‹ Description de la Terre-SainteChapitre 9 sur 39 · CHAPITRE Vn · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vn

Db la rive phénicienne, on voit, à peu de distance dans rintërieur.des terres, s'élever au dessus d*avant-mont8un long rempart de montagnes escarpées. A leurs sommets, on se trouve dans une île aérienne , fertile et peuplée » qui domine les monts inférieurs et dont le centre

est occupé par les sommets les plus élevés. Le Idban est d'après Texpression de la Bible une campagne fertile , ud Carmel (Es. xxix , 17)-, et il mérite encore aujourd'hui ce nom ^ car les Tares, desquels un proverbe dit que jamais herbe ne croît où TOsmanli a pose le pied , n ont pu opprimer les habitans de cette forteresse naturelle qui sont restés presque indépendaus^ ni dévaster ces vallées éomme ils ont &it les plaines voisines. Aucune pointe saillante ne' domine de beaucoup la crête uniforme de la chaîne maritime. Le sommet le plus életé qui est situé hors des frontières de h Terre^Promise y a au moins 9000 pieds de hauteur, car la .neige n'y fond jamais ^ on y • jouit d'une vue très-étendue sdr la mer et les montagnes environnantes. Cette chaîne est le Liban proprement dit , et elle doit son nom de montagne blanche à la neige qui recouvre ses sommités cl à Id couleur blanchâtre de ses roches calcaires*

Au-delà de cette chaîne est une vallée longiludinale d'une nature toute particulière j elle sépare le Liban maritime dans toute sa longueur, de la chaîne orientale et intérieure , ÏAntiUban des Grecs. Elle a deux lieues de largeur moyenne et va en s'élargissant vers le

j la hauteur absolue de son fond est de à i5oo pieds. C'est la CœlèSyrie ( Syrie creuse) des Grecs; Behaa, Bkaa en est le nom iadigène dès les temps anciens (Jos.

17; XII 9 7* la campagne du Liban). De la chaîne occidentale on descend en deux heures daaa le Bekaa par une pente rapide ; car le versant oriental dé tontes les montagnes calcaires de la Svrie est Ibrt roide, tandis que le versant occidental a une iaclinaison plusdnuce. Le sol en est fertile et sans pierres. Les habitans vécurent long-temps ignorés et tranquilles, sans relations fréquentes avec leurs voisins , mais aussi moins quteux atteints par les orages de la guerre. Cependant leur prospérité a eu son terme , et la vallée est devenue déserte malgré toute sa fertilité. On y admire aujourd hui les ruines gif^antcsques d'//e7iopoUs qui fui la Baakuh de Salomon et dont le nom moderne est Baalheh : c'est là que se trouvent les plus grandes masses remuées par la main des hommes , des blocs de 63 pieds de longueur, de 12 de largeur et de 19. d épaisseur (906a pieds cubes) ; et cette ville est à peine mentionnée dans Thistoire. Le Bekaa est arrosé par \e Lèontès , qui à son extrémité S, tourne au S. Ou et descend vers la Méditer-

lanée par une vallée étroite tdut au travers des moiiiaï^nes*

VAntiUbm se prolonge plus au midi que la chaîne occidentale. Le sommet principal, situé non loin de son extrémité S. , appartieot encore à ia Terre-Promise ; il parait dépasser de beaucoup les plus hauts sommets du Liban oriental , et sa téte neigée et solitaire domine majestueusement les rangs étages des montagnes inférieures. Toute cette partie méridionale de TAntiliban est appelée dans la Bible Hermon , qui est le Sénîr des Amorrbéens »

le Sinon des Sidouiens (Deut. m , 8. 9^ Ps»

nxx, 6), et qui est aussi Sion (JDeut. iv,

48 j Ps. cxxxiii, 3): la partie septentrionale qui est beaucoup plus basse que le Liban est nommée la montagne d^uimana. (Cant« iv, 8).

