‹ Description de la maison et du musée situés au nord de la place de Lincoln's Inn Fields, à Londres. Demeure du Chevalier SoaneChapitre 39 sur 45 · Onyx · texte numérisé non relu

Onyx

Camée.

Une Tête inconnue.

268. Cornaline. Intaille antique. Une Figure de Femme, représentant la Paix avec une

Corne d’ Abondance, et tenant une petite Figure de la Justice, avec des Balances.

269. Onyx. Camée. Quatre Figures : la Tête de Pompée présentée à Jules César.

270. Onyx. Camée. Un Soldat Romain devant une Figure de Femme représentant la

Ville de Rome.

271. Calcédoine. Intaille antique. Le Thoth Egyptien (Hermès Trismégiste), avec

les attributs de Mercure : probablement de l’ère des Séleucides. Trouvée à Ascalon, en Syrie.

272. Calcédoine. Intaille. Galatée. Ouvrage moderne, par Pickler.

273. Anneau d’un Chevalier Romain. Trouvé avec un Squelette sur le Champ de

Bataille de Cannes, A.n. 1818.

274. Anneau d’un Roi Maure. Trouvé dans un Tombeau à Grenade.

275. Une ancienne Bague Anglaise, avec une Image de Sainte, probablement Ste. Barbe.

Entre les deux montres, qui contiennent les camées et les intailles ci-dessus, . on voit un Chronomètre fait par Mudge, le pendant de celui pour lequel il reçut la récompense de cinq-mille livres sterling votée par le Parlement : cet instrument a appartenu au Duc de Marlborough. De ce côté nord de la chambre il y a aussi deux Fenêtres plus petites, ornées de la même manière que la grande, avec des Bibliothèques au-dessous ; aux piliers qui séparent ces fenêtres sont attachés des cabinets dont les portes sont ornées d’une vue de la Cour de la Chancellerie ; une autre de la Cour du Banc de Roi ; un Projet d’Eglise Sépulcrale ; et une vue de l’intérieur de ce dernier bâtiment. Dans les cabinets on trouve deux grands

dessins du Temple de Tivoli, faits à Rome en 1779, d’après des mesurages exacts : il y a, au-dessus de l’un de ces dessins, une vue en perspective du chemin par lequel le Roi se rend de la Cour du Vieux Palais (Old Palace Yard) à la Scala Regia ; et, au-dessus de l’autre, une vue également en perspective de la Galerie Royale, qui conduit, par la Chambre Peinte, à la Salle où le Roi se revêt de ses habits de cérémonie : l’un et l’autre furent complétés en 1823.

A l’extrémité orientale on voit un tableau de Georges Jones, Membre de l’Académie Royale des Beaux-Arts, représentant le Cortège Royal à l’Ouverture du Nouveau Pont de Londres, (Août 1831); deux Esquisses faites au Sacre de Guillaume Quatre et de la Reine Adélaïde, par le même Artiste ; deux vues de sujets Indiens, par Guillaume Daniel, Membre de l’Académie Royale ; l’Antre du Désespoir, sujet tiré de la Reine des Fées de Spenser (liv. i. chant ix. st. 35, etc.), par C. L. Eastlake, Membre de l’Académie Royale ; un tableau par W. Hilton, Membre de l’Académie Royale, le sujet duquel est Marc-Antoine lisant le Testament de César ; un petit tableau par Ruysdael ; un dessin d’ Arbres du parc de M. Lock à Leatherhead, par feu Georges Barrett, Membre de l’Académie Royale ; une vue de l’Antichambre de la Galerie de Sculpture du Chevalier Chantrey, Membre de l’Académie Royale des Beaux-Arts ; et une vue de l’Intérieur du Mausolée de Dulwich.

Dans la maison du feu Chevalier Bourgeois,* Charlotte Street, Portman Square, un mausolée fut élevé, il y a quelques années, d’après un plan fait par moi, à la mémoire de M. et Mme. Desenfans, dont le Chevalier Bourgeois avait hérité une magnifique collection de tableaux. A sa mort (le 8 Janvier 1811), il légua cette collection au Collège de Dulwich, avec des fonds pour l’érection et l’entretien d’une galerie pour leur réception, à laquelle devait être joint un mausolée semblable à celui de Charlotte Street. Au centre de la galerie des tableaux, telle qu’elle fut d’abord construite, il y avait une ouverture cintrée, qui donnait dans la chapelle et la chambre sépulcrale, liait les deux parties du batiment, conformément aux intentions du généreux testateur, et ajoutait a 1 importance de 1 ensemble. Cette ouverture est maintenant remplie par une porte ; mais si les panneaux supérieurs étaient de verre, l’intention originale recevrait son plein effet, la perspective serait considérablement augmentée, et l’on aurait une

* \ oyez, pour une notice biographique de cet Artiste, le Dictionnaire des Peintres et des Graveurs, par Bryan, p. 666, tome xxiv. de l’édition avec figures.

