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ajoute que cette dernière composition est placée dans la salle des séances des échevins, à la maison de ville »
Il est à regretter que le biographe Carel van Mander (qui a public son ouvrage à Alkmaar en 1604) ait eu trop peu de renseignements sur la vie des peintres du moyen âge ; le seul du nom de Dierick dont il fasse mention, et que l’on pourrait supposer être ce même Dierick Stuerbout, est Dierick ou Dirck de Haar- Icm. mais il n’en parle que vaguement; voici ce qu’il en dit :
■ Que jadis Haar/em en Hollande ait été la vide où florissaient plusieurs des meilleurs peintres néerlandais, c’est une opinion qui n’est pas dépourvue de vérité , et qui peut être justifiée non-seulement par les anciens maîtres ci-dessus mentionnés, Albert van Ouwater 3 et Geerjten te St-Jans 3, mais aussi par Dirck de Haarlem, qui, dans son temps, était un excellent peintre, .te ne sais qui a été son maître. Il demeurait à Haar/em, dans la ; rue de la Croix (Kruisstraat ), non loin de la maison des orphelins , dans une maison ornée d'une ancienne façade sur laquelle se voyaient plusieurs têtes en relief. Cependant il n’est pas invraisemblable qu’il ait aussi habité Louvain en Brabant , car j’ai vu a Leyden un tableau de lui, à deux volets, dont la partie du
• Ce tableau n’y est plus, on ignore ce qu’il est devenu.
Albert Tan Ouwater était natif de llaarlem et vivait du temps de Jean T an Eyck.
s Gerrit ou Geertjen était aussi natif de llaarlem, il fut élève de Ouwater et surnommé de St-Jans, parce qu’il avait vécu avec les religieux de l’ordre de St-.Iean.à llaarlem.
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milieu représentait à peu près de grandeur naturelle la tète de notre Sauveur , et les deux volets . celles des apôtres Pierre et Parut , et sous ce tableau se trouvai/ écrit en lettres d'or et en latin : < £ïlil qimtrr cnit et eoirnntcbeur ans après la naissante bu €l|rist, m’a fait à Coutmin Ifirch, qui est ne à Üjanrlem. fft repos éternel lui soit aeeorbe. » Cette pièce se trouve chez te sieur J an Gerritz, sur le Buitenweg. C'est tout ce que je puis indiquer de ses ouvrages ; mais cela suffit pour démontrer quel admirable maître était Dirck, dans quel temps il a, vécu, et à quel point de perfection il a porté ses ouvrages ; quoique ayant paru longtemps avant la naissance d’Albert Durer, il diffère de beaucoup cependant de la manière désagréable, raide et anguleuse qu'on a adoptée plus tard. -
D’après ce passage, on serait effectivement lenlé de croire que Dierick Stuerbout est le même que Dirck de Haarlem. comme l’affirme le Messager des Sciences et des Arts; mais Louis Guichardin, dans sa Description de tous tes Pays-Pas (Anvers, 15G8, vol. in-4" '), après avoir parlé de quelques peintres néerlandais qui ont fleuri au moyen âge, tels que Van Eyck, Roger van der Weiden, Hans, Louis de Louvain, Pierre Criste, Martin d’Hollande et autres, ajoute, page 131 : « A ceux-cy adjousterons ainsi pesle mesle beaucoup d’autres bons painclres Ires-passez, tous maistres excellents, et dignes de mémoire, et premièrement Dierick de Louvain de grand art. » Puis, page 132, il cite Dierick de Haarlem .
L’ouvrage italien avait paru dans la même ville l’année précédente.
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Cet auteur qui parle de plusieurs peintres que Carel van Mander n’a point mentionnés, devait être d’autant mieux informé qu’il a écrit longtemps avant celui-ci ; cependant, dans mes nouvelles recherches, j’ai pu me convaincre du contraire. F.n effet, lord Northwick, pendant mon séjour dans son château en 1841, me communiqua la Vie des Peintres, par Pilkington. Ce livre avait appartenu au duc de Devonshire, qui s’était plu à réunir une immense collection de portraits de tous les anciens peintres. Parmi ces portraits, je vis une ancienne gravure exécutée par Th. Galle, qui représentait Dirck de Haarlem. Au haut de la gravure se trouvait imprimé :
floruit ijarlcmi, et ffoDiintt, 2ln Î-Î62.
Au lias on lisait :
Stjeoîlorci fjaiTcmio pictori.
Il uc et ;ules. Théodore, tuam quoque Belgica semper Lande nihil fictà tolletad astra manuin ;
Ipsa luis rerum genetrix expressa figuris Te nalura sil)i dum limel arte parem.
.i Tu es ici, ô Théodore; la Belgique ne cessera d’élever jusqu’aux deux, par de sincères éloges, la gloire de ton pinceau; exprimée dans tes tableaux, la nature, la mère de toutes choses, a craint que l’art ne lui donnât en toi un rival
De tout cela je conclus que Dirck de Louvain et Dirck de Haarlem, dont parle Guichardin, sont une seule et même personne. et que Guichardin aura été induit en erreur par l’examen superficiel de quelque document.
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Dierick est un nom do baptême. Stuerbout peut avoir été le nom de famille, ou un sobriquet adopté, ainsi que cela se pratiquait parmi les anciens peintres, qui prenaient un surnom faisant allusion à certaines particularités relatives à leur pci sonne ou à quelque circonstance de l'histoire de leur vie. Pippi, par exemple, le principal élève de Raphaël, n’est généralement connu que sous le nom de Jules-Romain, et Antonio Alegri prit le surnom de sa ville natale, Correggio.
