‹ Description de la faune jurassique du Portugal: Mollusques LamellibranchesChapitre 6 sur 22 · CLASSIFICATION PAR GROUPES · texte numérisé non relu

CLASSIFICATION PAR GROUPES

Scaphoideae Trigonia sp. ind. Assise à Am. Aalensis. Thomar. » Renevierr, Choffat. Bathonien. Arrabida et Massif de Porto de Moz. » Macphersoni, Choffat. Callovien supérieur. Cesaréda.

» Lorioli, Choffat. Lusitanien. Cesaréda.

» cfr. Baylei, Dollfus. Lusitanien. Cap Mondégo.

Clavellatae, s. s

Trigonia Thomarensis, Choffat. Assise à Am. Aalensis. Peniche et Thomar. » cfr. Phillipsi, Mor. et Lyc. Assise à Am. Aalensis. Peniche.

Undulatae

Prigonia duplicatu, Sow. Bajocien. Arrabida.

Sous-groupe du TFrigonia Lusltanuica

Trigonia Beirensis, Choffat. Couches à Pholadomya Protei. » muricata, Goldfuss. Couches à Phol. Protei (?) couches d’Alcobagça, couches à Lima alternicosta (C). » Alcobacensis, Choffat. Couches d’Alcobaga.

Neumayri, Choffat. Couches à Lima alternicosta, à Sobral da Lagoa.

Ribeiroi, Choffat. Lusitanien inférieur (RR). Couches à Lima alternicosta. Torres Vedras et Cesa-

réda. (R).

, Lusitanica, Sharpe. Couches d’Alcobagça (?). Ptérocérin. (CC). Freixialin (RR). » sp. aff. Lusitanica, Sharpe. Ptérocérin. Alverca.

Glabrae

Trigonia Freirialensis, Choffat. Freixialin, partout. » Kobyi, Choffat. Freixialin. Lignes de Torres.

Costatae

Trigonia Malladae, Choffat. Assise à Am. Aalensis. Peniche et Thomar. » cfr. hemisphaerica, Lycett. Callovien supérieur. Cesaréda, Mollianos. » pseudo-Meriani, Choffat. Lusitanien. (RR). Couches d’Alcobaga. (C).

TABLEAU DES TRIGONIES PORTUGAISES D'APRÈS LEUR DISTRIBUTION DANS LE TEMPS

I Lias. Assise à Am. Aalensis. Faciès à Lamellibranches et à Coraux. Il Bajocien. Faciès calcaire de l’Arrabida. III Bathonien.

IV Callovien inférieur.

V Callovien supérieur. Faciès subcorallien de Cesaréda.

VI Couches d’Abadia.

VIT Lusitanien inférieur. . .{Calcaire subcorallien de Cesaréda. VIII Calcaire à Pholadomya Protei.

IX C. d’Alcobaça. Dépôts marno-grézeux.

X C. à Lima alternicosta. Faciès calcaire. Du Tage à Sobral da Lagoa.

XI Assise à Pterocera oceani. Dépôt marno-grézeux. XIT Assise de Freixial.

Il DC | TTE TVA VS VC SV EE VITE | DK) EXC EXT EXT

TrijoniSpA(Scaphoideab) ee NE ere R » Thomarensis, Choffat. (Clavellatae).….. .... AR » cfr. Phallipsi, Morris et Lyc. (Clavellatae).. | R » Malladae, Choffat. (Costatae)............ R » duplicata, Sowerby. (Undulatae) .. ....... PAR » Renevieri, Choffat. (Scaphoideae)... ..... : . | AR | RR » Macphersoni, Choffat. (Scaphoideae).... ê ë ï nn RRR » cfr. hemisphaerica, Lycett. (Costatae)....…. é : . | RR|RR » Lorioli, Choffat. (Scaphoideae) .......... , : j ; : - R » cfr. Baylei, Dollfus. (Scaphoideae). ... : < 3 : > - RAR » Beirensis, Choffat. (Undulatae)........... ; Ê c 5 ; - ; C » muricata, Goldf. (Undulatae)............ : : : J ë : ; 7 | CC » pseudo-Meriani, Choffat. (Costatae)....... : : É x ; ? 2 Ë C » Ribeiroi, Choffat. (Undulatae) . .......... : 6 5 ; . JR 0 : ; R » Neumayri, Choffat. (Undulatae).... APR ô ; : 5 : : 6 à R » Alcobacensis, Choffat. (Undulatae)........ s ë ; ï 0 ê : : R » Lusitanica, Sharpe. (Undulatae) ......... ! . : : 0 - - - R . | CC | RR » aff. Lusitanica, Sharpe. (Undulatae). .. $ o : L . ; : © ; SHIIRR » Freirialensis, Choffat. (Glabrae).......... ; : : . ; o : : ; : ë C » Kobyi, Choffat. (Glabrae) ............... : ; - = ; . - è a . | AR

ELLE ét

CONSIDÉRATIONS SUR LA DISTRIBUTION DES TRIGONIES PORTUGAISES DANS LE TEMPS ET DANS L'ESPACE

Le Lias qui à fourni en Espagne des Trigonies si remarquables, n'a pas encore présenté de vestiges appartenant à ce genre en Portugal, si ce n’est à sa partie la plus supérieure, dans les couches que j'ai désignées du nom de Couches à Am. Aalensis; el encore n'est-ce pas sur toute leur extension, mais seulement dans les deux points, Peniche et Thomar, où elles présentent un faciès en partie corallien, mélange de la faune toarcienne et de la faune bajocienne. Fy ai rencontré # espèces, deux d’entre elles ont de grandes analogies avec des espèces occupant en Angleterre la partie la plus inférieure du Bajocien.

Le Bajocien n'a fourni jusqu'à ce jour qu'une seule espèce, et seulement dans l’Arrabida, c'est Trig. duplicata, qui se trouve au même niveau dans le reste de l'Europe.

Le Bathonien n'a aussi fourni qu'une espèce; elle provient de l'Arrabida et de deux localités du Massif de Porto de Moz. Cette espèce est nouvelle.

Vu le peu de recherches effectuées dans le Bajocien et le Bathonien portugais, il est assez probable que ce nombre sera augmenté par la suite.

Callovien. La partie supérieure du Bathonien du massif de Porto de Moz, qui est un faciès du Callovien, à fourni Trigonia Renevieri et un échantillon en assez mauvais état de Trig. cfr. hemisphaerica.

Le Callovien supérieur ma fourni deux espèces, probablement nouvelles toutes deux, et provenant du plateau de Cesaréda où ces couches présentent un faciès à moitié corallien.

Malm. Dans les étages qui précèdent, le genre Trigonia n’est représenté que par quelques rares échantillons, n’apparaissant même que dans quelques localités présentant exceptionellement une tendance au faciès à Coraux et à Lamellibranches. Dans le Malm, ce faciès prend le dessus, non pas simultanément sur toute l'étendue du Malm portugais, mais tantôt dans une contrée, tantôt dans une autre. Le genre Trigonia est intimement lié à ce faciès et en suit toutes les vicissitudes.

L'étage lusitanien est calcaire dans l'Arrabida: il y contient de nombreux Lamellibranches et quelques Coraux et n°y a pourtant pas présenté de Trigonies: je ne sais pas comment expliquer

Mars, 1385. 3

ce fait. Dans la contrée des lignes de Torres, cet étage est représenté par les couches d'Abadia c'està-dire des marnes contenant une ou deux couches de calcaire à Polypiers. Quelques rares exemplaires appartenant à deux espèces y ont été trouvés; l’une, Trigonia Ribeiroi à son niveau principal dans les strates immédiatement supérieures de la même contrée. La seconde espèce n'est représentée que par un fragment appartenant ä un Costatae; or, les Costatae ne sont pas fréquents en Portugal, je n'en connais que trois espèces: la première du Lias, la deuxième du Callovien, sont certainement différentes du fragment des couches d'Abadia; la troisième est Trigonia pseudo-Meriani auquel parait appartenir le fragment en question; mais cette espèce n'est connue que des environs d'Alcobaca, des couches que j'ai désignées de ce nom; je reviendrai plus tard sur ce fait.

Dans la contrée de Cintra, cet étage a un faciès analogue à celui de la contrée de Torres Vedras; il ne m'a pas fourni de Trigonies. Le faciès à Coraux et à Lamellibranches de Cesaréda n'a fourni qu'une espèce déterminable, bien intéressante il est vrai, Trigonia Lorioli, vrai type de Scaphoideae. Cette même contrée m'a en outre présenté un fragment pouvant appartenir à Trig. Beirensis. Les couches à Pholadomya Protei qui occupent la partie septentrionale du Malm portugais, nous présentent pour la première fois une certaine abondance de Trigonies, quoiqu'elles soient encore fort loin d'être en aussi grand nombre que dans les assises suivantes.

Sur les trois espèces rencontrées dans ces couches, Beirensis, muricata et cfr. Baylei, la première seule est fréquente, les deux autres sont très-rares. Trig. Baylei est voisine de Trig. Lorioli de Cesaréda.

Couches d’Alcobaga. Les Trigonies sont extrèmement fréquentes dans ces couches qui sont peut-être un faciès de la partie supérieure des couches à Pholadomya Protei, plus probablement un faciès des couches à Lima alternicosta. Ces lits à Trigonies alternent souvent avec des lits de lignites, fait qui a son analogie dans la province de Teruel, où les lignites de l'Aptien sont aussi associés à des gisements de Trigonies. D'un autre côté, il est à remarquer que dés lignites se trouvent au cap Mondégo, mais que les Trigonies y sont fort rares.

La forme la plus fréquente est Trigonia muricata, ensuite vient Trigonia pseudo-Meriani; ces deux espèces et Trigonia Alcobacensis ne montent pas dans des couches plus récentes, ce qui est par contre le cas pour Trigonia Lusitanica.

