entièrement dépliés ou déroulés ; d'abord très-étroits et à peine sinueux , ils se dirigent un peu antérieurement , se recourbent et descendent sur les deux côtés de l'animal , formant deux conduits blanchâtres , alongés , très-gros surtout pendant l'époque de la reproduction , et donnant naissance à de nombreuses sinuosités.

Les canaux déférens s'attachent à la partie antérieure ou à le partie postérieure des testicules , d'où ils se dirigent > $oit en ligne

( 79 ) droite , soit àu moyen cl*une courbure , vers la partie la plus étroite ou vers le col de la véhicule séminale. Ce sont deux conduits assez grêles , membraneux , blanchâtres , comme ridés , et remplis d'un fluide laiteux. Ils sont très-courts dans le genre Ilœmopis ; mais, chez les Aulasloma , ils. sont assez développés ; dans les Nephelis , ils sont très-longs et se dirigent vers la partie antérieure.

On remarque à la partie postérieure et inférieure des testicules , deux canaux blanchâtres , filiformes, sinueux. Ces conduits , très-déliés vers leur point d origine , descendent de l'un et de Tau- Ire côté du cordon médullaire , jusqu'aux deux tiers de l'animal. Dans les Hœmopis ^ ces espèces de cordons spermatiques sont assez gros , et présentent beaucoup de sinuosités ; chez les Sanguin suga , les Àulastoma , ils sont extrêmement menus et difficiles à trouver. Ces canaux sont composés d'une membrane mince , molle et presque transparente ; leur couleur est blanchâtre ou blanc-grîrâtre; ils sont remplis de molécules opaques d'un blanc de lait, nageant dans un fluide aqueux. A des intervalles réguliers , de cinq scgmens dans les Sanguisuga , les Hœmopis , les Aulastoma, et de trois ou de quatre seulement dans les Albione , ils donnent naissance intérieurement à de petits canaux de même nature, trèscourts et terminés par des vésicules qui semblent être seulement des dilatations de leur extrémité. Ces organes avaient été bien remarqués par Bedi , dans la Sangsue médicinaie ; cet auteur en a donné une petite figure assez exacte. Ces vésicules sont pyriformes et petites dans les Albione et les Sanguisuga , ovales et moyennes dans les Aulastom,a , globuleuses et très-grosses dans le genre Hœmopis ; leurs pédoncules , ordinairement plus ou moins longs , sont tellement courts dans ce dernier groupe d'Annélides, que les vésicules qu'ils supportent, pourraient être considérées comme sessiles. Ces organes reposent immédiatement contre le tube digestif , et vont toucher le cordon médullaire avec leur grosse extrémité. Les vésicules les plus antérieures et les plus postérieures sont assez rapprochées de celles qui se trouvent vis-à-vis; les unes et les autres renferment une humeur semblable d celle du conduit ;

( «o ) seulement elle est plus abondante , et plusieurs des molécules pa<* raissent dissoutes dans la liqueur. Je considérerai ces petits corps , comme des vésicules séminales supplémentaires. Dans le genre Al^ bione ^ on peut en compter cinq paires ; la première prend nais« sance vers le sixième ganglion nerveux , et la dernière se rencontre entre le neuvième et le dixième. Chez les Hœmopis , les paires de vésicules sont au nombre de huit; la première commence au trente-septième segment , et la dernière finit au septante-septième. Dans les Sanguisuga ^ elle se trouvent disposées de la même manière ; mais, dans ce gente,on en remarque une neuvième paire. J*ai observé une Hœmopis vorax qui possédait sur le côté gauche une vésicule supplémentaire déplus; j ai fait la même découverte sur une Sanguisuga interrupla et du même côté; de telle sorte que, chez le premier de ces Annélides , il existait dix-sept de ces petits organes , et dans le second , dix-neuf. Dans le genre Àulastoma , je crois avoir trouvé douze paires de globules , et dans les Nephetis ^ ces petits corps m*ont paru extrêmement nombreux , agglomérés et disposés 6ur les côtés de Tanimal.

Organe féminin. Environ deux segmens au-dessous de Torgane masculin • à peu près vers le septième ganglion nerveux , et dans Tespace compris entre les cordons spermatiques , on aperçoit lorganc femelle' de la génération.

L'ouverture de cet organe est difficile à reconnaître, excepté pendant le temps de la reproduction. En diitachant la peau avec beaucoup de soin , on la voit communiquer avec un petit canal grisâtre , très-court, qui se termine par un renflement ovale , blanchâtre ou blanc-jaunâtre , assez gros , surtout après la fécondatiou. Le canal grisâtre est le vagin , et le corps ovale la matrice.

A roxlrémité antérieure de Tutérus, on voit, attaché d'une manière bien intime, un conduit étroit à soii origine, mais très*dilaté antérieurement ; il est revêtu d'une couleur noirâtre ou bru* nâtre qu on peut lui faire perdre avec facilité , en le laissant tremper quelque temps dans Feau. A l'endroit de sa jonction avec le corps de la matrice , on observe dans le rétrécissement une sorte

( -8i ) de vahulc et de sphincter , qui empêche d'introduire toute espèce d'instrument.