Par ce qui précède, on a pu voir combien sont obscurs les rapports que les biographes nous ont laissés sur nos anciens peintres, et combien est précieuse toute découverte qui peut nous éclairer sur l’histoire de l’art.
Carel van Mander ignore qui fut le maître de Dirck de Haarlem; mais, à en juger par les deux tableaux qui sont maintenant dans ee palais, il est évident que Dirck de Ilaarlem a fait ses études à l’école de Bruges; car ses tableaux ont assez de rapport avec les ouvrages de Roger de Bruges et d’Hemling, pour qu’on puisse être convaincu que celui qui les peignit adopta leurs manières; d’où l’on peut conclure que les premiers artistes de Haarlem qui ont peint à l’huile, ont été en rapport avec l’ancienne école de Bruges.
Ce n’est que depuis Dirck de Haarlem que l’on a commencé à s’occuper avec intérêt de l’école hollandaise, dont il fut le fondateur, et qui brilla depuis avec tant d’éclat. Les deux tableaux que je viens de décrire sont donc singulièrement précieux pour la Hollande; ce sont les seuls qu elle possède de son premier maître. Monuments de l’art national, ils peuvent en même temps servir de termes de comparaison pour nous
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convaincre que les deux tableaux qui ornent l’église collégiale de Saint-Pierre à Louvain, représentant, l’un la cène, et l’autre, à deux volets, le suppliée de saint Érasme, bien qu’on les attribue à Hemling, sont réellement l’œuvre de Dirck de Haarlem surnommé Stuerboul.
JEAN HEMLING,
N6 à Bruges vers 1440, vivait encore en 1499
iV (>. — LA VIE DE SAINT BEKT1N.
ÎIOIS; HAUTEUR 20 - l’OUCES. 1.AHCEI R 52 .
Hemling a très-ingénieusement composé les eim| sujets suivants, réunis dans un seul tableau qui appartient à son meilleur temps. On voit d’abord un édifice gothique, formant plusieurs arcades dont chacune contient un des sujets de la composition. Sous la première est agenouillé devant un prie-dieu un évêque richement vêtu, accompagné d’un autre ecclésiastique • également dans f altitude de la prière. Leur contenance est expressive. Vu dessus d eux est un ange qui porte des armoiries ce sont sans doute celles de levêque.qui paraît être le donataire du tableau. La seconde arcade
représente un appartement où est couchée, dans un lit garni d une draperie pourpre. la mère de saint Bertin ; elle remet à une nourrice son enfant qui vient de naître: celle-ci le reçoit avec joie. Sur le plancher, est un vase et un bassin en bronze, et dans le fond de l'appartement, un meuble sculpté en bois de chcne. Dans le troisième compartiment, on voit lintérieur du monastère de Luxeuil, où saint Bertin, âgé d environ quatorze ans, fait son entrée au couvent et prend l’habit religieux qui lui est offert par saint Orner, placé à l’entrée de l'église. Sous la quatrième arcade , est saint Bertin en pèlerinage avec saint Momelin et saint Ebertran, pour travailler comme eux à la conversion des peuples païens. Ces trois pieux personnages demandent 1 hospitalité a deux abbés qui les accueillent avec bonté au diocèse de Thérouane : l’expression de la reconnaissance est parfaitement peinte sur leur physionomie. Ca cinquième scène du tableau est un paysage montagneux, dont le fond est entrecoupé par une large rivière qui se rétrécit vers le centre, où se trouve un fort (ou entrée d une porte de ville) surmonté de tourelles: plus loin est un pont communiquant avec un chemin qui tourne et ramène sur le devant du tableau: la. saint Bertin, agenouillé avec ses deux compagnons, semble recevoir des marques de faveur d'un riche seigneur du pays nommé
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Aldroald, <|iii lui donne la main avec respect : ce personnage est accompagné de quatre individus, et I un deux lit un parchemin scellé d un sceau, tous ces détails nous porteraient à croire qu il s’agit , dans ce tableau, de la donation faite à saint Bertin, vers I an 645. par le seigneur Aldroald. de la terre de Silliieu. où il fit bâtir, en l’honneur de saint Pierre, le monastère qui porta depuis le nom de saint Bertin.
Ce fait se trouve parfaitement expliqué dans cette composition ; I édifice que l’on voit bâtir à droite est le couvent lui-même ; dans l’enceinte du monument, on on remarque l’architecte et deux religieux qui observent les progrès de la construction, et des maçons qui y travaillent.
Telle fut l’origine de l’abbaye de Saint-Berlin qui devint si célèbre depuis . le peintre a voulu en consacrer la mémoire dans les diverses parties de ce tableau, et y a parfaitement réussi.
JEAN HEMLING.
i\" 7.— LA VIE DE SAINT BERTIN.
IIOIS; HAl'TEl R 20 l POUCES, LARGEUR 52 -,
Ce tableau, qui fait le pendant du precedent, offre d’abord, à l’extérieur d un couvent, une route sur laquelle s’avancent huit cavaliers qui vont à la chasse ou en reviennent, car l’un des derniers porte le faucon. On remarque que l’un des cavaliers est renverse avec son cheval en face d’une croix placée sur la partie la plus élevée du terrain.- cette partie est divisée par les murailles du couvent dont l’enclos, bâti en briques, forme deux cours; lune d’elles est occupée par un hangar sous lequel sont placés trois tonneaux. Devant l’un des tonneaux est agenouillé saint Berlin, opérant, sans doute, le miracle de la conversion de 1 eau en vin on voit effectivement le vin sortir du tonneau, et le saint le recevoir dans un vase, tandis qu’un cavalier et un moine, qui viennent d entrer par une porte de la seconde cour, paraissent étonnés de la merveille dont