N" 61. LA SAINTE TRINITÉ
Des chérubins el des anges sont groupés au milieu de la gloire céleste où sont assis Dieu le Père, tenant un sceptre, et Jésus-Christ, tenant la croix:, leurs pieds sont posés sur le globe du monde, soutenu par trois anges, qui volent avec leur fardeau à travers les nuages. Dieu le Père, sous la forme d’un vieillard vénérable, la chevelure et la barbe blanches, est vêtu d’un riche costume couleur d'or, et orné de pierres précieuses: Jésus- Christ, assis à sa droite, a les genoux enveloppés d’une draperie de couleur pourpre qui laisse à découvert ses plaies; l'expression de sa figure est pleine d’une mansuétude toute divine. Au bas du tableau, a droite, est saint Jean qui lient le livre de 1 Evangile et un calice d’où sort un serpent; à gauche, saint Paul dont l’attitude courbée annonce la vieillesse; il s'appuie sur l’épaule d’un jeune garçon. Tous deux ils portent leurs
regards vers le ciel, et semblent en extase à la vue de la gloire où est assis le Sauveur du monde. Ce groupe, vu à mi-corps, complète cette belle composition qui fut exécute'e pour être place'e dans lcglise de l Ange-Gardien à Madrid. En examinant les anges et les chérubins qui entourent la gloire, on peut s’apercevoir que Murillo avait étudié avec fruit les ouvrages de Rubens, et l’on peut dire avec fondement que Iccole flamande a exerce' une influence assez marquée, sous ce rapport, sur lecole espagnole, à lcpoque où les deux pays étaient réunis sous le meme sceptre.
Rubens a reproduit le meme sujet d’une manière differente. La galerie royale de Munich possède un tableau à peu près semblable, mais dont la composition n’est pas aussi complète que celle-ci. On n’y voit point le groupe des apôtres.
PIERRE PAUL RUBENS