‹ Description de la Galerie des tableaux de S.M. le roi des Pays-Bas, avec quelques remarques sur l'histoire des peintures et sur les progrès de l'artChapitre 13 sur 139 · J I . A [\ II I M 1,1 N G · texte numérisé non relu

J I . A [\ II I M 1,1 N G

ils sont témoins. Il semble même que I admiration exciléc par ce prodige ait déterminé ie cavalier à entrer dans l’état ecclésiastique. En effet, la scène représentée sons la première arcade nous le montre agenouillé devant saint Berlin, et recevant de ses mains l'habit religieux. Celte cérémonie a lien en présence de trois moines qui suivent saint Berlin et de trois autres individus. dont l’un tient le riche manteau que le cavalier vient de quitter. Dans le lointain est le couloir du couvent. bâti en forme de galerie carrée, soutenue par de riches colonnes dans les intervalles desquelles on aperçoit le gazon du jardin. Autour de la galerie est peinte sur le mur la danse des morts ; ce sujet singulier attire particulièrement l’attention de deux cavaliers qui semblent par leur attitude se communiquer les observations qu'il fait naître en eux. L’arcade suivante est la continuation de la galerie : on y voit deux individus plongés dans la méditation; tandis que sur le devant sont réunis plusieurs religieux et d’autres personnes qui écoutent avec attention le sermon que prcche saint Berlin. Sous la troisième arcade du tableau on voit, près d’une porte ouverte, saint Berlin occupé à converser avec un évêque; une dame, les mains jointes, cl élégamment vêtue, assiste à leur entretien. Cette dame, que I on reconnaît pour le génie du mal aux griffes qui

J K A IN I I E i>I E 1 N G .

lui tiennent lieu de pieds et qui dépassent sa robe, indique sans doute que le démon cherchait à détourner le prélat du sentier de la vertu.

Sous la quatrième arcade, qui forme le cinquième sujet du tableau et le dernier de l'histoire de saint Bertin, est représentée la mort du pieux moine, qui expire sur le lit où on le voit couché et recevant les derniers secours de la religion. Cinq religieux de son ordre et deux cavaliers entourent le mourant et paraissent réciter les prières d usage.

La mort de saint Bertin est fixée au 9 septembre 709. On prétend qu'il était âgé de 142 ans.

Cesdeuxtableauxviennentdel’abbayedeSaint-Bertin à Saint-Omer: ils couvraient le retable de l’autel, qui était d’or enrichi de figures de vermeil et de pierres précieuses. Plusieurs auteurs citent ces ouvrages de l’art . Voyez entre autres le foyage littéraire de deux religieux Bénédictins , publié à Paris en 1703. Il y est dit que le fameux Bubons avait offert, de couvrir ces tableaux de louis d’or si on voulait les lui donner. On sait que Bubens cherchait a orner sa collection de tout ce qu'il pouvait acquérir de plus précieux, et I on peut facilement concevoir qu’il ait fait des offres importantes pour obtenir ces tableaux: mais ils ne furent vendus qua 1 époque de la révolution française, lorsque le

Page 1