‹ Description de Paris et de ses édifices, Volume 1Chapitre 22 sur 72 · DU BOULEVART DE B.ONDY · texte numérisé non relu

DU BOULEVART DE B.ONDY

Vj'est une bijen Joëlle promenadje assurément que . cette triple allée d'arbres qui forme les vieux boulevarts, et qui s'étend depuis le pont du Jardin du Roi jusqu'à celui de Louis XVI ; mais dans ce long trajet de 35oo toises y l'œil fatigué du promeneur cherchait en yajii po^r se récréer quelques fontaines dont les eaux jaillissantes vinssent animer la verdure un peu triste de ces ormes immobiles. La facilité de disposer des eaux de l'Ourcq a fait naître dernièrement l'idée d'exécuter de distance en distance des fontaines .monumentales dans toute la longueur des boulevarts.

Une seule jusqu'il ce jour, mais versant l'eau à profusion, a été achevée en 181 1 : elle décore l'esplanade qui.est entre la porte S.rMartin et. la rue du faubourg .du Temple y et forme un point de partage d'où les .eaux du canal de l'Ourcq vont alimenter les fontaines -du quartier. C'est pour cela qu'on lui a donné le nom ^de Château d'eau, bien que l'aspect de ce monument n'en justifie pas tout-à-fait la dénomination.

Au milieu d'un bassin circulaire s'élèvent successivement en gradins trois autres bassins concentriques^

go DESCRIPTION

qui servent de base à une double coupe en fonte de fer^ composée d^un piédouche et de deux patères inégales, séparées Tune de Tautré par un Fût. Au bas de cette coupe, et au niveau de U cuvette supérieure, quatre socles carrés supportent chacun deux lions de fer qui jettent de Teau par la gueule. Oo conçoit, d'après cela, comment les eaux- viennent jouer sur cet appareil : elles s'échappent en bouillons au centre de la vasque la plus élevée , et s'étalent dans leur chute en formant cinq naj^es bien fournies qui recouvrent presque toutes les surfaces de TédilSiGe. Plus bas, dil c6té de la rue de Bondy, deux niches carrées, pratiquées dans le soubassement, servent de fontaines particulières pour la consommation de ce quartier.

L'ordonnance générale de ce Château d'eau ne mé- Yite pas toutes les critiques qu'on en a faites : elle se Ue par la position à un ensemble de plan bien conçu, et le motif d'ajustement qu'elle rappelle a toujours réuni les suffrages des artistes. Plus d'habitude à étudier et à combiner les lignes de l'architecture aurait peut-être engagé M. Girard , cet habile ingénieur du canal de ^urcq, à placer isolément les huit lions autour de« bassins supérieurs de sa fontaîoe. Leur disposition actuelle interrompt trop la continuité des <jiates d'eau, et la division de ces quatre masses autbit fait prédominer davantage la doublo vasque •dont l'effet semble un peu mesquin au milieu de ces lourds accessoires.

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