LA PLAISE DBS COT
Cvm partie du pays se divise e& trois god<trées biea distinctes ; le bas-pays de Canaan proprement dit, depuis le Carmel jus^'à Gaza^ la large plaine au S. de Gaza, qui se confond avec le désert de Tsia ^ et les plaio^ plus éten^ ' dues, au N« du Carmel.
I. IjC has^pajs de Canaan a une loii(jucur de 36 lieues. Très-étroit vers le N. , il a près de Gaza une largeur d'euviron 6 lieues. C'est une. plaine inégale , un bas- pays entrecoupé de collines \ de laûa à fiamlé il s'élève par quatre àefstèi vers les moatagpMs du plateau. Il a un sol léger , mais très-fertile. Il fut jadis couvert de villes et de villages et cultivé dans toute étendue. A deux ou trois pieds au^lessous du sol on trouve partout de 1 eau \ et Teau, même • dans le voisinage de la mer, n^est pas salée. Il n' existe de sources qu au pied des degrés et des
montagnes, jamais dans la plaine. Les eaux courantes du baut-pays occidental Imyevseat cette contrée de TE. à FO» ; mais de nos jours du moins, elles se perdent en été dans le sol, luentôt après kor sortie des montagnes*
Le promontoire de Jafia divise ce bas- pays en deux parties.
A* Séphéla, c'esc-à-diie, le bas-pays (Jos»
IX, I j XII, 8 ; XV, 33 , la plaine. ) La longueur en est d cnviton 18 lieues , la largieur à Jaiiàde 4, à Gaza de 8 lieues. Les cpUines y sont bautes et nombteuses.
Les Philistins habitaient le long des bords de la mer dans cinq grandes yilles et dans plu* sieurs petites. Les Israélites possédaient celles qui étaient situées au pied du plateau* ^
B* Sarùn, dont la largeur diminue du S. au N. , a la mcQie longueur que Sépbéla, est plus fertile, et était jadis tout aussi peuplé et cultivé* Les sdbles et les dunes, les esipaces rocailleux ,. les champs , les pâturages ( i Cbr. xxvh , sg» Es« Lxv, 10) y akmient Lia partie t|ui por* tait proprement le nom de Saron et qui était la plus célèbre par sa beauté ( £s. xxxv, 2 ) est la contrée que traverse la route de Jaffa à Jérasa-
lem. Le cliemin est aujourd'hui bordé de haicb
de cactus qui entourent des jardins d'orangers,
et la multitude des roses blanches et ronges ,
des narcisses, des anémones, des lys blancs et jaunes , des tulipes, surprend et récrée le Yoyfrgeur. Les villages sont entourés d'oliviers et de sycomœres ^ et ce terrain , fertile quoique sablonneux, serait couvert des plus belles récoltes, si le despotisme des Tures ne détruisait toute agriculture. Mais les champs demeurent incultes et les villages sont pleins de ruines. Ainsi s'accomplit le juste jugement de Dieu.
( Es. xxxiii , 9. )
Plusieurs ruisseaux traversent Séphéla et Saron ^ mais on n'en a pas remonté le cours jusqu'à leurs sources » et Ton diffère d'opinion sur leurs noms anciens.
La rivière qui se jette dans la mer à une Ueue au S. de Gaza est le Bésor, qui forme en quelque sorte la limite méridionale de Séphéla ( I Sam. xxX| 8» 9, 10, 21. ) Ëlle se forme de plusieurs ruisseaux qui ont leurs sources près dé Berséba et dans les environs de Jutta.
Le Sorek, qui est, avec le Bésor, le plus grand torrent de toute la côte jusqu'au Carmel, doit son nom aux belles vignes qui croissaient dans sa vallée. On suppose que la vallée des JTérébùuhes près de Jérusalem , et celle à^Es^ kol ( des raisins ) d on les espions des Israé-
liteD emporlèreDlune grappe qu^ik éfakntiieiix
à porter (Nomb. xiii, s/p? xxxii, 9; Deut. i, appartienneot au petit bassin du Sorek et oontiennent les sources de cette rivi^ , qui se dirigerait au S. O. parallèlement à la cote et se Terserait dans la mer près d'Ascalou* Suivant une autre opinion , l'EskoI forme une rivière disliucte qui se jette dans la mer près d xiscalon, et leSorekayec le ruisseau des Térâ>iQthe8 a son embouchure -entre Asdod et Hékrbn .
