‹ Description de la ville de Wiesbade et de ses eaux thermalesChapitre 7 sur 7 · DU RÉGIME DES MALADES · texte numérisé non relu

DU RÉGIME DES MALADES

Je tci’mine maintenant par un des objets les plus importans aux personnes qui font usage des sources de Wiesbade, je veux parler du régime. Le but du voyage est aussi souvent manqué par un mauvais régime et une conduite irrégulière^ que le contraire facilite les opérations du médecin. Combien de malades n’ont pas déjà vu échouer leurs espérances les mieux fondées, par des imprudences ou par leur indocilité, pendant que d'autres n’ont pu obtenir la guérison difficile de leurs maux invétérés que par un régime très -soigné. Marcard dans sa description de Pyrmont, un des meilleurs ouvrages de ce genre, s’exprime à ce sujet en ces termes : »Un malade, »dit-il, pendant son séjour aux eaux minérales »doit être sévère dans sa manière de vivre, non- «seulement dans le boire et le manger ; mais dans «toute sa conduite. Qu’on soit plutôt un peu «pédantesque sur ce point que trop lil)re et «trop insouciant j celui qui veut guérir doit le

MYOuloir sérieusement, et rarement il nninquera »son but; celui, aucontraire, qui balance tou- »jours entre ce qui est utile et ce qui est nui- ))sible,ne sera jamais guéri; il aime trop sa ma- »ladie, et le médecin le voit avec déplaisii\«

Les règles concernant cet objet, ne peuvent à la vérité être tracées ici, qu’en traits généraux; mais pour peu qu'on sache s'observer, on y trouvera iacilcment ce qu’il convient de faire et ce qu’il faut éviter.

Ceux même , qui ne viennent à Wiesbade que pour un mal insignifiant, doivent se garder de le considérer comme une chose accessoire et de prendre les récréations pour l’objet principal, s’ils ne veulent s’en retourner plus malades qu’ils ne sont venus ; mais on se tromperait fort , en croyant que notre eau put facilement enlever les nouveaux maux en même temps que les anciens; ce serait avoir trop de confiance dans la médecine, de s’imaginer que pour chaque péché contre ses commandemens , elle put donner de suite l’absolution.

Tout dépend ici de la volonté ferme et décidée du malade. On ne devrait raisonnablement avoir aucun doute à l’égard de celui qui, reconnaissant effectivement ses soufïf ances pour un grand mal, vient souvent, non sans beaucoup de sacrifices , chercher son dernier salut dans notre source dans laquelle il met toute sa

confiance ; cependant on a souvent besoin des conseils d'un ami , pour ne pas s’écarter de la bonne route, et personne dans une affaire aussi importante ne peut être assez sévère envers soir même, chaque jour, chaque heure, à chaque action il faut se rappeler, de ne rien faire qui puisse ■être nuisible , de ne rien omettre qui puisse être utile à la guérison. Que le malade ne se laisse séduire par aucun plaisir, par aucune récréation, même par aucune instruction, dévotion, ou vanité, par aucun égard aux convenances et aux moeurs, par aucune jouissance et même par aucune vue d’économie, car il s’agit de la santé, du bien le plus précieux de l’homme dans ce monde ! N’importe que d’autres lui reprochent de se priver de toutes les jouissances de la vie; c’est précisément l’attention qu’il porte au but de son séjour , et en quelque manière la conviction d.’avoir fait son devoir, qui devient pour lui une jouissance suprême, surtout en voyant comment tous les jours il profite davantage de ce bien, sans lequel tous les autres biens de la terre seraient sans prix pour lui.

Avant tout il faut se prémunir contre l’insouciance et contre le préjugé que telle ou telle bagatelle ne saurait être nuisible ; il faut se garder de se laisser séduire , par l’occasion ou la persuasion , à entreprendre une chose qu’on ne voulait pas d abord et dont on n’avait pas

calculé les suite*. Je le répète, la fermeté du caractère est indispensable, et la volonté, sous ce rapport, ne saurait être assez forte et assez rigoureusement exécutée.