Planche XXXIV.

Figures 1 & 2.

Planche XXXIV.

Figures 3 & 4.

vue (que l’on ne peut maintenant avoir que lorsque la porte est ouverte) des trois sarcophages dans lesquels sont déposés les restes du Chevalier Bourgeois et de M. et Mme. Desenfans. Le mode de sépulture adopté en ce lieu, étant regardé ainsi, et avec les sentiments qu’il inspire naturellement, est propre à pénétrer le spectateur d’un recueillement religieux et d’un profond respect.

Toutes les parties de l’édifice devaient être chauffées et aérées de la manière la plus complète ; mais il est à regretter que ce plan n’ait été suivi que partiellement, au préjudice toujours croissant du mausolée et d’autres parties du bâtiment.

Dans la partie de la chambre exposée au midi; il y a des bibliothèques dans les enfoncements ; et de chaque côté des portes à deux battants sont des armoires semblables à celles qui se trouvent du côté opposé de la chambre. Dans celle de droite sont les dessins d’un projet pour étendre la façade septentrionale de la Grande Salle de Westminster (Westminster Hall), comprenant les nouvelles Salles de Justice ; des vues de la Galerie de Tableaux et du Mausolée du feu Chevalier Bourgeois, à Dulwich ; le projet d’un Château Royal ; et une vue d’oiseau qui montre la distribution et la construction de quelques-uns des principaux vestibules et bureaux de la Banque d’Angleterre. L’armoire qui se trouve à gauche contient une collection de projets d’Eglises; une vue à la lumière des lampes de la Nouvelle Salle des Francs-Maçons contiguë à l’Hôtel du même nom; un projet pour le Ministère du Commerce et les Bureaux du Conseil Privé, montrant l’Intérieur de la Chambre du Conseil et l’Entrée par la Place Downing ; enfin, la copie d’un projet original pour la construction d’un Pont Triomphal.

Au-dessus de ces armoires est un projet, composé à Rome en 1779, pour un Palais du Sénat Britannique. L’Architecte ne s’est arrêté ni aux considérations de la dépense, ni à celles du terrein; au gai début de la vie, il s’est abandonné sans contrainte aux écarts de sa jeune imagination et d’un esprit enthousiaste, — animé par la contemplation des ruines majestueuses et des monuments superbes de la cité impériale. Pour faire contraste avec cette composition, on a suspendu aux portes des armoires le projet d’une nouvelle Chambre des Lords, fait en 1794, conformément à un ordre émané de la même Chambre, et sanctionné par l’approbation de leurs Seigneuries ; quatre vues intérieures de ce projet sont placées dans les armoires opposées.

Dans ce projet on devait démolir les maisons qui se trouvent dans la Cour du Vieux Palais (Old Palace Yard), élargir l’emplacement pour la commodité des Membres des deux Chambres du Parlement, et augmenter la splendeur de la ville de Westminster, en découvrant aux regards du public l’Eglise de l’Abbaye de Westminster, la maison du Chapitre, les Cloîtres, et d’autres édifices anciens adjacents. Un des accès de cette nouvelle construction devait être pratiqué à travers la Salle de Westminster, la Cour des Requêtes, la Salle Peinte, et un nouveau et spacieux vestibule; et ces appartements devaient être décorés de temps à autre de sculptures et de peintures. Il fut primitivement suggéré de finir l’intérieur de ces appartements, et même celui de chaque partie du bâtiment, dans le style de l’ancienne architecture anglaise ; mais cette idée fut abandonnée, surtout par la considération que ce genre de construction est trop peu favorable aux débats publics, et à cause des dépenses énormes, et du retard considérable que l’exécution en eût entrainés.

