DISTRIBUTION DES ESPÈCES PORTUGAISES SUIVANT LES GISEMENTS
Pedrogäo
Cap Mondégo Pombal
Casal do Mendes
Batalba
Unio Buarcosensis, Choffat.. ........
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Sur les huit localités que nous venons d'examiner, cinq d’entre elles: Pedrogäo, Batalha, Ou-
rem, S. Luiz et Casal do Mendes nous montrent des Unio vivant avec une faune purement fluviatile : deux autres, cap Mondégo et Pombal contiennent les coquilles d'Unio mélangées avec des formes saumâtres et marines, ce qui est peut-être aussi le cas à Fervença. On remarquera que la seule espèce trouvée à Pombal se trouve aussi dans le dépôt nymphéen de Batalha et que sur les 9 formes distinguées au Cap Mondégo, # se trouvent aussi dans des dépôts nymphéens et que 3 des 5 autres se trouvent dans une marne qui ne paraît contenir que des Unio.
Pour le moment je ne puis pas affirmer que les Unio de ces trois dernières localités n'aient pas vécu dans l’eau saumâtre, mais les cinq autres localités nous prouvent que les Unio les plus anciens actuellement connus habitaient l'eau douce et que c’est par conséquent à tort que l’on a considéré le Plistocène comme l’époque de leur adaptation à l’eau douce.
a. Espèces allongées
UNIO HEBERTI, Chofrat, 1885 PI. 1, fig. 1-3
Nombre d'exemplaires étudiés: 13.
Description.— Coquille allongée, légèrement arquée, très inéquilatérale; côté antérieur très court, légèrement acuminé, côté postérieur formant un rostre long, légèrement acuminé, incliné vers la région palléale; rapport entre la longueur des deux côtés, 1:31/2. Crochets à peine saillants, se confondant presque avec la courbure du bord cardinal, bord palléal droit ou légèrement concave, ce que je ne puis pas constater, l'échantillon, fig. 1, étant écrasé au bord palléal et tous les autres échantillons étant au contraire comprimés.—Flanes passablement bombés, ornés de stries d’accroissement régulières et sur les crochets de rides ondulées, concentriques, traversant obliquement les stries d’accroissement.—Un angle oblique, arrondi, part du crochet et atteint l'extrémité anale. Il est à peine saillant dans sa moitié antérieure, mais l’est davantage dans sa moitié postérieure, par suite d’une légère dépression commençant au milieu de la hauteur de la coquille et atteignant le milieu de la longueur du bord palléal.—Dent cardinale de la valve droite formant une pyramide à trois pans plus ou moins perpendiculaire au plan de la coquille, la surface antérieure de cette dent est sillonnée dans le sens de sa hauteur.—Dent latérale postérieure de la même valve, lamelliforme, élevée, comprimée, à section légèrement triangulaire. Je ne connais pas l’intérieur de la valve gauche.
Impressions du muscle abducteur antérieur très profondes, composées d’une impression principale, d’une seconde impression contiguë atteignant le pied de la dent cardinale et d’une troisième impression dont l'extrémité seule est conservée dans l'échantillon que j’ai sous les yeux; elle est située au-dessous de l'impression principale dont elle n’est séparée que par une distance de 1 millimètre.
Dimensions.— Hauteur 18 mill., longueur 47 mill., épaisseur 14 mill.
Variations.— J'ai sous les yeux un exemplaire aplati que je ne puis pas rapporter avec certitude à Unio Heberti, la valve gauche a glissé sur la valve droite et laisse voir l’atrophie de la dent cardinale, fig. 1.
Rapports et différences.— Unio Heberti se distingue à première vue de toutes les espèces du Wealdien; on trouvera plus loin ses rapports avec Unio Setubalensis et Unio Mayeri.
Gisements.— Couches à Pholadomya Protei, cap Mondégo; couches d’Alcobaça, Ourem.