A la portion dilatée de ce dernier canal s'attachent par deux filets très-courts, les ovaires , qui sont deux petits corps ovales, d'une couleur blanche ou blanc-grisâtre , et très-rapprochés l'un de lautre. En examinant avec un microscope la liqueur contenue dans les ovaires , on la voit pleine d'une quantité innombrable de molécules arrondies , les unes isolées et assez grossps , les autres très-petites et souvent agglomérées.

Accouplement. Bibiena, Thomas , Vîtet et M. Derheims avaient pensé que les Hirudinées se reproduisaient sans accouplement réci* proqiie; mais MM. Cuvier , Caréna et Virey ont soupçonné, d'après, leur organisation , que chaciue individu était incapable de se féconder lui-même. Leur opinion a été reconnue conforme à la nature par les observations de MM. Hebb et Evans de Worcester (i). €es Messieurs ont remarqué que Tacte du coït se passait chez ces Annélidés , de la même manière que dans les Limaces , les Hélices. Deux individus se rapprochent de telle sorte , que la tête dé chacua est tournée vers la ventouse anale de l'autre , et l'accouplement a lieu : c'est ordinairement vers la fin de juillet et surtout vers le mois d août, que les Hirudinées se reproduisent. Selon M. Jonh* son , la Néphélis vulgaire dépose ses œufs deux fois par an , d'à* bord au mois de juillet et ensuite au mois d'octobre.

Produite de Vaocouplement. Immédiatement après l'accouplement, on remarque autour des parties sexuelles, un renflement particulier analogue à celui qui s'observe au tiers antérieur du corps xles vers de terre. Cette dilatation , à laquelle Villius a donné le nom de cUteiium , n'est autre chose qu'une espèce de grossesse.

Les Hirudinées sont toutes ovigères : chez les unes; les œufs se développent et éclosent dans le sein maternel ( vivipares ) ; che^ lès autres, les petits sont renfermés, après la ponte , avec une cer-

(i) Gilés par iU. JonbsoD.

it

faible quantité de nourriture , sous une ou plusieurs eiiveloppe* protectrices ( ovipares ). Parmi les animaux doués de Toyiparité , €aMôt un ceuf ou plusieurs œufs sont expulsés isolément hors du sein de la mère , comme * dans les Oiseaux , les Reptiles , les Poissons ( monospermes ) ; tantôt ces mêmes germes sont réunis en plus ou moins grande quantité sous une seule enceinte , dans un berceau] commun , un péricarpe ( po(ysperm,es ). Ce dernier mode ée reproduclipn est celui de la plupart des Hirudinées ovipares.

Chez les Hirudinées vivipares , telles que la Piscicoia m^arginala, Ybl Ciepsine Carenœ, etc. , on aperçoit très-bien , au travers du ven- Ife de la mère, les petits œufs qu'elle a conçus; on peut en suivre fe développement jusqu'au moment ou les petits verront le jour» Cettx-ci se remuent quelque temps , s agitent dans le sein maternel « avant qœ TAnnélide parvienne à s'en débarrasser.

Les espèces ovipares déposent leurs œufs dans des trous sur le rivage , à la surfece des plantes aquatiques , Tt même sur le corps des attimàux vtvans ; ceux des Sangsues ofjidnaie et tnèdidinata •è renconlrent, tantôt à la surface de l'argile ou de la terre , tanttt à vue certaine profondeur , dans des trous arrondis communi»quant avec des galeries , où l'on voit le plus souvent une ou dèus <de ces Sangsues.

Les œufs des Hirudinées sont entourés d'un tissu spongieux, ou enveloppés par un vernis gluant qui sert â les fixer aux végétaux.

Dans les SangvdsUga^ les cocons sont ovoïdes ; leur volume , de même que leur poids, varie suivant le nombre .d'ovules ou de &ng8ues qu'ils renferment , et suivant l'époque de*leur développement. Ordinairement leur poids s'élève de d4 â 4^ grains , selon leur état de plénitude ou de vacuit^. Ils sont plus légers que f eau ; leur plus grand diamètre varie de 6 à i s lignes , et leur plus ipetit de 5 à 8 li^es.

. L'enveloppe la plus extérieure de ces œufs est épaisse de a lignes environ , excepté vers les extrémités , où elle est un peu plus mince. Le tissu qui la forme , est demi-transparent , composé de fibres solides , irrégulièrement entrelacées , et 9e IkxnMX pénétrer

(«3 ) Jkçllement , «oit par lair , soit par Yeavu Examîaé au microscope , il pafaU formé de filamens cornés , trausparens , plus ou moins 4élté9 et croisés entre eux , de manière à représenter des mailles liexagoaales de diverses formes et grandeurs. Ce tissu n'est point attaquable par l'eau froide ; cependant le docteur Rayer a remarqué qu'il finissait par se détacher sous forme d*une poussière noirâtre qui'Se dépose au fond du vase, tandis que l'enveloppe plus interne « mise à nu , surnage à la surface du liquide. Placée sur des char« bons rouges » la substance spongieuse se oharbonne sans se fondre » ni se tourmenter , et répand l'odeur de la corne brûlée. M. BouUay a reconnu que la matière spongieuse pouvait être comparée , sous le rapport chimique , à l'épiderme de la peau ; elle offre à l'analyse les caractères des matières cornées.