Couches à Lima alternicosta. Comme je l'ai dit plus haut, ces couches sont probablement un faciès des précédentes occupant une aire située au sud de la première. Les Trigonies y sont rares, ce sont Trigonia Ribeiroi, dans la contrée des lignes de Torres Vedras et de Cesaréda, et Trig. Neumayri qui le remplace à Sobral da Lagoa.

Ptérocérin. Dans la contrée des lignes de Torres Vedras, de Maceira et dans l'Arrabida, le Ptérocérin contient Trigonia Lusitanica en quantité considérable.

Ici se présente la question soulevée à propos de Trigonia pseudo-Meriani. Les gisements d’Alcobaça sont séparés de ceux de Maceira et de Torres Vedras par une distance de 40 km.: le Malm est découvert sur toute cette étendue, et pourtant il n°y existe pas trace de Trigonia Lusitanica. Nous venons pourtant de voir que cette espèce existe à un niveau inférieur, à Alcobaça, où elle a pris naissance; pour arriver à Torres Vedras et de là à Maceira, elle n'a pu suivre qu'une seule route, la contrée qui s'étend au sud de Rio Maior et qui est actuellement recouverte par les terrains tertiaires.

Il est à remarquer que cette migration a eu lieu du nord au sud, tandis que ce serait le contraire qui aurait eu lieu pour Trigonia pseudo-Meriani, que nous trouvons d'abord dans les lignes de Torres Vedras et plus tard seulement à Alcobaça.

On peut, il est vrai, émettre une autre hypothèse, c'est que Trigonia lusitanica se serait développé simultanément à Alcobaça et à Consolaçäo, où Trig. muricata est aussi fort abondant.

Trigonia Lusitanica est la seule Trigonie rencontrée dans le Ptérocérin ; elle y affecte par contre une très grande variabilité; j'ai cru devoir distinguer une de ces formes, Trigonia aff. Lusitanica, parce que je n'ai pas d'exemplaires la reliant aux formes principales.

Couches de Freixial. Trigonia Lusitanica se montre en rares échantillons dans cette as-

sise dans laquelle il s'éteint. Il y est par contre remplacé par deux espèces se rattachant presqu'autant aux Undulatae qu'aux Glabrae, Trigonia Freixialensis et Trig. Kobyi, la première y étant fréquente.

Les espèces du sous-groupe de Trigonia Lusitanica sont les seules pour lesquelles on puisse établir une filiation. Quoique Trigonia Beirensis soit plus semblable à Trigonia Lusitanica que T rig. muricata, t'est entre ces deux dernières espèces que j'ai trouvé une série de passages. Les Trigonia Ribeiroi, Neumayri, Alcobacencis et muricata sont des espèces représentatives entre lesquelles je ne connais pas de séries bien complètes.

a. Groupe des Scaphoidene

Agassiz a pris comme type de ce groupe Trigonia navis, forme des plus caractérisée par son aspect triangulaire et sa face antérieure tronquée suivant un plan perpendiculaire à l'axe de la coquille et couverte de côtes qui ne la dépassent pas. Il à par contre commis l'imprudence de donner le nom de scapha à un moule dont il ne connaissait pas le test; la découverte de ce dernier n'a pas confirmé la troncature de la face antérieure que faisait prévoir le moule, aussi le nom de Trigonia scapha peut-il induire en erreur.

Je reproduis ici la description qu'Agassiz a donnée de ce groupe:

«Les Scaphoïdes sont caractérisées par leur forme triangulaire et la troncature de leur face «antérieure; les bords supérieur et inférieur sont arqués et convergent de manière à se terminer en une pointe tronquée; le corselet est grand et lisse; vers les crochets seulement on observe quel- «ques plis transverses; la carène qui sépare le corselet des flancs est peu marquée; les angles antécrieurs sont pourvus de grandes varices qui se prolongent sur la face antérieure; les flancs portent «des côtes transverses ornées de varices plus où moins distinctes; les lignes d’accroissement sont «très marquées sur le corselet et sur la face antérieure et aplatie de la coquille; on les aperçoit aussi «sur les flancs, quoique moins distinctement».

Lycett spécifie davantage ce que cette diagnose laisse sous-entendre au sujet des côtes: «Les «côtes forment deux séries, la plus grande, ou série postérieure, passe presque perpendiculairement «de la carène marginale au bord palléal; la plus petite série, ou série antérieure, a une direction gé- «nérale horizontale ou à angle droit avec l’autre série; ces dernières côtes sont courtes et parfois teraminées par une large varice, comme c'est le cas pour Trigonia navis».

Parmi les Scaphoides portugaises se trouve Trigonia Lorioli qui, par sa forme triangulaire et la troncature de sa face antérieure, l'aplatissement de ses flancs et la divergence de ses deux séries de côtes, pourrait servir de type à ce groupe; l'écusson et le corselet sont par contre ornés de plis vigoureux qui donnent lieu à de gros tubercules sur les carènes. Dans la diagnose de ce groupe, on devra donc intercaler le mot généralement dans les expressions: ccorselet lisse» et «carène marginale peu marquée» .

Lycett range dans ce groupe Trigonia duplicata et quatre espèces voisines provenant toutes du Dogger. Ces espèces ne se rapprochent de ce groupe que parce que leurs côtes postérieures sont parfois verticales, tandis que les autres caractères les en éloignent incontestablement. J'ai cru plus juste de les ranger parmi les Undulatae qui présentent aussi accidentellement des côtes verticales, comme on le verra surtout dans les formes anormales de Trigonia muricata.

TRIGONIA sp.

Le Toarcien de Thomar m'a fourni un exemplaire en très mauvais état, présentant de grosses côtes verticales où légèrement obliques, au nombre de 8 sur une longueur de 38 mill. La région antérieure n'est pas conservée.

TRIGONIA RENEVIERI, Choffat., 18835 PI. IL, fig. 5

Cette espèce m'est connue par deux échantillons à l'état de moules, présentant tous deux les deux valves étalées à côté l'une de l'autre. J'y rapporte avec doute trois échantillons de plus petite taille provenant de l’Arrabida.

Coquille triangulaire arrondie. Région buccale très étroite, ne formant pas un plan perpendiculaire à l'axe de la coquille, mais passant peu à peu aux flancs; elle est couverte de côtes horizontales. Région anale se rétrécissant peu à peu et se terminant par une pointe tronquée. Corselet large, couvert de stries fines, très serrées, limité par une carène marginale fortement accentuée; il parait être divisé en deux parties à peu près égales par un faible sillon. Ecusson inconnu. Bord palléal formant une courbe régulière se reliant par un angle à peine sensible à la courbe que forme le bord buccal. Flanes faiblement renflès présentant une faible dépression parallèle à la carène marginale, couverts d'une quinzaine de côtes légèrement obliques et légèrement courbées se dirigeant vers l'avant. Ces côtes sont formées par des tubercules de petite taille, non visibles dans l’exemplaire figuré, l'espace entre deux côtes est au moins le double de l'épaisseur de ces dernières. La valve correspondant à celle qui a été figurée montre une côte se bifurquant vers la moitié de la hauteur de la coquille. Dans l'exemplaire figuré, on remarque des traces de côtes dirigées en sens opposé qui occupent la dépression à l'avant de la carène marginale, ce qui le rapprocherait des Undulatae; ces côtes n’existent pas dans les autres exemplaires.

Variations.——Le Bathonien de l’Arrabida m'a fourni trois exemplaires incomplets qui ne paraissent différer de cette espèce que par une taille un peu plus petite et par les côtes un peu plus rapprochées les unes des autres.

Rapports et différences.— Comme on le voit, cette espèce s'éloigne beaucoup des Scaphoidae typiques (Trigonia Lorioli, T. Baylei, ete.), car sa face antérieure ne forme pas un plan perpendiculaire à l’axe de la coquille, ses flancs ne sont pas aplatis, et il n'existe pour ainsi dire pas d'angle à la jonction du bord buccal et du bord palléal.

L'espèce qui s’en rapproche le plus est Trigonia Spinifera, d'Orb., représenté pour la première fois par M. de Loriol, (H® Marne, p. 317, pl. XVUL, fig. 1-2). Trigonia Renevieri s'en distingue par sa forme moins renflée, sa carène marginale plus saillante, ses tubercules beaucoup plus petits et plus serrés, et enfin par la dépression qui accompagne la carène marginale, dépression qui ne parait pas exister chez Trigomia spinifera.

Gisements.—Strates supérieures du Bathonien de Porto de Moz: Bolleiros, Amaxeira.—Bathonien de lArrabida, au N. E. de Cezimbra.

TRIGONIA MACPHERSONI, Choffat, 1885 PI. JUL, fig. 6

Cette espèce ne m'est connue que par un moule intérieur, sur lequel quelques fragments de test cristallisé laissent voir la direction des côtes. Ne connaissant aucune espèce qui puisse se confondre avec elle, je ne vois pas d'inconvénient à la décrire comme espèce nouvelle.

Coquille triangulaire arrondie, peu renflée. Région buccale très étroite, la commisssure des valves formant un angle aigu et non pas un plan perpendiculaire à l'axe de la coquille; l'échantillon ne permet pas de voir les côtes ayant couvert cette face. Région anale se rétrécissant rapidement. Corselet large paraissant avoir été partagé longitudinalement par un sillon. Bord buccal formant une courbe se reliant sans former d'angle au bord palléal qui est à peu près droit. Flanes faiblement renflés, couverts de côtes verticales assez étroites, séparées les unes des autres par un intervalle dont la largeur n'excède pas celle des côtes. Le caractère des côtes est beaucoup mieux visible dans l’original que dans la figure.

Dimensions.—Longueur 30 mill., hauteur 25 mill., épaisseur 12 mill. (?).

Rapports et différences.—Par sa face antérieure aigue et non plane, cette espèce se rapproche de Trigonia Renevieri, dont elle diffère par sa forme plus allongée, son bord palléal moins courbé et par ses côtes beaucoup plus rapprochées.

