‹ Description de la Terre-SainteChapitre 5 sur 39 · DE LA · texte numérisé non relu

DE LA

GHilPITRE I.

LB SOEISTAH.

StK la cote orientale de la iMeditcrranée s'élèvent, soit immédiatement au-dessus du ri- Tage^ s(Mt au-delà d'une plaine basse plus ou raoins étroite , des montagnes qui forment une muraille non interrompue, de i5o lieues de longueur, depuisJe Taurus vers leN. jusqu'au désert de FArabie vers le S. De TEuphrate s'étendent au loin vers TO. les plaines monotones et arides d'un désert de sable. Entre la cote et le désert , sur une largeur moyenne de 3o lieues, un haut-pays de forme longue et

étroite, d'un aspect très-varié et d'une grande fertilité.

Le haut'pays Syrien se divise dans sa Ion* gueur en 3 parties, dont Télévalion absolue diffère beaucoup. Dans sa région moyenne, à égale distance de ses deux extrémités , sont les hautes montagnes du Liban. Au S. et au N.

de cette cbaine sont deux régions inférieures, qui ont plusieurs caractères des plateaux : )a Palestine et la Syrie proprement dite.

Le Liban est une chaîne double : il se com^ pose dé deux rangs parallèles de montagnes séparées par la haute et profonde vallée de Bekaa.

Le haut-pays méridional et le haut-pays sep^ tentrional sont aussi divisés dans toute leur lonfi^ueur par une vallée profonde , mais peu élevée au-dessus de la mer^ qui sépare la région occidentale et maritime de la région orientale et intérieure. La vallée de la Palestine est arrosée par le Jourdain, cdle de la Syrie Test en sens inversé par TOronte. Les deux régions orientales se oqpfondent avec le désert Syrien, dont la surfeoe se maintient long-temps à une hauteur considérable avant que de s'abaisser vers TEuphrate.

La vallée de TOronte , celle de Bekaa et celle du Jourdain avec la vallée sans eau £1 Âraba>

forment comme une fente dans .le haut-pays »

qui s^étend du Taurus jusqu'au golfe d'Akaba

et à la mer Rouge.

Le Liban , la Palestine et la Syrie comprennent chacun 4 régions distinctes : la câte , le haut-pays occidental, la vallée intérieure et le baut-pays oriental.

Les montagnes de la Syrie sont plus hautes que qellesde la Palestine. La vallée de TOronte débouche dans la Méditerranée; celle du Jourdain ne communique avec aucune mer.

Le haut-pays Syrien a porté dans les temps prittutife le nom àkAram, de pajs des enfans dAram-^ dénomination qui d'ailleurs a désigné à diverses époques une région plus ou moins considérable. Il a reçu des Grecs et des Ro* mains le nom de Sy rie^ et des Orientaux celui de SorisUmj et celui de Bakrel Scham^ ou le pays à gauche (de la Mecque pour qui est tourné vers Torient ).

GHAPIIBE n.

DIFFÉRBUS IfOMS DB LA PALESTIHE.

Le pays dans lequel Dieu conduisit Abra^ haiu le père des croyans, s'appelait alors pays de Canaan, parce qu'il était habité par les Cananéens ( Gen. xi. 3i. xii. S , 6. ) Il continua de porter ce nom jusqu a ce qu Israël eu prit possession. (Lév. xxv. 38. Ps* ct/ ii. ) Mais cé n^était proprement que les contrées à rO. du Jourdain que Ton nommait ainsi : les contrées à TE. s'appelaient Galaad. ( Nomb.

xxTnn. 5i. xxxiv. a, ii , la. xxxy. lo. Josué XXII. 9-11* i3« i5« 32. )

Ce pays reçut aussi le nom de TerrerPrO'

mise, de pays de la Promesse, parce que Dieu Favait promis aux patriarches Abraham , Isaac et Jacob , qui ne l'habitaient que comme des étrangers. (Gen. xii. 7. xiii. i5. xv. 18. xxvi. 3. L. £x. xxxiii. I. Nomb« xiv. 16. xxxii, II. Héb. XI. 8. 9. ) Et il peut aujourd'hui encore être appelé de même \ car le peuple d'Israël qui en est maintenant exilé , a la promesse

d y retourner et d'en reprendre possession lorsqu'il se sera converti tout entier au Seigneur Jésus. ( Deut. xxx. 3-5. Es. xi. ii-i3. Jér* iii* 14*19* 6t surtout Ëzécb. xxxvi et

XXXYII* )

Il porta le nom de pajs d hracl aussi longtemps que les enfiins d'Israël y habitèrent.

