‹ Description de la Galerie des tableaux de S.M. le roi des Pays-Bas, avec quelques remarques sur l'histoire des peintures et sur les progrès de l'artChapitre 1 sur 139 · C. J. NIEU W ENHUYS · texte numérisé non relu

C. J. NIEU W ENHUYS

MDCCCXLI I I

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De tout temps, les Princes éclairés ont pensé que protéger et encourager les arts, c était honorer leur nom, leur pays et leur siècle. Dès sa jeunesse, S. JVI. le Roi des Pays-Bas partagea cette conviction. Il avait a cœur de contribuer à rendre à la peinture 1 éclat dont elle avait autrefois brillé dans les contrées sur lesquelles il était appelé à régner. Plein lui-même de goût et de connaissances, il résolut de former une collection de tableaux choisis, et de n’y admettre que des œuvres qui répondissent à la haute idée qu’il se faisait de l'art..

En 181 G. n’étant encore que Pi inee d Orange, il

commença a exécuter son projet, et il en poursuivit constamment la réalisation jusquen 1 830 Pendant ces cpiatorze années, sa collection s’enrichit sans cesse et acquit bientôt un renom européen. Elle faisait le principal ornement du palais du Prince à Bruxelles. Le goût et la splendeur qui régnaient dans ce royal séjour excitaient l’admiration de tous les connaisseurs, et aucun étranger ne traversait la Belgique sans visiter avec empressement ce sanctuaire des arts, où se trouvaient réunis tant de précieux modèles des écoles flamande, hollandaise et italienne.

Les événements de 1850, en détruisant bien des espérances, modifièrent les généreux projets du Prince. L'art belge perdit en lui son plus zélé protecteur.

Le palais de Bruxelles resta intact jusqu’en 1841. À cette époque. Sa Majesté fit transporter à La Haye tous les objets dart qui lui appartenaient. Elle fit construire une galerie pour les recevoir, et y en ajouta beaucoup d autres qu elle avait acquis dans l intervalle: celte galerie peut rivaliser maintenant avec les plus belles de 1 Europe.

Elle est d une immense utilité pour les arts; les artistes y ont un libre accès: ils peuvent s’inspirer des merveilles qu elle renferme; et le même Prince qui leur a donné les moyens de se perfectionner par la contem-

plalion de tant dexcellenls modèles, s'estime heureux de couronner ensuile les résultats de ces études, en ornant de leurs ouvrages les appartements de son palais. Juste appréciateur du talent, il anoblit souvent les grands artistes, aussi bien que les guerriers cl les hommes d Etat. Guidé dans ses libéralités a cet égard par les sentiments les plus élevés, il comprend fort bien, comme l’ont compris tous les grands Princes, (pie les arts sont le plus bel apanage d’un pays éclairé, et que leur influence sur toutes les brandies d industrie est inappréciable, parce qu ils donnent aux masses le goût et l’amour du bon et du beau en toutes choses.

Sa Majesté désirait avoir un catalogue raisonné de sa galerie. Nous avons cherché, autant qu'il était en nous, a remplir celte tâche. Notre intention était dabord de donner un article détaillé sur chacun des peintres dont les tableaux enrichissent ce précieux cabinet. Mais, d une part, nous avions déjà abordé ce sujet dans notre livre sur la vie et les ouvrages des peintres les plus éminents, publié a Londres en 1854. de l'autre, le temps ne nous permettait pas de le traiter aujourd hui avec tous les détails qu il exige. Nous nous contenions en conséquence de présenter ici une description rapide, mais aussi complète que possible, de chacun des tableaux de la galerie.

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Quant à leurs auteurs, nous avons pense que ceux des trois derniers siècles étaient assez connus, et avaient été appréciés par d’autres écrivains d’une manière assez exacte en général, pour qu’il ne fut pas absolument nécessaire de revenir sur eux. Mais il n’en est pas de même des peintres du moyen âge jusqu’au seizième siècle. L'ignorance des faits, la précipitation dans les jugements, la paresse qui s’effraie de recherches patientes et propage sans examen des opinions précédemment admises, toutes ces causes ont laissé la vie et les œuvres de ces artistes enveloppées d’obscurités ou d’erreurs.

Sans prétendre éclaircir ou rectifier complètement les unes et les autres, nous avons voulu seulement, dans les quelques notes et observations jointes à ces descriptions, communiquer aux connaisseurs et aux amateurs les fruits de notre expérience personnelle et dune étude consciencieuse de l’art, qui a occupé notre vie tout entière. Un grand nombre de chefs-d’œuvre ont été en notre possession . nous en avons étudié plus encore sur les lieux mêmes . les voyages . les fatigues. les dépenses, rien ne nous a coûté pour nous assurer des faits dans leurs détails les plus minutieux: nous avons lu enfin avec attention presque tout ce qu’on a écrit sur la matière. Quand nous relevons les

erreurs de nos prédécesseurs, quand nous considérons les choses sous un nouveau point de vue, quand nous exposons nos doutes sur l'authenticité de certains faits ou de certaines œuvres, nous sommes guidé, qu’on en soit bien persuadé, par le seul amour de l’art et de la vérité.

Heureux si. en satisfaisant aux désirs d un Prince protecteur des arts et des artistes, notre travail est de quelque utilité pour ces derniers: s il contribue a dissiper quelques préjugés, à détruire quelques erreurs, et à présenter sous un jour plus lumineux les opinions justes et bien fondées.

écoles

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