Gisement.— Callovien supérieur, Cesaréda.

TRIGONIA LORIOLI, Choffat. 12835 PIN fe ta, b;ce, et fs18

Nombre d'exemplaires connus: 7.

Description. —Coquille triangulaire, comprimée, très inéquilatérale. Région buccale très étroite, formant un plan à angle droit avec l'axe de la coquille; la commissure des valves forme un angle rentrant près des crochets; elle est sur le même plan vers le milieu de la face et forme un angle obtus, saillant, vers le bord inférieur. La face buccale est limitée par de grosses varices qui se prolongent horizontalement jusqu'au bord de la coquille en formant des côtes fines, irrégulièrement tuberculeuses: d’autres côtes fines n'atteignant pas les flancs sont en outre intercalées entre celles qui se terminent par une varice. Région anale brusquement rétrécie et se terminant en une pointe tronquée.— Corselet plus large que la région buccale, concave, s’élargissant vers le bas, limité par une carène marginale et une carène interne peu arquées, très fines près des crochets, mais grossissant rapidement, couvertes de gros tubercules irréguliers, arrondis, qui donnent naissance à de nombreuses côtes étroites, mais passablement saillantes, qui couvrent l’écusson et le corselet. Ecusson long et large, au milieu duquel la commissure des valves forme un angle saillant. Fosse ligamentaire très courte, mais proportionnellement assez large.—Bord palléal formant une courbe très accentuée à sa partie antérieure, peu accentuée vers le milieu, et légèrement concave vers l'extrémité postérieure. Crochets aigus, aplatis, assez fortement courbés vers l'avant.

Les flancs sont couverts de fortes côtes au nombre de 16 à 18, surmontées de lamelles très saillantes, mais minces et obliques, ce qui donne à la côte une certaine apparence de spirale. Les 5 à 6 premières côtes sont concentriques, légèrement courbées, à concavité tournée vers les crochets: les suivantes forment une ligne oblique, presque verticale, dirigée vers l'avant: elles présentent une légère courbe dont la concavité est tournée vers l'arrière; elles deviennent peu à peu franchement verticales puis légèrement obliques, dirigées en sens contraire, c'est à dire vers l'arrière. Les 9 premières côtes se joignent très régulièrement aux côtes qui couvrent la face antérieure, les autres se terminent contre le bord palléal.

Dimensions: Longueur 32 mill., hauteur 28 mill., épaisseur 43 mill.

Rapports et différences.—Par ses côtes à concavité tournée vers l'arrière et les fortes carènes de son corselet, cette espèce se distingue de toutes les autres formes de ce groupe.

Gisement.— Etage lusitanien. Couches à grandes oolithes de Cesaréda.

TRIGONIA efr. BAYLEI, Dollfus PI. JUL, fig. 9

Trigonia Baylei, Aug. Dollfus, 1863. Faune Kimméridienne du cap de la Hève, page 65, pl. X, fig. 4-5.

Les couches à Pholadomya Protei du cap Mondégo, m'ont fourni un moule incomplet d'une Trigonie différant de Trigonia Lorioli par ses côtes à concavité tournée vers l'avant. Les ornements de l'area ne sont pas visibles. Par l'étroitesse des côtes et par sa région antérieure formant un plan perpendiculaire à l'axe de la coquille, cet exemplaire s'éloigne de Trigonia Spinifera et se rapproche de Trigonia Baylei, du Kimméridgien du Hâvre.

b. Groupe des Clavellatne, s. s.

Lorsque l'on a sous les yeux des exemplaires typiques appartenant aux Clavellatae et aux Undulatae, les caractères de ces deux groupes paraissent bien tranchés. Les espèces du premier groupe ont en effet des côtes concentriques passant régulièrement de la carène marginale au bord antérieur, tandis que celles du second groupe ont leurs côtes brisées ou anguleuses, soit vers le milieu de leur parcours, soit vers la carène marginale; tandis que les côtes du premier groupe sont toujours tuberculeuses, celles du second sônt souvent simples, soit sur la totalité de leur parcours, soit vers une ou vers les deux extrémités.

Lycett fait remarquer que les limites entre ces deux groupes ne sont nullement aussi tranchées qu'elles en ont l'air, car il arrive fréquemment que certaines espèces appartenant aux Clavellatae présentent des côtes ayant une sorte de coude ou d'angle vers le milieu ou vers la carène. J'ajoute que ces caractères doivent tout au plus servir à la séparation d'espèces, et que la distinction de Clavellatae et d'Undulatae n'a d'autre valeur que celle d'une coupure commode pour le groupement des espèces.

L'étude d'espèces portugaises basée sur un grand nombre d'individus, m'a montré que ces caractères peuvent non seulement être rencontrés dans le même groupe, mais qu'ils peuvent même l'être dans la même espèce, dont la forme moyenne peut présenter un passage entre ces deux groupes, tandis que les extrêmes pourraient être pris comme types de l'un ou de l'autre. Peut-être des matériaux abondants démontreront-ils que c'est le cas pour la plupart des espèces paraissant actuellement bien tranchées. En attendant, il me semble préférable de ranger toutes les espèces douteuses parmi les Undulatae et de ne laisser aux Clavellatae que les formes à côtes bien régulières. Ce groupe ne comprendrait en Portugal que deux espèces liasiques, et encore est-ce grâce à la modification que Lycett a fait subir aux Quadratae.

On sait qu'Agassiz rangeait dans le groupe des Quadratae toutes les Trigonies à formes élevées; Lycett a fait voir que ce groupe ne peut subsister qu'en le basant sur des caractères plus sérieux, et qu'en en excluant toutes les espèces qui n'y sont rangées qu'à cause de leur forme, il ne contient que des Trigonies crétaciques.

TRIGONIA THOMARENSIS, Choffat, 1885 PI. IUT, fig. 10 et 11

Trigonia Phillipsi, Choffat, 1880, page 31, non Morris and Lycett.

Nombre d'exemplaires étudiés: 11.

Description.— Espèce imparfaitement connue, plus haute que longue, inéquilatérale, moyennement convexe. Région buccale beaucoup plus courte que l’anale; son bord forme une courbe faible. régulière, qui se joint au bord palléal sans former d'angle. Région anale se retrécissant rapidement: l'extrémité n'est qu'imparfaitement connue, mais elle paraît avoir été coupée carrément.—Le corselet est large; il est séparé des flancs par une carène aigue, légèrement courbe, couverte de petits tubercules naissant à l'intersection des côtes du corselet avec cette carène; ces tubercules sont tantôt plus ou moins espacés, tantôt très rapprochés les uns des autres. Il ne sont pas conservés dans l’échantillon représenté fig. 10 et sont très imparfaitement rendus par la fig. 11. Un sillon faiblement indiqué partage le corselet en deux parties à peu près égales; il est couvert de côtes très étroites, saillantes, obliques, plus rapprochées vers les crochets que vers l’autre extrémité, se terminant sur la carène interne par un tubercule très petit, et sur la carène marginale par un autre tubercule tantôt aussi faible que celui de la carène interne, tantôt beaucoup plus fort. Ces tubercules sont surtout bien développés vers l'extrémité postérieure, mais alors ils ne correspondent pas à une seule, mais à plusieurs côtes. Ecusson étroit, atteignant les ?/3 de la distance entre le crochet et l’extrémité postérieure.—La forme exacte du bord palléal m'est inconnue. Bord cardinal très rapidement déclive de chaque côté. Crochets saillants, fortement infléchis en dedans. Flancs peu convexes, ornés de côtes obliques très arquées, régulières, à peu près égales, finement tuberculeuses; les intervalles sont plus larges que les côtes, mais la proportion n’est pas toujours la même; ils sont en outre un peu plus larges vers le milieu qu'aux deux extrémités, ce qui est aussi le cas pour les côtes. Les tubercules sont très étroits, à peine séparés les uns des autres. Je ne puis pas me rendre exactement compte du nombre de côtes; dans l’exemplaire le mieux conservé il est supérieur à 15.

Rapports et différences.— Trigonia Thomarensis est voisin des Trigonia formosa et striata qui en Angleterre se trouvent dans le Bajocien et le premier en outre dans les «supraliasic sands»; il s’en distingue par ses côtes beaucoup plus relevées à la région antérieure et moins espacées, et par sa forme plus élevée. Par ses côtes et son corselet, il se rapproche de Trigonia Phillipsi, du Bajocien, mais il S'en distingue par sa forme générale, ce dernier étant allongé et non élevé.

Gisements.— Couches à Ammonites Aalensis, Peniche et Thomar.

TRIGONIA efr. PHILILIPSI, Mor. and Lyc.

PI. IL, fig. 12

Trigonia striata, Agassiz, 1840, Trigonies, pl. IV, fig. 12 (non fig. 10 et 11). » Phillipsi, Mor. and Lye., 14853, Great oolite, pl. VI, fig. 1, pase 62. » » Lycett, 1872, Trigoniae, pl. VL fig. 3-4. » » Choffat, 1880, pag. 26.

rs

Les couches à Am. Aalensis de Peniche m'ont fourni 3 échantillons d'une Trigonie ne différant de Trigonia Thomarensis que par des côtes un peu plus espacées et par une forme allongée, ce qui les rapproche de Trigonia Phillipsr.

c. Groupe des Undulatne.

Les Undulatae étaient déjà considérés par Agassiz comme un groupe de passage. J'y range Trigonia duplicata, Sow. qui n'a ni la forme triangulaire, ni la face antérieure plane des Scaphoïdae, quoiqu'ayant des côtes dans deux directions, ce qui arrive fréquemment chez les Undulatae; (voyez Trigonia subglobosa, Lye., pl. XIE, fig. 8-10; voyez aussi les diformités de Trigonia muricata, et Surtout Trigonia Alcobacensis).

