‹ Description de la Galerie des tableaux de S.M. le roi des Pays-Bas, avec quelques remarques sur l'histoire des peintures et sur les progrès de l'artChapitre 20 sur 139 · BOIS; HAUTEUR UES TROIS TABLEAUX 26 ; POUCES, LARGEUR · texte numérisé non relu

BOIS; HAUTEUR UES TROIS TABLEAUX 26 ; POUCES, LARGEUR

Cette œuvre, connue par les amateurs de peinture du moyen âge sous la dénomination de l'autel portatif de Charles-Quint , se compose de trois tableaux d égale grandeur, dont les deux volets extérieurs se replient sur le tableau central. Ces tableaux offrent la succession historique des joies et des douleurs de la Vierge.

Le volet a gauche représente l’intérieur d une chapelle où, dans le cintre, entre deux colonnes, est placé un dais décoré d’étoffes brodées avec magnificence et devant lequel la Vierge est assise:, elle est vêtue d une robe et dïin manteau blancs. L’enfant divin est posé sur les genoux de sa mère, et il semble heureux de s’y trouver.

La physionomie de la Vierge rayonne de tout l’éclat de la jeunesse et du sentiment de sa maternité qu elle exprime en adorant Jésus. Près d elle est saint Joseph

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endormi; il repose, les deux mains appuyées sur un bâton : ses traits expriment parfaitement la fatigue et la vieillesse. 11 porte un manteau de couleur pourpre dont le capuchon d’étoffe bleue, relevé sur la tête, se détache fort bien du manteau qui laisse entrevoir la chaussure.

Ce sujet est entouré d’un portique d’architecture gothique, imitant le bois de la bordure. Le peintre y a représenté autour du cintre des sujets sculptés en pierre blanche; ce sont : l’annonciation, la visitation, la nativité, 1 adoration des bergers, l’adoration des mages et la circoncision. Puis au bas du portique, sur des piédestaux, sont, à droite, la statue de saint Luc, et à gauche, celle de saint Pierre. — Au-dessus de cette composition plane un ange tenant à la main une couronne et une légende tirée des évangiles sur laquelle on lit : iïlulirr I)irc fuit pbatissh mùïta ab oî labe iï>co uccip ft corona uitœ rr 3ac 1°.

Les vêtements et le visage de lange se confondent dans un même ton bleuâtre : ce que le peintre a répété dans les trois compositions, comme si, par cette uniformité de couleurs, il avait voulu rendre 1 immatérialité des esprits bienheureux.

Le tableau du centre représente la descente de croix.

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La Vierge assise, la tète entourée d’un voile de religieuse et enveloppée d’un manteau, s’incline comme si elle voulait embrasser le visage du Christ après son immolation. Llle serre dans ses bras le corps du Sauveur qui est étendu sur ses genoux. L’expression de sa douleur est déchirante, des torrents de larmes coulent de ses yeux; son désespoir émeut le cœur. A sa droite est le vertueux Joseph d’Arimathie, soutenant avec une draperie blanche la tête du Christ, et partageant les douleurs de la Vierge. A gauche est saint Jean qui, par son attitude, paraît leur adresser des paroles de consolation .

Celte scène d’affliction est un de ces drames religieux (pic les peintres du moyen âge ont si bien compris mais leurs idées sur la moralité de la peinture étaient d’une susceptibilité si délicate, que par pudeur ils évitaient de reproduire les belles formes nues qui auraient pu présenter la moindre inconvenance, et cest à ce sentiment que l'on doit attribuer la raideur anatomique de l’école gothique, reproc hée au corps du Christ dans ce tableau.

Au milieu du paysage qui offre un beau site on voit la croix, et dans le lointain, Jérusalem.

Le portique que le peintre a placé autour du tableau est exactement semblable à celui que nous avons décrit

dans le numéro précédent. Les sujets des bas-reliels sont seuls différents . Ils représentent : le Christ avec Marie, le Christ quittant Marie, le portement de la croix, l'érection de la croix, le Christ crucifié, le Christ mis au tombeau; les deux statues du bas sont : à droile, celle de saint Mathieu; à gauche, celle de saint Jean l’Evangéliste.

L’ange qui plane au-dessus est cette fois de couleur pourpre, il tient la couronne et la légende avec ces mots :

illlultcr l)cc fuit fiîïelissima ï fpî holorr iï>fO ï>nta ci corona mtœ cr apoc1. U° c°.

Dans le deuxième volet on remarque une arcade qui forme l’entrée d’un temple, d’où, par une porte de fond, ouverte à deux ballants, la vue se prolonge dans le lointain ; on y voit dans un paysage la résurrection du Christ. Trois soldats sont couchés sur le gazon ; près du Seigneur est un ange ; dans la perspective, on voit arriver les trois saintes femmes.

Mais la scène principale se passe sur le premier plan du tableau : le Christ ressuscité apparaît a Marie : près de monter au ciel , il lui montre ses plaies ouvertes encore, et son visage ranimé par une vie nouvelle. La Vierge vient de poser son livre de prières sur une

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banquette devant laquelle elle est agenouillée, cl elle se retourne vers le Christ:, on voit dans ses traits une exlrcme surprise qui passe de la douleur à la joie : son émotion est si grande quelle en verse des pleurs. - L’expression du Christ est d’un beau caractère. La draperie de son manteau est. ainsi que toutes les autres parties , merveilleusement ménagée. L’arcade qui entoure cette œuvre est terminée avec le même soin que les précédentes ; elle représente : la Vierge visitée par les trois saintes femmes, l assomption du Christ, la descente du Saint-Esprit, l’ange qui présente la palme à Marie, la mort de Marie, son assomption. — A droite, la statue de saint Paul ; à gauche, celle de saint Marc. - L’ange qui plane, et dans lequel le peintre est revenu à la couleur bleue, porte la couronne et la légende suivante :

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Le professeur Waagen, directeur du musée de Berlin, dans la relation qu’il donne de son voyage en Angleterre, dil, en parlant des ouvrages d'Hemling, qu’il y a eu la bonne fortune de voir une des œuvres les plus parfaites de ce grand maître; et après avoir donné une description détaillée du tableau qui

nous occupe, il termine en témoignant le regret d’en voir

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