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Je me réservé de tracer dans un autre cliapitre le tableau magnifique qui s'ofïVe à l'ami de la nature, en poursuivant de ses yeux le cours du Mein et du Rhin majestueux, le beau Rhingaii, le Palatinat sur la rive gauche du fleuve, avec le Mont-tonnére dans le fond, les villes de Mayence, de Hochheim, de Darmstadt, les environs de Francfort etc. Ici je me borne aux connaissances les plus nécessaires sur la position, la figure, la distribution intérieure et autres particularités de notre ville, en y ajoutant un, précis sur son histoire,
La position de Wiesbade relativement à l’équateur est de 5oo b' latitude nord , et de 25° 5o' longitude orientale. Cette ville est à deux lieues de Mayence, à huit lieues de Francfort et de Darmstadt, à quinze lieues de Coblence et à dix-huit lieues de Neuwied, de Manheim et de Heidelberg, Les bains de Schlangenbad n’en sont éloignés que de trois lieues, ceux de Schwalbach de quatre et ceux d’Emsde douze lieues. On trouve en outre encore les sources minérales de Selters, de Fachingen, de Weilbach, de Geilnau, de Soden et autres dans un rayon de trois à dix lieues autour de Wiesbade.
La ville elle-même est située dans une plaine, àl'exception de quelques petites rues qui montent légèrement. Elle est traversée par deux ruisseaux qui mettent cinq moulins en mouvement j untroi-
sième ruisseau ne fait que toucher une rue. Voûtés en grande partie, ces ruisseaux sont assez considérables pour servir à différeus métiers et aux usages domestiques, sans nuire à la santé des habitans par leur évaporation. Jusqu’à présent quatre fontaines fournissoient de l’eau douce d’assez bonne qualité, mais en trop petite quantité. On Tient d'achever les travaux au moyen desquels les eaux d’une source puissante à une lieue et demie de la ville sont amenées par des tuyaux en fer, et dirigées dans tous les quartiers de la ville ; de manière que Wiesbade possède maintenant neuf fontaines de plus, dont l’eau ne cède en rien aux sources les plus pures des Alpes.
La ville, ouverte de tous côtés, après avoir été considérablement agrandie et embellie, offre en général une consU'uctiou assez régulière et agréable. La plupart des rues sont droites, larges et bien percées, à l’exception de quelques anciennes rues ; mais il n’y en a aucune qui soit sombre et humide. Il n’y a que très-peu d’hôtels, tandis que les maisons , la plupart à deux étages, réunissent un extérieur agréable avec beaucoup de commodités dans leur intérieur. C’est surtout dans les rues nouvellement bâties qu’on remarque ces avantages, cette unifoi’mitè et cette régularité qui plaisent â l’oeil.
Il n’y a que deux places publiques dans la Tille. L’une le marché, ayant trente-six pieds de
long sur vingt de large, est garnie d’une quadruple allée de tilleuls et sert à la ■vente des légumes. L’autre, appelée le Krauz, guère plus grande que la précédente, est située à l’extrémité septentrionale de la ville, dans la proximité de la plupart des maisons de bains et delà source principale; ce qui la rend trés-commode aux personnes qui ' fréquentent ces lieux. Elle forme un carré oblong entouré d’acacias et de barrières. On y a placé des bancs et les chemins sont couverts de gravier.
Parmi les bâtimens publics, outre l’église évangélique d'une belle construction , et dont l’intérieur est parfaitement distribué, je ne fais mention que de l’hotel de ville, situé au marché, grand édifice qui se distingue par son élévation et par ses ornemens conformes au goût du temps 014 il fut construit ; sa charpente a été faite eu 1609 à Strasbourg. Ensuite la belle caserne bâtie en pierres de taille, ayant cent quatre vingt huit pieds de longueur, située à l’extrémité occidentale de la rue-Frédéric et offrant un beau coup d’oeil par sa grande façade à trois étages et ses deux ailes formées en demi-cercle et renfermant une belle place entourée avec goût. Enfin le bâtiment de l’école dans la rue du fort, construit en pierres en 1 8 1 7, ayant cinquante huit pieds de largeur sur cent quarante six de longueur, et contenant quatorze grands appartemens outre le loge-
ment du bedeau. C’est dans une des grandes salies de ce bâtiment que se lieniicnl les séances publiques de nos députés.
Pour ce qui regarde la description des autres bâtimens plus ou moins remarquables, je renvoie à l’ouvrage de iVIr. G. H. Ebhabdt (histoire et description de la ville de Wiesbade, Giessen 1O17 en allemand) c’est ce qu’il y a de plus nouveau et de meilleur dans ce genre. Outre une littérature complette sur l’histoire et la description de Wiesbade, on y trouve des détails intéressans sur la topographie et l’histoire de notre beau pays en général.
D’après le dernier recensement,' la ville de Wiesbade reiil'erme 604 maisons et 55i6 habitans bourgeois J mais si l’on y ajoute deux bataillons d’inlanterie et une compagnie d’artillerie ainsi que plus de deux cents fonctionnaires et pensionnaires de l’Etat, la plupart mariés, la population monte bien au-delà de 6000 âmes. C’est la capitale du duché de Nassau, le siège de la plupart des administrations et de la bibliothèque publique où les étrangers ont accès.
Le plus grand nombre des fonctionnaires publics ayant lait leurs études hors du duché, beaucoup d étrangers pourront par conséquent espérer de rencontrer ici d’anciennes connoissances ou des compagnons d’étude, et de former des liaisons agréables dans les réunions de fanylle où
ils seront introduits. Mais on trouve aussi parmi les artisans des personnes qui ne manquent pas d’éducation, et qui se font un plaisir de rendre à l’étranger le séjour de la ville très-agréable. Les aubergistes, surtout, se distinguent par beaucoup de prévenance et de politesse, et s’empressent de remplir les désirs de leurs botes. Les étrangers de distinction sont reçus avec bienveillance à la cour de notre souverain dont la résidence est fixée à Biebrich à trois quarts de lieue de Wiesbade.