L*Antiliban est aussi compris dans la liible sous le nom général de Liban, (Cant. vu, 4) Jos. xni, 5 ). Voyez en outre Xos. xi, 17 ; xn, I. 5 5 xiii , 5. II, etc.

A TE. de THermon est une haute-terrasse, présentant de larges plaines et élevée peut-être de 3 à 4ooa pieds au-dessus de Damas. Ce pays portait au temps de J«-C. le nom à'Jlbi* Rne (Luc m, i. ) Plusieurs ruisseaux descendent des montagnes par de petites vallées

else réamsseatdans une viiUée principale qo'ai^ rose du N. O. au S. E. Y^mana , et qui préjseute uue plaine riante et fertile d'uoe demilieue de largeur. JL'Amana sort des montagnes

par un étroit passade , et descend dans la belle plaine de Damas , oix il se partage en plusieurs bras et se verse dans un lac intérieur, au-delà duquel commence le Désert. A une distance de trois lij&ues le» environs de Tantique et opulente cité de Damas sont aujourd'hui encore un admirable jardin, dont la beauté est rebaussée par le voisinage du désert^ aussi Ames ( 1 , 5) nomme-t-il cette ville la maison d'Eden, et les Mahométans disent qu elle est Tun des quatre paradis terrestrest

Le Liban envoie vers le S. le Jourdain à la Mer Morte, vers TE. TAimana au Désert, vers rO. le Léontès, vers le rOronte a la Méditerranée.

Le soleil se lève , pour le Liban , dans le Désert au-dessus de Damas; il se couche dans la Méditerranée au-dessus de Tyr et de Sidon ; au a. est Antiocbe^ au S. Nazareth, Bethléem , Jérusalem. Quelles sont les montagnes qu'entourent des cites aussi célèbres?

- Le Liban n'a plus toute son ancienne beauté. Ses fiancé escarpés étaient jadis couverts de fo-

rèts/On y voit encore, il est vrai, de grands

bois de chênes; mais selon la parole du Seif^ar , il De reste plus que de fiiibles vestiges de ces magnifiques forêts de cèdres qui ornaient surtout les hautes sommités - on en trouve quelques bouquets au pied de la cime la plus élev^ de la chaîne occidentale ; celui qui est visité ordinairement par les voyageurs compte quelques centainés . d'arbres.- Dans les vallées croissent en abondance les fi aits du midi, les figues, les amandes, les grenades, et de nos jours les citrons et les oranges^ pins haut encore sont des plantations d'oliviers: et jusqu^au pied des sommets les plus élevés, des lioyers , des mûriers , de la vigne et des champs de blé» Le vin du Liban n'a pas perdu son ancienne réputation (Osée xiv, 8). Les pâturages des montagnes nourrissent un grand nombre de bétes à cornes, des chèvres à longs poils, des moutons et de beaux mulets. Nulle part sur la terre ks sources ne sont pItHf arbondatites qn au Liban , et uae multitude de ruisseaux qui fertilisent les champs et lés prairies, se préci* pifent, par des gorges et en formant de nombreuses cascades^ dans la mer ou dans les vallées principales. La Bible parle souvent de la magnificence du Liban, de ses cèdres,

de ses foréUi de ses champs fertiles, de ses doux parfums et de ses riches "vignobles , de la neige qui recouvre ses cimes ^ des eaux qui arrosent ses vallée^ (Cant. it, i5), et des

animaux qui peuplent ses soliluclcs (panthères^ sangliers, perdrix.) Le Liban est une image du Seigneur , de ses dons spirituels et de son église (Ps. cxxxii, 3^ Cant. iv, ii. iS^ • Y, i5^. Os* xrv, 5^ £s« xxxv, a); db Toiw gueiUeax destructeur du Liban « d'Assur, et de ses destinées (Es. x , 17. 18. 34) — en général des choses grandes et puissantes (Ps.

XXIX, 6^ Es« XL^ 16), etc.

LB HAUT-1P4TS OCGXDElfTiX*

Page 1