Ce projet fut soumis officiellement à différentes époques au Lord Chancelier, aux Lords Commissaires de la Trésorerie, et pareillement à plusieurs autres nobles Lords, avec qui j’allai en conférer d’après les instructions du Lord Chancelier; et ayant fait subir à ces projets les changements et les améliorations qui me furentconseillés de temps à autre, je les soumis à l’inspection du Prince de Galles, de leurs Altesses Royales les Ducs d’York, de Clarence, et de Gloucester, et finalement le Lord Chancelier m’engagea à solliciter l’opinion de Sa Majesté : à cet effet je reçus l’ordre officiel de me rendre au Château de Windsor, où j’eus l’honneur d’être reçu très-gracieusement. Sa Majesté ayant examiné les projets avec une grande attention, en exprima son approbation, et particulièrement de l’idée de décorer les accès de peintures et de sculptures, pour commémorer les grandes actions publiques et les talents distingués, au lieu de placer ces témoignages de la reconnaissance nationale dans l’Eghse de l’Abbaye de Westminster, déjà si encombrée de monuments funèbres. Cette circonstance me fit un grand plaisir, car je me flattai qu’il pourrait en résulter quelque jour un grand établissement national consacré aux Beaux-Arts. L’entrée de la Chambre au centre du nouveau bâtiment, par l’escalier royal, décorée des statues colossales de nos anciens rois, attira aussi l’attention toute particulière de Sa Majesté, et me valut l’honneur de marques flatteuses d’approbation.

Les plans ayant reçu la sanction royale, je les regardai comme définitivement arrêtés. A mon retour de Windsor je fis part au Lord Chancelier de l’approbation donnée par Sa Majesté à mes projets, et sa Seigneurie m’engagea immédiatement à en communiquer avec Lord Grenville, un des Lords Commissaires de la Trésorerie, qui examina de nouveau les plans et m’en exprima sa satisfaction, tout en regrettant que 1 état des affaires ne permît pas de commencer les travaux, et que conséquemment ils dussent être ajournés.

Cet ajournement, je l’avoue, trompa cruellement mon attente ; mais il servit du moins à augmenter mon zèle, et me fit réfléchir aux améliorations que je pourrais apporter a mon plan; et dès ce moment, dans la pensée qu’on finirait par me le demander, je m’appliquai à compléter la masse générale du bâtiment lié avec la Salle

Planche XXXIV.

Figures 5 & 6.

de Westminster, de manière à isoler cet édifice magnifique autant que possible, et à donner aux nouveaux bâtiments une ordonnance harmonieuse. Plein de cette idée, je composai un autre projet .renfermant le premier, dans lequel la même ligne de façade près de la Cour du Nouveau Palais (New Palace Yard) est conservée comme dans les bâtiments élevés du temps de la Reine Elisabeth.

Je ne reçus aucune communication relativement à ce sujet important avant le 18 Décembre 1798, époque où j’eus la satisfaction de recevoir une lettre de M. Cowper, Secrétaire Adjoint de la Chambre Haute, me priant d’envoyer les plans de la Nouvelle Chambre à Lord Grenville ; et j’eus encore l’honneur de me rendre chez sa Seigneurie avec tous les dessins que j’avais composés à cet effet, et qui pouvaient avoir rapport à la Chambre des Lords. Sa Seigneurie les examina de nouveau avec une grande attention, me confirma son approbation dans les termes les plus flatteurs, et me pria de les laisser. Quelque temps après cette entrevue, mes dessins me furent renvoyés, après avoir resté plusieurs mois entre les mains de M. Wyatt, qui, à la mort de mon ami bien regretté le Chevalier Chambers, en 1796, avait été nommé Directeur- Général des Travaux Publics, et se croyait en droit par les prérogatives de son emploi, d’être consulté sur les plans et les projets des travaux publics. Mon autorité officielle pour les projets que je fis peut cependant se voir dans les procès-verbaux de la Chambre des Communes, à la date du 9 Juillet 1789 ; dans la lettre de M. Long, Secrétaire de la Trésorerie, du 26 Août 1793; et dans les procès-verbaux de la Chambre des Lords du 23 et du 30 Juin 1794.

