NM. L’ANNONCIATION DE LA VIERGE
Dans lintérieur d'un temple orné de colonnes dont les chapiteaux sont sculptés avec élégance, la Vierge est à genoux devant un prie-dieu sur lequel se trouve un manuscrit en parchemin. La couleur de son vêtement est le bleu céleste, la robe est garnie de fourrure autour du cou, et le manteau brodé d’un fdet d’or; elle porte une longue chevelure suavement peinte, et surmontée d’un bandeau de perles qui contribue à faire ressortir l’expression de sa physionomie pleine de candeur; elle prononce ces mots, envoyant descendre le Saint-Esprit vers elle : ECCE ANCILLA. A gauche, est agenouillé
JEAN VAN EVE K
l’ange Gabriel, la lète ceinte dune couronne royale garnie de pierres précieuses: il tient de la main gauche le sceptre, et de la main droite il désigne le Saint-Esprit . en prononçant ces mots qui sont tracés en lettres d or : AVE GKA PLENA. Les ailes du divin messager sont semblables au plumage du paon dans sa plus grande beauté: sa robe est d’un velours vert à larges ornements brodés d'or: il porte par-dessus un riche manteau dessiné en damas écarlate et or, ce qui produit le plus brillant effet, car toutes les parties sont exécutées avec une telle perfection que l’illusion y est portée au plus haut degré. Le parquet même de la salle est d’un travail remarquable; le peintre y a tracé avec intelligence divers sujets de 1 Ecriture sainte, entourés par les signes du zodiaque. Sur ce parquet se remarque un vase garni de fleurs de lis, que l’on aperçoit derrière un tabouret sur lequel est un coussin en soie brochée.
D’après les meilleurs renseignements qu’on a pu obtenir, ce tableau faisait suite a deux autres peintures du même maître: il a été peint pour Philippe le Bon, duc de Bourgogne, et destiné à orner un monument religieux à Dijon. En 1819, il fut transporté de cette ville à Paris, et c est de là qu’il a passé dans la collection de S. M.
JEAN VAN EYCK