(1 Sam. xm. 19. 2 Rois vi. 23. i Chron. xni. a.

vu» 2. Matt. II* 20 ) 21* J Xi est nomme le pays des Hébreux Gen. xi.. 1 5.

Il fut aussi appelé la Terre-Sainte , à cause des grandes daoses que le Seigneur y opéra au milieu du peuple d'Israël (Zach. ii. 12)* Cette terre est sainte pour nous chrétiens , plus encore que pour les Juifs; car c'est là que notre Sauveur a vécu , est mort et est ressuscité.

Ce pays reçut aussi le nom de pays de Jéhos^a^ de terre de V Etemel, (Lév. xiiY. 23.

Os. IX* 3. Jér. ir. 7. xvi. 18. Ps. lxxxv. 1.) H . était la propriété de Dieu qui l'avait prêté à ses hôtes, lès Israélites. Mais de tous les noms qui ont été donnés a ces contrées , le plus beau à nos yeux est celui de terre d! Emmanuel.

( Es. VIII. 8. )

Juda fut d'abord le nom de 1 héritage de Juda, des districts occupes par sa tribu. Sous Roboam et ses successeurs, on comprit sous

cette dénomination le royaume de Joda ou les

deux tribus de Juda et de Benjamin* Apres la captivité de Babylone, la Tetre^-Sainte tout entière fut appelée Judée ^ parce que luda était la première des tribus ( Gen. xlix. 8.

I Cbrou. V* 2. ); ou selon d'autres, parce que la majeure partie des Israélites qui retournèrent dans leur patrie étaient des deux tribus de Tancien royaume de Juda; le peuple entier prit le nom de juif. Du temps de Jésus-Christ, oii la Ïerre-Sainle était divisée en Judée > Samarie, Galilée et Pérée, la Judée oomprenait les anciennes tribus de Juda, de Benjamin, de Dan et de Siméou.

. Les Grecs et les Homains donnèrent à ce

pays le nom de PalesUnc» INlais ce nom n était proprement que celui de la cote liabitéeparles Philistins. Les païens ne connaissaient que le côté extérieur de la Terre- Sain te : ils ne soupçonnaient pa$ tout ce qu'elle renfermait d'excellent.

GHAPcniE m.

iXEHOUÈ BT SlTirATIOir DE Ll TEEHB-SlUTTE.

tiE pays dlsraêl , dont la c6te se dirige par une ligne oblique vers le N. N. E. , s'étend du 5a<> long. £. ( de Fer ) au 55^« Il est éloigné de la Suisse d'environ 800 lieues • lorsc[ue le scdeil s'y lève à 6 heures, il n'en est que 4 pour nous. Il y est midi à-peu-près dans le même moment qu a Moscou, eu Crimée, en Nubie, à Sofala, en Cafrerie.

Il s'étend du 3i^ au 33<* L« N. , dans la par* lie S. de la zone tempérée , à-peu-près sous les mêmes parallèles que Tripoli , plus au S. que Tunis et Âlger. L^air y est diaud , le ciel serein , la végétation riche et forte y dans les foréls, de grands el beaux arbres, dont plusieurs sont toujours verts et d^autres distillent des gommes très-recherchées^ des pâturages abondans en herbes ; des champs d'une fertilité remarquable j dans les jardins, une tres-grandc variété de légumes et de fruits. Aussi, par la bénédiction de Dieu , ce petit pays nourrissait

sous David et Salomon de â à 6 millions d'ha-

bilans (i).

La Terre-Saiate a du N. au S. une longueur d^environ 70 lieues, de TE. à TO. une largeur de 3o à 4o lieues ^ la surface en est de i35o lieues carrées. Elle est auss^ grande que la Si<cile, d'une moitié plus petite que le Danemark, et d'un tiers que la Suisse ^ moins grande aussi

( 1) De 1 0 à 1 2000 âmes par mille géographique carrû. £ii Angleterre dans les comtés d'Ëssex , de Kent et de Sotsex, 7000 habitans par mille carré; en Prasse» dans la régence de Dtis8eldorf»70001iabitans; 7500 en Wurtem* berg dans le cercle da Necker; 10700 en Suisse dans le canton de Genèye ; 1 2000 avaiit la rérolntiofi dans la Fiaiidre uiienlale; 14000 dans l'île de Malte; 90,000 dans le comté de Middlesex, où est Londres. Remarquez eu outre que dans les pays- chauds rhomme est beaucoup plus sobre qae dans les pays froids et tempérés; la même étendue de terre peut donc y nouirir un nombre plus considérable d*habitans. Certaines proyinces de l'Inde et de la Chine, si nous connaissions mieux ces régions loin* taines, nous fourniraient certainement des exemples d'une densité dépopulation inconnue eu Europe. La Palestine paraît même avoir été, lors de la destruction de Jérusalem par Titus , beaucoup plus peuplée qu'elle ue Tétait sous David: Thistorien juif Joseph assure que la Galilée seule comptait 204 Yilles et villages , dont le moins considérable avmt 1S,000 babitans ; et rbistorien latin «Dion-Cassins rapporte que sous Adrien 085 TÎllet et villages ont été détruits dans la Judée.