Nos sources minérales sont élevées de cent dix pieds au-dessus des eaux du Rhin et de trois cent quarante six pieds au-dessus du niveau de la mer. La plus grande élévation du baromètre était ici de 38^' 8"' et le plus grand abaissement de 26^'' 6 . La moyenne barométrique est de
27// ç^iu d’après un calcul de huit années.
Notre climat est compté parmi les plus doux de l’Allemagne méridionale; il tient le milieu entre les frimats du nord et les chaleurs brûlantes du midi. Cette assertion est suffisamment prouves par la disposition de nos montagnes et les produits de la végétation. Vers le nord nous avons des montagnes de mille à douze cents pieds de hauteur, couvertes d’épaisses forêts, tandis que vers le sud, l’est et l’ouest, le pays est ouvert et offre à peine une élévation de cent pieds, ce qui fait que les yents doux et tempérés seuls ont accès
a notre ville. IjCS coteaux i'ournissent un excel- Jent vin, les clximps sont couverts des plus beaux arbres fruitiers, dans les jardins on cultive les fruits les plus exquis et les légumes les plus tendres. On y voit aussi des amandiers et des figuiers. Notre vallée ne craint ni la trop grande chaleur ou sécheresse, ni la trop grande humidité qui vend l’ame triste et abattue , et l’on peut dire, sans faire tort à la vérité, que-Wiesbade présente un séjour très -sain. C’est une observation que l’experience a pleinement confirmée; car nous avons ici beaucoup de vieillards, et les maladies endémiques nous sont entièrement Inconnues, Les inllammatlons ne sont chez nous ni si fréquentes, ni si violentes que chez nos voisins dont la position est plus élevée Les fièvres intermittentes ne se voient jamais, et les épidémies les plus répandues, introduites chez nous, ne firent, proportion gardée, que très -peu de victimes.
Depuis le cinq Juin 1816 nous avons, par notre constitution, renoncé aux prérogatives du moyeu âge. C’est depuis cette époque que les citoyens, sous tous les rapports, sont mieux garantis dans le libre usage de leurs facultés et de leurs propriétés que par les privilèges les plus étendus. Les biens de la commune sont administrés par un maire et six conseillers municipaux sous la surveillance du bailliage et du gouvernement. C’est le bailliage, qui exerce la police et la justice, et
c’est a ce tribunal, autorisé à prêter aide et assistance aux étrangers, que ces derniers doivent s’adresser toutes les fois qu’ils se croient lésés dans leurs droits, ,
Je vais tâcher maintenant de faire connaitre l’origine de nos bains et leur état actuel, en traçant une esquisse simple et sans prétention, suffisant au lecteur étranger, de l’histoire de la ville et de ses établissemcns.
L’histoire de Wiesbade se perd dans la nuit des temps, du moins elle est aussi ancienne que celle de l’Allemagne même. Tacite raconte que nos ancêtres préféroient à rendre le culte à leurs dieux, et à séjourner dans les lieux oii il y avait des sources salées ou autres curiosités remarquables. De quelle importance ne devait pas être pour eux une source saline chaude ou bouillante! nul doute que ces lieux n’aient été déjà fréquentés avant plus de deux mille ans, et qu’on n’en ait tiré parti pour le soulagement de l’humanité souffrante: l’exercice delà médecine, chez tous les anciens peuples, ayant été spécialement dévolu aux prêtres. Mr, le conseiller Dorow décrit dans son ouvrage (Tombeaux et lieux de sacrifices des anciens Germains etc. Tome i. en allemand) plusieurs tombeaux et un autel provenant des anciens Germains, trouvés dans notre voisinage. Je laisse à décider aux antiquaires, si ces objets faisoient partie ou non, d’un bois sa-
crê. Toutefois l’usage des sources dans ces temps n’est pas à révoquer en doute, quoique les anciens Cermains qui, neuf cents ans plus tard, sous Hk»;rï l'oiseleur, n’aimant pas les habitations lixes, n’aient laissé aucune trace d’éditices ou de constructions autour des sources.
Mais lorsque les Romains portèrent leurs aigles triompl'antes au-delà du Rhin, ils s’emparèrent, comme partout, de nos eaux thermales. Nous en trouvons la preuve dans le mur dit payen qu’on voit sur notre cimetière, et dans quelques maisons de la rue longue et de la rue des bouchers; ce mur est évidemment de construction romaine. Quelques fragmens de pierres légionnaires et quelques restes de colonnes qu’il renferme, semblent annoncer qu’il existait, avant cette époque, des édifices dans ces lieux. D’autres preuves se déduisent d’une pierre votive trouvée àHorhourgen Alsace, (v. EnnAunTp. 32.) de restes de bains romains, ainsi que d’une pierre votive déterrée , il y a quarante ans , en creusant les fondemens d’un de nos plus grands hâtimens de bains, dont le propriétaire actuel a fait placer cette pierre votive dans le mur, au dessus de l’entrée de la source. Ensuit e d’une quantité de monnaies, de médailles romaines, de vases trouvés en difïérens temps dans le voisinage des sources, et des restes d’un bain qui a donné à la maison qu’on y a construite, il y a quelques années, le nom
flcl>aîn romain clc On en trouvera de plus amples détails dans l’ouvrage de MM. Fkaher de Fehke- BEBG et H. A. Pketz : Annales des sources minérales de l’Allemagne, Wieshade 1821 en allemand, ainsique dans les ouvrages qui vont paraître incessamment par la société des antiquaires de Nassau.
Enfin nous citerons encore les historiens romains qui renlerment des notions sur notre peuple et sur notre pays. Pline paraît être le premier qui ait fait mention de nos sources. Voici comment il s’exprime à ce sujet : *Sunt etMattiaci in Germania fontes calidi trans Rhenum, quorum haustus triduofervet, circa margmem veto pumicemfaciunt aquaeu (histor. nat. lib. XXXI. cap. 2.) Martial se sert de l’expression Mattiacae pilae pour désigner un moyen de conserver la beauté. Il serait difficile, sans-doute, de prouver que ces pilae eussent été des boules de savon. Enün Tacite (histor. lib. IV. cap. 87.) raconte que les Cattes, les üsipètres etles Mattiacs avaient assiégé Mayence sous le règne de Vitel- Lus. Beaucoup d’autres passages des historiens romains ont rapport à notre pays.