UNIO SETUBALENSIS, Choflat, 1885 PL. I, fig. 4-6
Nombre d'exemplaires étudiés. — Environ 40, la plupart à l’état de moules intérieurs; ma description est basée sur une dixaine d'échantillons.
Description. — Coquille fragile, allongée, peu épaisse, très inaquilatérale. Côté antérieur très court légèrement acuminé, côté postérieur allongé à bords presque parallèles, se terminant par une courbe assez régulière. Crochets très antérieurs, faiblement saillants. Bord cardinal faiblement déclivebord palléal un peu concave vers le milieu. Flancs très peu bombés séparés en deux parties par un angle oblique faiblement saillant qui part du crochet et se perd avant d'atteindre l'extrémité posté, rieure; une faible dépression commence un peu au-dessous des crochets et atteint la partie médiane du bord palléal. Les flancs sont ornés de stries d’accroissement et les crochets de rides ondulées.
Ces échantillons étant empâtés dans un calcaire très dur, il ne m'a pas été possible de dégager l'intérieur d’une coquille. Les caractères extérieurs ne permettent pas de douter que l'on à affaire à une Nayade; la présence sur les moules de fortes impressions correspondant aux dents cardinales, fait voir que ce sont des Unio et non pas des Anodontes.
Dimensions. Exemplaire fig. #: longueur 35 à 36 mill., hauteur 19 mill., épaisseur 10 mill. Le plus grand exemplaire: longueur 47 mill., hauteur 23 mill.
Rapports et différences.—Par sa forme allongée, cette espèce se rapproche de Unio Heberti dont elle se distingue par ses crochets plus antérieurs et plus saillants, par ses flancs moms bombés, plus larges, à côtés plus parallèles et moins arqués.
Gisements.— Couches d'eau douce de Setubal, pied de la Serra de S. Luiz.
UNIO MAYERI, Chofrat. 18835 PL I, fig. 7-11
Nombre d'exemplaires étudiés: 2.
Description. — Coquille peu renflée, allongée, très méquilatérale.— Côté antérieur court, acuminé-arrondi, limité par une ligne presque droite du côté cardinal et par une ligne courbe régulière du côté palléal. Côté postérieur formant un rostre passablement allongé, à bords presque parallèles, la ligne de charnière étant à peine infléchie; l'extrémité anale n’est pas conservée. — Crochets à peine saillants, lisses dans un des exemplaires, ornés de sculptures irrégulières très accentuées dans l’autre exemplaire.—Flancs séparés en deux parties par un angle arrondi partant du crochet et atteignant l'extrémité anale, la partie antéro-palléale n'est ornée que par des stries d’accroissement, tandis que le corselet présente en outre des côtes rayonnantes dichotomes.
Charnière de la valve droite composée d’une dent cardinale pyramidale-triangulaire et de deux dents latérales postérieures, dont l’extérieure est courte et très mousse, la seconde lamellaire et allongée. Empreintes du muscle abducteur antérieur très profondes, l’une des accessoires étant confondues avec l'empreinte principale, tandis que l’autre, étroite et allongée, est située au-dessous de la dent cardinale.
D'après deux exemplaires de Pombal, la charnière de la valve gauche aurait été composée de deux dents cardinales, dont l’une fortement saillante, pyramidale-triangulaire, et l’autre réduite à un petit tubercule (fig. 8 et 9).
Dimensions.— Hauteur 25 mill., épaisseur 17 mill.
Variations.— Trois fragments de valves droites, me paraissant devoir être rapportés à cette espèce, présentent de faibles côtes radiantes à l'extrémité antérieure, (fig. 14); la charnière, visible dans un exemplaire, diffère par sa dent cardinale qui est coupée suivant un plan parallèle à l'axe de la coquille (fig. 10), au lieu de l'être par un plan oblique.
Rapports et différences.— Unio Mayeri diffère de Unio Heberti par sa forme plus haute, moins bombée, par le manque de dépression sur les flancs, la présence de stries radiantes sur le corselet (et sur l’extrémité antérieure?) et enfin par la présence de deux dents latérales postérieures.