M. Lenoble, de Versailles, avait soupçonné que 1 enveloppe spon« gieuse appartenait à une formation postérieure à celle de lacapsuie qui se trouve par-dessous. Il pensait que l'animal la dépo«» sait sous la forme liquide. J'ai remarqué sur des cocons qui ont été produits par des Sanguisuga que je conservais dans de grands vases , que la substance spongieuse est déposée sur la capsule , comme une écume blanche , légère , très-épaisse , et analogue à celle du savon. M. Châtelain,, pharmacien en chef de la Marine de Toulon, aperçut un jour une Sanguisuga qui excrétait l'humeur muqueuse dont je parle. Soit qu'elle fût gênée par la présence de l'observateur » soit que le bocal fût exposé à une lumière trop brillante , la Sangsue ne tarda pas à Se retirer dans l'argile, laissant ainsi son travail incomplet ; mais ^Ue retournk bientôt vers son cocon , dès que M. Châtelain eut placé le bocal dans un lieu mal éclairé, où il put cependant examiner tous lés mouvemens de l'animal. La bave écumeuse qui entoure la capsule , se dessèche , devient sale , rousse , se brunit , et finit par constituer le réseau spongieux. Il arrive quelquefois que ce tissu ne couvre point , dans toute son étendue , la capsule intérieure. MM. Rayer et Châtelain ont observé que lorsque ce réseau manque en totalité ou en partie , les cocOns ne 'cgntiennent point d'individus i ils

iont remplis d'un fluide visqueux , dont nous parierons plus bas. D'autres fois , le tissu spongieux est déposé sur la capsule avec tant de profusion, que les cocods trop rapprochés deviennent adhérens les uns aux autres. On trouve fort souvent dans la substance spongieuse , quand on regarde les œufs des Sanguisuga , au mois d'août, une ou plusieurs larves d'un Insecte Diptère, longues d'une à deux lignes environ , ayant le corps blanc et la tête brun foncé. Ces larves n'ont point ; échappé â l'observation de MM. Rayer et Châtelain. M. Duméril a reconnu qu'elles appartenaient à une espèée d'Élophore.

La seconde enveloppe des cocons des Sanguisuga adhère fortement à la substance spongieuse ; elle est comme une poche mince » blanchâtre et .coriace. M. Rayer a observé que , dès que le réseau extérieur est enlevé , celle-ci ne tarde pas à se brunir par le contact de l'eau. La capsule ne présente aucune espèce d'orifice; elle offre aux deux extrémités du grand diamètre , deux petites saillies angulaires ou mamelons d'un tissu plus ferme que la membrane, et de couleur brun-jaunâtre. Ces petites saillies se détruisent avec facilité ; ce sont des opercules qui laissent à leur place de petites ouvertures d'une demi-ligne de diamètre. Rarement les deux saillies angulaires ont disparu sur un seul cocon. La face extérieure de la poche capsulaire est recouverte d'un grand nombre d'impressions assez semblables â celles qu'on observe sur un dé à coudre ; elles sont formées par le réseau spongieux , puisqu'on n'en découvre point sur les parties qui ont été privées de ce tissu. La face interne est douce , polie et très-luisante. M. BouUay a été porté à croire que cette enveloppe est de nature albumineuse; elle se comporte avec les réactifs comme l'albumine coagulée. Les capsules des NepheUa vuigariSj, Clepsine bioculata et paludosa ^ sont à . peu près semblables à celles des Sanguisuga f mais elles soûl couvertes par un vernis particulier , destiné à remplacer l'enveloppe spongieuse. Cette capsule est ovale , coriace , et d'une couleur vert-)aunâtre; elle est formée dans l'utérus, et ranimai l'expulse de son sein renfermant tous les petits ovules qui

doivent reproduire son espèce. Dans certaines HirudinéeS, elle est très-mince, transparente, et laisse apercevoir les germes renfermes dans son intérieur. On suit avec facilité les phases successives qui amènent la transformation des œufs en de nouveaux individus.

M. Châtelain a observé à la partie intérieure de la capsule des Sanguisuga , une petite poche blanche extrêmement mince , portant un pédicule filiforme long d'une demi-ligne à une ligne et demie , dans laquelle on aperçoit les petites Hîrudinées les unes contre les autres^ au milieu d'une liqueur plus ou moins épaisse. M. Châtelain a regardé avec raison cette petite poche , comme une véritable membrane de lamnios. On peut l'examiner avec facilité, après deux jours de macération dans l'eau. Je l'ai observée avec un microscope, complètement formée, mais extrêmement petite , dans l'utérus d'une Sangsue officinale.