Ce que je viens de dire doit suffire pour prouver que, pendant que le reste de l’Allemagne défendait encore vaillamment sa liberté et son indépendance, déjà des étrangers tiroient parti de nos sources : quoique ce ne fût pas sans combats, ainsi que nous le verrons par la suite, et comme le démontrent les ruines de leurs édifices , ni avec
exclusion deshabitansprimiüfs, puisque les bains romains et les murs de leur castel ne renfermaient qu’une seule de nos sources.
Le premier peuple que César rencontra à son passage du Rhin, fut les Usipètres, (mot dérive peut-être de celui deWiesbade) qui habitèrent notre contrée à cette époque. Plus tard parurent les Mattiags (du mot allemand matte, pré) souche du peuple guerrier des Cattes, et notre source fut alors appelée Aquae ou fontes Mattiaci, Le nom de ce peuple se perdit, lorsque dans les siècles suiyans les Aleemaivixi occupèrent ce pays. Ln 871 après la naissance de J. C. leur roi Macrian, dont le frère est connu sous le nom de Hariobaüd, séjourna ici et manqua d’être surpris par l’empereur Valektiwien ; il ne dut son salut qu’au manque de discipline de la cavalerie romaine. Macrian se sauva chez les habitans des montagnes les Bügcinobabites, etplustard l’empereur jugea à propos de faire la paix près de Biebrich, avec beaucoup de solennités, (v. Ammian. Marcellin, histor. lib. XXIX. cap. 4* et lib. XXX. cap. 3.
Peut-être faut-il rapporter à ces temps l’origine de deux murs circulaires qu'on vit autrefois, sur une montagne à une lieue d’ici vers le nordouest? Ces murs, d’une étendue considérable, étoient faits de pierres brutes posées les unes sur les autres sans mortier. Quoiqu’il se trouve un
l’üsso tlans ieur voisinage, il n’est pas prohahic tj^ue ces murs lussent, comme le pense EBuAnor p. 27 les fortilicalions avancées du castel romain de notre contrée; mais il est plus vraisemblable d’admettre avec GEnm?fG (v. son ouvrage sur les sources minérales etc. p.232) que c’étaient des fortifications sans art, faites par les anciens Germains pour y passer la nviit, à l’exemple des Spartiates dont les meilleures fortifications étoient dans leurs bras. Plusieurs autres murailles de ce genre ont disparu ; mais leur souvenir existe encore, et les endroits de la forêt où elles existaient en portent encore le nom, comme p. expi. laWii’zbourg ouiWehrsbourg. ^
Vers l’an 49b les Ablemainhi ayant été obligés de céder le pays aux Fiiangs, ceux-ci le divisèrent en districts qu’ils firent administrer par leurs comtes. Wiesbade qui lit partie d’un de ces districts , devint la résidence des rois; preuve qu’à cette époque la ville fut déjà considérable.
Il existait auprès des bains un palais impérial (saal), dont on voyait encore les ruines en 1617 ; enfin en 1708, en établissant la rue dite Saalgasse qui en prit le nom, et plus tard encore, on déterra un grand nombre d’anciennes murailles qui fout juger de l’étendue et de la'beauté de ce palais auquel étaient affectés des biens considérables.
Le castel romain, probablement détruit ou en ruines à cette époque, ne pouvait plus servir, puis-
que lo palais impérial en lut si éloigné; mais la ville et le bain gagnèrent sous les Fiiangs qui in- Irodnisivcnt aussi la religion chrétienne chez nous.
En ^55 l’Archevêque Lucro de Mayence l’onda l’abbaye de Bleidenstadt à deux lieux d’ici qui avait des biens dans nos environs et qui parconséquent y répandit aussi ses doctrines.
Les rois francs accordèrent à la ville plusieurs privilèges et probablement aussi ses armoiries qui consistaient en trois lys d’or (ou peut-être des pointes de lance) dans un champ d’azur. C’étaient les armoiries des plus anciens rois francs, et que possède encore aujourd’hui le royaume de France. Une lettre de donation de l’empereur Ottojn I. ainsi que plusieurs autres docuraens attestent le séjour passager d’empereurs allemands à Wiesbade qui , dans cette jjremiere époque de naissance de villes allemandes, fut un endroit considérable et sans doute aussi un bain fréquenté.
Avec la puissance des empereurs tomba aussi l’éclat de leurs villes, jusqu’à ce que des dynasties subséquentes les relevèrent, et en firent des résidences fixes. C’est ce qui arriva à notre ville dont les biens furent peu à peu aliénés. C’est ainsi p. expi. que le malheureux empereur Hekrv V. gratifia en H28 un certain Eberhard (peut-être le fondateur de la maison Epstein) d’une partie
tle la forêt royale; mais la plus grande partie des Liens fut donnée aux comtes de Nassau de la famille des Salis, car depuis cette époque, cette maison illustre resta sans interruption en possession de notre pays.
En 1 255 les deui fils de IIekhï le riche, Wau- RAM et Otton fondèrent les deux lignes encore existantes de notre dynastie. Ottod le plus jeune, reçut les pays au-delà de la Lahne (le pays d’Orange) et il deyint l’ayeul de la maison actuelle du royaume des Pays-bas. Walram, le plus âgé, fut le fondateur d’une ligne qui posséda plus tard les comtés de Wiesbade , d’Idstein, d’üsingen, de Weilbourg , de Saarbrüch, de Saarwerden et de Lahr ; elle se divisa bientôt en plusieurs branches qui se réunirent par suite de décès jusqu’ à ce qu’ enfin toutes les possessions en deçà duRhin de Walram et d’OrroN furent reunies en 1816 par notre gracieux souverain le duc GointAu^iE I.
