J K A N VAN E Y C K
manière qui fond si bien les demi-teintes, et qui, en passant du jour a l’ombre, produit ce relief et cette transparence, merveilleux secrets de l’art, que les grands maîtres seuls ont devines. Pour être convaincu que Jean Van Eyek les possédait , et qu’il avait saisi les vrais principes de la peinture, il suffit d’étudier ce précieux tableau , qui provient de la galerie du duc de Lucques, et que Van Eyek a peint vers la même époque que celui que le gouvernement anglais vient d acquérir pour son musée national '.
1 Dans le catalogue de celte galerie, page 48, n» 186, on lit : » Thesubject of Ihis picture lias not been clearly ascerlained. » D’après cela, il paraîtrait que messieurs les directeurs n’ont pu déterminer le sujet de ce tableau, qui est tout bonnement l’intérieur d’un appartement, meublé d’un lit, d’un canapé et d’un lustre en bronze doré, auquel il ne reste plus qu’une seule bougie allumée. Sous le lustre est un cavalier fort bien caractérisé; il donne la main à sa femme qui est à sa gauche. Près d’eux, est un chien barbet que le peintre a sans doute introduit là pour faire allusion à la fidélité conjugale. Dans le fond de la chambre est suspendu, au milieu du mur, un miroir oval sous lequel se trouve écrit
Corel Van Mander, Isaac Huilai t et plusieurs autres écrivains mentionnent ce tableau. Il fut anciennement découvert chez un barbier à Bruges, et présenté à la reine douairière Marie de Hongrie, alors gouvernante des Pays-Bas. Celle-ci, en récompense de ce présent, accorda au barbier un emploi qui lui rapporta 100 florins annuellement. Quoique l’origine de ce tableau soit fort curieuse, il n’a été retrouvé que depuis quelques années.
JEAN VAN EYCK