CONCLUSION
Dans les pages précédentes la situation des diverses Chambres de la Maison et du Musée a été indiquée au moyen de numéros correspondant à ceux des différents plans, — quelques-uns des ouvrages de l’Art, tant ancien que moderne, ont été le sujet d’observations particulières, — et la relation qui existe entre les Beaux-Arts a été démontrée par des explications poétiques, graphiques, et pittoresques. En repassant sur ce qui a été fait, quoique je ne puisse dire avec Horace,
“ Exegi monumentum ære perennius
ni avec Ovide,
“ Jamque opus exegi, quodnec Jovis ira, nec ignés, Nec poterit ferrum, nec edax abolere vetustas
j’éprouve cependant un grand plaisir de savoir, qu’en toute occasion j’ai constamment fait tout ce que j’ai pu pour les intérêts et l’avantage des Artistes Britanniques, en donnant des commandes à quelques-uns de ceux qui sont vivants, et en rassemblant autant d’ouvrages de nos plus grands artistes morts que j’ai eu les moyens d’en acheter, ou des endroits pour les placer et les exposer avantageusement.
Pendant plusieurs mois de l’année, la Maison, le Musée, et la Bibbothèque, continueront d’être ouverts deux jours de la semaine, pour l’inspection des Amateurs et des Elèves en Peinture, en Sculpture, et en Architecture, aussi long-temps qu’il plaira au Grand Arbitre des évènements de prolonger ma vie. J’avais d’abord eu l’intention qu’après ma mort cette propriété descendît à mon petit-fils, fils de feu Jean Soane, avec des fonds suffisants pour le mettre en état d’entretenir la Maison, le Musée, et la Bibliothèque, et de s’en servir de la même manière que je l’ai fait ; et en cas de décès de mon dit petit-fils sans enfants mâles, j’avais fait
des dispositions pour que la Maison, le Musée, et la Bibliothèque, également avec des fonds suffisants pour leur entretien, y compris des appointements pour un surveillant et une surveillante, et des gages pour un domestique et deux servantes, fussent placés entre les mains de curateurs, qui devaient être choisis et nommés par mes exécuteurs testamentaires, jusqu'à ce qu’il y eût un Etablissement National exclusivement destiné à l’instruction de ceux qui étudient la théorie et la pratique de l’Architecture. Quand ce grand objet aurait été obtenu, la curatelle devait cesser; et la Maison, le Musée, et la Bibliothèque, avec les fonds affectés à leur entretien, devaient revenir à quiconque en serait alors l’héritier de plein droit ; dans l’espérance agréable que, porté par une inclination naturelle, l’héritier susdit se consacrerait à l’étude et à la pratique de l’Architecture. Mais, lorsque je consultai sur ce sujet mon homme de loi, il se trouva que les dispositions conditionelles détaillées ci-dessus ne seraient pas reconnues par la loi ; et que, par conséquent, mon objet principal, de tenir réunis à perpétuité la Maison, le Musée, et la Bibliothèque, serait frustré, à moins que la disposition n’en fût sanctionnée par un Acte du Parlement. Je présentai donc à la Législature une requête à cet effet ; et, après quelque opposition imprévue, un Acte fut passé, lequel me donna la faculté d’accomplir ce que j’avais tant à cœur.
Lincoln s lnn Fields, iVo. 13, le 10 Décembre 1833.