Le principal ruisseau de Saron est celui de Cana (des roseaux), qui descend des montagnes de Samarie et qui formait la limite entre Epliiaitn et Manassé (Jos. xvi, 6; xvii, 9).
Les Romains le nommaient la rivière des Cro* crodiles ^ et Ton assure qu'il existe en effet des crocodiles dans le lac ou marais qu'il forme près de son embouchure*
IL Au S. de Gaza le plateau se retire, et la plaine de la cote devient toujours plus large et plus plate; les sables augmentent, les endroits fertiles sont de plus en plus rares, et déjà dans . f antiquité les pâturages même perdaient insensiblement en étendue : Ton entre enfin dans le désert de Tsin qui iait partie de l'Arabie* Dans cette contrée de transition entre les terres fertiles et le désert est la contrée de Ka^
désSaméa, oii les patriarcbes paiss^ent leurs troupeaux (Geû. i ), et où demeuraient les
Amalecites, peuple bédouin. (Gen. xiv, 7)..
Oa^e sait si \eSihor, le torrent iï£gypte, qui formait les limites de la Palestine ( Jos. xxii ^ 3 ; - XV , 4^ Es. xxvu, 12), est le torreut qui se jelte dans la mer à une petite distance au S. du Bésor, ou celui d'El Arisch (Rfainocolure). La der-^ mère opinion est la plus prob^le.
UI. AuN. deSaron, le plateau s'avance jusqu'à la mer et sépare la plaine d'acre au N.
de la longue plaine basse de Saron et de Së* phéla. Les montagnes s'étendent le lon^j du rivage sur une étendue de six lieues avant que de faire saillie dans la mer et d'y former un pro* monloire ^ elles doivent h leur beauté et à leur fertilité le nom de Carmel. Le Carmel est élevé d'environ i5oo pieds ;.et il est plus haut des câtés N. et E« qu'à TO. et au S. ; il est très abondant en eau , Tair y est sain et toute espèce .de culture y prospère. Les pâturages sont aujour^ d'hm encore couverts de fleurs odoriférantes ; dans la région supérieure croissent des pins et des chênes , dans Tinférieure des ciUviers et des
lauriers (Es. xxxv, 2). Du sommet on Jouit d'une fort belle vue ^ tout le pays environnant est frais et verdoyante Le câté occidental .^st
remavifiiable par un grand nombre de cavernes spacieuses, qui furent peut-être habitées judis par les Cananéens , et qui pins tard Tant été-par des solitaires. Les prophètes Elie et Eli* séc demeurèrent sur le Carmel (i Rois xviii \ 2 Roisi; II, s5; iv, 25). Cette montagne avec ses cavernes servit aussi de lieu de refuçe et de place de sûreté (Amosix, 3). Esaïe xxxiii, 9^io:Adiosi, â;NabQmi, ^^Jérémiei.y 19, parlent de sa désolation et de son rétablissement futur.
Après avoir traversé le Carmel^ on arrive à une plaine , de 7 lieues de longueur, et de a à 4 de largeur , qui entoure la baie d'Acre,^ et se prolonge au N. jusqu'au cap Ras el Nakhora. Elle ne présente aucune colline, surtout dans sa partie S. oii elle est le ptns large* Elle, est très-fertile , mais presque inculte. Le Jfïson descend de la plaine de Jesréel par une vallée étroite , coule au pied du Carmel « et se jette dans la mer après de nombreux détours.
Plus au Is. est le Sihor Libnat ( Jos. six, 26) on nàssem da verre^ le Bélus des anciens ; non loin de son embouchure il coule à travers des sables très fins. On raconte que des vaisseaux «doniens, chargés de salpêtre , y abordèrent, et que les gens de l'équipage, voulant préparer leur repas et ne trouvant point de
grosses jpieires pour constraire leur foyer , se
servirent à cet effet de [grands morceaux de salpêtre 9 qui se fondirent au feu et se méièreni avec les cendres et le sable : il en résulta une matière transparente ; c'était du verre. Dès lors le sable du Bélus fut transporté à Sidon , ou Ton perfectionna Tart de travailler le verre ^ et aujounf bui encore les Vénitiens en chargent leurs vaisseaux pcmr les belles £adiriques de leur patrie.
' Âu N. du Ras el Nakhora, la plaine des côtes n^a qu'une lieue de largeur; c'est là qu'babitaient les Phéniciens ^ et que se trouvaient leurs grandes villes commerçantes.