On remarque dans les cocons des Sanguisuga, une matière blanchâtre, transparente, de consistance de gelée ; sa saveur est fade , et ne donne aucun indice d'acidité ou d'alcalinité ; M. BouUay Ta trouvée composée d'environ un douzième d'alumine, et d'une substance offrant les caractères du mucus. Suivant M. Rayer , cette matière est peu altérable , et se conserve plusieurs jours , sans éprouver d'autres changemcns qu'une légère dessication si l'air est chaud. En perdant l'eau à laquelle est due sa consistance molle, elle se transforme en un corps friable et transparent , .qui ressemble à de la colle de Flandre. Devenue tout-à-fait solide , elle •est réduite à un huitième de son poids.

Cette matière est plus jaunâtre et plus transparente dans les cocons de h^éphéiis vulgaire. Dans cette espèce, de même que dans la plupart des Hirudinées, ce n'est que quelque temps après la ponte , que les ovules contenus dans le mucus peuvent être dis** tingués. Ils sont disposés avec assez d'irrégularité ; leur nombre est variâ^ble , non-seulement d'un genre à l'autre; mais aussi dans une même espèce. Dans les Sangsues médicinale et officinale , il est de six à dix-huit. On a reconnu qu*une température de

(86) iS"" Réatimariend et une certaine humidité , étaient indispensable* au développement et à la vie intra-capsulaire des Sangsues.

Tous les cocons des Sanguisuga ne contiennent pas des ger« mes fécondés; on en rencontre quelquefois de stériles, entièrement conformés comme les autres, mats d'une densité plus grande. Au lieu de surnager sur leau , ces cocons descendent au fond duli* quide ; ils renferment une matière épaisse, roussâtre, inodore , et ressemblant à de la gelée tremblante.

Dès que les Hirudinées ont atteint le terme de leur développement , elles font effort contre les extrémités de chaque cocon» déterminent la chute des petits opercules, et s'échappent par les trous Tune après l'autre , jà des intervalles quelquefois assez longs. Le pourtour des orifices plus épais et plus consistant que le tissu de la capsule, est à peu près comme corné. Dans les espèces où le cocou est entouré d'une matière spongieuse, les Hirudinées qui naissent , s'enfoncent dans les mailles de ce dernier tissu » serpentent quelque temps dans sa substance , et finissent par sortir par divers points de sa surface. Quelquefois après avoir abandonné leur enveloppe protectrice , elles viennent Se loger de nouveau dans son réseau extérieur.

Dans \q% Sanguisuga medicinalis ; les petits sont d'abord rougeàtres, filiformes; leurs vaisseaiiï sanguins sont visibles à l'extérieur: bientôt , on commence à distinguer les bandes colorées du dos , et peu à peu le nouveau-né adopte la livrée de ses parens. M. Châtelain a annoncé que les Sangsues écloses spontanément, et celles dont on a hâté la vie extra-capsulaire , en ouvrant avec un iniftrument tranchant les cocons dans lesquels elles pétaient renfermées , sont faciles à élever , soit qu'on les tienne dans de l'eau de fontaine, dans l'argile ramollie, ou dans de l'eau contenant de l'argile délayée. Sur 4oo petits mis en observation pendant a3 jours , il n'en a perdu que deux.

Googte

(87) Reproduction évolutive*

La famille des Hirudinées n a point été favorisée sous le rap« port de la reproduction évolutive ou gemmipare. Une Sangsue partagée par le milieu ne donne pas naissabce à deux Sangsues » et les organes amputés ne se régénèrent plus ; cependant la ténacité à la vie ou la vivacité ( Drap. ) est assez développée.

Si Ion fait subir une section transversale à une Sangsue offl^ çinaie , les deux parties séparées finissent par s'éteindre , mais au bout d'un temps plus ou moins long. Les ventouses, les mâchoires , les segmens ne sont jamais reproduits ; il n'y a que l'épiderme qui puisse se renouveler avec facilité. Thomas , MM. Johnson et Caréna ont fait à ce sujet plusieurs expériences qui paraissent décisives. Néanmoins, le docteur Shaw a publié , dans les Transactions linnéennes , que dans des expériences faites sur la Ciepsine aplatie , la Piscicole géomètre et la Néphélis vulgaire ^ ces animaux, divisés dans tous les sens, se sont régénérés, et que les parties amputées , subdivisées après leur reproduction , se sont aussi renouvelées sans manquer dans un seul cas; mais l's^uteur ayant annoncé une fois> comme une Hirudinée nouvelle, un atiimal reconnu pour un Planaire , il est très-naturel de penser que 8es expériences sur la reproduction ^gemmipare de ces Annélides , ont été faites sur des Vers de ce genre.