Gisements.— Couches à Pholadomya Protei et couches d’Alcobaça: Batalha, Pombal.—Variété ?: Batalha et cap Mondégo.
UN1IO VEZIANI, Choffat, 1883 PI. I, fig. 12-15
Nombre d'exemplaires étudiés: 8 valves isolées.
Description.— Coquille peu renflée, allongée, très inéquilatérale. Côté antérieur plus court que l’autre, arrondi; côté anal formant un rostre long dont l'extrémité m'est inconnue. Crochets faiblement saillants au-dessus de la ligne de charnière qui est presque droite; ligne palléale faiblement courbée.—Les flancs sont peu bombés, ils présentent une dépression très faible commençant un peu au-dessous du crochet et atteignant le bord palléal.
Dent cardinale de la valve droite très forte, dent latérale postérieure bien développée; charnière de la valve gauche formée par deux dents cardinales dont l'antérieure est très grêle et arquée, tandis que la dent postérieure est très forte et prismatique; on voit en outre une dent latérale postérieure en forme de lamelle allongée.
Variations.—L'’exemplaire représenté fig. 1%, qui n'est pas du même gisement que les autres, en diffère par son épaisseur beaucoup plus forte et par une plus forte saillie de l'angle qui sépare les flancs du corselet.
Dimensions.—Fig. 14: longueur 70 mill., hauteur 34 mill., épaisseur 18 mill.; autre échantillon: longueur 67 mill., hauteur 32 mill.
Rapports et différences. — Par sa forme générale, cette espèce ressemble beaucoup à Unio Mayer; elle en diffère par l'absence des côtes radiantes qui ornent ce dernier et en outre par sa plus grande hauteur, par ses crochets moins rapprochés de l'extrémité antérieure, par son côté antérieur plus long, obtus et arrondi régulièrement au lieu d'être déjeté vers le bord cardmal.
Le principal caractère distinctif consiste évidemment en ce que l’on ne retrouve pas dans Unio Veziani les côtes radiantes du corselet qui existent dans Unio Mayeri, reste à savoir quelle est l'importance de ce caractère. Au milieu de nombreux exemplaires de Unio littoralis, Drap. provenant du Tage, s’en trouve un dont le corselet présente de faibles côtes radiantes, tandis que les autres n'offrent que les stries d’accroissement.
Gisements.— Couches à Pholadomya Protei, cap Mondégo; couches d’Alcobaca. Variété ?: Batalha. Mars, 1835. 2
b. Espèces ovoides
UNIO ALCOBACENSIS, Choffat., 15835 PI. I, fig. 16
Nombre d'exemplaires étudiés: un seul présentant les deux valves.
Description.—Coquille elliptique, allongée, cunéiforme, ventrue, médiocrement épaisse, très inéquilatérale. Côté antérieur court, légèrement acuminé, côté postérieur formant un rostre allongé, acuminé-arrondi. Crochets larges, peu saillants, s’élevant très peu au-dessus de la ligne de charnière. Ligament peu saillant, allongé, droit.
Ligne cardinale et ligne palléale arrondies de façon à former un oval assez régulier. Charnière inconnue. Les flancs sont ornés par les lignes d’accroissement, les crochets ne présentent pas les fortes rides ondulées des espèces précédentes.
Dimensions.— Hauteur 33 mill., longueur 58 mill., épaisseur 22 mill.
Rapports et différences.—Par sa forme ovoide, cette espèce se distingue de toutes celles précédemment décrites. Par son rostre cunéiforme, elle se rapproche de Unio Mantelli, Sow. du Wealdien ; elle s'en distingue par ses extrémités plus acuminées, ses crochets moins larges et moins antérieurs et surtout par le bombement de ses valves.
Gisement.— Couches d Alcobaca: Fervença, près Alcobaça.