c}ue ia Hollande ou la Belgique. Saint Jérôme

disait qu'il répugnait h faire connaître les dimensions de la Terre-Promise , de peur de donner aux païens une occasion de Ûaspliémer ; et le païen Cicéron : que le Dieu des Juifs de^ vait être un petit Dieu , puisqu'il avait accordé iÉ son peuple un si petit pays. Mais le Seigneur a toujours choisi les choses faibles de ce monde pour confondre les fortes , les choses petites pour en faire sortir de grandes ; et Thomme naturel n'a pas d'yeux pour apercevoir la toutepuissance sous le manteau de F humilité.

Le pays d'Israël est sur les limites de l'Orient et de r Occident. Il appartient encore^ il est vrai 9 à lAaie, et les moèurs qui y régnent

sont les mœurs asiatiques • mais il a en quelque sorte la face tournée vers Touest et possède déjà plusieûrs traits du caractère européen.

A l'est du Jourdain sont de vastes contrées ^ uniformes et monotones comme toutes celles de TAsie^ car Ton peut voyager dans ce continent, pendant un temps très-considërable ^ soit dans les plaines basses, soit sur. les plateaux, soh dans les pays de montagnes , sans que la nature prenne une auti^ physionomie. A Touest de ce fleuve, au omtraire, le sol ofire déjà quelque chose de la variété qui règne en Europe,

iO —

oii Taspect du paysage ne reste pas loi^^temps

Je même , et oii ni les plaines , à Texception de celles de la Russie^ ni les plateaux, ni les montagnes n^ont une étendue considérable. On pourrait comparer TAsie à un palais qui serait partagé en un petit nombre de grandes et beUes salles ; et TEurope , à une habitation moins vaste, où chacun se serait arrangé à sa manière dans une multitude de petits appartemens.

Israël participe h ces deui natures.

La situation du pays d'Inaël a quelque chose d'insulaire : à TO. la grande mer Méditerranée • à TE. une mer de sable, le désert de Syrie ; au S. une mer de rochers et de sable , le désert d'Arabie ; au N. la haute chaîne du Liban, qui sépare de toute sa longueur les Israélites de la Syrie. Ainsi le peujde élu était, par la nature même , autant que par les lois de Moïse, isolé de toutes les nations voisines, qui étaient idolâtres et corrompues, et desquelles il n^avait rien de bon à apprendre ,* ainsi la semence de cet arbre de vie qui doit couvrir de ses rameaux la terre entière^ fut déposée dansle pays d'Emmanuel , comme dans un jardin environné d'une haie épaisse y et protégé par une , forte cloison ( Es. v« a, 5), sur lequel les cieux envoyaient la rosée d'en -haut et les

ailées ^lisaient pleuvoir la justice» et qui a produit la détivnmoA. Mais lorsque Israël eut choisi la malédiction au lieu de la bénédiction, et qu'il se mit k adorer les ùkux dieux des peuples qu'il avait laissé 8ol>8ister dans sa frontière, et de ceux qui habitaient au-delà de ses rempart utureb; lorsqu'il eut souillé de ses abo<imnations la terre de FEtemel, les jugemens de Dieu ratteigoirent au travers des déserts, des mers et des moalagiies ; et les armées^ €»i<-

Demies des peuples voisins et des peuples éloignés ont les unes après les autres trouvé le chemin de oette tle^ de telle sorte qœ, de toutes lea nations, la seule qui ait été tout entière dispersée sur toute la surface de k terre, est cette nation jtÛTe si bien gardée, et que de tous les pays celui qui a été le plus long-temps dévasté par la guerre , est cette Judée si^lnen fortifiée.

Israël devait être un peuple à part ; mais c'é' tait aussi d Israël que la gloire de Dieu et la famiière de sa vérité devaient se répandre chez les autres peuples ^ et Dieu avait tout préparé pour cela.

