FAÇADE D’ENTRÉE
Devant la Maison est une petite Cour, fermée de grilles de fer. Les Corbeaux Planche i. Gothiques fixés aux pilastres entre les fenêtres de la première et de la seconde galerie, sont des fragments de bâtiments anciens, construits probablement vers la fin du douzième siècle.
Les Canéphores, en terre cuite, de chaque côté de la galerie supérieure, sur le plancher de la chambre, sont copiées d’après les Caryatides de la façade du Pandroséum à Athènes : ces statues sont presque vis-à-vis de celles de Machaon et de Podalire, qui ornent la façade du Collège des Chirurgiens, du côté méridional de la place appelée Lincoln’s Inn Fields.
Avant de présenter le Plan du Rez de Chaussée, il est à propos de prévenir que ce Musée, et les Maisons contiguës à l’est et à l’ouest, ont été achetés en différents temps, et bâtis consécutivement, de sorte que je n’ai pu, ainsi que je l’aurais désiré, construire le tout d’après un plan général, d’une ordonnance uniforme, et dont toutes les parties se correspondissent exactement. Aussi, en réclamant la juste attention des élèves en Architecture pour les excellentes observations ci-après du Père Laugier, sur l’importance du plan géométrique de tout édifice, ne puis-je m’empêcher d’exprimer mon profond regret que ses observations si judicieuses n’aient pas produit dans ce cas-ci un effet plus complet.
“ S’il y a quelque chose qui soit de l’invention de l’Architecte, c’est le plan de l’édifice. C’est là qu’il peut manifester un génie créateur, par des combinaisons toujours nouvelles et toujours également justes. Cette partie de l’Art, qui doit le plus contribuer à sa réputation et au succès de son travail, est celle dans laquelle on a fait jusqu’à présent le moins de progrès. Combien d’édifices remplis d’incommodités et de désagréments ? En est-il où l’on trouve toute la commodité et tout l’agrément possible ? — où le terre in soit employé et mis à profit avec une sagesse qui ne laisse rien à désirer? — où la distribution, sortant du trivial et du commun, donne pleinement le nécessaire, écarte tous les embarras, rassemble toutes les délices ? Peu de bâtiments ont ce mérite, parce que peu d’ Architectes ont le talent de bien combiner leurs plans. Qu’ils ne disent point que s’ils pèchent par cet endroit, c’est qu’ils n’ont pas toujours le champ libre : on n’est point injuste à leur égard. Les désavantages d’un terrein assujetti n’échappent point à leurs juges : et pour peu qu’on y trouve de commodité et d’agrément, c’est un mérite qu’on exalte, et dont on leur sait un gré infini. D’ailleurs, combien d’édifices où ils ont le champ très-libre, et où leurs plans donnent non seulement dans le trivial et le commun, mais dans l’incommode et le désagréable ?”
Observations sur V Architecture, par un Amateur Français, p. 152.
On ne saurait être plus convaincu que moi de la vérité et de la valeur de ces observations ; mais il faut que je le dise une fois pour toutes, “ Mon terrein était assujetti,” et il ne me restait qu’à en tirer le meilleur parti possible.