UNIO sp. ind. z PI. I, fig. 17
Um exemplaire de Batalha se rapproche de Unio Alcobacensis par son rostre cunéiforme ; ses crochets sont par contre beaucoup plus élevés, ce qui entraine une forme plutôt subtriangulaire qu'ovoïde. Je ne le connais que par l'exemplaire figuré; le côté antérieur est effeuillé, mais la valve droite laisse voir qu'il était moins obus que l'on en pourrait juger par la valve gauche.
c. Espèces ovales
UNIO BUARCOSENSIS, Choffat. 1885 PL IT, fig. 18-19
Nombre d'exemplaires étudiés: 12, en assez mauvais état.
Description. — Coquille subovale, très inéquilatérale, haute, peu allongée. Crochets situés
au liers antérieur de la longueur, larges, peu saillants.—Côté antérieur accuminé-arrondi, côté anal
large, probablement tronqué. Flanes fortement bombés, la plus grande épaisseur se trouvant au-dessous des crochets: elle diminue régulièrement vers les deux extrémités. Les crochets sont ornés de rides peu accentuées.
Test très épais; un fragment de Pedrogäo mesure 6 mill. au-dessous des crochets. Ce même fragment (valve droite), roulé et privé des dents de la charnière, présente l'empreinte d’une forte dent cardinale correspondant à la valve gauche, il laisse parfaitement voir la triple impression du muscle abdueteur antérieur. Voyez plus lon les rapports avec Unio Delgadoi et U. Heimi.
Gisements.— Couches à Pholadomya Protei: Pedrogäo, cap Mondégo.
UNIO DELGADOI, Choffat, 1885 PL IL, fig. 20-24
Nombre d'exemplaires étudiés: 16, provenant de deux niveaux.
Description.——Coquille subovale ou elliptique, peu renflée, méquilatérale, la proportion entre la longueur du côté buceal et celle du côté anal étant à peu près 1:21/2. Côté antérieur aceuminé arrondi, côté anal plus large. Ligne de contour formant une ellipse à peine mterrompue par les crochets et par l'extrémité postérieure de la ligne de charnière. Crochets peu saillants, aigus, ornés de rides très accentuées formées de deux courbes obliques. Klancs présentant une légère dépression commençant au-dessous et à Favant des crochets, et se dirigeant en s’élargissant vers le bord palléal.
La valve droite présente une forte dent cardinale dont je ne puis pas voir la forme; la valve gauche à deux dents cardinales dont l'antérieure est courte et grêle.
Variations.—Les exemplaires de Casal do Mendes que je rapporte avec doute à cette espèce, en différent en ce que les rides des crochets sont plus étendues et qu'elles présentent des ondulations au lieu de deux courbes très accentuées.
Dimensions.— Longueur 42 mill., hauteur 31 mill., épaisseur 22 mill. ; un échantillon de grande taille à une longueur de 60 mill. et une hauteur de 41 mill.
Rapports et différences.—Par sa forme générale, cette espèce se rapproche de Unio Buarcosensis, dont elle diffère par les sculptures des crochets beaucoup plus accentuées, par ses valves moins bombées, ses crochets plus épais et sa région buccale plus accuminée. Voyez plus loin les rapports avec Unio Hein.
Gisements.— Couches d'Alcobaca, Batalha.— Exemplaires douteux du Ptérocerin (?) Casal do Mendes.
UNIO HEIMI, Choffat, 1385 PI. IL, fig. 25-29
Nombre d'exemplaires étudiés: 6, dont un présente les deux valves.
Description.—Coquille subovale, inéquilatérale, peu renflée; côté buccal arrondi, légèrement atténué, un peu plus court que le côté anal; côté anal tronqué obliquement, muni d'une légère carène limitant le corselet. Région palléale régulièrement arrondie. Crochets peu saillants ornés de ri-
des fines et serrées.
D'après un fragment que je crois devoir lui rapporter, la dent cardinale de la valve droite serait médiocrement élevée et applatie au lieu d'être triangulaire comme dans les espèces précédentes.
Dimensions.— Longueur 51 mill., hauteur 35 mil.