Les autres espèces portugaises que je rapporte à ce groupe forment un sous-groupe bien distinct, comprenant entre autres Trigonia muricata, généralement rapporté aux Clavellatae, faute d'être suffisamment connu, et Trigonia Lusitanica, forme mixte que Pictet range parmi les Quadratae et Lycett parmi les Scabrae. Cet auteur en faisait un sous-groupe des Scabrae, caractérisé par la présence simultanée de l’écusson orné de ces derniers et du corselet des Clavellatae. Tai déjà dit que l'écusson des Undulatae est par fois orné; en outre, la liaison entre Trigonia Lusitanica, Trigonia Beirensis et Trigonia muricata est trop intime pour que l’on puisse les ranger dans des groupes différents, et ces deux dernières espèces présentent pourtant un écusson généralement lisse. Un caractère des plus importants éloigne du reste Trigonia Lusitanica du groupe des Scabrae, c'est la position du ligament qui est franchement en arrière des crochets, tandis que d'après Lycett, sa position entre les crochets est un des caractères principaux des Scabrae.

De même que les espèces portugaises du groupe des Glabrae, ce sous-groupe présente, à l'intérieur de la coquille, le bourrelet longitudinal qui sépare le canal excréteur du canal respiratoire, (pl IX, fig. 21, pl. X. fig. 11), caractère bien marqué dans les Scabrae; suivant les échantillons, ce canal se traduit au dehors par une ouverture allongée (pl. VIE fig. 2 b et 7 b, pl. VUE, fig. 16 b, pl. X, fig. 7). Ce sous-groupe présente encore un autre caractère commun avec les espèces portugaises du groupe suivant: la présence d’une petite échancrure en avant des crochets, échancrure très variable suivant les individus (pl. VII, VIIT et X).

En ne prenant en considération que les exemplaires à côtes peu ou pont coudées, on devrait ranger ce sous-groupe dans les Clavellatae, mais leurs passages aux échantillons à côtes fortement coudées sont trop insensibles pour les considérer comme appartenant à deux espèces, à plus forte raison à deux groupes différents. Ce sous-groupe présente en outre quelques formes anormales qui se rapporteraient au groupe des Scaphoideae.

TRIGONIA DUPLICATA, Sovw.

PL. IL, fig. 13-16

Trigonia duplicata, Sow., 1819, Min. Conch., pl. 237, fig. 4. » » Mor. and Lyc., 1854. Great Oolite, pl. VE, fig. 2. » » Lycett, 4872. Fossil Trigoniae, pl. L fig. 8-10, p. 14.

Je ne connais cette espèce que des calcaires compactes qui forment le Bajocien de l'Arrabida, d'où les collections en possèdent 18 exemplaires, quelques-uns en empreintes extérieures, laissant

parfaitement suivre tout le détail des côtes, les autres en moules intérieurs laissant entrevoir leur direction générale. Ces exemplaires sont tous plus petits que ceux que représente Lycett. Le plus grand a 27 mill. de long sur 21 de haut. Un autre plus élevé a 22 de long sur 20 de haut. Il y a donc une variation dans le rapport entre la longueur et la hauteur.

Lycett s'exprime de la manière suivante au sujet de cette espèce: «Peu de Trigonies ont au- «tant de variabilité que Trigonia duplicata, autant dans la forme générale que dans l'arrangement des «séries de côtes...» Malgré cela, il en sépare Trigonia gemmata et T. recticosta provenant du même niveau et qui ne sont probablement que des variétés géographiques d’une même espèce.

Les rares exemplaires portugais qui laissent distinguer l’ornementation ne m'ont pas permis de constater la bifurcation des côtes que l’on observe dans les fig. 8 et 9 de Lycett; ils se rapportent plutôt à la fig. 10 de la même espèce, et à la fig. 6 de Trigonia recticosta. Ces diverses formes se présentent ensemble dans le même morceau de roche; il n'y a donc aucun intérêt stratigraphique à les distinguer les unes des autres, ce qui pourrait peut-être se faire si l’on parvenait à en recueilir un nombre suflisant d'exemplaires discernables.

Gisements.—En Portugal, cette espèce n’a été rencontrée que dans le Bajocien de l'Arrabida; elle se trouve au même niveau en Angleterre et en France.

TRIGONIA BEIRENSIS, Choffat, 1885 PI. III, fig. 17-21

Cette Trigonie ne m'est connue que par des moules intérieurs et des contre-empreintes, sauf un exemplaire qui à conservé son test mais qui s'éloigne de la forme la plus commune. J'en connais 20 exemplaires, presque tous en mauvais état, je ne puis donc pas me faire une idée bien nette de ce qu'elle devait être; je lui donne pourtant un nom à cause de son importance stratigraphique et parce que l'ensemble de ses caractères ne permet pas de la confondre avec les autres espèces du même groupe.

Description. —Coquille allongée, peu haute, paraissant avoir eu peu d'épaisseur, très inéquilatérale. Région buccale extrêmement courte, arrondie. Région anale en général très allongée, très peu rétrécie, arrondie à son extrémité. —Le corselet est séparé en deux par un sillon peu profond, il est séparé des flancs, au-dessous des crochets, par une carène qui se perd pour être remplacée par un angle très arrondi. Il est couvert de rides fines, se relevant sur les deux carènes et au bord du sillon sous forme de lamelles ou tubercules allongés. L’unique exemplaire qui laisse voir les détails de l'écusson, montre les lamelles du corselet le traversant dans sa partie supérieure, tandis qu’elles atteignent à peine le tiers de sa largeur à l’autre extrémité.— Bord palléal peu arqué; bord cardinal très déclive du côté buccal, à peu près parallèle au bord palléal et légèrement arqué du côté anal. Crochets aigus, très peu élevés. Les flancs sont peu convexes et ornés de séries de tubercules dirigées d'abord presque verticalement vers le bord palléal, puis changeant brusquement de direction pour courir horizontalement ou même se relever en sens contraire. La partie marginale est parfois formée par une côte simple ou faiblement tuberculeuse. Dans quelques exemplaires, la différence de la partie marginale et de la partie médiane n'est que très faible, ou bien les côtes s’infléchissent fortement pour se relever sous le même angle. Vers la région antérieure, elles se bifurquent en formant un coude plus ou moins marqué. Ces côtes sont en général assez espacées et sont au nombre de 14 dans plusieurs exemplaires. Dans d’autres, elles sont au contraire fort rapprochées et composées d'un plus grand nombre de tubercules. Comme variation en sens contraire, je citerai l’exemplaire reproduit fig. 20, qui est muni de son test.

Avril, 1885. 4

Variations.— Trois exemplaires du cap Mondégo présentent des côtes ployées en V, la branche antérieure étant fréquemment bifurquée; ils ont une forme beaucoup plus haute que ce n’est le cas pour les autres échantillons (fig. 19).

Rapports et différences. — Par la différence entre la partie marginale et la partie médiane de ses côtes, Trig. Beirensis se rapproche de Trig. Lusitanica dont il diffère par sa forme peu élevée, à bords postérieurs presque parallèles, et par ses tubercules de taille beaucoup plus petite comparativement au nombre de côtes.

Les variétés sub-cylindriques de Trigonia Lusitanica (pl. VIE, fig. 16) se distinguent de Trig. Beirensis par une épaisseur beaucoup plus grande et des tubercules plus forts. Trig. Beirensis se rapproche de Trig. muricata par ses tubercules faibles, mais la forme de ce dernier est beaucoup plus élevée, sauf dans la variété subeylindrique. (PI. VI, fig. 17).

Gisements.— Couches à Pholodomya Protei. Cap Mondégo; San Jorge près Batalha; route de Leiria, à environ 10 km. d'Ourem; Alcobaça; Massif de Porto de Moz: Matta de Rei, Pragoza, Livramento. Exemplaires douteux: Pombal, Plateau de Cesaréda.

TRIGONIA MURICATA, (Goldf.) PL. V, pl. VI, fig. 14-17

Lyrodon muricatum, Goldfuss, 1834-1840, Petrefacta Germaniae, 2° part., pag. 201, pl. CXXX VI, fig. 4. Non Trig. muricata auctorum, non Sharpe, pag. 173 et pag. 191.

Nombre d'exemplaires étudiés.—Près de 300, munis de leur test, mais ne présentant souvent qu'une seule valve.

Description. —Coquille plus longue que haute, en général passablement allongée, peu épaisse. ayant sa plus grande épaisseur à {/3 au-dessous des crochets. Région antérieure très courte, coupée carrément au-dessous des crochets, où elle forme une petite face à peu près plane: arrondie vers la région palléale. Région postérieure allongée, rétrécie, acuminée, tronquée très obliquement à son extrémité qui est formée par une ponte mousse.

Une carène très oblique, à peine arquée, limite le corselet; cette carène est fortement saillante vers les crochets où elle est formée par des tubercules aigus; elle S'affaiblit en se rapprochant de l'extrémité postérieure où elle est complètement mousse.

Le corselet est partagé longitudinalement en deux par un sillon profond, vers lequel est mclinée la partie interne, tandis que la partie marginale tombe brusquement dans le sillon, mais est inclinée vers les flanes. Il est couvert de rides obliques, fortement saillantes vers les crochets, tandis qu'elles sont plus serrées et moins fortes vers l'extrémité. Leur force varie du reste d’un échantillon à l’autre. Dans quelques exemplaires, ces stries sont renflées au contact du sillon médian, formant ainsi des lamelles saillantes ou plutôt des tubercules allongés, qui ne donnent pas lieu à une carène. La carène interne porte des tubercules très étroits, aigus, se prolongeant en lamelles obliques, en sens inverse de celles qui couvrent le corselet, c’est-à-dire dirigées vers le bas. Ces lamelles vont généralement mourir vers la moitié de la largeur de l’écusson; chez quelques exemplaires, elles le traversent complètement, tandis qu'elles sont atrophiées chez d’autres, de sorte que l'écusson de ces dernières est complètement lisse, ou bien ne présente que quelques rares tubercules irréguliers (fig. 8). — Bord palléal légèrement arqué, passant au bord antérieur par une courbe régulière.