Un des premiers besoins pour la réussite d’une cure est la tranquillité de l’ame et de l’esprit. Nos eaux minérales ne sauraient , aussi peu que d’autres remèdes, agir avec la force nécessaire sur un corps dont l’ame est oppressée ou accablée par le chagrin et la crainte, dont l’esprit est constamment tourmenté par l’envie, la vengeance, l’ambition ou la jalousie, dont le .système nerveux est à chaque instant ébranlé par la colère , la frayeur , la joie excessive. L’homme, il est vrai, ne peut entièrement commander à ses passions ni aux causes qui les excitent; toutefois chacun qui désire sincèrement la guérison de ses infirmités doit les combattre autant que possible et tâcher d’en éloigner les Causes , au risque de faire des sacrifices ; ceci s’applique naturellement d’autant plus à celui qui se sert d’un moyen aussi énergique que nos eaux contre une maladie invétérée ; mais en agissant dans un sens contraire, qu’il n’attende pas aumoins une guérison parfaite , et qu’il compte pour un bonheur si de ce jeu imprudent il ne retire que moitié gain.

Les hypocondriaques et les hystériques tourmentés par une imagination exaltée, et dont le

système nerveux est en excitation, se trouvent à peu près dans le même cas ; s’ils ne parviennent pas à mettre, en quelque manière, un frein à leurs craintes ou à leurs plaisirs outrés, à leur défiance ou à leur impatience, si la raison ou les conseils de l’amitié ne sont pas en état de calmer l’effervescence des idées excitées par la maladie, ou de les détourner par d’autres travaux de l’esprit, l’imagination renversera, aussi bien que les passions, la convalescence déjà commencée. Rien ne saurait rendre plus sûrement la tranquillité à l’ame, surtout àl’ame en désaccord, qu’un ami à l’épreuve, prudent et sensible. Heureux celui qui l’a trouvé ; mais trois fois heureux si , dans les maladies de l’ame cet ami est à ses côtés, il assaisonne tous les remèdes, et certes il est le plus sûr garant que bientôt le corps et avec lui l’ame recouvreront la santé.

Je n’ai parlé à la vérité que de l’esclave de ses passions et du malade très-irritable; mais aussi l’heureux mortel entièrement délivré de ces deux extrêmes, doit tâcher à tout prix de conserver son humeur égale; qu’il évite toutes les occasions, qu’il fuie toutes les sociétés dans lesquelles il aurait des désagréraens à craindre, qu’il remette à un autre temps ou les affaires sérieuses ou son traitement , qu’il laisse plutôt passer tout le reste devant lui ; le séria in crastinum ne s’applique mieux à personne qu’à nos malades. Mais

fsombicn n’y en a-t-il pas qui font le contraire, la tête remplie d’affairés désagréables qui doi-, vent être en partie expédiées d’ici, ils arrivent en dépensant inutilement le temps et l’argent. Plusieurs pèchent encore par l’autre extrême ; ils saisissent avec avidité les divertissemens nombreux et variés qui s’offrent à eux, un plaisir chasse l’autre , l’ame constamment excitée n’a pas de place pour des plaisirs plus doux: enfin des fautes dans le régime, surtout des échauffemens et des refroidissemens pendant la danse, et d’autres imprudences contribuent, avec l’usage irrégulier des eaux, à rendre ces individus plus malades au lieu de leur faire trouver la santé.

Un écueil auquel souvent bien des convalescens ont déjà échoué, est la passion du jeu et surtout des jeux de hazard. Que le joueur, heureux ou malheureux, ne s’attende pas à voir la source minérale produire complètement ses effets chez lui, car rien n’est plus propre à consumer les forces que cette malheureuse passion où le système nerveux est tour-à-tour ébranlé par l’espoir, le chagrin, la frayeur, la joie, une attention forcée, une attente craintive. A cela se joint encore les veilles, les positions souvent fatigantes et forcées, l’air vicié par la foule etc. sans parler des pertes réelles possibles.

Même dans les travaux d’esprit, que le malade sache se modérer. Une tension d’esprit forte

et continuelle empêche également l’organisme à employer toutes ses Ibrces , il en résulte qu’il

ne supporte pas convenablement notre remède

ou que celui-ci n’agit pas comme il le doit; cependant une activité agréable qui ne fatigue pas l’esprit, fortifie plutôt le corps, une lecture intéressante, une société divertissante et instructive disposent à la gaité, détrempent les forces vitales autant que des fatigues excessives de l'esprit les abattent, les relâchent, et en troublant la digestion, attaquent enfin les nerfs. Je recommande surtout des précautions aux malades qui souffrent déjà, peut-être, des suites de ces débauches psychiques.