Rapports et différences.— Par sa forme générale, cette espèce se rapproche beaucoup de Unio Delgadoi, dont elle diffère par une hauteur plus grande, les extrémités plus obtuses et les crochets plus centraux, ce qui lui donne une forme rhomboïdale, tandis que Unio Delgadoi affecte une forme ovale. Elle diffère de Unio Buarcosensis par ces mêmes caractères, et en outre, en ce que ses valves beaucoup moins bombées le sont plus régulièrement, à cause de la position plus centrale des crochets.
Gisements.— Couches à Pholadomya Protei, cap Mondégo.
UNIO INDÉTERMINÉS
a.) Cap Mondégo.
Quelques morceaux d'une marne gris cendré avec débris de végétaux contiennent une grande quantité de moules d'un Unio de taille moyenne; je ne puis pas les rattacher aux espèces précédemment décrites dont ils pourraient être des échantillons n'ayant pas atteint leur taille complète.
Fig. 30 représente un exemplaire unique non déformé, qui certainement ne se rattache à aucune des espèces précédentes ; il se raproche de Unio aduncus, Sow. (595, fig. 3 4) du Wealdien de l'Angleterre.
Fig. 31 et 32 nous montrent une autre forme triangulaire dans laquelle la ligne palléale est convexe au lieu d'être concave; cette forme se rapproche de Unio antiquus, Sow. (59%, fig. 3-5) du Wealdien de l'Angleterre.
Fig. 33, 3% et 35 ont quelques rapports avec Unio compressus, Sow. (59%, fig. 2), la première surtout, tandis que les deux suivantes sont beaucoup plus ovales.
Ces figures montrent la ligne du manteau bien indiquée.
b.) Casal do Mendes.
Les moules intérieurs de cette localité permettent de reconnaître trois formes bien différentes,
en outre de celle que j'ai rapprochée de Unio Delgadoi.
UNIO Sp. £
Cinq exemplaires de cette localité appartiennent à une espèce de taille probablement plus grande que celle de toutes les espèces vues précédemment. Les crochets sont passablement rapprochés de l'extrémité antérieure, les flancs sont fortement bombés à l'arrière et non au-dessous des crochets comme c'est le cas pour les autres espèces.
UNIO Sp.
PI. IL, fig. 36
Espèce allongée, peu renflée à la région antérieure, passablement longue et fortement amincie: crochets peu proéminents, ornés de rides ondulées; le reste des flancs n'était orné que par les stries d'accroissement.
Je ne connais que trois exemplaires de cette espèce.
UNIO Sp. j PL II, fig. 37 et 38
La majeure partie des Unio de Casal do Mendes sont de très petite taille, j'hésite à les considérer comme des jeunes des deux espèces précédentes, car j'en ai une certaine quantité d'exemplaires sous les yeux, et ils sont à peu près tous de la taille des exemplaires figurés. Leur forme est plus allongée que celle des jeunes exemplaires de Unio Delgadoi avec lesquels ils se rencontrent.
Au moment de mettre sous presse, j'ai connaissance d’une espèce probablement jurassique qui diffère de toutes les
autres par sa grande taille (longueur 10 ctm.). Elle est représentée au musée de l'Ecole polytechnique de Lisbonne par quatre exemplaires portant l'indication « Valle Mitäo».
GENRE TRIGONIA', BRUGUIÈRE
C'est à Agassiz que l'on doit le premier travail d'ensemble sur les Trigonies (1840). Il les partage en huit groupes: Scaphoïdeae, Clavellatae, Quadratae, Scabrae, Undulatae, Costatae, Glabrae et Pectinidae, le dernier groupe ne comprenant que l'espèce existant actuellement.
D'Orbigny ? ne voit par contre que deux groupes pour les espèces fossiles, les Costatae qui comprennent les Costatae et les Glabrae d'Agassiz, et les Clavellatae qui réunissent tous les autres groupes. Cette division en deux groupes paraît avoir été admise par Bayle % qui les élève au rang de genres, à en juger du moins par les planches dans lesquelles il figure de vrais Costatae sous le nom générique de Lyrodon, et des Clavellatae sous celui de Myophorella.