Les flancs sont couverts de tubercules coniques, aigus, très serrés, se prolongeant parfois vers le bas par une arrête étroite se perdant peu à peu; ils forment de 18 à 25 séries dans les exemplai-

res adultes; ces séries partent des tubercules de la carène marginale avec laquelle elles forment un angle variable; elles se dirigent suivant une courbe régulière en travers de la coquille, mais prennent une direction moins oblique, soit à la moitié, soit aux deux tiers de leur parcours. Ce changement de direction est accompagné pour quelques côtes d’une bifurcation, donnant souvent lieu à un angle plus ou moins accentué; cet angle se présente parfois sans qu'il y ait bifurcation. Les côtes qui se rapprochent le plus du bord palléal se continuent parallèlement à celui-ci par des rangées de tubercules étroits se confondant l’une avec l’autre. Les trois ou quatre dernières côtes meurent contre le bord palléal sans avoir de prolongement: celles qui sont au-dessus se terminent contre la partie inférieure du bord antérieur, en présentant jusqu’à la fin des tubercules plus ou moins bien formés, tandis que celles qui aboutissent à la partie plane de la face antérieure se rétrécissent rapidement en formant une arrête à peine tuberculée, et se terminent avant d'atteindre le bord de la coquille. L'espace qui sépare les côtes est de la même largeur que ces dernières, ou parfois un peu plus large ; il est couvert de stries concentriques assez fortes.

Variations, difformités et passage à Trigonia Lusitanica.—Les couches à Lima alternicosta de Consolaçäo contiennent des exemplaires dont la taille et les dimensions rappellent Trig. Ribeiroi, dont ils se rapprochent encore par le peu de largeur de l’écusson. Je n'hésite pas à les classifier comme Trig. muricata, car leurs côtes sont plus obliques que chez Trig. Ribeiroi, et elles sont formées par des tubercules aigus et bien détachés les uns des autres qui existent jusqu'au bord antérieur, ce qui n’est jamais le cas chez ce dernier.

J'ai déjà appelé lattention sur les différences que l’on remarque dans l'allure et le nombre des côtes, le rapport entre la hauteur et la longueur de la coquille, et dans la position du crochet. Les fig. 1 à 10 nous montrent les formes fréquentes de cette espèce, tandis que celles qui suivent représentent des faits exceptionnels. Les fig. 9 et 10 sont déjà plus allongées que de coutume, la première ayant les crochets plus médians que ce n’est généralement le cas, la deuxième ayant les dernières côtes formant un angle aigu avec la carène marginale, comme c’est le cas pour Trig. Lusitanica (cette figure a fort mal réussi).

Les fig. 18 à 23 montrent ce caractère encore mieux prononcé; ce sont de vrais passages à Trig. Lusitanica, dont quelques rares exemplaires typiques se sont du reste trouvés mélangés à Trig. muricata dans le gisement d’Alcobaça. On verra plus de détails à leur sujet dans l'explication de la planche. Les uns proviennent des couches d’Alcobaça, les autres du Ptérocérin.

Il me reste à parler de quelques exemplaires rencontrés avec les formes normales, et que l'on devrait classifier comme espèces particulières si les passages ne montraient pas qu'on n'a affaire qu'à des difformités.

Les uns présentent des contours anguleux, une élévation plus grande que la forme normale, des crochets plus élevés et des côtes plus étroites, à tubercules plus serrés, passant parfois à des cordons à nœuds à peine indiqués; ils ont en général une carène marginale aiguë.

L'exemplaire représenté fig. 11, nous montre déjà les lignes de nœuds remplacées par des cordons, quoique dans le reste de ses caractères il ne se distingue pas de Trig. muricata normal.

Les fig. 12 et 13, tout en présentant de grandes analogies avec la précédente, montrent des crochets plus aigus et des côtes plus melinées. Les coudes formés par les côtes se trouvent l’un audessous de l’autre, composant une ligne verticale qui présente l'aspect d'une rupture avec compression dans le sens antéro-postérieur. J'ai 2 autres exemplaires appartenant à ce type, mais ils sont moins bien caractérisés.

Fig. 14 montre une forme encore plus élevée; les côtes sont par contre noduleuses, leur coude est très rapproché de la région antérieure.

Fig. 15 se rapproche de la précédente par sa forme générale et par ses côtes droites, mais comme elles vont buter contre le bord inférieur, on pourrait au premier abord la prendre pour une Trigonie du groupe des Scaphoideae. Les flancs sont par contre arrondis, ce qui détermine une face

antérieure ovale, à commissure aiguë, et non pas étroite, plate et à côtés presque parallèles comme c'est le cas pour ce groupe.

Les fig. 16 et 17 montrent des formes très basses, la dernière subeylindrique, à crochets situés à l’avant, ce qui la rapproche de Trig. Beirensis.

Historique.—Il est certainement bien peu d'espèces qui aient donné lieu à autant de confusion que Trig. muricata. Dans ses Petrefacta Germaniae, Goldfuss figure deux Trigonies provenant du Portugal et se trouvant au musée de Bonn. Il considère l'une comme une variété de son Lirodon literatum, et, comme provenance, indique «Torre Vedras». Il indique deux niveaux pour son Lirodon literatum, le Dogger et l'Oxfordien. Le deuxième échantillon figuré par Goldfuss est nommé Lyrodon muricatum, et indiqué comme provenant des environs de «Torre Vedras», sans mention de l'étage.

En 1839, Roemer applique le nom de Trig. muricata, Goldfuss, à une espèce du Portlandien de Goslar, mais sans en donner de figure et en se bornant à reproduire la diagnose donnée par Goldfuss.

En 1840, Agassiz mentionne Trig. muricata, Goldfuss, parmi les Clavellatae, comme espèce jurassique dont l'étage est inconnu.

En 1849, Sharpe décrit Trig. Lusitanica, en y rapportant avec doute les fig. 5 ec et 5 d de Goldfuss. Se basant sur le gisement indiqué par Goldfuss, il considère les variétés de Trig. Lusitanica à côtes nombreuses comme appartenant à Trig. muricata, constate que les deux espèces se trouvent dans les mêmes gisements, et émet l'opinion qu'elles pourraient bien appartenir à une même espèce, la seule différence qui les sépare consistant dans les tubercules plus petits chez Trig. muricata et formant des rangées en nombre presque double de celui que l'on observe chez Trig. Lusitanica.

Plus tard, de nombreux auteurs rapportèrent des Trigonies clavellées à Trig. muricata. Je citerai Agassiz, Thurmann et Etallon, Dollfus, Seebach, Bayle, Lycett.

L'exemplaire figuré sous ce nom par Thurmann et Etallon (Lethea, pl. XXV, fig. 1), présente des tubercules serrés, formant des rangées à courbe faible, parfaitement régulière, ne présentant ni coudes ni bifurcation. Celui qu'a fait figurer Bayle (pl. CXX, fig. 3 et 4) diffère de l'espèce portugaise par des tubercules beaucoup plus espacés, formant des rangées espacées elles mêmes, et n'aboutissant pas à la carène marginale, ainsi que par la régularité des stries qui couvrent le corselet et surtout par la régularité des nœuds formant les carènes interne et médiane.

Lycett (pl. IX, fig. 1 et page 51) a fait figurer des exemplaires fort incomplets qui présentent aussi des rangées de tubercules beaucoup trop espacées; les carènes portent en outre des nœuds arrondis et non pas de simples renflements allongés comme c'est le cas dans l'espèce portugaise.

La forme hanovrienne, assimilée par Roemer au Trig. muricata n'a pas encore été figurée, mais Struckmann à reconnu qu'elle correspond au Trig. Alina et non au Trig. muricata (1878, p. 87).

Les deux Trigonies portugaises que Goldfuss à fait figurer faisaient sans doute partie d’une ancienne collection: elles portaient probablement toutes deux l'étiquette: «Œnvirons de Torre Vedras» sans désignation de niveau. Il n'y a aucun doute que le Lyrodon literatum provienne du Ptérocérin des environs de cette localité, et qu'il appartienne à Trig. Lusitanica. Quant au Lyrodon muricatum, j'ai la conviction qu'il ÿ a eu erreur dans la désignation de provenance, et qu'il est originaire des environs d'AlcobaÇça ou de Batalha.

Dans les environs de Torres Vedras, il n'existe de Trigonies tuberculées que dans les couches à Lima alternicosta et le Ptérocérin.

Dans les couches à Lima alternicosta de cette contrée, on ne trouve que de très rares exemplaires de Trig. Juntoensis empâtés dans une roche dure, tandis que l'exemplaire de Goldfuss a conservé les délicates lamelles du corselet; les caractères de l'espèce et ceux de la conservation nous montrent donc que ce n'est pas de cette zone qu'il a pu provenir. Dans le Ptérocérin, on trouve en grande abondance Trig. Lusitanica qui, dans ses formes extrêmes, passe à l'espèce d'Alcobaça; mais, quoique j'en aie examiné plus de 500 exemplaires, je n’en ai trouvé aucun qui ressemble à celui qu'a

figuré Goldfuss; ceux qui ont les tubercules petits, comme c'est le cas dans cette figure, en diffèrent par la partie marginale des côtes, qui est droite au lieu de former une courbe régulière avec le reste de la côte; ceux qui ont une courbe à peu près régulière en diffèrent par la grosseur des tubercules. Un autre caractère qui me porte à adopter cette manière de voir est l’ornamentation de l’area, forte sur le corselet et faible sur l'écusson, caractères que je n'ai jamais trouvés réunis dans l'espèce du Ptérocérin.

Il est à peu près certain que l’exemplaire de Goldfuss ne provient pas de Consolaçäo, car Trig. muricata se présente dans cette localité en exemplaires relativement petits et encroutés, caractères qui ne correspondent pas à l’exemplaire figuré.