Quelques furent les soins paternels et l’attachement que nos souverains d’alors portèrent à la ville , ils ne purent empêcher les malheurs des temps de la période suivante où prévalut le droit des armes, amené par la faiblesse des empereurs et leurs différends avec l’église. «Dés que l’empeureur fût excommunié, (dit une vieille chronique a ce sujet) «les brigands se réjouirent du butin «qui leur étoit offert. Les socs se changèrent en • épées et les faux en lances. Il n’en fut aucun qui
»ne portât sur lui un hriquet afin de mettre le feu »où bon lui semblait.*
Souvent nos magistrats ne purent rien faire pour la ville si non que de souffrir avec elle, et malgré leur esprit guerrier , ils se virent hors d’état de la garantir des surprises d’un ennemi supérieur. Sous l’empereur AnonruH l. ^Yiesbade fut détruit par les comtes d’Epstein, et souffrit plus tard dans les guerres de nos comtes avec ceux de Sonais, d’Epstein etc. ; c’étaient surtout les guerres pour le chapeau électoral de Mayence qui firent beaucoup de tort à notre ville, et où les Nassoviens jouèrent toujours le principal rôle.
Le palais impérial étant en ruines ou détruit à cette époque, nos comtes bâtirent le vieux château dont on ne voit plus qu’une petite partie, et le fortifièrent suivant les besoins du temps, ainsi que la ville qui ne renfermoit pas les bains; ils l’entourèrent de fortes murailles et de fossés profonds, de manière qu’en i3i8 elle fut en état de soutenir un siège honorable contre l’empereur IjOuis le bavarois; mais en 1496 elle fut prise par le valeureux comte Otton de Solms.
Ce fut dans l’année 1879 forma ici l’al-
liance dite du lion, purement défensive dans l’origine ; mais dont on abusa plus tard pour exercer des vexations et des spoliations surtout contre le commerce de Francfort et la navigation du Rhin. Cette alliance, tant qu’elle subsistait, détournait
sans dontc bien des malheurs de noire ville. Malgré cela, AuoLniE III. jugea nécessaire en i5o8 de lorlilier de nouveau la ville et le bourg deWicsbade. Les bains restèrent hors des Ibrtilications • ce ne fut qu’en 1698 qu’ils se trouvèrent renfermés dans le mur qui subsiste encore en partie.
En 1025 il éclata une révolte par suite de la guerre des paysans, et un suisse, établi ici, se distingua comme chef dans cette malheureuse entreprise qui, conçue sans plan , tendait à changer l’état politique de notre pays.
En 1647 presque toute la ville fut incendiée. Les années i56i , i563, 1670 et i58b se distinguent par des incendies plus ou moins considérables. Ilparaît cependant, qu’à cette époque les habitans jouissaient d’une certaine prospérité, puisqu’on 1679 le comte Jeak Louis ht défendre sous des peines sévères; que dorénavant aux repas de noces on ne placerait que six tables et pas plus de dix personnes à chaque table.
En i54i le comte Philippe le vieux introduisit la nouvelle doctrine de Martin Luther par les savansERHARD Senf, Martin Bucerus et Erasîie Sagerus, et installa le premier prédicateur protestant j mais il ne survécut pas aux torrens de sang et de larmes qui^ scellèrent cette nouvelle doctrine.
La guerre de trente ans, si perrAcieuse à toute l’Allemagne, exerça aussi ses terribles rayages
dans Wiesbatle, à peine releyée de ses centlros La ville, il est A^rai, n’était plus forteresse, néanmoins elle servit souvent de champ de bataille aux différens partis, et l’incendie avec ses horreurs, le pillage, les vexations, les logemens militaires etc. en furent la suite nécessaire. Les bavarois et les autrichiens la détruisirent et la dépeuplèrent tellement qu’on vit croître l’herbe et les buissons dans les rues autrefois les plus fréquentées,et que souvent on ne compta que cinquante, quelquefois même que vingt bourgeois dans la ville. Les années 1626, 1627 et 1644 rent particuliérement pernicieuses. Depuis le 1. Octobre 1644 jusqu’au i5. Novembre 1645 pas un seul enfant ne fut baptisé ici; l’église était dé- A'astée et les ministres des autels s’étaient enfuis ou aA'^aient péri.
Il est facile de concevoir combien lès maisons de bains devaient avoir souffert dans cette malheureuse guerre, accompagnée de famine et de maladies contagieuses. De Horkigk en fait déjà le récit en 1637. Plus tard leur état de délabrement devait être encore plus grand, puisqu’ après la guerre, le comte Jean ne put en obtenir la reconstruction qu’en menaçant de les faire retourner au fisc.
En i635 les pays de Nassau furent privés de leur souverain , et administrés provisoirement par l’Electeur de Mayence, ce qui ne con-
Irlbua pas à faire oublier le fanatisme de ces temps.
' Enfin le traité de Westphalie ramena la paix dans les provinces allemandes dévastées. Wiesbade retourna de nouveau càsoii brave comte Jeaiv, f[ui lit tous ses efïbrts pour fermer les plaies portées à son pays, ce qui ne put s’obtenir que lentement et diflicilement: mais les guerres françaises de 1672 à 1688, ainsi que la guerre de la succession d’Espagne rouvrirent beaucoup de plaies qui n’étaient pas encore cicatrisées.
- Dans CCS temps notre source devait être trésfréquentée; car plusieurs fois il est question »qu’il a été extorqué beaucoup d’argent des bûtes et que ceux-ci ont pris la fuite.» De Horkigk décrit (au passage cité) presque toutes nos maisons actuelles de bains j mais en partie sous d’autres noms.
L’activité du comte Jeats rendit enfin de nouveau la vie à notre ville, et peu à peu les habitations de Wiesbade se remplirent de citoyens actifs, et la saison de^ bains attira un grand nombre de malades. Les maisons de bains furent construites à neuf avec des formes plus élégantes, un bel hôtel de ville orna le marché, l’église fut réparée, ainsi que les maisons des particuliers, et au lieu d’herbe, on vit de nouveau les rues peuplées d’hommes laborieux. Tel fut l’état de Wiesbade à l’avénement de George Auguste
en 1677. Ce prince lit démolir les anciennes l'ortilicalions en 1691 et lit entourer l’année suivante toute la ville ainsi que ses bains d’un beau mur, et ■\yiesbade cessa d’être forteresse, comme l’appela encore l’empereur Adolphe ; ce mur n’était destiné que pour prévenir les surprises et pour empêcher l’entrée aux vagabonds. Les fossés qui entourèrent la ville furent bomblés, et on établit de nouvelles rues plus régulières, telles que la rue neuve, la, rue des tisserands, la rue dite Saalgasse etc.