Symétrie des oi^anes^

Si Ion examine avec beaucoup d'attention nne Sanguisuga , otx apercevra bientôt que Jes six bandes du dos sont marquées de taches ou de points plus ou moins colorés , qui se répètent régulièrtsment à chaque cinq anneaux. C'est surtout dans la Sangsue interrompue et dans les espèces ou variétés dans lesquelles ces bandds éprouvent des solutions de continuité , qu'on peut remarquer

( 68 ) av€C facilité celte symétrie particulière des couleurs. Si Ton pénè-* tre l'organisation de ces Hirudinées , on observera que de cinq en cinq segmcns , il existe un ganglion nerveux , donnant naissance de chaque côlé à deux filets nerveux ; qu'il y a un estomac formé de deux poches réunies , deux vessies respiratoires » deux courbures de vaisseaux pulmonaires latéraux , des artères et des veines distribuées avec régularité , etc. , etc Bien plus , l'organe femelle est éloigné d'une pareille distance de l'organe masculin » et les vésicules séminales supplémentaires qui peuvent être considérées comme des organes génitaux avortés , puiqu'il ne leur manque qu'un conduit pour porter au dehors la liqueur prolifique , ces vésicules, dis-je, sont écartées les unes des autres d'un intervalle jégal à cinq anneaux , et la première paire se trouve cinq segmens ajprès l'organe féminin. C'est principalement vers la partie moyenne du corps de l'animal, que cette symétrie est observée. Les portions antérieure et postérieure s'en écartent d'autant plus , qu'on s'approche davantage des deux extrémités. Les parties de l'Annélide sont alors plus étroites , plus serrées ; le nombre des organés ne parait plus aussi constant, et leur régularité s'évanouit en même temps que leur forme se dégrade. Cependant on peut encore reconnaître des traces plus ou moins saillantes de cette symétrie. Ainsi , par exemple , à la partie postérieure les vaisseaux , quoique plus déliés , et par conséquent , plus difficiles a être remarqués , continuent néanmoins à se diviser d'une manière régulière ; les cœcum sont marqués d^espace en espace de légers élranglemens, correspondant parfaitement aux intervalles occupés par chacun des estomacs. Le rectum est très-étroit , cylindrique et uni dans toute sa longueur ; mais , dans une Hirudinée nouvelle voisine du genre des Sanguisuga ( ÏAutastoma nigrescens ), où le canal intestinal est élargi , ou aperçoit d'espace en espace desrenflemcns répondant assez exactement à chaque ganglion nerveux. Enfin , j'ai observé, dans plusieurs Sanguisuga officinalis et dans quelques individus de YHœmopis vorax, dont Torganisation est à peu près semblable , une vésicule séminale supplémentaire de

(89) plus , située après toutes les autres , et toujours dans un éloignemeut de cinq anneaux.

Si 1 on réfléchit un peu profondément sur cette structure syiné* trique , on sera naturellement conduit à penser que chaque espace occupé par cinq segmens possédant un petit système nerveux , un système digestif, des appareils pour la respiration , pour la cirr

culation, pour la reproduction , etc peut être considéré comme

un petit tout, comme un animal particulier, semblable à un être distinct, appartenant â une classe supérieure et dans lequel l'individualité est fortement caractérisée. La Sangsue sera donc , d'après cette hypothèse , un animal composé d'un certain no/nbre d'animaux , comme un végétal , si l'on veut me permettre cette comparaison , est une réunion de plusieurs végétaux. En effet, l'individualité n'existe pas dans les Sanguisuga , comme elle existe dans les Mammifères , les Oiseaux , que , sous ce point d^vue , nous pourrions appeler animaux simples (i), |

D'après ces considérations , ne-noua étonnons point des fausses conséquences obtenues par l;ers divers auteurs qui ont voulu comparer ces Annélides aux animaux les plus élevés de la série , aux Vertébrés. ' Ils établissaient un parallèle entre des êtres simples et des êtres composés ; c'était tine portion de Sangsue qu'il fallait prendre pour terme de comparaison. L'ensemble des organes compris dans chaque cinq anneaux , représente l'analogue des animaux supérieurs ; et si je ne craignais pas d'avancer un paradoxe , je dirais qu'une Sanguisuga , de même que tout animal invertébré » est une réunion , un agrégat d'individus analogues par leur organisation à des êtres vertébrés : j'appellerai du nom de zoonite ces individus élémentaires.

(i) • C'est à tort qu'on voudrait établir des rapprochemens et des analogies entre les Mammifères et môme les Vertébrés eu général , et les Invertébrés. Ces derniers sont, quoi qu'on en ait dit, taillés, si Ton peut s'exprimer ainsi» sur des patrons tout différons. » Dugès ; Mém. sut Us fond, du syst. ncn^^p Ephim* mid. de âlantp. j tom. I , pag. ôj.

Comme le Vertébré , la zoonite est composée de deux moitiés semblables. Ainsi , tous les organes de la Sangsue officinale , par exemple , sont doubles ou formés de deux parties égales. On voit liiéme extérieurement que les bandes colorées sont distribuées avec égalité des deux côtés de lanimal.