Si le voyageur qui a récolté les exemplaires décrits par Goldfuss était un touriste, il est probable qu'il se sera rendu de Lisbonne à Batalha en passant par Torres Vedras et Alcobaça, d’où l'on voit la facilité de confondre les gisements.

Il découle de ce qui précède que l'original de Trig. muricata [provient des environs d’Alcobaça ou de Batalha, et que c'est done aux formes de ce gisement que l'on doit appliquer le nom de muwricata; et en outre, que Sharpe n’a pas connu le véritable Trig. muricata. Croyant qu'il provenait de Torres Vedras, il lui à rapporté les exemplaires de Trig. Lusitanica présentant des côtes et des tubercules serrés.

Rapports et différences.— J'ai suffisemment parlé des Trigonies que l’on a rapportées à Trig. muricata, pour ne pas avoir à revenir sur les Trigonies analogues du reste de l'Europe. Quelques exemplaires anormaux pourraient, il est vrai, être rapportés à telle ou telle espèce, mais je ne vois aucun intérêt à faire ces rapprochements.

Parmi les espèces portugaises, les formes les plus voisines, Trig. Beirensis et Trig. Lusitanica, s’en distinguent par la différence d'allure entre la partie marginale et la partie centrale des côtes. Trig. muricata se distingue en outre de la première par une forme plus élevée, et de la seconde par son écusson plus étroit, à peu près lisse, et son corselet orné de stries fortes, tandis que l’écusson de Trig. Lusitanica est fortement orné et que son corselet ne l’est que très faiblement.

Certains exemplaires ne peuvent pas être rapportés avec certitude à l’une ou à l’autre de ces trois formes.

Gisements.— Couches à Pholadomya Protei, partie supérieure: Alcobertas (4). Couches d’Alcobaca, partie supérieure (5): Alcobaça, Porto de Moz, Batalha. Couches à Lima alternicosta, Fort de Consolaçäo (3).

TRIGONIA ALCOBACENSIS, Choffat., 1885 PL. IV, fig. 136

Nombre d'exemplaires étudiés: 50, munis de leur test, mais fréquemment encroutés.

Description.— Coquille plutôt ovoide que triangulaire, renflée, très inéquilatérale. Région buccale très-courte, arrondie. Région anale faiblement rétrécie à partir du crochet, formant un angle arrondi à son extrémité. Corselet étroit, limité par une carène anguleuse près du crochet, très obtuse sur le reste de son parcours, formée par le ploiement des côtes qui couvrent les flancs, sans qu'il soit accentué par un tubercule; il est à peine arqué; un relèvement des côtes analogue à celui de la carène marginale le sépare de l’écusson. Un sillon profond le partage en deux parties mégales. Sa surface est couverte de fortes rides ondulées présentant l'aspect de lamelles chez quelques échantillons. Ces lamelles sont le résultat soit du prolongement, soit de la bifurcation des côtes qui couvrent les flancs: elles traversent le corselet et s’avancent jusqu'à la moitié de l'écusson, chez quelques exem-

plaires, elles le traversent complètement. Ecusson lancéolé, couvert de rides d'accroissement et des lamelles précitées. Bord palléal arqué. Bord dorsal abrupt du côté buccal, déclive du côté anal. Grochets généralement renflés, parfois comprimés.

Les flancs sont couverts de côtes arquées, nombreuses, rapprochées, commençant à la carène marginale par un simple cordon, souvent recourbè vers le bas au contact de la carène; à une faible distance de la carène, elles se transforment en séries de tubercules pour passer de nouveau à l'état de cordon sur la région antérieure. Dans quelques exemplaires, les côtes qui couvrent les crochets présentent des tubercules jusqu'à la carène marginale. Les premières côtes sont en général simples» les côtes médianes se bifurquent ou se trifurquent en arrivant vers le milieu de la coquille; les côtes provenant de cette division présentent souvent des chevrons parfois fortement accentués. Les dernières côtes sont généralement simples.

Le nombre de côtes se détachant de la carène marginale varie de 25 à 35.

Dimensions.—Exemplaire fig. 18: longueur 53 mill., hauteur 45 mill., épaisseur 35 mill. ; autre exemplaire: longueur 48 mill., hauteur #1 mill., épaisseur 31 mil.

Rapports et différences. —Par ses côtes divisées en trois parties, Trig. Alcobacensis Se rapproche de Trig. Ribeiroi, dont il diffère complètement par la finesse de ses côtes et leur nombre beaucoup plus grand.

Gisements.

Couches d'Alcobaca partie supérieure. Avec Trig. muricata dans les environs d’Alcobaça, principalement à Fonte Santa et à Fonte do Ouro. J'en ai trouvé plusieurs exemplaires à Salgados (10 km. W. d'Alcobaca) dans des couches qui appartiennent probablement au même niveau. Un fragment présentant tous les caractères de cette espèce provient en outre de Maceira, des couches à Lima alternicosta.

TRIGONIA NEUMAYHRI, Choffat., 1885 PL. IV, fig. T a, b,e

Nombre d'exemplaires étudiés : 4.

Description.— Coquille plus longue que haute, très renflée, ayant sa plus grande épaisseur audessous des crochets. Région antérieure très courte, renflée, sauf au-dessous des crochets où se trouve une petite face à peu près plane. Région postérieure allongée, rétrécie, acuminée, tronquée très obliquement à son extrémité qui est formée par une pointe mousse.—Une carène très oblique, à peine arquée, limite le corselet: cette carène est formée par un cordon vers les crochets; elle s’affaiblit en se rapprochant de l'extrémité anale où elle est complètement mousse, ne présentant pas même de tubercules. Le corselet est partagé longitudinalement en deux parties inégales par un sillon beaucoup plus rapproché du bord interne que du bord marginal. Il est couvert de rides obliques, très fortes, ondulées, se terminant contre l'écusson par un petit tubercule: elles forment le prolongement des côtes qui couvrent les flancs, sauf quelques-unes qui sont intercalées. L’écusson est lisse dans le seul exemplaire qui le présente. Bord palléal arqué, passant au bord antérieur par une courbe assez régulière. Flanes couverts de tubercules proéminents, arrondis, formant environ 25 séries partant de la carène marginale pour se diriger suivant une ligne courbe vers le bord palléal et vers la face antérieure. Les premières côtes traversent la face antérieure sous forme de cordon, les côtes médianes se bifurquent et les dernières côtes aboutissent régulièrement au bord palléal.

Dimensions. — Longueur 60 mill., hauteur 47 mill., épaisseur maxima 38 mill.

Rapports et différences.— Cette Trigonie appartient au même groupe que Trigonia muricata dont elle forme une espèce substituante. Elle s'en distingue par sa forme beaucoup plus renflée, par ses tubercules arrondis et formant des lignes beaucoup plus régulières et plus rapprochées les unes des autres, et enfin par la force des rides ondulées qui couvrent le corselet. Les différences avec Trigonia Ribeiroi et Trig. Alcobacensis sont trop sensibles pour être signalées.

Gisements.— Couches à Lima alternicosta; je n'en connais que 4 exemplaires, provenant tous quatre de Sobral da Lagoa.

TRIGONIA RIBEIROI, Chofrat. 1885 PI. IV, fig. 8 et 9

Nombre d'exemplaires étudiés: 23, dont la plupart en mauvais état.

Description.—Coquille inéquilatérale, peu renflée. Crochets situés en arrière du tiers antérieur de la coquille: région buccale arrondie, région anale peu acuminée, très obtuse à son extrémité. Une carène oblique fortement accentuée sépare les flancs du corselet: cette carène est formée par le passage des côtes, accentué par un petit tubercule aigu. Le corselet est partagé en deux parties inégales par un faible sillon, il est couvert de rides très fortes formant le prolongement des côtes qui couvrent les flancs; ces rides s’arrètent au contact de l’écusson sans former de carène. L'écusson est très étroit et lisse.—Bord palléal arqué, se réunissant à la ligne buccale sans former d’angle. Flanes présentant une dépression étroite au contact de la carène marginale; ils sont couverts de côtes se détachant de la carène et dessinant une courbe régulière jusqu'au milieu des flancs; de là, ils remontent brusquement en formant un angle plus ou moins aigu, ou bien ils présentent une partie médiane horizontale plus où moins irrégulière. Les côtes sont composées de tubercules mousses, de petite taille vers la carène et très gros vers le milieu, tandis que la partie antérieure, qui occupe au moins 1/3 de la longueur de la coquille, n’est plus tuberculeuse mais est formée par un simple cordon.

Dimensions; Longueur 42 mill., hauteur 37 mill., épaisseur maxima 26 mill.

Rapports et différences. —Comme Trigonia Noumayri et Trig. Alcobacensis, Trig. Ribeiroi est une espèce substituante de Trig. muricata. I se distingue de ces trois espèces par le peu de renflement des flancs, la position moins excentrique des crochets et son extrémité anale large et obtuse.

D'autres différences existent en outre dans l’ornementation des flancs et de l’area. Chez les trois espèces substituantes, les rides du corselet sont beaucoup plus accentuées que chez Trigonia muricata. Trigonia Ribeiroi S'en distingue en outre par son écusson étroit, par sa partie antérieure des côtes qui est simple, ce qui n'arrive qu'exceptionnellement chez Trig. muricata, qui de plus a des tubercules aigus, tandis qu'ils sont mousses chez Trig. Ribeiroi.

Un exemplaire de Buffarda présente la forme allongée de Trigonia Neumayri; il est par contre moins renflé. Par la finesse et la régularité de ses tubercules, il se rattache aussi à cette espèce, tandis que la partie antérieure des côtes, qui est formée par des cordons, me le fait classifier comme Trigonia Ribeiro.

Trigomia Alcobacensis S'en rapproche par ses côtes formant des cordons à l'extrémité buccale ; il s'en éloigne par la partie marginale des côtes infléchie et beaucoup plus oblique, par ses côtes plus fines, plus serrées, couvertes de tubercules plus petits et aigus, et enfin par son écusson orné.