George Auguste agrandit et embellit aussi le nouveau chffteaubâti en 1696 et en lit un douaire à son épouse; mais pour sa propre cour, il lit construire en 1721 le beau château de Biebrich qui offre un site magnilique. Le vieux château, incommode et petit, servit ensuite de cave. La • part qu’il avait à la fontaine de l’aigle avait créé déjà cent années plutôt la maison de bains, dite à l’ours. En 1728 on bâtit la maison des orphelins, en 1780 la nouvelle ecole, en 1782 le nouvel hôpital.
Depuis 1740 jusqu’à 17481a ville souflrit beaucoup par la guerre de la succession; mais en 1744 le prince Charles, dont plusieurs habitans se souviennent encore avec reconnoissance, transféra pour toujours sa résidence d’üsingen à Biebrich. . En 1743 George II. roi d’Angleterre visita nos sources et lit faire des recherches comparatives avec les eaux d’autres bains.
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Le prince Cuahles prit aussi soin de procurer des amusemens aux étrangers dont le nombre augmentait sans cesse. 11 leur ouvrit le jardin de la maison des orphelins, pour leur servir de promenade et y lit établir une allée de maronniers et des pavillons; il créa une promenade agréable du côté de la fontaine des prés et vers la place publique, dite le Kranz.
Sous son digne successeur s’éleva le jardin appelé Herrengarten et le labyrinthe devant la porte de Sonnenberg, Tous les deux offraient des bosquets cliarmans,. des allées de platanes et de peupliers, des pavillons, des boutiques etc. Ces plantations furent remplacées dans ces derniers temps par d’autres d’une plus grande étendue.
Dans les années 1787 à 1791 fut bâtie l’église des réformés; mais à peine cette église fut-elle achevée que commença la guerre de la révolution française. Dans le principe, cette dernière parût vouloir enrichir notre contrée par l’affluence des émigrés et des troupes étrangères ; mais bientôt la scène changea. Le voisinage de Mayence, le passage des troupes, les logemens militaires, les contributions et les réquisitions de toute espèce, devenant toujours plus fréquentes, détournèrent les malades de nos bains.
Charles Guillaume hérita en 1797 le pays de Saarbrüch, occupé alors par les français; mais il en reçut en 1802 un dédommagement coiupl^t?
laissa ainsi à son lïère Fiikoerig Auguste en >8o3 un pays considérablement agrandi. En 1806 les deux lignes de Walham de la maison de Nassau se réunirent en un duché souverain, gouverné simultanément par FnF.nEr.iG Auguste etFHDÉERiG Gu- II, RAUME, qui acquirent en i8i4pf>i' échange la plus grande partie'du pays de Nassau-Orange, de manière que presque tous les pays primilils de Nassau sont réunis en un duché de cent trois milles carrés de surface et de 3 1 45262 habitans.
C’est au gouvernement de ces deux princes généreux que le duché doit sa constitution et autres bienfaits, et la ville de AA iesbade la plus grande partie de son bien-être actuel. Trop petite pour la capitale d’un pays, qui venait d’être si considérablement agrandi, la ville commença déjà en 1802 à s’étendre ; en 1807 f^u nos souverains acceptèrent le plan du pavillon dit Cur - Saal et de ses alentours, l’un des plus grands ornemens de notre ville, et contribuèrent puissamment a exécuter la construction de ce bel édilice, presqu’uniquement destiné à l’usage des étrangers.
En accordant des primes considérables et en offrant le terrain gratuitement, ils encouragèrent les citoyens à bâtir des maisons d’après un plan régulier, et c’est ainsi que s’élevèrent en même temps la rue Frédéric et la rue Guileaume, nommées en 1 honneur de leurs fondateurs, et quelques années plus tard, après que les charges que
nous imposait la guerre de rindépendance, avaient, en quelque manière, cessé, on bâtit la rue Néron, celle de Taunus, de Schwalbach et la rue du fort; on perça la rue des tisserands vers le mont romain, et on démolit les portes de la ville et les murailles ; même dans l’intérieur de la ville on construisit beaucoup de nouvelles maisons; les vieilles maisons furent réparées et embellies et la population se porta presqu’au double. Plusieurs bâtimens publics furent construits, notamment la belle caserne, le bâtiment de l’école, le palais etc.
Les maisons de bains ne restèrent pas en arrière, d’autant plus que le nombre des malades augmenta. La plupart d’entr’elles furent agrandies et mieux distribuées, quelques unes conservèrent à peine des traces de leur ancienne forme, et l’on jeta les fonderoens d’une nouvelle maison de bains d’après un vaste plan.
Tous ces cbangemens avaient à peine commencé lorsque notre bien-aimé souverain le due Guillaume prit seul les rênes dugouvei'nement le î2, Mars 1816, etacheva, dans sabonté paternelle, ce que ses prédécesseurs, sur les traces desquels il s’efforça de marcher, avaient si bien commencé.
Quoique les besoins de la ville ne laissent presque plus rien à désirer, le gouvernement qui n’a d’autre but que le bonheur deshabitans, l’éclat des localités et le bien-être des malades, lui accorde tous les* ans des embellissemens et de
nouveaux clablisscuicns, C est ainsi cjuc les libéralités particulières de notre duc lirent aebever en 182a la conduite de l’excellente source d’eau ilouce, dont il a été question plus haut, fournissant maintenant en abondance à tous les quartiers de la ville, et qu'en 1828 ses soins éclairées lirent établir un local convenable pour la boisson de notre’ eau minérale 5 améliorations qui méritent autant la reconnoissance des habitans que celle des étrangers. Enlin dans eette année 1826 on a ajouté, au sud de la ville, une belle rue, parallèle a celle de FitÊDÊnic, qui porte le nom de feu notre adorée duchesse Louise, et au nord on a commencé à élever un superbe théâtre et une colonnade qui le réunira au Cur-Saal, auquel il ne cédera en rien par sa magnilicence.