J’ai fait voir jusqu’à présent, combien le malade, en toutes choses, doit se laisser dominer par ce qu’on appelle le régime dansle sens reserré de ce mot. Celui qui sait vivre avec modération et selon les lolx de la nature, a compris toute la diététique; il est vrai qu’il s’agit ici de maladie, de constitution individuelle variée à l’infini, et même la modération succombe quelquefois à ces variétés. Il n’est pas question d’examiner maintenant, quel régime convient plus particulièrement à tel ou tel malade, le lecteur ne doit s’attendre qu’à des règles générales sur le régime a observer pendant l’usage de nos eaux ou de nos bains.

Le malade qui se sert de nos eaux comme

boisson, le fait communément parcequ’il souffre plus ou moins des organes delà digestion; l’eau minérale pour être convenablement digérée, reclame même une partie des forces assimilatrices; le bain aussi augmente l’action de la peau, favorise les secrétions, excite les fonctions du système lymphatique, augmente même quelquefois, au commencement, les affections rhumatismales et autres; l’organisme parconséquent, peut employer moins de forces pour les organes de l’assimilation, et si leurs fonctions sonf troublées par des fautes dans le régime, ces imprudences peuvent avoir une influence fâcheuse pour tout le corps en général. Ainsi qu’on fasse usage des bains ou de la boisson de nos eaux, il est doublement nécessaire de ce prémunir contre les fautes du régime; on évitera avec soin tout excès dans le boire et le manger , on bannira toutes les substances difficiles à digérer et fortement irritantes. 11 est impossible d’entrer dans de plus grands détails ; l’un connaît à peine une substance que son estomac ne puisse digérer, l’autre ne supporte pas des choses qui conviennent trèsbien à un estomac plus faible. Chacun doit s’éprouver soi-même et se juger moins fort pendant le traitement qu’auparavant. Qu’on ne mange jamais trop à la fois, mais qu’on fasse plusieurs repas; la trop grande réplétion est aussi nuisible que la trop longue vacuité.

Ap rès avoir, le malin, bu et convenablement digéré l’eau minérale, on prendra le déjeuné accoutumé, comme p. ex. du calé, du lait coupé avec de l’eau, ou du chocolat pour les personnes laibles ; par le mouvement qu’on se donne ordinairement, l’appétit demandera toujours un ' peu plus de nourriture qu’on avait coutume de prendre chez soi, et on la supportera presque toujours bien. 11 est bon de manger p. ex. du pain blanc bien cuit et tendre; le pain frais ne convient pas aux personnes délicates; mais il ne faut jamais le manger chaud, récemment tiré du four. Ceux qui en ont l’habitude, mangeront du bon pain de ménage rassis avec ou sans beurre.

Les liqueurs spiritiieuses pour le premier déjeuné ne peuvent être autorisées que par exception, et notamment aux personnes qui y sont habituées. Le thé relâche l’estomac surtout après l’eau tliermale et ne saurait être conseillé ; mais on peut accorder une soupe ou un bouillon.

Ce déjeuné étant convenablement digéré, et le malade ayant pris un bain après, si le cas l’exige, il pourra, s’il est faible, s’il digère promptement et s’il dine tai d, prendre un second déjeuné composé soit de cliocolat, soit de bouillon, de viande froide, d’oeufs frais, de jambon, de beurre et autres choses semblables, toujours suivant son liabitude et les circonstances particulières dans lesquelles il se trouve. Avec cela convient un

verre de vin rouge ou de vieux vin du Rhin. Le bischoff (boisson faite avec du vin rouge et des oranges) peut même servir de remède aux personnes faibles. Les liqueurs fortes sont moins nuisibles à cette heure qu’à toute autre , mais encore faut-il y être habitué. Dans tous les cas ce second déjeuné doit être très-léger, qu’on ne se laisse point séduire par les choses irritantes dont il est ordinairement composé et qu’on n’en fasse pas un diné , surtout si l’on est accoutumé à la maison à diner de bonne heure; on a perdu alors l’appétit pour le repas principal qu’on aura de la peine à digérer. Celui qui n’a pas parfaitement digéré les deux déjeunés lorsqu’on sonne à table, fera bien de n’en prendre qu’un seul. Aureste, on doit éviter encore des poissons, de la viande grasse, des choses aigres et autres difliciles à digérer. Qu’on fasse encore, s'il est possible, quelque mouvement avant le diné.