Pictet® maintient par contre les groupes établis par Agassiz; il en est de même de Lycett, dans sa magnifique monographie des Trigonies de l'Angleterre *, l'ouvrage le plus étendu existant
Afin qu'il n'y ait pas de confusion possible sur le sens des termes employés, je donne ici l'explication de ceux qui sont à peu près spéciaux aux Trigonies.
Le mot area s'applique à l’ensemble de l’ornamentation de la région cardinale postérieure, c’est à dire La fosse ligamentaire, l’écusson et le corselet ; ce dernier est limité du côté des flancs par la carène marginale, et du côté de l’écusson par la curène interne. Le corselet est parfois divisé longitudinalement en deux, soil par une dépression, soit par une carène médiane; dans ce cas, on peut en d'stinguer la partie marginale et la partie interne. Les premières côtes sont naturellement celles qui sont près du crochet.
2 D'Orbigny. Terrains crétacés, t. ur, 1843, pag. 129.
5 Bay'e. Explication de la carte géologique de la France. Fossiles principaux des terrains, 1878, pl. exix et cxx.
4 Pictet. Description des fossiles des Terrains crétacés de Se Croix, 3° part., 1864-1867, pag. 359.
® John Lycett. British fossil Trigonice. Paleonlographical society, 1872-1883.
actuellement sur ce genre. Dans cette publication, Lycett propose l'adjonction d'un groupe nouveau, les Bissiferae, et en outre quelques modifications aux caractères des groupes, ainsi que le transport de certaines espèces d'un groupe dans un autre. Les nombreux matériaux qu'il a eus à sa disposition lui ont fait voir que les sections d'Agassiz ne sont que des groupements facilitant l'étude, mais ne pouvant nullement donner lieu à l'établissement de genres. Munier-Chalmas exprime aussi la même opinion {.
L'étude des Trigonies portugaises a pleinement confirmé les vues de Lycett quant à l'incertitude des caractères séparant les groupes les uns des autres: néanmoins j'ai cru devoir apporter quelques modifications au groupement des espèces, en partant du principe de tenir le plus possible au type dans les groupes bien définis.
Quoiqu'appartenant à un nombre d'espèces relativement petit, les Trigonies du Portugal m'ont pourtant présenté des faits d'un haut intérêt, tant par la présence de caractères nouveaux, que par l'abondance et la magnifique conservation de certaines espèces, ce qui m'a permis de suivre les variations que subit une même espèce dans un même niveau géologique.
Ces variations portent sur la relation entre la longueur, la hauteur et l'épaisseur de la coquille, sur l'aspect anguleux ou arrondi, sur l'emplacement des crochets, ce qui détermine un bord antérieur tantôt droit, tantôt courbe: sur le plus ou moins d'aplatissement, d'élévation ou de courbure des crochets. Ces variations de formes ont du reste été admises par Lycett; elles sont en outre reconnues chez divers autres genres de Lamellibranches, tandis que les variations de lFornamentation sont moins généralement admises. Après avoir étudié plusieurs centaines d'exemplaires appartenant aux Trigonia Lusitanica et muricata, je puis dire que je n'en ai pas rencontré deux parfaitement semblables et que j'en aurais fait plusieurs douzaines d'espèces si les différentes formes qu'elles présentent avaient été trouvées en un petit nombre d'exemplaires, ce qui ne m'aurait pas permis de les relier les unes aux autres. Plusieurs exemplaires montrent même une telle différence d'ornamentation d'une valve à l’autre qu'en les rencontrant séparément, on serait porté à les considérer non pas seulement comme des espèces distinctes, mais même comme faisant partie de groupes différents. (PI. X, fig. 5 4 et 5 b).
Par analogie, je conclus que les espèces décrites d'après un petit nombre d'exemplaires sont fort sujettes à caution, et qu'une grande partie des espèces établies devront être supprimées si l'on parvient à en trouver un nombre suflisant d'exemplaires bien conservés; cet inconvénient ne peut pas toujours être évité en paléontologie.