Dans tous les animaux invertébrés , les zoonites ne sont pas soudées entre elles sur une même ligne , comme dans les Hiru-

dinées , dans les autres Annélides » les Insectes , etc Chez une

partie de ces êtres composés , les animaux particuliers sont disposés dans plusieurs sens , mais toujours sur un plan unique. Quelquefois même ils parlent d'un seul point et forment des rayons ( une partie des Radiaires ) ; enfin , les zoonites sont arrangées sur plusieurs plans autour d'un axe et placées en verticille ou en spirale à la manière des bourgeons ou zoonites végétales ( botaniies ).: c'est là, le cas des animaux les plus inférieurs , ceux qui 8e rapprochent le plus des végétaux , ou même , qui se confondent avec eux.

D'après ce qui vient d'être exposé relativement à l'organisation sy« métrique des Sangsues j on peut conclure naturellement qu'il existe deux espèces de vies chez ces Hirudinées , des vies particulières celles de chaque zoonite , et une vie générale celle de la collection. Chaque ganglion nerveux représente le cerveau de chaque zoonite , et l'harmonie , l'unité est entretenue par des cordons de communication plus ou moins considérables. Le ganglion antérieur qui se trouve en rapport avec les organes des sens , est aussi le plus développé; c'est le régulateur des autres zoonites , c'est le pilote du vaisseau. Dans les animaux invertébrés , les deux vies sont en raison inverse ; suivant les genres , chacune d'elles est plus ou moins supérieure à l'autre : chez les espèces où le système nerveux est reconnu » on remarque que les zoonites sont d'autant plus indépendantes , que les ganglions ou cerveaux particuliers sont plus gros , et les nerfs de communication plus déliés. Dans les San-^ guisuga > c'est la vie générale qui l'emporte ; mais, dans les Polypes , les Planaires , les I^aïs , ce. sont les vies des zoonites « ou du

(9« ) moins les deux vies sont en équilibre ; la moindre chose suffit poor faire dominer chacune d'elles: aussi , Tua de ces animaux séparé ea deux * trois , vingt parties , chacune de celles-ci pouvant exister ia^* dépendamment du tout , donnera naissance à autant d'animaux particuliers (i).

J'ai fait plusieurs expériences sur les Sanguisttga officinalis ^ qui

"" (i) Plusieurs expériences ont été faites sur les Invertébrés par M. le professeur Dugès; je vais les rapporter avec un plaisir d^autant plus vif, que ce savant auteur a bien voulu les répéter en ma présence, et que mes considérations phy« Biologiques lui ont paru conformes à la vérité.

« Chez les Insectes, un ganglion du corcelet ( une zoonite ) ressentira lo pincement que vous exercerez sur une pâte , et ce ganglion fera retirer la pâte $ quand même Tanimal serait décapité. I) y a plus : Tanimal décapité marche » vole, coordonne ses mouvemens; cependant, il les dirige mal, il tourbillonne^ il se heurte , parce qu'il n*a plus le ganglion qui le faisait voir, palper ( ganglion céphalique ou cerveau de la première zoonite ) , et lui servait, à Taide des communications susdites, à diriger les mouvemens des membres, mais non & les produire, ni à les coordonner en marche, vol , etc.

< Non-seulement la volonté, mais même les passions , siègent dans chaque ganglion. La Mante est un insecte fort irascible et qui témoigne sa colère par le déploiement de ses ailes , et les mouvemens dq l'abdomen qu'accompagne une sorte de sifflement. Ces mouvemens ont lieu au moindre attouchement , après la décapitation. L'animal se redresse et cherche à se défendre* Ces mouvemens se continuent encore après la résection du corselet ; et ce corselet , garni d'un seul ganglion (une zoonite) et d'une seule paire de pâtes , est encore doué de sensibilité , de volonté , à tel point que les griffes sont encore dirigées vers les doigts qui le tiennent , comme si l'animal était sain et entier. > Ephém» méd. derMontp. , (oo» cit. , pag. 58 et Sg.

L'espèce de Mante sur laqueUe ces expériences ont été faites, est la Mantis reUgiosa ( Linn. ) Dans cet insecte , le ganglion du corcelet est assez gros et les cordons nerveux de communication très-déliés. On conçoit facilement comment lazoanite a pu exister pendant quelque temps après sa séparation. J'ai remarqué que la partie postérieure de cette Mante conservait aussi ses mouvemens , long* temps après avoir été séparée du corcelet. Un abdomen , dix heures après son isoleoienti paraissait encore se mettre en colère à la moindre irritation.

( 90 tendent à donner beaucoup de force aux considérations philoso* phiques qui font Tobjet de ce article (i).

I. Si Ton plonge l'extrémité d*une Sangsue dans un vase rempli d'alcohol , d acide nitrique ou d'acide sulfurique , on détruit la vitalité de la partie plongée ; mais Tautre extrémité demeure intacte. Elle peut vivre pendant un temps plus ou moins long.