La Terre^Sainle est au centre de Taiicien

monde : à TE. TAsic, au S. O. l'Afrique, au N* O0 TEurope^ k laquelle elle est unie par la * mer Méditerranée* U est sans doute sur les

bords de la Méditerranée d autres pays desquels on peut dire aussi, mais lootefois air^c moitis de liaison, qu'ils sont situés an centre de la terre : TEgyi^e.en Afrique , la Syrie et i A- $ie Mineure en Asie , la Grèce en Europe^ Maia TEgypte a trop peu de relations avec le N. de r Asie y la Grèce est trop occidentale 9 et toutes ces contrées centrales ^ loin d'être en inéme temps isolées, sont au contraire ouvertes de tous cotés y ou sont même des pays de pas* sagse.

La Terre-Sainte est non-seulement au centre de la terre ; dte est:en outre située dans une région où se réunissaient ét se réunissent encore des routes tracées par la nature, qui conduisent dans tputes les directions josqqe dans les contrées les plus éloignées. Au S. E., à une petite distance de la limite méridionale, est risthme de Sues qui est la porte de l'Afrique ; immédiatement au-delà est l'Egypte où arrivent les caravanes de TAbyssinie, du Niger et de r Atlas. Vers le S. , à TeEtrémité de la ^Uée primitivedu Jourdain, commencela mer Ilouge, qui conduit en Arabie > sur les oâtes.dë 1 Afrique orientale et sur celles du Décan.Ters TE. les caravanesserendaientà traversiArahie vers le golfe Persique, en suivant la route la plus-

simple et la plus andenae de celles qui mènent

dans les riches et populeuses contrées de Tindos et du Gange. Au N. £. , évitant le désert Syrien , elles se dirigeaient sur Ninive, snr Babylone, d'où elles pénétraient dans toutes les ccmtsées de l'Asie intérieure. Au N. O. habitaient .les Phéniciens , le peuple de Tancien monde le plus adonné au commerce et à la na- TÎgation. A l'O. est la Méditerranée qui met en relation les uns avec les autres les peuples de rÂsie occidentale , du . de l'Afrique et du S.- de l'Europe.

Enlin la Palestine était aux temps du paganisme placée au milieu des nations les plus anciennement civilisées, les plus puissantes, tes plus Uorissantes : au S. O. étaient les Ef^yptiens , à r£. les Babyloniens et les Assyriens , aufddà desquels étaient les M èdes et les Perses; au N. O. les Phéniciens et les Syriens ; vers VO. les Grecs et les Romains, et au S. les Arabes.

C'est ainsi que s'explique ce que TËternel dit par la bouche d'Ëzéchieî, (v, 5) : « Tai placé « Jérusalem au milieu des nations et tout au- « tour d'elle des pays », et ce que le Psalmiste dit ( Lmv, 1^. ) du salut préparé par Dieu au milieu de la terre.

Il eût donc été iacila aux nations païennes qui ont joué tes premiers vôU» dans rhîstoice

de rhumanité , d^apprendre à connaître le Dieu d^Israël , et de contempler sa gloire chez son peu{de sans gbûre ; et les apdtres , ainsi que les autres missionnaires des premiers siècles de 1 Eglise, quand ils commencèrent à annoncer à tooles les créatures la bonne nouvelle du sa^ lut, trouvèrent toutes frayées les routes sur terre et les routes sur mer, qui les conduisinent jusqu^aux extrémités du monde connu*

Mais comment la Terre-Sainte pouvait-elle à la fois 4tre un pays isolé et être située au point de réunion des grandes routes du camuneKn^ et des nations?

lies routes aboutissaient non pas à k Terre^ Sainte, mais soit auN., aux villes de la Phé«* niciO) soit au S., à celles de 1 Egypte ^ et si à dir verses époques des tanps anciois et des temps

luûdernes les caravanes ont traversé la Samaric, la Galilée^ le pays au-delà du Jourdain , elles n*ont du moins jamais passé par Jérusalem qui est une ville à Técart, par Juda et Benjamin qui sont le centre historique de la Terre^Sainte.

Quantaux routes maritimes, la mer isok les * peuples qui habitent ses rives opposées, aussi long-temps que la navigation leur est inoon-

lit ^

nue • mais une fois sillonnée par les vaisseaux, eUe ies rajf^procbe davaotage que ne ie ierait la terre ferme.

La Terre-Sainte est une île paisible au centre de roeéaii du monde. £Ue peat rester étran* gère à Knit ce qui Fentourei la terre entière est ^ ouverte à ses habitans. Les nations pendant . dessines passeront près de ses limites sans les firandiir ; de tous les bouts de la torre elles y . accourraient et 3' y réuniraient sans peine.

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