Le diné, comme repas principal, est souvent aussi la source de bien des fautes importantes dans le régime. Les uns sont entraînés par les divers mets d’un^lable d’hôte bien fournie, calculée plutôt pour les personnes en santé que pour les malades, les autres, par une fausse économie ou par inquiétude mangent trop peu, sans songer que l’organisme, excité par les bains et la boisson de l’eau minérale, et voulant éloigner son ennemi par des crises et autres évacuations, a aussi besoin

de forces pour cet effet, enfin il y en a qui se font du tort en prenant leurs repas à des heures nonconformes au but proposé, ou en choisissant des mets contraires.

On ne doit encore, à la vérité, que peu se dévier de l'heure habituée des repas, cependant d’un autre côté , il faut porter en compte le changement d’occupations et de la division de la journée. Il est plus convenable, à la plupart des malades, de prendre le repas en société et au milieu d’une conversation agréable, que démanger seuls dans leur chambre où ils s’ennuient; mais il faut éloigner toute parure outrée^ toute gêne, ce qui ne manquera pas d’avoir lieu, en considérant que le malade est un homme libre et indépendant qui n’estresponsablequ’àlui et àsa santé. Sans doute les malades qui n’osent prendre que pou de nourriture , les personnes très - irritables dont les nerfs sont désagréablement affectés par le bruit de la table , font mieux de manger dans leur chambre ; mais encore ici, plutôt au sein de leur famille ou dans la société d’un ami que seules.

Les allmens mêmes doivent être nourrissans, simples et de facile digestion , notamment de bonnes soupes à bouillon, fortifiantes, mais pas trop grasses, n’importe quelle soit l’addition pourvû qu’elle ne soit pas trop excitante ou indigeste; on conseillera des légumes frais et tendres , de la viande fraîche , succulente et

tendre, cuite ou rûtie, de la jeune volaille etc. Le gibier s’il n’est pas préparé avec trop d’art, ou si l’on n’en mange pas avec excès, est rarement nuisible ; il est permis aussi de manger des poissons tendres ; mais les poissons gras, comme les anguilles sont dél’endus. I^a plupart des malades feront bien de laisser passer devant eux la viande presque toujours dure et grasse des oies, des porcs, surtout du porc salé, ils ne mangeront pas des oeufs durs, de la salade, des farineux solides, des légumes secs et autres substances venteuses; je les préviens du danger des ragoûts gras et trop épicés, surtout s’ils contiennent des poissons gras ou autres choses difliciles à digérer. Les légers farineux ne font pas de mal ainsi que les fruits cuits, pouryû qu’on n’en mange pas trop; les fruits crus s’ils ne sont pas très-tendres et mûrs , occasionnent des llatuosités surtout à ceux qui boivent l’eau de nos sources; tous les fruits aqueux ou acides et les espèces grossières sont entièrement défendus. La pâtisserie si elle est trop grasse, trop pâteuse ou trop douce est également nuisible.

11 est impossible de déterminer la quantité nile nombre des alimens âprendre; chacun doit s’y connaître le mieux, ou s’il a des doutes, qu'il consulte son médecin; mais je préviens encore une Ibis du danger des excès et je recommande ici une ancienne règle ou maxime, savoir: »quc

»celul-là conservera sa santé, qui cessera dé

wmanger lorsque l’appétit se fera sentir le plus;« ce qui veut dire en d’autres -termes qu’alors ordinairement l’estomac est déjà trop chargé quand on s’est rassassié jusqu’au dégoût, •

Il est nuisible de manger trop vite , et une chose essentielle à observer, c’est de bien mâcher, quand on veut bien digérer. •

Une tasse de café avec ou sans lait, après le diné, peut être accordée à ceux qui y sont habitués, elle est même très- convenable si la digestion est faible. C’est une habitude préjudiciable de boire trop pendant le repas, la digestion en est troublée sous plusieurs' rapports ; mais je ne compte pas un ou plusieurs verres d’eau ou de vin. Parmi les eaux minérales qu’on boit à table^ avec ou sans vin, celles de Selters ou de Fachin* gen sont les plus recommandables; les eaux mar- ,tiales plus fortes de Schwalbach, de Marienlèls, de Geilnau sont rarement bien supportées pendant le repas.