MAISONS DE BAINS, RESTAURATIONS, SERVICE MÉDICAL ET AUTRES ÉTABLISSEMENS À L’USAGE DES MALADES.
Nos établissemens de bains sont tous des propriétés particulières, circonstance qui empêche défaire les choses en grand et d’une manière brillante, à l’exemple d’autres bains administrés par le gouvernement; mais en revanche l’émulation des propriétaires des maisons de bains fait que ces établissemens sont tenus dans la plus grande perfection. Chacun tâche, autant que possible, de satisfaire aux besoins individuels de ses hôtes avec lesquels il vit en famille, et ceux-ci s’en trouvent beaucoup mieux. Dans plusieurs des grandes maisons de bains, les étrangers du premier rang ne regretteront peut-être pas le luxe et l’élégance de leurs palais, et certainement aucune des commodités de la vie.
La nature des eaux entraine quelques inconvéniens, car une partie de ses ingrédiens se dépose souvent fortement aux parois des bains, d’autre»
lois ils attaquent les matériaux de construction et de revêtement, enfin les vapeurs qui s’élèvent des eaux sont souvent très -nuisibles.
Partout les maisons de bains se trouvent adossées contre les habitations, même dans quelquesunes des escaliers particuliers conduisent des étages supérieurs aux bains. On a eu soin d’éviter, souvent par des procédés difficiles, le courant d’air, ce grand ennemi des baigneurs. On pourrait même , dans quelques-unes de ces maisons faire en sorte que le toit se trouvât séparé du local des bains par un grenier. D'un autre côté, en empêchant trop l’accès de l’air, on tomberait dans un autre inconvénient; l’eau refroidirait trop lentement, et les vapeurs chaudes retenues, incommoderaient le malade et ne seraient pas sans danger. C’est pourquoi toutes les maisons de bains sont pourvues de soupiraux, pour donner issue aux vapeurs. Plus ces soupiraux qu’on ferme pendant l’heure des bains sont grands et bien faits, plus Pair est pur dans les bains. C’est par cette raison que les maisons de bains ont presque par tout une hauteur assez eonsidérable.
La plupart des hains sont faits de briques et couverts de trass, d’autres sont de grès taillé, quelques-uns sont en marbre ou garnis en fayence. On ne trouve pas dans tous les bains des bancs de différente hauteur, mais il y a des marches qui conduisent à Peau. Quelques tuyaux remplissent
cl vident les bains, un autre tuyau pialiffué à une certaine hauteur, empêche la trop grande quantité d’eau, de manière que le baigneur ne court jamais de danger.
Devant les bains il y a, pour se deshabiller et se rhabiller, des places quelquefois trop petites, d’autrefois très-spacieuses etpourvuesde toutes les commodités, tels que canapés, fauteuils, miroirs, tables, paniers etc.
' Dans quelques maisons de bains les localités permirent de mettre des appartemens chauffés en communication immédiate avec les bains , afin d’utiliser aussi notre source en hiver ; dans d’autres il y a une suite d’appartemens communiquant ensemble et dans lesquels on a placé des baignoirs; d’autres appartemens peuvent servir de logemens, de salle à manger, de salle de conversation etc.
Ordinairement chaque malade a sa chambrq à bain, qu’il ferme à clef et dont il profite seul, pendant tout le temps de son séjour, étant alors assuré de la plus grande propreté. Il y a bien aussi des bains communs; mais ce sont des cx.ceptions.
Le refroidissement de l’eau thermale jusqu’à la température des bains, a lieu ordinairement dans les bains mêmes, et c’est une question de savoir si cette méthode ne mérite pas la préférence sur celle de faire un mélange d’eau chaude et
d’eau refroidie dans les réservoirs? du moins l’eau refroidie par ce dernier procédé, indiqua, suivant les expériences de Kastneu , une difï’ércnce, quoique légère, rélativement à l’air atmosphérique , absorbé pendant le refroidissement (v. cliap. V.)? ce qui n’est pas tout-à-fait indifl’erent pour le mélange de l’eau. Néanmoins dans quelques maisons on a pris des mesures pour la préparation plus prompte des bains*
La préparation et le soin des bains sont confiés à un surveillant ou à une servante qui se trouvent constamment dans la maison pendant qu’on se baigne, afin d’accourir quand on les appelle ou qu’on leur sonne. Ces gens, dont les fonctions sont très - importantes aux étrangers, sont toujours choisis avec prudence par les propriétaires. Ils sont tellement exercés à fixer la température des bains, au moyen du tact, qu’ils n’ont jamais besoin de thermomètre j néanmoins ces instrumens se trouvent dans chaque maison de bains à la disposition des malades et des domestiques.
Quelques étrangers apportent leur linge ; mais partout les propriétaires le fournissent en nombre suffisant et d’une grande propreté moyennant une modique rétribution. On peut aussi le l’aire chauffer quand on le demande.
On a dirigé dans chaque maison de bains, un filet de la source principale qu’on puise au moyen d’une pompe pour servir de boisson. Plusieurs
de ces pompes sont trcs-élcganles. Beaucoup de maisons de bains sont pourvues de jardins et autres agrémens, abn de procurer aux malades le mouvement nécessaire.
Malgré ces établissemens particuliers, c’est un grand avantage pour notre ville, que*la fontaine bouillante (Koebbrunnen) ait été dernièrement embellie et convenablement arrangée pour que ses eaux puissent servir de boisson. Elle offre en outre, dans la matinée, un lieu de réunion très-agréable qui multiplie les points de contact entre les étrangers et devient ainsi doublement une source de santé et d’agrémens pendant la saison des bains.
Les bains de vapeurs n’ont été établis jusqu’àprésent que dans quelques maisons de bains, et encore ne sont-ils pas ce qu’ils devraient être ; mais en exécutant les plans dressés à ce sujet, ainsi que quelques propriétaires, très -favorisés par les localités, ont déjà commencé à le faire, il est à espérer que sous peu nous posséderons sous ce rapport tout ce que l’art de guérir puisse exiger.