Trigonia Ribeiroi à de grands rapports avec les Trig. geographica et Parkinsoni, Ag., mais il sen distingue par la partie marginale de ses côtes qui se rétrécit, présentant des tubercules beau-

coup plus petits où formant même des cordons, tandis que chez Trig. geographica les tubercules grossisent au contraire en se rapprochant de la carène marginale.

Gisements.— Trois exemplaires en mauvais état me paraissant appartenir à cette espèce, proviennent du niveau corallien d'Amaral, de la localité de Panasqueira. Les couches à Lima alternicosta forment son niveau principal; j'en ai 2 exemplaires de Cesaréda, 2 de Buffarda, 4 d’Athouguia, 18 de Ja chaîne du Montejunto (Casaes gallegos), et un exemplaire de Fetaes, au NO. d’Arruda. Cette espèce occupe done une aire géographique située au sud des gisements de Trigonia Neumayri et, à plus forte raison de 7rig. muricata, sauf toutefois le gisement de Consolaçäo.

TRIGONIA LUSITANICA, Sharpe PI. VI, fig. 18-23 (?), pl. VIL, pl. VI, pl. IX, fig. 19-21

Lyrodon literatum. Goldfuss, 1834-1810, p. 200, pl. 436, fig. 5 c et d;, non Phillips. Trigonia Lusitanica, Sharpe, 1849, p. 190, pl. XXIL, fig. 4 a et b.

» muricata. Sharpe, 4849 (non Goldfuss), p. 173 et 194.

» Lusitanica, Pictet, 186-1867. Crétacé de Ste Croix, 3° partie, p. 385.

» Lusitanica, Lycett, 1875-1879, p. 415 et 227. (Ces deux derniers auteurs considèrent cette espèce comme crétacique).

Sur 500 exemplaires de cette espèce que j'ai eu entre mains, je n'en ai pas trouvé deux qui soient parfaitement semblables; la diagnose d’une espèce aussi variable doit donc laisser une grande latitude; le caractère auquel on la reconnaitra toujours, sauf quelques formes extrêmes liant cette espèce à Trig. muricata, consiste dans la différence qui existe entre la partie marginale et la partie médiane des côtes. La première est étroite, soit simple, soit portant des tubercules très petits, dirigée presque perpendiculairement vers le bord palléal, tandis que son prolongement a lieu par des rangées de tubercules devenant presque subitement beaucoup plus gros que ceux de la partie marginale et ayant une direction oblique, quelquefois même horizontale.

J'ajouterai à cela, comme caractère essentiel, le corselet couvert par des stries d'accroissement très fines, tandis que l’écusson présente de grosses arêtes transversales.

Description.— Coquille présentant un rapport variable entre la hauteur et la longueur, généralement ovalo-triangulaire, très inéquilatérale. Région buccale très courte, coupée carrément au-dessous des crochets où elle forme généralement une surface à peu près plane, parfois même concave dans les exemplaires à côtes espacées, tandis qu'elle est arrondie dans les exemplaires à côtes nombreuses (pl. VIIE, fig. 16). Région anale allongée, graduellement rétrécie à partir des crochets, légèrement arquée, tronquée obliquement à son extrémité.—Près des crochets, le corselet est séparé des flancs par une carène aiguë, légèrement tuberculeuse, qui disparait peu à peu pour faire place à un angle très obtus, couvert seulement par les rides d'accroissement. Ces dernières couvrent le corselet qui est séparé en deux par un sillon assez profond. Près des crochets, le corselet présente des arêtes transversales assez vives. Ecusson plus où moins large, couvert par de fines rides d’aceroissement et par des arêtes transversales qui le parcourent généralement dans toute sa largeur (pl. VIH, fig. 7 b). Chez quelques exemplaires, ces arêtes ne se sont formées que dans la jeunesse (fig. 8 4), ou bien elles ont subi un arrêt temporaire pour faire une nouvelle apparition passagère (fig. 2 b). Fosse ligamentaire lancéolée, ligament court.—Bord palléal plus ou moins arqué; bord cardinal très déclive du côté buccal, parfois abrupte (fig. 2 à), formant une ligne légèrement arquée du côté anal. Crochets élevés, plus où moins éloignés du bord antérieur.

Les flancs sont plus où moins bombés, couverts de côtes simples ou à peine tuberculées aux

deux extrémités, se dissolvant en séries de tubercules vers le milieu. La partie marginale de ces côtes est presque verticale, tantôt dirigée vers l'avant (fig. 13), tantôt vers l'arrière (fig. 4 à G partie médiane présente parfois des tubercules ne formant pas de rangées bien définies (fig. 6 e généralement ils forment des rangées obliques, plus rarement horizontales (fig. 2 et 5).

Dans chaque exemplaire, une ou plusieurs de ces côtes se bifurquent en s’approchant de la face antérieure. Cette bifurcation à généralement lieu avec un coude plus ou moins prononcé, parfois même très prononcé (fig. 17). Les tubercules médians sont très proéminents, aigus. parfois prolongès vers le bas sous forme d’arête. Leur grosseur est en rapport inverse du nombre des côtes, leur nombre. en rapport direct.

En arrivant à la face buccale, les côtes passent subitement à une arête mince, atteignant le bord antérieur, ou se perdant à une faible distance. Le nombre des côtes, comptées à la région marginale, varie de 1% à 271; sur la face antérieure il varie suivant le nombre de côtes qui se bifurquent. La grosseur des tubercules étant en proportion mverse du nombre de côtes, il s'en suit que la face antérieure est limitée par des nœuds très proéminents dans les exemplaires n'ayant qu'un petit nombre de côtes (fig. 8 b), tandis qu’elle est plus arrondie dans ceux qui en ont un grand nombre (fig. 16 c).

)Etla (JDE

Variations.— L'explication des figures fera voir les nombreuses variations que présente cette espèce: j'aurais pu en faire représenter d’autres encore, en multipliant le nombre des figures d’exemplaires formant passage, si Je n'avais craint d’aumenter hors proportion le nombre de planches.

Le passage des formes à côtes régulièrement arquées, et qui devraient figurer parmi les Clavellatae, aux formes se rattachant aux Urdulatae, est suffisemment expliqué par les figures, autant pour les formes à côtes espacées que pour les formes à côtes nombreuses.

J'ajouterai que les formes à côtes nombreuses se trouvent mélangées aux autres dans les mémes lits et en aussi grand nombre, aussi bien dans les lits les plus inférieurs que dans les lits les plus supérieurs du Ptérocérin supérieur. C’est cette circonstance qui a conduit Sharpe à les considérer comme représentant le Trig. muricata de Goldfuss, parce que cet auteur l’a indiqué comme provenant de Torres Vedras, ainsi que je l’ai expliqué plus haut (p. 28).

Les fig. 22 et 23 de pl. VI font voir les exemplaires qui se rapprochent le plus de Trig. muricata; la différence est encore assez grande, et l’on remarquera que Trig. muricata présente plus de formes se rapprochant de Trig. Lusitanica qu'il n’y a de formes de cette dernière se rapprochant de Trig. muricata. Ce fait est facilement expliquable, car quelques exemplaires typiques de Trig. Lusitanica Se trouvent à Alcobaça au même niveau que Trig. muricata, tandis que je ne connais aucun exemplaire de ce dernier dans le Ptérocérin.

J'appellerai encore l'attention du lecteur sur les formes subcylindriques pl. VI, fig. 22, et sur les fig. 19 et 20 de pl. IX.

Dans l’exemplaire représenté par la fig. 19, on voit qu'il y à eu trois arrêts dans la formation des nodosités; l’un situé au tiers supérieur n’est presque pas visible dans la figure ; le deuxième, qui se trouve aux deux tiers de la hauteur, est plus visible quoique bien moms accentué que dans l'original; le troisième occupe le bord palléal. Ces trois bandes lisses commencent à la carène marginale, tandis que dans fig. 20, on voit une partie glabre vers le bord pall’al antérieur. Je ferai remarquer que cet exemplaire est parfaitement entier, que les deux valves pr.sentent la même partie glabre, et que l’on ne peut par conséquent pas l’attribuer à une mauvaise conservation de la coquille. Cet exemplaire, ainsi que le précédent, vient donc établir un passage à Trig. radiata, Benett, (de Loriol, Boulonais I, pl. VIIL fig. 1) dont Lycett conteste la possibilité (page 73). Ce n'est peut-être

! On peut en compter 44 sur l’exemplaire figuré par Goldfuss et 19 sur celui de Sharpe ; on doit augmenter ce nombre de 3 ou 4, pour tenir compte des petites côtes cachées par la courbure des crochets.

AveiL, 1885. 5

qu'un accident de Trig. Carrei, mais c'est un accident qui peut avoir existé. Plus tard, ce savant a du reste reconnu (p. 208) que l'échantillon figuré par de Loriol est intact.

Rapports et différences.— J'ai déjà indiqué les rapports et les différences de cette espèce avec Trig. muricata et Trig. Beirensis.

Parmi les espèces du reste de l'Europe, quelques-unes ont une vague ressemblance dans leur ornementation, tels sont Trig. Painei et producta du Dogger de l'Angleterre, et Trig. Goldfussi, Ag. (Lyrodon literatum, Goldfuss non Phillips).

Gisements.— Des anciennes récoltes dont l'exactitude ne me paraît pas pouvoir être mise en doute, présentent quelques exemplaires rencontrés dans les couches d'Alcobaça; cette présence est un fait exceptionnel, autant en ce qui concerne le niveau qu’en ce qui concerne la position géographique, car, sauf cette localité, Trig. Lusitanica ne se rencontre que dans le Ptérocérin qui ne présente de fossiles que bien au sud et à l’ouest d’Alcobaça, le long de la mer à partir du nord de Maceira, et dans la contrée de Torres Vedras. Dans l'introduction à ce genre, j'ai déjà appelé l’attention sur ce fait.