II. Si l'on applique un acide affaibli sur les premières zooniteê d'une Sangsue officinale pleine de sang , les estomacs qui leur répondent se dégorgent aussitôt; mais ceux de la partie postérieure conservent la quantité de ce fluide dont Tanimallesa remplis.

IIL Qd'on dépose une certaine quantité d'un acide concentré sur le milieu d'une Sanguisuga , on détruira presque subitement la ^oonite qui se trouve dans leudroit où l'on aura fait l'application ; mais les parties antérieure et postérieure resteront vivantes*

IV. Si Ton arrache un des ganglions nerveux d'une Sangsue, la •oontte à laquelle il appartient, se gonfle, se dilate et perd bientôt Ba sensibilité. Vitet a avancé qu'une Sangsue, médicinale dont le cerveau est enlevé, peut exister au moins pendant plusieurs jours; qu'elle se meut , qu'elle est sensible ; mais Vitet ayant considéré comme un cerveau les testicules, son prétendu anencéphale n'était qu'un animal châtré. D'autres auteurs ont été fort étonnés

(i) La théorîede rindividualilé des bourgeons sur laquelle M. duPetît-Thouarfl» a appelé l*btteution des naturalistes , et les travaux intéressans de M. Geoffroy- -St.-Hilaire, sur les organes aualoguei* des êtres, et quelques considérations générales d*un ouvrage imprimé, mais inédit, de mon ami M. Dunal,ont fait nattre en moi les idées que |e viens d^exposer. Ce dernier regardant avec M. du Pclit- Thouars,'les végétaux et les zoophytes , comme le résultat du développement d^un grand nombre de germes vivans les uns sur les autres, et considérant tous ces êtres organisés, comme ne constituant qu'un seul et même règne, arriva k cette loi générale , que, dans ce rëjjne , riDdividualité est en raison inverse df )^ 9lmpiicit6 de rorgaoisatioDt

( 95 ) qu^une Sangiue pût exister après avoir été privée du ganglion placé à 1 origine de la ventouse orale, ou dans Istiétôy pour me servir de Texpression vulgaire; mais ce ganglion n*est point dans TAnnélide un organe nerveux central ; il représente seulement le cerveau de la première zoonite.

y. Si Ion détruit une zoonite de Sangsue officinale , soït par Tapplicaiion d'un acide concentré, soit par la soustraction de son ganglion nerveux , les zoonites situées antérieurement et postérieurement ne cessent pas d'exister, au moins pendant un certain temps* Ce sont deux collections d'animaux particuliers , deux êtres corn* posés; mais qui n*ont plus de relation entre eux.

YL Coupez aux deux parties antérieure et postérieure les deux filets de communication d*un ganglion nerveux avec ses deux voisins » aussitôt la zoonite se contracte , se resserre ; elle conserve sa sen*sibilité ; mais Ton a donné naissance à un animal isolé; les piqûres qu'on li^i fait éprouver , ne sont senties que dans un intervalle de cinq anneaux , c'est-à-dire , dans une seule zoonite.

. VU. Liez ces deux filets nerveux » au lieu de les couper , et vous donnerez naissance à des phénomènes absolument semblables.

VIII. Enfin, si l'on coupe transversalement \xne Sangsue offici" nale,Ae manière à isoler plusieurs morceaux, chacun d'eux existera pendant un temps plus ou moins considérable. M. Kayer a conservé vivantes, l'espace de quatre mois , des Sangsues auxquelles il avait enlevé les deux ventouses. Dillenius a vu des tronçons de Sanguisuga exister pendant cinq mois , et IVl. le professeur Caréna en a gardé vivantes jusqu'à dix ou onze mois. Tout le inonde sait qu'une Sangsue officinale étant coupée par le jnilieu , au moment de la succion , la partie antérieure ne laisse pas que de pomper du sang , au moins pendant quelques miuutes^

(94) Durée de la uie et Accroissement.

Les Hirudiaées n'atteignent qu'avec une lenteur extrême i leur plus haut degré d'accroissement ; aussi la durée de leur vie est assez longue. Un observateur de Glastonbury a conservé, durant l'espace de cinq ans , trois oji quatre Sangsues officinales. Un médecin de Bridport en a gardé pendant huit ans. M. Johnson , qui rapporte ces deux faits , a supposé que , dans l'état de liberté , ces Annélides pouvaient exister au moins pendant vingt ans.

Cependant on aurait tort de juger de la durée de la vie des Hirudinées par la lenteur de l'accroissement des Sanguisuga conservées dans des bocaux. Ces animaux privés de nourriture , doivent nécessairement rester des mois entiers sans présenter d aug-* mentation sensible.

, L'accroissement des Hirudinées ne se fait point par le développement de plusieurs parties nouvelles. Les Sanguisuga les plus jeunes présentent à l'observateur le même nombre de segmens , la même forme de ventouses, que les individus très-avancés en âge.

Habitations et Stations.