(Quelques verres de bon vin, bus à table, excitent et fortifient l’estomac; mais ce n’est pas une condition indispensable pour le traitement par nos eaux. La qualité du vin dépend en grande partie de l’habitude et très -souvent aussi de la maladie. Les vins du Rhin et de Franconie p. ex. ne conviennent point s’il y a acidité dans les premières voies; dans ce cas il

faut s’en tenir au vin de Moselle, ou aux vins doux étrangers, ou au vin rouge; quelques sortes de ce dernier sont surtout très- propres à relever la faiblesse de l'estomac. La bonne Lierre, avec une nourriture moins substantielle, et chez les personnes habituées à la bicrre, mérite la préférence ; cependant elle est souvent venteuse, si elle n’a pas bien fermentée, et surtout si les intestins ont déjà auparavant élaboré une certaine quantité d’eau minérale. La même chose a lieu pour le cidre ; mais qu’on évite entièrement la Lierre aigre, trop jeune ou en général mauvaise.

Quand on dine tard et bcaucou[>, on fait bien de ne pas goûter ; si le contraire a lieu, ou si l’on est habitué à goûter, qu’on le fasse légèrement et qu’on choisisse des alimens faciles à digérer, du pain blanc avec ou sans beurre, quelques fruits etc. avec un verre de vin. Dans tous les cas, il faut que ce goûté soit déjà digéré , si vers le soir on est dans le cas de se baigner encore une lois ou de boire encore de l’eau minérale, ou bien qu’oii goûte après le bain ou la boisson de l’eau.

Le souper, en général, doit être frugal et de facile digestion, il sera composé de peu de plats afin qu’il soit digéré avant l’époque du coucher. Un potage p. ex. des oeufs frais, de la viande tendre, des fruits cuits, du pain bien cuit et un peu rassis. Voilà ce que les

personnes qui ont dîné tard et copieusement, ou qui ont goûté pourront manger ; mais en petite quantité. La salade , le lait aigre, des fruits crus et autres mets trop rafraiehissans ne sont pas un souper convenable lorsqu’on se sei't de nos eaux , l'usage de ces substances demande des restrictions et beaucoup de prudence. Un souper tardif et copieux est en général nuisible , surtout à ceux (jui ont diné de même , et s'il faut encore prendre le soir des médicamens ou de l'eau minérale , la digestion, en se couchant n’est pas encore faite ; le sommeil si nécessaire au malade , ne sera ni tranquille ni récréatif, l'assimilation pendant ce temps ne se fait pas convenablement, les intestins encore à moitié remplis , ne supportent pas, le lendemain, l’eau aussi bien qu’il le faut, même le bain ne peut pas agir comme il le doit, sur la peau, attendu que les viscères du basventre ont encore besoin de beaucoup d’action organique, (lu’on soit encore très -réservé le soir , relativement à l’usage des liqueurs spiritucuses, toute sur-excitation, quelque légère qu elle soit, trouble le lendemain matin, l'effet Interne et externe de nos eaux minérales.

L'habitude de remplacer le souper par du thé , n'est pas à approuver, ce dernier relâche et ne suffit pas à celui qui veut employer toute la force de son organisme contre un mal profond.

Quant à la bierre, les observations que j’ai faites ci-dessus sur cette boisson, sont doublement applicables le soir ; elle est mieux placée entre les repas, surtout si le temps est chaud. On doit aussi préférer, comme boisson entre les repas, les eaux minérales ci-dessus nommées aux eaux plus ferrugineuses.

L’exercice corporel est indispensable à la conservation de la santé, souvent aussi à son recouvrement quand elle est perdue ; il est, avec la jouissance de l’air libre, un tonique important qui favorise la circulation des humeurs, les secrétions et les excrétions, et relève parconséquent les effets de nos eaux et de nos bains.

Jusqu’àprésent il a été question à plusieurs endroits, du mouvement nécessaire immédiatement après l’usage de l’eau thermale ; mais outre cela, il est encore très - avantageux à tous nos malades de se promener tous les jours quelques heures à l’air libre surtout dans une société agréable. Qu’on aille à pied, à cheval ou en voiture , suivant que les circonstances le permettent, pourvu que ce ne soit pas avec excès; car des courses trop fatigantes, en provoquant de fortes sueurs, épuisent les forces sans nécessité et troublent diverses fonctions dontl intégrité est indispensable à la réussite du traitement, elles peuvent encore facilement devenir pernicieuses soit par le trop grand échaoffement

soit par le reiroidissemcnt qui en est ordinairement la suite. On commencera donc par des exercices plus doux et plus courts , on essaj'cra petit à [iclit les forces qui, d'ailleurs, sont déjà un peu attaquées par l’usage des eaux et par l'opération de la guérison.