Quelque temps après, c’est-à-dire, en 1800, le Directeur- Général convertit la Salle des Requêtes en une Chambre temporaire des Lords, les vieilles maisons qui se trouvaient autour, en communications pour y arriver, et en logements pour les employés de la Chambre et toutes les autres personnes aux ordres de leurs Seigneuries. L’extérieur de ces bâtiments formait la façade de la Chambre des Lords, et fut décoré dans le style gothique moderne. A la mort de M. Wyatt, la Direction des Travaux fut supprimée, et un Bureau des Travaux fut institué à sa place, avec un Directeur- Général, le Colonel Stephenson, et trois Architectes attachés, aux soins desquels furent confiés les palais royaux et les édifices nationaux de la capitale, divisés en trois départements. Le Palais de Hampton- Court et les bâtiments de Westminster furent placés sous ma surintendance, avèc des instructions de les inspecter deux fois par an, et de faire un rapport sur l’état des édifices publics et sur les réparations qui leur seraient nécessaires. Conséquemment, en inspectant la Chambre temporaire des Lords et sa façade rendue gothique, près la Cour du Vieux Palais (Old Palace Yard), en laquelle avaient été convertis les vieux bâtiments nommés ci-dessus, je découvris que l’extérieur de ces bâtiments, les planchers, les plafonds, et les séparations intérieures des chambres, étaient principalement construits avec des poutres recouvertes de plâtre. J’appréhendai donc, et je mentionnai souvent, que si par malheur le feu se déclarait au milieu d’une si grande quantité de matières combustibles, les Chambres des Lords et des Communes, la Chambre Peinte, et la Salle de Westminster, ainsi que tous les bâtiments circonvoisins, seraient sans aucun doute exposés à une entière destruction. En outre, les couloirs

et les chambres étaient étroits, sombres, et malsains ; et les logements étaient insuffisants ; ce qui, joint au manque de sécurité contre le feu, me parut être un objet d’une grave importance, et réclamer hautement une nouvelle inspection et de promptes améliorations. Pour empêcher que ce sujet ne fût oublié, je fis ensuite des plans,* où j’indiquai comment on pourrait remédier à ces défauts et à ces dangers. Ces observations ne furent pas écoutées; et le 16 Octobre 1834, toutes mes craintes furent réalisées par un incendie qui éclata dans ces chambres mêmes de lattes et de plâtre qui avaient été l’objet de mes inquiétudes, détruisit entièrement les Chambres des Lords et des Communes, la Chambre Peinte et d’autres vieux bâtiments, et menaça la Salle de Westminster d’un danger imminent.

Je ne puis terminer mes observations sur ce sujet sans remarquer, que depuis 1779 jusqu’en 1833, à différentes époques et dans différentes circonstances, j’ai appliqué mon attention la plus sérieuse à faire des projets pour les deux Chambres du Parlement, les Salles de Justice, les Bureaux des Archives, et les autres bâtiments qui environnent la Salle de Westminster ; plusieurs desquels projets ont été exécutés. Sur les murs de cette maison, et dans des cartons, on peut voir quelques centaines de ces projets, dont plusieurs, par leurs résultats et leurs associations, sont pour moi des sources de délices infinies et d’amers déplaisirs. Plus particulièrement, comme on l’a déjà vu, j’eus à supporter le désappointement de voir s’évanouir l’espoir dont je m’étais si long-temps bercé, d’élever une nouvelle Chambre des Lords ; de restaurer la Chapelle de St. Etienne, et de lui rendre sa magnificence et sa splendeur primitives ; et de décorer les hautes murailles de la Salle de Westminster, de la Chambre Peinte, de la Salle des Requêtes, et de la Chambres des Lords, de sculptures colossales, de peintures historiques, de bustes, et de bas-reliefs, en l’honneur des glorieux exploits de nos héros sur terre et sur mer, et des nobles talents de nos législateurs ; espérant par de tels témoignages de la reconnaissance nationale inspirer les plus sublimes conceptions aux Artistes à talent des Trois Royaumes, et les leur faire réaliser dans la production d’ouvrages qui pussent servir de sources éternelles d’émulation aux actions futures de gloire et d’éclat, et former une suite de modèles pour l’étude des Arts en Angleterre, jusqu’au moment terrible où

“ The cloud-capt towers, the gorgeous palaces,

The solemn temples, the great globe itself,

Yea, ail whicli it inherit, shall dissolve ;

And, like the baseless fabric of a vision,

Leave not a rack behind.”

* Voyez les Projets pour les Nouvelles Salles de Justice (1827) ; et les Projets pour les Edifices Publics et Particuliers (1829).

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