Les douches, au contraire, se trouvent déjà dans ce moment-ci dans un état de perfection très-avancé ; l’eau est élevée dans des réservoirs à la hauteur de vingt à trente pieds au dessus du bain, et tombe suivantla température, déterminée par le médecin, sous forme d’un filet plus ou moins
fort, ou en gouttes on en pluie. Partout il y a aussi des douches d’une moindre hauteur. Mais s’il y a des endroits où les douches présentent une hauteur plus considérable, c’est plutôt une curiosité hydraulique qu’une chose utile à la médecine.
Dans plusieurs maisons on a aussi une machine semblable à une petite pompe à feu, qui produit une douche ascendante de telle force et température qu’on le désire, et qui peut également servir aux aspersions. Même dans les plus petites maisons de bains , on trouve des établissemens de douches au moyen de petits tonneaux placés à la hauteur de douze à vingt quatre pieds. J’aurai occasion de faire connaître plus bas, la grande utilité des douches dans nos bains. Toutes les maisons de bains, excepté le bain, dit civil ou commun, sont aussi des maisons où l’on trouve des logemens à l’usage des malades. Il y a autant de bains que d’appar temens. La plupart des étrangers logent dans ces maisons, cependant en été, il y a aussi un grand nombre de logemens trèsélégans à louer dans les plus belles rues de notre ville. Mais il faut faire porter l’eau, ou profiter des bains dans les maisons de bains les plus rapprochées.
Nous avons onze sources qui fournissent outre le bain civil et l’hôpital, vingt quatre maisons de bains. Une douzième source ainsi qu’une partie de l’onzième ne servent qu’aux usages écono-
mlques c. a. d. à trcmpei’ la volaille ou à échauder "les cochons.
La masse totale de l’eau qui monte dans chaque minute est de cinquante huit pieds cubes ce qui suffirait, avec une chute médiocre, à faire aller deux moulins. La pénurie d’eau n’est donc point à craindre dans aucune de nos maisons de bains, quand même elles seraient toutes remplies de monde.
Les deux sources principales, la fontaine bouillante et la fontaine de l’aigle sont à jour ; leurs eaux servent aussi de boisson. Toutes les autres sont voûtées et sont situées en partie au dessous du pavé, sous les édifices.
Notre ville possède encore quelques sources minérales dont la température est , pendant toute l’année, de io° à i5°Réaumur; elles ont un goût salé parfaitement analogue à celui de l’eau des bains, et renferment suivant les recherches de Mr. le conseiller Kasïker absolument les mêmes principes, si ce n’est en moindre quantité. Beaucoup d’habitans s’en sont servis jusqu’à présent de boisson, même dans les maladies aigues. Deux propriétaires de bains, possédant de ces sources froides dans leur enclos, se proposent de s’en servir pour refroidir lesbains des eaux thermales qui ont besoin d’être un peu affaiblies.
Toutes les maisons de bains renferment de la place pour environ raille à douze cents ma-
ladcs à la Ibis, et en cas de besoin, on en trouve encore dans les auberges et dans les inaispns
particulières.
Le nombre des bains est ici de 538, mais quelques-uns pouvant être pris deux ou plusieurs fois, d’autres pouvant être proütês par plusieurs personnes à la fois, on voit que nous n’en manquons pas, quoique nos listes d’étrangers, dans les derniers étés, comptassent onze à douze mille individus. Dans ce nombre, il est vrai, sont compris tous les voyageurs qui ne font que passer; mais point ceux qui font usage de nos sources en hiver, depuis le 1, Octobre jusqu’au quinze Avril, ni les babitans qui en ont besoin, de manière que tous les ans au moins 6ooo malades fréquentent effectivement nos bains.
Des vingt-quatre maisons de bains particulières, quatre des plus grandes sont en même temps des auberges, savoir: l’hôtel de l’aigle (où sc trouve aussi la poste aux chevaux) celui de la rose, de la cour aux chasseurs (Schützenhof) et des quatre saisons. "Viennent ensuite six à huit autres qui passent pour les principales maisons de bains, tant par leur étendue que par leur élégance. Une noble émulation anime les hôtes à fournir aux étrangers, de tout état et de tout rang, des appartemens et des bains, suivant leurs besoins et leurs désirs, et chaque année on voit de nouveaux voeux SC réaliser. L’autre moitié des vingt-quatre mai-
sons de hains, comprend celles d’une moindre étendue; elles sont moins élégantes ; mais toujours commodes et appropriées aux classes moins fortunées des malades, et ceux-ci y trouvent l’avantage de prix plus modiques qu’en tout autre endroit.
En général on peut dire que le séjour de Wiesbade est à bon marché. Les plus beaux appartemens dans les premières maisons de bains sont loués au prix de 8 à 1 1 llor. par semaine. Le prix des bains est de 2 à 5 11. — (Quelques salions et certains appartemens et bains distingués par leur site ou par une distribution intérieure particulière en font exception. Dans les maisons de bains pour la classe moyenne, au contraire, les hôtes demandent pour un appartement avec le bain 4^6 tout au plus 811. par semaine. Dans les autres la personne paye 12 hr. pour le logement par jour et autant pour le bain.
Le prix de nos tables d’auberges est de 481<r. à ifl. 2il<r. et on sert six à dix plats. La nourriture n’est souvent que trop succulente pour les raalàdes. Dans d’autres auberges on est aussi très-bien servi à raison de 36 à 2ol{r. Les gargotes fournissent pour 24 à lebr. un très-bon diner, que beaucoup de malades se font porter à leur chambre en telle quantité qu’ils souhaitent et dont ils peuvent se réserver encore pour le souper un morceau froid.
Le déjeuner est ordinairement préparé par
les hôtes à un prix très-modique; cependant les personnes qui préfèrent le préparer elles-mêmes trouveront chez leurs hôtes toutes les facilités pour cet effet ainsi que ppur le souper.
Les vins du pays et les vins étrangers ainsi que toutes les autres boissons non sujettes à un droit d’entrée, sont, ici sur les bords du Rhin, à un prix très -raisonnable. Les prix des autres denrées, des travaux des artisans et des artistes, du louage des voitures etc. sont dans les mêmes proportions» Même les articles de luxe et autres objets étrangers se trouvent ici à des prix d’autant plus modérés que la vente en est plus fréquente, vû le grand nombre de marchands et l’affluence des étrangers ; la ville se trouvant d’ailleurs placée dans le voisinage de deux grandes villes de commerce avec leurs lleuves navigables et leur grandes routes. En ajoutant à cela encore quelques modiques pourboires pour le service de la maison et des bains, chaque étranger peut facilement calculer d’avance les frais de son séjour à Wiesbade, et l’on me pardonnera sans doute les détails dans lesquels je suis entré, en considérant l’importance des affaires d’économie pour la plupart des malades.