La promenade à pied doit être préférée par les plus Ibrts et par un temps frais, celle dans une voilure découverte convient aux personnes plus malades, par un temps chaud et pour des excursions lointaines.

La promenade à cheval tient le milieu entre celle à pied et celle en voiture ; elle est à choisir dans les maladies du bas-ventre et autres, à cause des secousses qu’elle imprime au corps. Les ânes qui , depuis quelques années , sont assez à la mode dans plusieurs établissemens de bains, procurent aussi à ceux qui ne savent pas monter à cheval et au sexe , l’avantage de ce mouvement salutaire, ainsi que celui d’un séjour plus long à l’air libre, sans trop se fatiguer, ni sans rester dans l’inaction comme dans une voiture; à cela se joint encore la circonstance que ces bêtes patientes nous mènent par des chemins qu’autrement nous ne pourrions passer qu’à pied.

La danse , lorsqu’on l’exécute avec modération et prudence, qû’on évite les échauflf’emens et les refroidissemens , les passions fougueuses,

les laulcs de régime, est, pour les personnes qui en sont capables, plutôt utile que nuisible, de même le billard, le jeu de paume et le jeu de quilles.

Les vêtemens forment encore un article important. Quand on considère combien le bain, g môme déjà l’usage interne de nos eaux contri- ? buent à ouvrir les pores de la peau et à rendre celle-ci susceptible à se refroidir, qu’un léger refroidissement a souvent fait échouer la plus belle cure, ou provoqué de nouvelles souffrances et de nouveaux dangers, on ne négligera pas d’être prudent à cet égard; pour peu que le temps soit frais , le malade s’habillera suffisamment sans cependant trop chaudement, il ne craindra pas cette légère peine matin et soir ; dans les promenades et les excursions il se munira de manteaux, de shawls, de parapluies etc. il ne fera pas facilement des sacrifices à la mode ou à la vanité aux frais de sa santé , et avec quelques précautions et un peu d’attention ce ne sera pas une chose bien difficile pour lui.

Les personnes très -irritables et disposées aux fortes sueurs et aux refroidissemens porteront des vêtemens de laine sur la peau, ou suivant les circonstances seulement un bandage de corps ou une veste de flanelle. On évitera surtout les changeraens brusques de température et les courants d’air; après chaque échauffement

ou après chaque bain, on ne s’exposera à l’air que convenablement rafraicbi et chaudement habille, on ne boira pas des liqueurs Iroides, ayant le corps cchautré etc.

Enlin le repos et le sommeil méritent encore d’être mentionnés. Il était dcja question de la latigue J mais, dans le traitement par nos eaux, des maladies chroniques, où il y a toujours des crises, le sommeil n’est pas moins important que dans les crises des maladies aigues; celui qui trouble la nature dans ses fonctions , ne le fait rarement sans en éprouver une punition sévère ; j’ai déjà fait ci-dessus allusion à cet objet, où il était question du jeu et du souper. ’ Qu’on se couche , parconséquent , d’assez bonne heure, sans avoir l’estomac trop rempli, ni le corps trop échaudé ou trop fatigué, sans être trop, excité par la boisson ou ému par les passions , qu’on évite les courans, les émanations nuisibles dans la chambre à coucher etc. et qu’on se lève aussi d’assez bonne heure pour ne pas passer dans les bras du sommeil les meilleures heures destinées à l’usage de la cure. Six à huit heures de sommeil suffisent ordinairement, cependant cela varie pour chaque individu. On peut dire en général que le malade a bien et assez longtemps dormi, quand il se reveille gai et fortifié, ([uand il n’est ni assoupi ni sombre; et surtout quand il reprend chaque matin, avec un nouvel espoir, son traitement.

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Heureux celui qui suit exactement les règles que je Tiens de tracer ! — il aura entre les mains l’hypothèque de son capital de privations, de temps et d’argent , placé à de gros intérêts, et il se rappellera toujours avec reconnaissance de la belle contrée de Wiesbade.

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