Les Hirudinées paraissent habiter dans toutes les contrées. Il est très-difficile d'obtenir des renseignemens un peu exacts sur leur distribution géographique. Une partie des genres a été observée si imparfaitement, que les auteurs n'ont rien laissé de positif a ce sujet. Quant aux espèces employées en médecine , il est presque impossible d'apprendre rien de bien précis à leur égard. Les desséche* mens des lieux marécageux et les progrès de la nouvelle Doctrine médicale en ont considérablement diminué le nombre. En Angleterre , par exemple , on n'en rencontre plus qu'une très-faible quantité. M. Johnson a calculé qu'on se sert » dans ce royaume , de cent indi-

(95) Tîdus arrivés de rétranger , pour une Hirudinée ramassée dans le pays : les Anglais les font venir de Lisbonne et de Bordeaux. Dans le Piémont 9 on consomme des Sangsues expédiées de Marseille et de Toulon. En France , le nombre de ces animaux , autrefois si considérable , a tellement diminué , que les terrains marécageux commencent à en être dépourvus. On en recueille encore beaucoup dans la Bretagne et dans les départemens méridionaux ; mais la plus grande partie de celles qui ont été employées pendant ces der-* niers temps , ont été tirées de l'étranger. A Montpellier , nous en avons reçu des frontières de TEspagne et de la Catalogne : cependant les marais de notre voisinage en sont encore assez peuplés.

Les Hirudinées habitent , les unes dans la mer sur les raies , les squales , etc. ( Albione ) ; les autres dans les eaux douces des marais ( Hœmopis , Sanguisuga ) ^ des fleuves ( Limnatis ) , des ruisseaux et des fontaines ( Clepsine ^ NepheUs). Certaines s*atta« chent aux carpes , aux tanches, aux goujons [Piscicola ) ; plu* sieurs aux raines , aux tortues {Sanguisuga) ? Une seule Hirudi* née , très*imparfaitement connue, a été recueillie dans les paupières et dans les'fosses nasales d'un Héron {Hirudo? Ardeœ).

La plupart des Hirudinées , pendant l'hiver, se tiennent dans les eaux profondes, ou s'enfoncent dans la vase qui sert de lit aux marais et aux ruisseaux. Vers la fin de mars et d'avril , elles sortent de leur engourdissement et commencent à se faire voir. Elles cherchent alors les eaux vives , peu profondes , et exposées à l'influence du soleil. Sur la fin du jour, plusieurs Hirudinées se glissent dans les prés humides. D'autres, au contraire, telles que les NepheUs , les Ciepsine, et peut-être aussi les Albione et les Pis-cicola^ne sauraient sortir de l'eau impunément; elles perdraient aussitôt la vie.

Lorsqu'il doit faire un grand vent , les Sangsues parcourent leur habitation avec une vitesse surprenante. Si le temps se montre nébuleux , elles se cachent dans la boue. Aux approches des orages , elles montent à la superficie de l'eau , et les pécheurs profitent de ces momens pour les saisir. Ces divers mouvemens des

Sanguisuga , suivant les variations atmosphériques , ne sont pas aussi conslans qu'on pourrait rioiagiuer. Si Ton observe une grande quantité de Sangsues ofp,cinales placées dans un bocal , on aper-cevra toujours une certaine quantité de ces Annélides, qui restent immobiles au fond du réservoir, d'autres qui s'élèvent à la surface du liquide, etc., etc.... Cependant , un curé des environs de Tours, annnonça dans les papiers publics, en i774< qu'on pouvait connaître tous lès matins au moyen des Sangsues médicinales ^eiem^s qu'il devait faire le lendemain. Briloêtpère, Le roi , Toudouze et Valmont de Bomare , répétèrent ses expériences, et n'obtinrent pas de résultats satisfaisans. Il en est de même de toutes les personnes qui ont essayé d'employer ces baromètres-animaux. Aussi, )e ne m'attacherai point à réfuter M. Derheims , lorsqu'il pré-tend que les Sangsues remplacent avec avantage le tube de Toricelli ; je ne dirai rien non plus sur l'opinion de Cowper, cité par le docteur Johnson, qui pense que l'instinct des 5an^ui« svbga est préférable à tous les baromètres. Il parait néanmoins que 9 dans la Champagne , sur les confins de la Lorraine, et peut-^ être même dans plusieurs autres parties de la France , ces instrumens grossiers sont répandus. Un carafon, une petite quantité d'eaa et cinq ou six Sangsues , voilà tout l'appareil. On a même porté la confiance, par rapport à ces indicateurs du temps, jusqu*à placer dans les bocaux, une échelle de bois, graduée, destinée à faire apercevoir les différens degrés d'élévation de ces animaux.

Charles Bonnet , qui n'a rien aperçu de régulier ou d'harmo-> nique entre les mouvemens des Sangsues , et les variations du poids de l'atmosphère, a soupçonné que, si ces animaux ne sont paa d'excellens baromètres , ils pourraient bien servir comme thermomètres fort sensibles. Nous craignons bien qu'il en soit de l'assertioa du naturaliste de Genève » comme de la découverte du curé des euviroas de Tours*

Page 1