Outre les quatre maisons de bains sus-mentionnées , il y a tous les jours table d’hôte dans quatre ou six grandes auberges. — La préparation des mets est généralement savoureuse et ragoû-
tante ; car dans noire beau pays, où les cliamps, les vallées, les Ibrêts et les rivières fournissent' partout une riche moisson pour la table, l’art du cuisinier n’est pas resté en arrière. Au surplus je renvoie le lecteur au chapitre fjui traite du régime des malades.
La ville de Wiesbade ne possède qu'un seul café 5 mais on a établi des billards au Cur-Saal et dans quelques auberges et maisons de bains où l’on trouve tout ce qui concerne le service d’un café. Le Cur-Saal par son éclat intérieur et ses beaux environs, pourrait être appelé, ajuste tître,loplus grand et le plus beau café de toute l’Allemagne.
Les boissons les plus usitées sont les moyennes sortes de vin du Rhin ; mais on trouve aussi chez nous, qui sommes placés à l’entrée du Rhingau, les meilleurs sortes etles qualités les plus recherchées de ce vin, ainsi que les vins étrangers de toute espèce. Les liqueurs sont rarement goûtées de nos malades, cependant s’il y a des personnes qui en demandent, on les satisfera. La bière n’ayant été consommée jusqu’à présent que par la classe inférieure, on n’a mis que peu de soins à sa fabrication, ainsi que cela a lieu ordinairement dans les pays vignobles j mais depuis qxielqucs années plusieurs de nos nombreux brasseurs ont commencé à fournir cette boisson d’une trèsbonne qualité. On vend aussi de la bière de Bamberg et de Manheim,
La police veille sur la bonne qualité et la propreté des alimens et . des boissons qu'on expose en vente, ainsi que sur la justesse des poids et mesures; elle fait faire souvent des visites imprévues et punit sévèrement les abus d’ailleurs très-rares.
Pendant la saison des bains elle fixe son attention sur la propreté et la sûreté des rues, elle fait éloigner les mendi-ans et tous les objets dégoCitans, en général elle prend un soin particulier de la santé et de la commodité des étrangers. Des plaintes relativement à des duperies ou tromperies de la part de nos aubergistes ou propriétaires de maisons de bains sont sans exemple et peu probables, vûla grande probité de ces gens et leur grande concurrence ; d’ailleurs l’autorité locale accorderait aux plaignans une prompte justice.
Le séjour de Wiesbade n’est aucunement gêné par des formalités de police. L’étranger, à son arrivée, inscrit son nom et sa qualité dans un livre qui lui est présenté par son hôte, et dont l’extrait sert à la formation de la liste des personnes qui fréquentent le bain. On ne sait rien ici de cartes de sûreté, et en temps de paix on ne demande pas de passe-port. Les habitans des pays voisins n’ont besoin d’aucune légitimation, il n’y a que les personnes étrangères, et n’ayant aucune rélation dans nos états, qui font bien de se munir, pour des cas imprévus, de quelque document de leur gouvernement ou autorité locale. Au reste
les grandes routes ainsi que les forêts les plus éloignées de notre pays de Nassau sont si sûres que depuis maintes années il n’est pas arrivé le moindre accident, et l’on ne songe pas seulement à prendre des précautions à cet égard.
Encore quelques mots sur les gens de l’art, qui sont ici à la disposition des malades, et sur leur sphère d’activité. La régence constitue l’autorité supérieure pour tout ce qui concerne le service de santé •, elle emploie rarement des moyens coercitifs pour l’amélioration des établissemens de bains, étant convaincue que l’instruction, l’encouragement et l’émulation parmi les différens propriétaires et aubergistes font plus d’effet que toutes les ordonnances j pafeontre elle favorise leurs progrès et leur vogue par tous les moyens indirects possibles et a soin qu’il y ait ici toujours des médecins instruits et habiles.
11 y a un médecin particulier nommé pour le service des bains j on choisit toujours, pour cette place un homme de beaucoup de mérite et d’expérience. C’est Mr. le docteur Lehu, conseiller intime et premier médecin du duc, qui l’occupe dans ce moment - ci. Il y a en outre Mr. le docteur Doeriwg, conseiller supérieur de médecine et membre de la régence, deux conseillers de médecine, assistés d’un chirurgien habile, et plusieurs autres médecins, chirurgiens, et officiers de santé militaires.
Nous avons doux bonnes pliannacies qui sont tenues d’avoir et d’cntrelenir eu])onne qualité, lion seulement les remèdes consignes dans la pharmacopée en usage, mais encore d’autres remèdes plus rarement employés ou qui seraient applicables aux malades qui font usage des bains.
La taxe des apothicaires, ainsi que celle des médecins est très - modique. • — • 11 est permis aux médecins attitrés étrangers d’entreprendre le traitement de malades qui fréquentent nos bains, lorsque ceux-ci le désirent. Eiilin il y a plusieurs chirurgiens - baigneurs qui l’ont la petite chirurgien mais il y a aussi des personnes particulières , des deux sexCs , qui s’occupent à ventouser etc., et nous ne manquons pas de bons inlirmiers ni de garde-malades.
L'hôpital dont j’ai parlé plus haut, c[ul est en même temps le bain des pauvres, est administré par une commission particulière immédiatement subordonnée à la régence; il est sous la direction médicale du médecin des bains. Chaque malade, si toute fois sa maladie comporte l’usage de nos bains, reçoit le logement et les bains gratuitement. Trois à cinq cents malades jouissent annuellement de ce bienfait, et fournissent au médecin l’occasion de faire, avec prudence, des essais sur l’usage interne et externe de nos eaux thermales, alin d’étendre la science au prolit de l’humanité souffrante et de nos soui’ccs.