Le nombre de côtes est variable chez des individus de même taille appartenant à la même espèce; en règle générale, le nombre de tubercules augmente avec le nombre de côtes, tandis que leur taille diminue, ce qui est une conclusion presque forcée du rapprochement des côtes. Les lignes de tubercules peuvent même être remplacées par des côtes simples, soit en partie, soit en totalité. (PL V, He MAMAN MINIME MEET)
D'autres fois, les tubercules S'effacent, ce qui donne lieu à des surfaces lisses (pl. IX, fig. 19 et 20) ayant parfois causé un grand étonnement (Trigoma radiata, Benett).
L'allure des côtes est aussi sujette à de grandes variations; de parallèle ou à peu près parallèle au bord palléal, elle passe peu à peu à une direction perpendiculaire à ce même bord (pl. VE. fig. 14-15), et l'on a ainsi des formes voisines des Scaphoïdeae; au lieu de suivre une courbe régul'ère, elles se brisent en coudes plus ou moins accentués, et montrent les caractères des Urdulatae. Je viens de citer un exemple où l'on voit des côtes à courbes régulières sur la valve gauche et fortement coudées sur la valve droite. Une variation dont la portée est peut-être encore plus grande. consiste dans le prolongement des côtes à travers le corselet et l'écusson. Chez Trigonia muricata et chez Trig. Neumayri, les côtes dépassent rarement la moitié de l'écusson: c’est par contre pres-
! Bull. Soc. géol. de France, 3° série, t. x, p. 495.
que toujours le cas chez Trigonia Lusitanica, comme le fait voir la fig. 7 b de la pl. VIE la fig. 8 a, de la même planche nous montre un exemplaire chez lequel cette ornamentation n’a existé que pendant la jeunesse, tandis que chez l'exemplaire 2 b l'ornamentation à cessé et reparu à deux reprises.
Je vais énoncer brièvement les modifications les plus importantes apportées aux caractères des groupes par létude des Trigonies du Malm portugais.
Scaphoïdeae. Les Undulatae ayant accidentellement les côtes disposées suivant deux directions perpendiculaires, il est nécessaire d'écarter de ce groupe les espèces s’éloignant beaucoup de la forme triangulaire à face antérieure aplatie de Trigonia navis. Parmi les espèces de ce dernier type se trouve Trigonia Lorioli, Choffat, dont l’area est fortement ornementée, contrairement à ce qui a lieu chez les espèces connues jusqu'à ce jour.
Clavellatae et Undulatae. Les espèces portugaises demanderaient la réunion de ces deux groupes en un seul.
L'écusson est parfois orné, ce qui annule l'affirmation suivante de Lycett: «A clavellated Trigonia having an ornemented escutcheon becomes an infallible indication of the presence of the Cretaceous rocks» (p. 225).
Les Trigonies de ce groupe offrent des caractères appartenant aux Clavellatae, aux Undulatae, aux Scabrae, et même au groupe qu'a proposé Lycett, les Bissiferae.
En débarrassant le groupe des Scabrae de Trigonia Lusitanica, on lui rétablit sa valeur stratigraphique, les espèces qui le composent ne se trouvant que dans le Crétacique.
Glabrae. J'ai été porté à étendre ce groupe, en y PEER des formes n'ayant pas de bande lisse en avant de la carène marginale.
Les terrains jurassiques du Portugal m'ont fourni 20 espèces de Trigonies, dont 45 ont pu être déterminées avec certitude, les 5 autres n'étant pas suffisemment représentées pour permettre une détermination. |
Une seule espèce, Trig. duplicata, du Bathonien, appartient indubitablement à une espèce du reste de l'Europe: deux autres, Trig. cfr. Phillips et Trig. efr. Baylei sont probablement dans le mème cas, les 17 autres ne sont jusqu à ce jour connues que du Portugal.