Cette espèce est très commune partout où les grès du Ptérocérin supérieur présentent des fossiles, c’est-à-dire dans les environs de Maceira, la contrée des lignes de Torres Vedras, et l’Arrabida.

Les couches de Freixial m'ont fourni un ou deux exemplaires rabougris de la variété à côtes nombreuses.

TRIGONIA sp. aff. LUSITANICA, Sharpe PI. IX, fig. 22

Un exemplaire trouvé à la partie la plus supérieure du Ptérocérin diffère des variétés à côtes serrées de Trig. Lusitanica par ses côtes dirigées vers le bord palléal et la carène anguleuse qui sépare les flancs du corselet. Je ne connais pas de passages entre les deux, mais n'en ayant qu'un exemplaire, je ne puis pas le décrire comme espèce nouvelle sans savoir si ces caractères sont constants.

d. Groupe des Glabrae

Le mot de «glabre» s'appliquait à l'absence d’ornamentation qu'Agassiz admettait comme caractéristique de ce groupe. Les matériaux trouvés plus tard ne confirmèrent pas cette supposition ; bien au contraire, ils prouvérent que l’ornamentation est constante dans cette section. Lycett base la séparation de ce groupe sur la présence d’une bande lisse en avant de la carène; il y distingue deux sous-groupes, dont l'un, celui de Trig. eæcentrica, est caractérisé par l'absence d’écusson distinct et par un corselet sans carènes ni dépression centrale, et le groupe de Trig. gibbosa, qui présente un écusson et un corselet analogues à ceux des Clavellatae et des Undulatae, la carène marginale n'étant pourtant fortement marquée que vers les crochets.

En tenant au principe que les Glabrae doivent nécessairement avoir une bande lisse en avant de la carène, ou sera fort embarrassé au sujet de Trig. truncata, Ag. qui se présente tantôt avec, tantôt sans cette bande !. Je crois préférable de baser ce groupe sur la forme arrondie ou ovoïde de

Voyez P. de Loriol, Haute Marne et Yonne; il est vrai que ces variétés ont été élevées au rang d'espèces par M.

Munier-Chalmas (Bull. Soc. géol. de France, 3° série, t. X, p. 496 et suiv.); les matériaux qu'il cite me paraissent insuffi sants pour établir plusieurs espèces.

la coquille, et sur ses côtes concentriques, généralement peu proéminantes et généralement régulières, mais parfois ondulées. L'exemplaire de Trig. Freirialensis figuré pl. X, fig. 5 @, b, e, montre le peu d'importance de ce dernier caractère, car l’une des valves présente des côtes régulières, tandis qu'elles sont fortement coudées sur l’autre valve. Ainsi défini, ce groupe comprendra Trig. costatula Lyc. (pl. XV, fig. 8-10 et pl. XII, fig. 6) que cet auteur place parmi les Undulatae.

Le Jurassique du Portugal ne m'a fourni que deux espèces appartenant à ce groupe; toutes deux présentent un passage aux Undulatae. Comme Trig. Lusitanica, elles ont une légère échancrure en avant des crochets, ce qui les rapproche du groupe des Bissiferae proposé par Lycett.

Comme chez cette même espèce, l'intérieur des valves présente en outre une dépression correspondant au canal excréteur. Dans ce groupe, cette dépression donne lieu à une ouverture beaucoup plus accentuée que dans le sous-groupe de Trig. Lusitanica : elle est généralement ovale, parfois assez large, parfois réduite à une simple fente (Voyez pl. X).

TRIGONIA FREIXIALENSIS, Choffat, 1885 PL X,fig.1à8

Cette étude repose sur l'examen d'environ 200 échantillons munis de leur test, en assez bon

état, mais généralement réduits à une seule valve. Ils proviennent tous de la même assise.

Description.—Coquille subovale, parfois subtriangulaire, plus ou moins haute, la longueur dépassant pourtant toujours la hauteur ; généralement assez épaisse, rarement comprimée.—Région buccale plus courte que l’anale, régulièrement arrondie. Région anale plus ou moins allongée, rétrécie, tronquée très-obliquement à l'extrémité. Le corselet est séparé des flancs par une carène aiguë vers les crochets, mais devenant plus ou moins mousse suivant les exemplaires. Il est précédé d’une légère dépression parallèle existant toujours vers les crochets, mais se perdant généralement à une faible distance. Il est partagé en deux parties inégales par un sillon profond, et est séparé de l’écusson par une carène analogue à la carène marginale. Ecusson lancéolé, plus ou moins large suivant la largeur de la coquille. Fosse ligamentaire généralement très étroite, souvent réduite à une ligne. Le ligament parait avoir été très étroit et très court, il était accompagné de deux petites plaques verticales. Bord palléal régulièrement arqué. Bord antérieur généralement presque abrupte, formant un angle avec le bord palléal, rarement arrondi, et se reliant au bord palléal par une courbe régulière. Crochets assez élevés.

Les ornements consistent en une trentaine de côtes concentriques élevées et étroites vers les crochets; à mesure que l’on se rapproche du bord palléal, elles s’élargissent sans augmenter de hauteur, de sorte qu'elles deviennent de plus en plus mousses. Le côté tourné vers le crochet est toujours à peu de chose près abrupte, tandis que le côté tourné vers le bord palléal n'offre qu'une pente douce. L'intervalle entre deux côtes est à peu près égal à leur largeur. Ces côtes commencent parfois au bord buccal, elles en sont pourtant généralement séparées par une petite zone ne présentant que des stries d'accroissement. Elles courent jusqu'à la carène marginale en formant des courbes concentriques, très régulières dans la jeunesse, plus tard légèrement ondulées; d’autres fois elles sont coudées soit vers le milieu, soit vers la carène marginale; il arrive parfois que quelques-unes se bifurquent avant d'atteindre cette dernière. Vers les crochets, les côtes traversent la carène marginale et ne s'arrêtent qu'à la carène interne, ou la dépassent à peine, laissant l’écusson lisse, ou pour mieux dire orné par les rides d’accroissement seulement; sur le reste de la coquille, elles s'arrêtent à la carène marginale, ou plutôt s’y dissolvent en rides d’accroissement plus où moins nombreuses et plus

ou moins fortes. Il est important de remarquer que les côtes ne sont pas toujours semblables sur les deux valves d’un même échantillon. Les fig. 5 a et 5 b nous les montrent régulières sur la valve gauche et coudées à deux reprises sur la valve droite d'un même exemplaire. À l'intérieur des valves, on remarque à la partie supérieure de l'extrémité postérieure, une dépression correspondant à l'orifice anal: elle se traduit à l'extérieur par une ouverture ovale, parfois il est vrai très faiblement imdiquée. (Fig 1 b et 7). Test épais.

Dimensions.— Taille du plus grand exemplaire: longueur 65 mill., hauteur 61 mill., épaisseur 43 mill.—Taille d’un exemplaire moyen: longueur 53 mill., hauteur 50 mill., épaisseur 32 mill.— Taille d’un exemplaire allongé: longueur 58 mill., hauteur 48 mill., épaisseur 36 mil.

Variations.— Deux exemplaires récoltés au sud de S* Cruz avec des exemplaires typiques, présentent de très petits tubercules à la partie supérieure des côtes. Ces exemplaires sont assez mal conservés, mais les caractères discernables paraissent les rapporter à Trigonia Fraxialensis. C'est avec doute que je rapporte à cette espèce un fragment indiquant une forme beaucoup plus haute, à côtes fortement coudées (fig. 8).

Rapports et différences. — [ans sa jeunesse, Trigonia Freirialensis correspond parfaitement à Trig. truncata, Ag., tel que l'a défini de Loriol (Yonne et H° Marne). Je ne crois pourtant pas que ces deux formes puissent être réunies, en premier lieu à cause de la grande différence de taille, et en second lieu parce que la forme décrite par M. de Loriol présente quelquefois une zone lisse en avant de la carène marginale, ce qui rattache cette espèce au groupe des Glabrae tel que l'a défini Lycett, tandis que cette surface n'existe chez aucun des nombreux exemplaires portugais que j'ai étudiés, et pourtant on a plus de raison de l'y attendre, les côtes diminuant de force avec l'âge et sa taille étant plus grande.

Je ne connais pas les différences entre Trigonia truncata et Trig. concinna, Roe.; Struckmann les considère comme appartenant à la même espèce.

Trigonia costatula, Lyc., du Bajocien de l'Angleterre, paraît aussi présenter de grands rapports avec notre espèce; Lycett le range parmi les Undulatae.

Dans le Crétacique des environs de Mafra se trouve une Trigonie très voisine de Trigonia Freiæialensis dont elle ne parait différer que par des côtes plus espacées, plus régulièrement et plus fortement coudées, l'extrémité postérieure n'étant ornée que par des côtes verticales. L’ornementation de Trigonia Freirialensis le rapproche de Trig. Sanctae-Crucis, Pict. et Camp., du Valanginien, dont il se distingue par la présence d’une area limitée.

Gisements.— Couches de Freirial. Très abondant dans les lignes de Torres, assez rare de Cezimbra au cap d'Espichel, et sur le pourtour de la Serra de Cintra.

TRIGONIA KOBYI, Choffat. 1885 PL. X, fig. 9-11

Nombre d'échantillons étudiés: 25, dont un seul présentant les deux valves.

Cette espèce, très voisine de la précédente, s’en distingue par sa taille beaucoup plus petite, par sa forme toujours arrondie quoique plus ou moins allongée, et surtout par ses côtes beaucoup plus serrées, au nombre d'environ 50. Je ne connais aucun exemplaire présentant des coudes aussi accentués que c’est le cas chez Trigonia Freixialensis; presque tous ont les côtes régulièrement concentriques, un bien petit nombre les ont ondulées, comme dans la fig. 10. Le test parait beaucoup plus mince que chez Trig. Freirialensis. Les autres caractères sont conformes à ceux que j'ai indi-

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